La Revue de Presse
Retrouvez l'actualité économique du territoire de la semaine 22

ACTUALITES ENTREPRISES
Sucre : Tereos investit dans un contexte de baisse
Le groupe Tereos, deuxième producteur mondial de sucre et acteur majeur de l’alcool et de l’éthanol en Europe, traverse une période difficile marquée par la baisse des prix du sucre. Lors de la présentation de ses résultats 2025-2026, l’entreprise a annoncé un chiffre d’affaires de 5,13 milliards d’euros, en recul de 13,5 % par rapport à l’année précédente. Son Ebitda a chuté de 48 % pour atteindre 416 millions d’euros et le résultat opérationnel est passé de 405 millions à seulement 29 millions d’euros. Malgré ces résultats en baisse, le groupe considère sa situation financière comme solide, avec une dette stabilisée à 2,255 milliards d’euros. Cette dégradation est principalement liée à l’effondrement du prix mondial du sucre. En un an, celui-ci a perdu 33 % de sa valeur en raison d’une surproduction mondiale et de la spéculation financière. En Europe, le prix de la tonne de sucre est passé de 850 euros début 2024 à 516 euros début 2026. Selon Olivier Leducq, directeur général de Tereos, le marché européen souffre aussi d’un déséquilibre provoqué par des importations trop importantes et par l’augmentation des surfaces cultivées depuis la fin des quotas sucriers, notamment en Allemagne et en Pologne. Ce manque de rentabilité a entraîné la fermeture de nombreuses sucreries en Europe : 22 depuis 2017, dont six pour la seule année 2025-2026. Tereos estime que ce mouvement devrait continuer dans les prochaines années. Pour améliorer sa compétitivité, le groupe mise sur un vaste plan de décarbonation et de modernisation industrielle. L’objectif est de réduire de 36 % les émissions de CO₂ dans l’agriculture et de 50 % dans les activités industrielles d’ici dix ans. Au cours des quatre dernières années, 185 millions d’euros ont été investis dans 32 projets industriels. Parmi eux, le moulin de l’amidonnerie de Nesle, dans la Somme, a bénéficié de 44 millions d’euros d’investissements, permettant de réduire de moitié sa consommation d’électricité. Même si le montant total des investissements baisse cette année à 344 millions d’euros contre 455 millions auparavant, Tereos continue de préparer l’avenir. Le groupe développe notamment la chimie verte et les bioplastiques à travers plusieurs projets innovants. Il travaille également à la création d’une filière de carburants d’aviation durables basée sur l’éthanol. Enfin, les dirigeants de Tereos alertent sur le recul de l’agriculture française et européenne et sur les risques pesant sur la souveraineté alimentaire face à la concurrence internationale. (Article du 29/05/2026 – Courrier Picard)
EMPLOI
Les salariés d’Auchan manifestent ras-le-bol et inquiétude
Les salariés des magasins Auchan de Corbie, Amiens-Rollin et Villers-Bretonneux se sont mobilisés ce samedi pour exprimer leur inquiétude face au projet de cession de plusieurs supermarchés du groupe Mulliez. Dès 8 heures du matin, une trentaine d’employés et représentants syndicaux se sont rassemblés sur le parking du magasin Auchan de Corbie avant de manifester dans les rayons du supermarché. Cette action, soutenue par des salariés venus d’autres magasins Auchan, notamment de Noyelles-Godault, marque une première mobilisation locale contre l’incertitude entourant l’avenir des enseignes concernées. Cette situation découle de l’annonce faite en novembre 2025 par le groupe Mulliez, propriétaire d’Auchan, d’un vaste projet de coopération avec le Groupement Mousquetaires, propriétaire d’Intermarché. Ce partenariat prévoit le transfert de 165 supermarchés Auchan vers une nouvelle structure appelée A+Super, tandis que 90 autres magasins pourraient être repris par des adhérents franchisés Intermarché. Une décision définitive devrait être prise au plus tard le 1er octobre. Cependant, les salariés du magasin de Corbie restent sans information précise concernant leur avenir. Alors que les magasins d’Amiens-Rollin et de Villers-Bretonneux devraient devenir des Intermarché, aucune orientation claire n’a encore été donnée pour Corbie. Cette absence de visibilité nourrit les inquiétudes des employés. La présence déjà existante d’un Intermarché à Fouilloy, ainsi que l’ouverture annoncée d’un autre à Villers-Bretonneux, laisse planer le doute sur la pertinence d’une nouvelle implantation Intermarché à Corbie. Certains craignent alors que le magasin soit transformé en Netto, enseigne discount du Groupement Mousquetaires, voire revendu à d’autres