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Les Actualités MEDEF HDF Emploi-Formation

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Les Actualités MEDEF HDF Emploi-Formation

Agirc‑Arrco : un régime toujours à l’équilibre, malgré un résultat 2025 en forte baisse

En 2025, le régime de retraite complémentaire des salariés du privé affiche un résultat positif de 1,4 milliard d’euros, très en retrait par rapport aux 4,6 milliards de 2024. Entre ralentissement des ressources, hausse des dépenses et pression démographique, les partenaires sociaux mettent en avant la robustesse du modèle et la capacité d’anticipation du régime.

Des comptes encore excédentaires, mais moins confortables

Le résultat global 2025 atteint 1,4 milliard d’euros, contre 4,6 milliards un an plus tôt, soit une baisse proche de 70%. Il combine un résultat technique de 0,3 milliard d’euros (ressources moins charges) et un résultat financier de 1,1 milliard d’euros, tous deux en nette diminution par rapport à 2024.

Les cotisations versées par les salariés et les employeurs progressent de 1,9%, quand les dépenses de pensions augmentent de 3,1%. Cette dynamique s’explique principalement par la revalorisation des retraites de novembre 2024 et par l’augmentation du nombre de retraités, désormais 14 millions à percevoir chaque mois une pension complémentaire.

Un modèle jugé robuste face au ralentissement économique

Pour la gouvernance du régime, ces résultats s’inscrivent dans une trajectoire pluriannuelle jugée équilibrée. Les partenaires sociaux, qui pilotent exclusivement l’Agirc‑Arrco, insistent sur la capacité du régime à absorber les chocs conjoncturels et à ajuster sa trajectoire financière dans la durée.

Le contexte macroéconomique de 2025 reste marqué par un ralentissement de l’inflation et des salaires, ainsi que par un volume limité de créations d’emplois, ce qui freine la progression des cotisations. Dans le même temps, la démographie pèse : baisse des naissances, hausse du nombre de retraités et dégradation du ratio cotisants/retraités renforcent la nécessité d’un pilotage prudent.

Des réserves élevées pour amortir les chocs

Les réserves financières du régime atteignent 91,2 milliards d’euros, essentiellement sous forme de valeurs mobilières. Leur gestion a généré un résultat financier de 1,1 milliard d’euros en 2025, contribuant pour l’essentiel à l’excédent global.

Ces réserves ont vocation à jouer le rôle d’amortisseur face aux aléas économiques et démographiques, en garantissant plusieurs mois de versement de pensions sans recourir à des mesures brutales sur les droits ou les cotisations. Elles doivent aussi permettre au régime d’anticiper les évolutions de la société française, notamment la baisse de la fécondité et l’allongement de la durée de vie en retraite.

Un effort renforcé d’accompagnement des assurés et des entreprises

Au‑delà des chiffres, l’Agirc‑Arrco met en avant le développement d’un accompagnement de proximité pour les assurés. Chaque année, environ 400 000 entretiens retraite sont proposés dans 600 lieux d’accueil, en présentiel, par téléphone ou en visio, afin d’aider les personnes à mieux comprendre leurs droits et à faire des choix éclairés.

Des actions ciblées sont conduites auprès de publics spécifiques, comme les demandeurs d’emploi, les salariés de l’emploi à domicile ou les assurés concernés par la suspension de la réforme des retraites, et d’autres campagnes sont prévues pour les personnes en situation d’invalidité ou en reconversion. En parallèle, le régime développe des services dédiés aux entreprises, branches professionnelles et experts‑comptables, afin de fournir une information consolidée utile aux négociations sociales.

Absentéisme 2025 : records historiques, cadres et jeunes en première ligne

Avec un taux d’absentéisme de 4,76% en 2025, en hausse de 5% sur un an et 50% au‑dessus de son niveau de 2019, l’absentéisme poursuit sa « escalade inquiétante », alerte Axa dans le Datascope 2026. Les arrêts longs pèsent désormais plus des deux tiers du taux global, tandis que les cadres, les jeunes et les femmes sont particulièrement touchés, notamment par les troubles psychologiques.

