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La Revue de Presse

Retrouvez l'actualité économique du territoire de la semaine 18

La Revue de Presse

ACTUALITES DES ENTREPRISES

Ynsect - Innovafeed : la filière insectes attaquée par une étude qu’elle conteste

Le rapport publié le 22 avril 2026 par l’Observatoire national de l’élevage d’insectes (Onei), en collaboration avec l’Observatoire des subventions et aides agricoles en France (ObSAF), dresse un bilan très critique de la filière française des protéines d’insectes. Il recommande notamment un arrêt temporaire et une réévaluation des financements publics accordés aux entreprises du secteur, estimant que les résultats ne sont pas à la hauteur des investissements consentis. Cette prise de position intervient dans un contexte de difficultés marquées pour la filière, illustrées par la liquidation judiciaire d’Ynsect en décembre 2025. L’entreprise laisse derrière elle une importante usine inutilisée à Poulainville, près d’Amiens, et une centaine de salariés licenciés. Ce projet, largement soutenu par des fonds publics à hauteur de 148 millions d’euros, a suscité de vives critiques, notamment au sein de l’Assemblée nationale, où des élus ont questionné le contrôle de ces financements. Selon le rapport, environ 284 millions d’euros d’argent public ont été investis dans les principales entreprises du secteur depuis les années 2010. Rapporté à la production réelle, cela équivaudrait à environ 20 euros d’aides par kilogramme de farine d’insectes, soit un coût nettement supérieur à son prix de vente. Les auteurs pointent ainsi un écart important entre les promesses initiales et les résultats obtenus. Le document souligne également la fragilité économique globale du secteur, qualifié « d’échec économique ». À l’échelle mondiale, une part significative des investissements aurait été dirigée vers des entreprises aujourd’hui en difficulté ou disparues. En France, plusieurs acteurs sont concernés : Ynsect a cessé ses activités, Agronutris est en difficulté, et Innovafeed affiche encore des pertes malgré une activité en croissance. Le cas d’Innovafeed est toutefois jugé plus prometteur, bien que non encore pleinement convaincant. L’entreprise prévoit d’atteindre la rentabilité de son site de Nesle d’ici fin 2027, soulignant que ce type de projet industriel nécessite généralement une décennie ou plus avant d’être rentable. Le rapport critique aussi le manque de compétitivité des produits issus de la filière : la farine d’insectes reste nettement plus chère que ses alternatives comme le soja ou la farine de poisson. Enfin, les bénéfices environnementaux sont remis en question, certaines analyses suggérant des émissions de gaz à effet de serre supérieures à celles du soja. Face à ces constats, les auteurs recommandent de rediriger les financements publics vers des solutions jugées plus efficaces, tout en appelant à davantage de transparence sur l’utilisation des fonds investis. (Article du 27/04/2026 – Courrier Picard)