chaînes comme Aldi ou Lidl. Au-delà du changement d’enseigne, les salariés redoutent surtout une remise en cause de leurs acquis sociaux. Ils s’interrogent sur le maintien des tickets-restaurant, des conditions de travail, des temps de pause et des niveaux de salaire. Les syndicats rappellent qu’en cas de rachat, le nouvel employeur dispose d’un délai de quinze mois pour négocier ces éléments avec les salariés. Mais avant cela, les employés souhaitent avant tout savoir qui sera leur futur repreneur et quelles garanties seront apportées. Une réponse pourrait être donnée aux alentours des 16 ou 17 juin, dates évoquées par les représentants syndicaux. (Article du 24/05/2026 – Courrier Picard)
À Amiens, Goodyear recrute 120 personnes et se restructure
À Amiens, le fabricant de pneus Goodyear annonce une importante campagne de recrutement tout en poursuivant une restructuration de ses activités à l’échelle internationale. Selon les responsables de France Travail des agences de Dury, Amiens et Doullens, 120 opérateurs seront recrutés à partir de juin 2026 pour accompagner le lancement d’une nouvelle chaîne de production sur le site amiénois situé dans la zone industrielle nord. Ces embauches concernent des contrats à durée indéterminée (CDI) et s’inscrivent dans la continuité des investissements annoncés en 2024, évalués à 170 millions d’euros. Le recrutement reposera en partie sur la méthode de recrutement par simulation (MRS), un dispositif qui ne s’appuie pas sur les CV classiques mais sur les aptitudes des candidats. Des exercices inspirés de situations de travail réelles permettront d’évaluer leurs capacités et leurs habiletés. France Travail précise que cette méthode donne de bons résultats : environ 85 % des personnes recrutées restent en poste après leur période d’essai. Les tests ont été élaborés avec les opérateurs de Goodyear afin de correspondre aux exigences concrètes du travail en usine. Une journée de présentation du recrutement est prévue le 1er juin 2026. Les 80 places disponibles ont déjà été réservées, mais les candidats peuvent encore s’inscrire sur une liste d’attente auprès de France Travail Amiens Gare. Parallèlement à ces recrutements, Goodyear poursuit une vaste restructuration de ses activités dans la région Europe, Moyen-Orient et Afrique (EMEA). En mars 2026, le groupe a annoncé la suppression de 600 postes et la création de 200 autres. Fin 2025, l’entreprise comptait 63 000 salariés répartis sur 49 sites dans 19 pays. À Amiens, le groupe emploie environ 800 personnes. Cette actualité rappelle également l’histoire industrielle difficile du site. En 2014, l’usine jumelle de Goodyear, située de l’autre côté de la route, avait fermé après cinq années de conflit social marqué par des grèves, des manifestations et des procédures judiciaires, entraînant la suppression de 1 143 emplois. (Article du 28/05/2026 – Courrier Picard)
Saint-Sauveur : chez ID Logistics, des délégués CGT empêchés d’accéder aux locaux syndicaux
Jeudi 28 mai 2026, dès 8h30, des représentants de la CGT se sont rassemblés devant le site d’ID Logistics, sous-traitant d’Amazon situé à Saint-Sauveur, dans la Somme. Contrairement au mouvement social mené du 7 au 16 mai 2026, il ne s’agissait pas cette fois d’un piquet de grève, mais d’une réunion syndicale organisée autour du comité social et économique (CSE), de l’accompagnement des salariés et de la remise d’une caisse de solidarité. Cette rencontre avait été annoncée par Alain Vaneste, secrétaire général de l’union locale CGT de la zone industrielle d’Amiens. La délégation invitée comptait 19 personnes, réunies à l’initiative des six délégués CGT de l’entreprise. Elle regroupait notamment des représentants de la branche ID Logistics Hauts-de-France, des unions locale et départementale de la Somme ainsi que de la fédération intérim, représentant différents secteurs professionnels. Cependant, dès leur arrivée, les syndicalistes ont rencontré des difficultés pour accéder aux locaux. Selon Alain Vaneste, seuls quelques représentants étaient autorisés à entrer, les agents de sécurité ayant reçu pour consigne de limiter les accès. Treize membres de la délégation se sont ainsi vu refuser l’entrée. Le responsable syndical dénonce une forme de discrimination et affirme ne pas comprendre cette décision. La direction avait pourtant été prévenue la veille, par courrier électronique, de la tenue de la réunion et du nombre de participants attendus. En réponse, elle aurait indiqué qu’aucune salle n’était disponible pour accueillir l’ensemble de la