Un absentéisme qui bat des records et ne se stabilise pas

En 2025, le taux d’absentéisme atteint 4,76%, contre 4,5% environ en 2024, soit une progression de 5% en un an. Il se situe désormais 50% au‑dessus de son niveau d’avant‑crise sanitaire, confirmant une dérive structurelle et non plus seulement conjoncturelle.

Selon Axa, aucun signe ne laisse entrevoir un palier : la hausse est continue depuis 2019 et s’explique d’abord par l’allongement de la durée des arrêts, notamment ceux de plus de deux mois. Ces arrêts longs, bien que moins nombreux que les arrêts courts, représentent plus des deux tiers du taux global.

Cadres, jeunes et formes d’emploi : des dynamiques contrastées

L’augmentation du taux d’absentéisme touche l’ensemble des catégories de salariés, mais certains profils sont plus exposés que d’autres. Les seniors et les salariés en CDD parviennent à contenir leur absentéisme, alors que les CDI voient leur taux dériver deux fois plus que celui des CDD, à un niveau déjà plus élevé.

Deux populations déjà identifiées comme fragiles en 2024 restent en première ligne :

- les cadres, dont l’absentéisme progresse encore de 8% après +9% en 2024 ;
- les jeunes de moins de 30 ans, avec une hausse de 10%, rejoints par les 30‑35 ans, dont le taux bondit de 11%.

Pour la première fois, la durée moyenne des arrêts est désormais plus élevée chez les cadres, signe d’une intensification des arrêts longs dans cette population. Chez les moins de 30 ans, 57% des arrêts durent moins de trois jours, mais la fréquence est très élevée : 105 arrêts pour 100 salariés en 2025, avec une progression de 10% pour les arrêts très courts comme pour ceux de plus de six mois.

La santé mentale, première cause des arrêts longs

Les troubles psychologiques (stress, anxiété, dépression, burn‑out) confirment leur place de première cause des arrêts de longue durée et voient encore leur part augmenter. En 2025, pour la première fois, plus de la moitié des arrêts longs chez les moins de 30 ans sont liés à des troubles psychologiques, et l’âge moyen de survenance d’un arrêt de plus de deux mois pour ce motif passe sous les 40 ans.

Les femmes apparaissent particulièrement exposées : elles représentent environ deux tiers des arrêts longs pour troubles psychologiques, avec une sur‑représentation des moins de 45 ans. Les non‑cadres concentrent par ailleurs l’essentiel des troubles musculo‑squelettiques (environ 90% des cas), surtout après 45 ans, tandis que les maladies cardio‑vasculaires frappent surtout les hommes non‑cadres de plus de 45 ans.

Quels enjeux pour les entreprises ?

Ces tendances confirment que l’absentéisme n’est plus un aléa marginal mais un sujet de soutenabilité sociale et économique pour les organisations. Pour les employeurs, la priorité est de mieux cibler les actions de prévention : qualité de vie et conditions de travail, prévention des risques psychosociaux, accompagnement managérial des cadres et soutien renforcé aux jeunes salariés.

L’analyse fine des données par âge, genre, statut et type de pathologie permet d’orienter des plans d’action différenciés : programmes de santé mentale, dispositifs de retour au travail après arrêt long, aménagements pour les métiers physiques ou exposés, et dialogue social renforcé autour de la charge et de l’organisation du travail.

Fraudes à France Travail : un niveau faible, mais une « fraude à la résidence » devenue centrale

En 2025, France Travail a détecté 146 millions d’euros de fraudes et irrégularités, soit 0,36% des quelque 40 milliards d’allocations versées. Un taux parmi les plus bas de la décennie, alors même que la nature des fraudes se transforme et que la « fraude à la résidence » concentre près de la moitié des montants détectés, dans un contexte de durcissement législatif.