Innovafeed conteste le contenu du rapport de l’Onei


Le rapport critique de l’Observatoire national de l’élevage d’insectes (Onei) sur la filière française des protéines d’insectes est vivement contesté par Innovafeed, principal acteur mondial du secteur, implanté à Nesle (Somme). Son dirigeant, Clément Ray, appelle à prendre du recul face à une analyse jugée partielle et biaisée de la réalité industrielle. Sur la question des financements publics, Innovafeed estime que le rapport amalgame différentes formes de soutien — subventions, prêts, investissements en capital — sans distinguer leur nature. L’entreprise souligne que ces aides s’inscrivent dans des logiques classiques de co-investissement public-privé propres aux industries deeptech. Elle précise que, sur près de 500 millions d’euros levés, seuls 4 % proviennent de fonds publics, contre 96 % d’origine privée, relativisant ainsi l’idée d’une dépendance excessive aux financements publics. Concernant le prétendu « échec économique » de la filière, Innovafeed défend une lecture différente : les difficultés rencontrées par certains acteurs relèvent selon elle d’un processus normal de maturation industrielle. Comme dans d’autres secteurs innovants, des phases de consolidation et de restructuration sont inévitables et ne traduisent pas nécessairement un échec global. Sur les coûts de production, jugés trop élevés par le rapport, l’entreprise reconnaît un écart avec les filières traditionnelles comme le soja ou la farine de poisson, mais insiste sur le fait que ces comparaisons doivent être nuancées. Les coûts dépendent fortement du niveau de maturité industrielle et des volumes produits. Innovafeed affirme avoir déjà réduit ses coûts de production de plus de sept fois depuis ses débuts. Elle souligne également que les filières concurrentes bénéficient de subventions importantes, notamment dans la pêche, ce qui fausse les comparaisons de prix. Le volet environnemental du rapport est aussi fortement critiqué. Innovafeed reproche à l’Onei de s’appuyer sur des études isolées et non représentatives des conditions industrielles actuelles. Elle insiste sur la nécessité d’utiliser des méthodologies harmonisées et reconnues à l’échelle internationale pour évaluer l’impact environnemental, en soulignant que celui-ci varie selon les modèles de production. L’entreprise conteste également l’idée selon laquelle les insectes seraient nourris avec des déchets. Elle précise que leur alimentation repose sur des coproduits agricoles conformes aux réglementations européennes, et non sur des déchets bruts. Enfin, Innovafeed s’oppose à toute suspension des financements publics. Elle met en avant un enjeu stratégique pour l’Europe : renforcer son autonomie en protéines et éviter une dépendance accrue vis-à-vis de régions comme l’Asie. Selon elle, le véritable risque serait de freiner une filière innovante et de laisser d’autres puissances en tirer les bénéfices industriels. (Article du 27/04/2026 – Courrier Picard)


L’Onei, une association opposée à la filière insectes


Qu’est-ce que l’Onei, l’Observatoire national de l’élevage d’insectes, si critique avec la filière insectes ? C’est une association fondée en janvier 2024 qui se définit comme « une structure indépendante en France dédiée à l’information sur l’industrie de l’élevage d’insectes ». L’Onei revendique un financement participatif sur la base de dons, sans citer le profil des donateurs. Interrogé à ce sujet, Tom Bry-Chevalier, salarié à temps partiel de l’Onei et doctorant en économie de l’environnement, évoque « un budget de fonctionnement de 40 000 euros par an financé par des dons en évitant des situations de conflit d’intérêts ». En matière de méthodologie sur l’étude de la filière insectes, les auteurs annoncent que « l’enquête repose sur un travail de reconstitution des données à partir de sources ouvertes et de bases administratives et financières accessibles en ligne ». Interrogé sur le contenu du rapport très critique sur la filière insectes, Tom Bry-Chevalier reconnaît que l’étude est « à charge ». L’Onei prône en effet le développement de la protéine d’origine végétale. La structure collabore également avec The Insect Institute, un organisme également très critique envers la filière insectes. (Article du 27/04/2026 – Courrier Picard)

EMPLOI

Une centaine d’offres d’emploi au forum Décroche ton job aujourd’hui

Ce mardi 28 avril 2026, de 9 heures à 16 h 30, les agences France Travail organisent la 9 e édition du forum Décroche ton job au sein de la galerie AuShopping, centre commercial d’Amiens Sud. Une quinzaine d’entreprises des secteurs de la restauration, de la grande distribution et du commerce seront présentes pour rencontrer directement les candidats. À la clef, une centaine d’offres d’emplois seront proposée en CDD, CDI, en alternance ainsi que des opportunités d’immersion professionnelle. Parmi les postes disponibles : employés en libre-service, hôtes de caisse, employés de drive, vendeurs spécialisés, grillardins, serveurs, cuisiniers, commis de cuisine, vendeurs prêt-à-porter, employés polyvalents de restauration rapide, commerciaux sédentaire, mécaniciens. Plusieurs ateliers seront accessibles aux participants : coaching image, atelier photographie (un professionnel réalisera gratuitement les portraits des participants), atelier CV, un stand du Crédit agricole donnera des conseils sur la création d’entreprise, et un stand sera tenu par les Relais petite enfance d’Amiens et l’association Agena pour accompagner et informer les candidats sur les solutions de garde d’enfants. L’entrée est libre et ouverte à tous, sans inscription nécessaire. L’an dernier, l’événement avait accueilli plus de 250 visiteurs. (Article du 28/04/2026 – Courrier Picard)