délégation et invoqué des raisons de sécurité pour limiter le nombre de personnes reçues à cinq maximum. La CGT estime néanmoins que la réglementation autorise ce type de réunion dans les locaux syndicaux, à condition que les participants disposent des équipements de protection nécessaires et se rendent directement au lieu prévu. Le syndicat s’appuie notamment sur l’article L2142-10 du Code du travail, qui autorise les sections syndicales à inviter des personnalités extérieures à participer à leurs réunions. Dans la matinée, des représentants de la direction sont venus échanger avec les syndicalistes restés à l’extérieur, sans toutefois modifier leur position. Un huissier a été mandaté afin de constater la situation. La CGT affirme vouloir engager toutes les procédures nécessaires pour faire respecter ses droits. De son côté, la direction n’avait pas répondu aux sollicitations des journalistes au moment de la publication. (Article du 29/05/2026 – Courrier Picard)
SANTE
Imao inaugure un nouveau centre d’imagerie médicale à Amiens
C’est au sud d’Amiens, dans le nouvel eco-quartier Avec, avenue Valéry-Giscard-d’Estaing, au sud d’Amiens, que le groupe de radiologie libérale, Imao, a inauguré, jeudi 21 mai, son nouveau centre d’imagerie médicale. Créé de toutes pièces, l’espace est ouvert depuis deux mois. La structure est équipée d’appareils bénéficiant des dernières technologies, installées dans des espaces aménagés pour garantir le confort du patient. «Nous réalisons avec notre équipe de professionnels toute l’imagerie médicale conventionnelle. Chaque salle est dédiée à une activité : radiographie, échographie, mammographie », énumère Bénédicte Czaicki, directrice du groupe. Le cabinet a plutôt vocation à accueillir les femmes et les sportifs et adapte son offre aux besoins du grand public. «Nous ouvrons, de manière régulière, des créneaux d’examen entre 18 heures et 22 heures », précise le docteur Cédric Brochart, président du groupe, et associé. Partenaire actif d’Octobre Rose, Imao poursuit le maillage de la ville après ses unités installées à la clinique Victor-Pauchet et à Amiens-Nord. (Article du 24/05/2026 – Courrier Picard)
LES MARDIS DE L’ECO
Les chefs d’entreprise doivent prendre soin de leur santé
Lors des Mardis de l’éco organisés à Amiens le 19 mai 2026, la santé mentale des dirigeants d’entreprise était au cœur des échanges. Plusieurs études récentes montrent une dégradation inquiétante de l’état psychologique des chefs d’entreprise. Selon le 11e baromètre annuel de la Fondation MMA des entrepreneurs du futur, réalisé par l’Ifop auprès de 1 000 dirigeants de TPE, PME et ETI, un dirigeant sur deux affirme avoir déjà souffert de troubles psychologiques liés à son activité professionnelle. L’Observatoire Amarok, spécialisé dans la santé des entrepreneurs et travailleurs indépendants, confirme cette tendance : 40 % des dirigeants déclarent une santé mentale dégradée et 66 % travaillent plus de 45 heures par semaine. Face à cette situation, l’Asmis, service de santé au travail dans la Somme, propose un accompagnement spécifique destiné aux chefs d’entreprise et travailleurs indépendants. Nicolas Sanvoisin, psychologue clinicien à l’Asmis, explique que les premiers signes d’une dégradation mentale correspondent souvent à un risque d’épuisement professionnel, ou burn-out. Ces signes peuvent être physiques, psychiques, intellectuels ou cognitifs et ont tendance à s’installer durablement lorsqu’ils ne sont pas pris en charge rapidement. Pour prévenir ces situations, l’Asmis met à disposition un outil d’autodiagnostic en ligne appelé « Amarok e-santé ». Ce questionnaire, réalisable en cinq minutes, permet d’évaluer l’équilibre entre les éléments satisfaisants et les facteurs de stress dans la vie professionnelle du dirigeant. Une balance symbolique indique ensuite l’état général de santé mentale. Si un risque d’épuisement est détecté, un second questionnaire plus approfondi sur le burn-out est proposé. Selon les résultats, l’Asmis peut contacter le dirigeant afin de lui proposer une consultation et un suivi adapté. Les spécialistes recommandent aux dirigeants de surveiller régulièrement leur état de santé mentale et physique en réalisant cet autodiagnostic chaque mois ou chaque trimestre. Cette démarche vise à prévenir les situations de détresse psychologique et à encourager une prise en charge précoce avant l’apparition de troubles plus graves. (Article du 25/05/2026 – Courrier Picard)
ECONOMIE
Et si Mistral AI implantait un data center sur le site d’Ynsect à Poulainville ?