Un volume de fraude détectée historiquement bas

Les résultats 2025 font état de 146 millions d’euros de préjudices détectés, dont 83,6 millions de préjudices subis (sommes indûment versées) et 62,5 millions de préjudices évités (versements interrompus ou empêchés). Ces montants correspondent à 12 744 affaires investiguées et près de 24 000 signalements traités.

Rapporté aux quelque 40 milliards d’allocations chômage versées, le volume de fraude détectée représente 0,36%, un niveau inférieur à la plupart des années depuis 2015 et proche du plancher de 0,34% observé en 2024. Sur la période 2015‑2025, ce ratio a oscillé entre 0,34% et 0,63%, ce qui alimente le débat sur le poids réel de la fraude à l’assurance chômage par rapport à l’ensemble de la fraude sociale.

La « fraude à la résidence », nouveau premier poste de préjudice

En 2025, la fraude à la résidence devient le premier poste de préjudice, avec 66,3 millions d’euros, soit environ 45% du total, en hausse d’un tiers par rapport à 2024. France Travail souligne la forte complexité probatoire de ces situations et la détection souvent tardive, les cas mêlant parfois travail ou résidence à l’étranger non déclarés.

Derrière viennent la fausse déclaration de situation (17%), la fraude à l’identité (12%), la fraude aux aides et à la formation (8%), la falsification documentaire (7%), les activités non déclarées en France ou à l’étranger (10% au total) et le détournement de coordonnées bancaires (1%). Cette recomposition des motifs illustre le déplacement du risque de la simple dissimulation d’activité vers des formes de fraude plus complexes, souvent transnationales.

Rupture dans la nature des fraudes : l’effet des croisements de données

Entre 2015 et 2022, la fraude liée aux périodes d’activité non déclarée constituait le principal gisement de préjudice détecté, culminant à 155 millions d’euros en 2022, notamment grâce à l’usage d’algorithmes de détection de masse. À partir de 2023, la généralisation des croisements en flux avec la DSN (déclarations sociales nominatives) fait chuter ces montants : 111 millions en 2023, 21 millions en 2024, 7 millions en 2025, soit environ 5% du préjudice total.

France Travail y voit une « rupture structurelle » : la détection automatisée en temps quasi réel réduit fortement les fraudes basées sur la seule déclaration individuelle et permet d’agir plus en amont sur les droits. En parallèle, l’enjeu se déplace vers des fraudes plus difficiles à objectiver, comme la résidence effective ou les identités multiples.

Un projet de loi qui renforce les outils de contrôle

Ces évolutions interviennent alors que le projet de loi relatif à la lutte contre les fraudes sociales et fiscales est en cours d’examen au Parlement. L’article 13 prévoit que les allocations chômage soumises à condition de résidence ne pourront être versées que sur des comptes bancaires domiciliés en France ou dans l’espace unique de paiement en euros (SEPA) et identifiés par un IBAN, afin de limiter les versements vers des comptes situés hors de cette zone.

Le texte, critiqué par plusieurs députés et associations comme La Quadrature du Net, est accusé de créer une discrimination fondée sur la domiciliation bancaire et de contraindre certains demandeurs d’emploi à ouvrir un second compte en France, avec des coûts supplémentaires. De leur côté, le gouvernement et France Travail défendent une mesure proportionnée à l’ampleur de la fraude à la résidence.

Données de connexion : un champ de surveillance encadré mais controversé

Initialement, le Sénat avait introduit la possibilité pour France Travail d’accéder au fichier des passagers aériens (PNR) pour vérifier la condition de résidence, disposition finalement supprimée en commission à l’Assemblée nationale. L’article 28 adopté encadre néanmoins l’usage des données de connexion et la transmission d’informations issues des fichiers fiscaux ou consulaires, afin de lutter contre la fraude à la résidence ou l’usurpation d’identité.