LE CHIFFRE DE LA SEMAINE

Mousline enregistre 20 % de son activité à l’étranger

Mousline, célèbre marque française de purée de pommes de terre déshydratées, poursuit son développement à l’international depuis sa sortie du groupe Nestlé en 2022. L’entreprise, dont l’unique site de production est situé à Rosières-en-Santerre dans la Somme, réalise כיום environ 20 % de son chiffre d’affaires à l’export, soit près de 18 millions d’euros générés dans une quinzaine de pays. Pour accélérer sa croissance à l’étranger, Mousline mise sur une stratégie d’adaptation fine aux spécificités de chaque marché. L’entreprise s’appuie sur un réseau de distributeurs locaux chargés de définir les modalités de commercialisation : recettes, formats, positionnement tarifaire et actions marketing. De son côté, Mousline conserve la maîtrise de la production et de l’approvisionnement. Ce modèle, à la fois flexible et exigeant, permet de mieux répondre aux habitudes de consommation locales, même s’il implique une perte partielle de contrôle direct. Selon Nicolas Frisch, directeur marketing et export, ce choix constitue un levier d’agilité essentiel pour se développer à l’international. Il oblige toutefois l’entreprise à repenser son organisation industrielle et commerciale pour s’adapter à des marchés très différents les uns des autres. Les performances de Mousline varient selon les pays. La marque est solidement implantée aux Pays-Bas et en Espagne, où elle détient plus de 65 % de parts de marché en grande distribution. En revanche, sa présence est plus modeste dans des pays comme le Portugal ou la Suisse, où les volumes restent limités mais la rentabilité est assurée. D’autres marchés se sont révélés plus difficiles, comme l’Allemagne, que Mousline a temporairement quitté faute de rentabilité, tout en affichant l’ambition d’y revenir à moyen terme. Pour soutenir son développement, l’entreprise s’est fixé un objectif de croissance de 5 % à l’international. Dans cette optique, elle a engagé en 2024 une stratégie de clarification de marque en remplaçant progressivement Maggi par Mousline sur ses marchés étrangers. Cette décision vise à renforcer la cohérence et la visibilité de la marque à l’échelle mondiale. Par ailleurs, Mousline entend reconquérir certains marchés européens, notamment l’Allemagne, tout en explorant de nouveaux territoires, en particulier dans les pays francophones. L’entreprise souhaite également développer son activité dans le secteur B2B, en complément de ses ventes en grande distribution. Cette stratégie globale illustre la volonté de Mousline de s’imposer comme une marque internationale tout en capitalisant sur son ancrage industriel français. (Article du 27/04/2026 – Courrier Picard)

AGRICULTURE

Les agriculteurs n’arrivent plus à écouler leurs pommes de terre

La filière française de la pomme de terre traverse une crise de surproduction jugée exceptionnelle par les professionnels. Dans la Somme, la FDSEA et l’Union nationale des producteurs de pommes de terre (UNPT) tirent la sonnette d’alarme face à des excédents estimés entre 1 et 2 millions de tonnes à l’échelle nationale, dont 150 000 à 250 000 tonnes pour ce seul département. Les stocks s’accumulent dans les hangars, mettant en difficulté les agriculteurs et faisant peser un risque économique important sur la filière. Pour Denis Bully, président de la FDSEA de la Somme, il devient urgent d’agir afin d’éviter une aggravation de la situation. Il appelle notamment à une mobilisation des consommateurs en faveur de la consommation de pommes de terre. Cette surproduction s’explique par plusieurs facteurs. D’une part, les débouchés à l’exportation se sont révélés moins dynamiques qu’anticipé. D’autre part, certains producteurs ont augmenté leurs surfaces de culture en pariant sur une demande future, notamment liée à l’ouverture d’usines de transformation en France et en Belgique. Par ailleurs, des agriculteurs engagés sur le marché libre, sans contrats sécurisés, ont pris des risques en produisant des volumes difficiles à écouler. Face à ces excédents, plusieurs solutions sont envisagées pour limiter les pertes. Les producteurs proposent de réorienter une partie des stocks vers l’alimentation animale ou les unités de méthanisation, bien que cela nécessite des autorisations administratives. Les dons aux associations d’aide alimentaire, comme Solaal Hauts-de-France, sont également encouragés afin de lutter contre la précarité tout en réduisant les surplus. Toutefois, si aucune solution suffisante n’est trouvée, les agriculteurs redoutent de devoir recourir à la destruction des stocks, par enfouissement ou pourrissement. Une option considérée comme la pire, tant sur le plan économique que moral et sanitaire. Pour éviter que cette situation ne se reproduise, les professionnels appellent à davantage de prudence à l’avenir, en adaptant les volumes produits aux débouchés réels et en résistant aux incitations à l’extension des surfaces cultivées. (Article du 28/04/2026 – Courrier Picard)

TRANSPORT

Et si l’Ecotrain était l’avenir de la ligne Abbeville-Le Tréport ?