À Poulainville, l’ancien site d’Ynsect, spécialisé dans la production de protéines d’insectes et placé en liquidation judiciaire en décembre 2025, pourrait connaître une reconversion majeure. Selon plusieurs sources, le bâtiment pourrait accueillir un data center porté par Mistral AI, une start-up française spécialisée dans l’intelligence artificielle générative. D’après les informations disponibles, cette piste « avance bien » et pourrait se concrétiser prochainement. Le projet de reconversion du site avait déjà été évoqué en janvier 2026 par le liquidateur judiciaire Alain-François Souchon. Parmi les solutions étudiées par le cabinet Vertycal, propriétaire d’une partie des bâtiments, figuraient l’installation d’un entrepôt logistique ou celle d’un centre de données. Aujourd’hui, le scénario du data center semble privilégié, notamment en raison des caractéristiques techniques du site. Le bâtiment dispose en effet d’une grande surface, d’une hauteur importante de 35 mètres et surtout d’un système de soufflerie performant capable de réguler la température, un élément essentiel pour refroidir les serveurs informatiques d’un centre de données. Hadrien Godard, ancien secrétaire du comité social et économique d’Ynsect, estime que cette reconversion est logique. Il rappelle qu’en décembre 2025, lors d’une réunion à la préfecture de la Somme, un représentant de la Caisse des Dépôts — qui détient près de la moitié des parts de la SCI Vertycal — avait déjà mentionné l’hypothèse d’un data center. Selon lui, les équipements techniques du bâtiment semblent même davantage adaptés à cette nouvelle activité qu’à la production d’insectes. Cette éventuelle implantation s’inscrit dans la dynamique de croissance rapide de Mistral AI, devenue l’un des symboles de la French Tech. En mars 2026, l’entreprise a annoncé une levée de fonds de 830 millions de dollars destinée notamment à financer un data center à Bruyères-le-Châtel. Elle a également lancé un projet de centre de données en Scandinavie avec l’entreprise suédoise EcoDataCenter. Pour l’instant, ni les pouvoirs publics ni Mistral AI n’ont officiellement confirmé le projet de Poulainville. (Article du 28/05/2026 – Courrier Picard)
COMMERCE
Après Jacadi, One Step et la Tarterie des Jacobins ont fermé
Dans l’hyper centre-ville d’Amiens, la rue des Jacobins continue de subir une série de fermetures commerciales qui inquiète les commerçants et habitants. Après la disparition récente de plusieurs enseignes comme la Maison Istana, l’institut de beauté Plénitude, ainsi que les boutiques de vêtements pour enfants IKKS Junior et Jacadi, deux nouveaux commerces viennent à leur tour de baisser le rideau : la boutique de prêt-à-porter féminin One Step et la boulangerie la Tarterie des Jacobins. La fermeture de One Step, présente dans la rue depuis les années 2000, s’inscrit dans un contexte national difficile pour la marque. Depuis le début de l’année 2026, plusieurs magasins de l’enseigne ont cessé leur activité après la décision du repreneur du groupe IKKS d’abandonner la marque. Même si cette fermeture n’est donc pas totalement inattendue, elle constitue un nouveau coup dur pour l’attractivité commerciale du centre-ville amiénois. La situation de la Tarterie des Jacobins paraît encore plus préoccupante. Un avis d’expulsion affiché sur la vitrine indique une procédure engagée par un commissaire de justice à la suite de loyers impayés. Cette fermeture illustre les difficultés économiques croissantes rencontrées par les petits commerces. José Boinet, gérant du magasin Florazur situé dans la galerie des Jacobins, évoque une véritable « hécatombe » depuis plusieurs mois. Selon lui, les dossiers de redressement judiciaire, de liquidation ou de cessation d’activité se multiplient. Les commerçants dénoncent plusieurs causes à cette crise. Bien sûr, le contexte économique pousse les consommateurs à réduire leurs dépenses, mais d’autres problèmes structurels aggravent la situation. Les loyers commerciaux sont jugés trop élevés et les difficultés de stationnement découragent de nombreux clients de venir en centre-ville. José Boinet estime qu’une réflexion globale est nécessaire pour redynamiser l’hyper centre, dont la dernière grande rénovation remonte à environ vingt-cinq ans. Malgré ce climat difficile, certains commerçants tentent de rester optimistes. Chez Equivalenza, désormais privée de voisins directs, la responsable souligne l’importance de se différencier grâce à une offre originale et des prix accessibles afin de fidéliser la clientèle. (Article du 28/05/2026 – Courrier Picard)