Concrètement, France Travail pourra disposer d’une liste de personnes déclarant ne plus résider en France ou ne percevoir que des revenus du capital, comme c’est déjà le cas pour d’autres organismes sociaux. Les agents de la cellule anti‑fraude seront habilités à traiter certaines données techniques (adresses IP, horaires de connexion, etc.) en cas d’indices sérieux de manœuvres frauduleuses, ce qui suscite de vifs débats sur le respect de la vie privée et la proportionnalité des moyens mis en œuvre.

Taxe d’apprentissage 2026 : un calendrier long, des enjeux forts pour les employeurs et les établissements

La Caisse des dépôts a mis en ligne le calendrier 2026 de répartition du solde de la taxe d’apprentissage sur Soltéa. Du 26 mai au 21 octobre, les employeurs devront flécher leur solde vers les établissements habilités, avant une répartition réglementaire des fonds non affectés en fin de campagne.

Un dispositif désormais bien installé sur Soltéa

Depuis la réforme issue de la loi « Avenir professionnel », le solde de 13% de la taxe d’apprentissage est réparti par les employeurs eux‑mêmes, via la plateforme Soltéa, au profit des établissements habilités de leur choix. En 2025, plus de 1,48 million d’employeurs ont ainsi fléché leur solde, permettant à près de 10 000 établissements de bénéficier de 522 millions d’euros, en hausse par rapport à 2024.

Pour les établissements (lycées professionnels, CFA hors quota, écoles, universités, structures d’orientation), être bien référencés sur Soltéa et mener une vraie stratégie de communication auprès des entreprises devient déterminant pour sécuriser ces financements. Côté employeurs, l’enjeu est de s’organiser à temps afin que le solde soit en phase avec leur politique RH, leurs besoins de compétences et leurs partenariats territoriaux.

Un calendrier en trois grandes étapes

La campagne 2026 se structure autour de deux séquences de désignation et de trois vagues de versement gérées par la Caisse des dépôts. Les grandes dates sont les suivantes :

  • 26 mai – 21 août : première période de répartition du solde par les employeurs sur Soltéa ;
  • À partir du 1er septembre : premier virement des fonds répartis aux établissements ;
  • 3 septembre – 21 octobre : deuxième période de répartition par les employeurs ;
  • À partir du 5 novembre : deuxième virement des fonds fléchés ;
  • À partir du 26 novembre : fin de la procédure et versement des fonds non répartis.

Ce calendrier allongé laisse plusieurs fenêtres pour cibler ou ajuster ses choix, mais il suppose de planifier en interne les arbitrages, la validation des listes d’établissements et la saisie sur la plateforme, notamment pour les groupes multi‑sites.

Que deviennent les fonds non fléchés ?

Si un employeur ne désigne pas tout ou partie des bénéficiaires de son solde, les montants restants ne sont pas perdus : ils sont répartis par la Caisse des dépôts selon les règles fixées à l’article R.6241‑28 du code du travail et par l’arrêté du 12 novembre 2024. Deux grands critères s’appliquent alors :

  • l’implantation géographique des employeurs et des établissements ;
  • la nature des formations, en ciblant en priorité les métiers connaissant les plus forts besoins de recrutement faute de personnes formées.

Autrement dit, ne pas flécher, c’est laisser l’État et la Caisse des dépôts décider à votre place de l’affectation du solde, sans tenir compte de vos propres enjeux de recrutement ou de vos partenariats formation. Pour les établissements, bien se positionner sur les secteurs en tension et sur leur territoire reste un levier essentiel pour bénéficier de ces enveloppes redistribuées.

À retenir pour votre organisation

Pour les employeurs : prévoir dès maintenant un circuit interne de validation (RH, finances, direction) et une liste cible d’établissements à soutenir, afin d’utiliser pleinement les deux périodes de répartition et d’éviter que les fonds partent par défaut. Pour les établissements : travailler leur visibilité sur Soltéa, informer leurs entreprises partenaires du calendrier et expliciter clairement l’usage des fonds (investissements pédagogiques, équipements, accompagnement des jeunes) pour renforcer l’attractivité de leur demande.