Ecotrain, présenté comme « le premier train léger en conduite autonome pour les dessertes fines du territoire », doit réaliser ses premiers essais publics le 29 avril à Saint-Pierre-des-Corps, près de Tours. Entièrement électrique et fonctionnant sur batteries, ce véhicule innovant ambitionne de proposer une alternative moderne et flexible pour relancer des lignes ferroviaires abandonnées. Son concepteur, Philippe Bourguignon, voit notamment un fort potentiel pour la liaison Abbeville–Le Tréport, fermée en 2018 et remplacée depuis par des autocars. Pensé comme un transport intermédiaire entre train et tramway, Ecotrain fonctionnerait avec des arrêts à la demande sur de petits quais appelés « abritrains ». Il pourrait circuler quotidiennement de 5 h à 23 h, avec une fréquence de 30 minutes, voire 15 minutes sur les portions les plus fréquentées. Cette solution serait particulièrement adaptée aux zones touristiques comme les Villes Sœurs, où la circulation routière est souvent saturée en été. Le modèle économique repose sur un coût unitaire d’environ 800 000 euros, comparable à celui d’un autobus électrique. En plus du transport de passagers, Ecotrain intégrerait des activités de fret et de messagerie pour diversifier ses revenus et améliorer sa rentabilité. Cependant, le principal obstacle reste le coût de remise en état des infrastructures ferroviaires. Pour la ligne Abbeville–Le Tréport, les estimations varient entre 100 et 149 millions d’euros. Bien que l’utilisation d’un train léger puisse réduire certains coûts, des investissements importants restent nécessaires pour garantir des rails modernes, silencieux et résistants aux contraintes climatiques. Le projet ne s’inscrit donc pas dans une logique « low cost », mais mise sur la qualité pour séduire les usagers. Du côté des autorités régionales, le projet Ecotrain est encore peu connu. La priorité affichée reste l’état des infrastructures avant toute décision. Pourtant, le concept bénéficie déjà d’un soutien national via l’ADEME et le programme France 2030, et suscite l’intérêt d’autres régions. Dans un contexte de développement des trains légers en Europe, Ecotrain s’inscrit dans une dynamique d’innovation, face à une concurrence déjà présente, y compris en France.


« Ce train aura des yeux, des oreilles et un cerveau pour décider »

Sur le plan technologique, il peut parcourir sur ses batteries 60 km. Il se recharge en bout de ligne sous des panneaux photovoltaïques placés en ombrière (il lui en faut 2 000 m²). Son poids léger et son freinage électromagnétique lui permettent de passer de 70 à 0 km/h en 80 mètres. Les passagers sont tous assis. Et l’on peut ajouter autant de machines que nécessaire en fonction du nombre de voyageurs, les véhicules se suivant en convoi comme le font des voitures autonomes sur des couloirs réservés. La sécurité à bord est assurée par une vidéosurveillance et une sonorisation reliée à un centre de supervision. Ecotrain revendique plusieurs partenaires industriels et universitaires, dont SOCOFER pour le châssis, Stratiforme Industries pour la cabine. Mohamed Sallak, enseignant-chercheur au laboratoire Heudiasyk (CNRS/UTC) de l’Université technologique de Compiègne (UTC), s’est chargé de la partie sécurité dans la localisation du véhicule par GPS, radar et LiDAR (capteurs). « L’idée sera de se passer, à terme, à des systèmes de signalisation ferroviaire (classiques) au sol. Ce train aura des yeux, des oreilles et un cerveau pour décider », trace le spécialiste en sûreté ferroviaire. (Article du 29/04/2026 – Courrier Picard)