La Revue de Presse
Retrouvez l'actualité économique du territoire de la semaine 17

ACTUALITES DES ENTREPRISES
Opella investit 8 M€ pour développer sa capacité de production
À Compiègne, le fabricant du Doliprane, désormais intégré au groupe Opella, modernise son outil industriel afin d’améliorer sa production. Deux ans après le rachat de la branche santé grand public de Sanofi par un fonds américain, les dirigeants souhaitent à la fois rassurer sur leur ancrage en France et mettre en avant leurs investissements. Le site de Compiègne, qui s’apprête à célébrer ses 60 ans, bénéficie ainsi d’un projet majeur : l’installation d’une nouvelle ligne de granulation, une étape essentielle dans la fabrication des comprimés et gélules. Cette opération consiste à transformer la poudre en une matière compressible. L’investissement, d’un montant d’environ 8 millions d’euros, vise à moderniser les équipements et à renforcer les capacités de production. Actuellement en phase de test, ce nouvel équipement de pointe devrait être mis en service à l’été 2026. Il promet un gain d’efficacité d’environ 30 %, notamment grâce à un processus de séchage plus rapide. Une trentaine de salariés travaillent sur cette ligne, et le projet a mobilisé également une trentaine d’entreprises locales, soulignant son impact économique territorial. À plus long terme, cette modernisation pourrait aussi permettre de diversifier les productions du site. Au-delà de la performance industrielle, les dirigeants d’Opella insistent sur l’importance de maintenir une production pharmaceutique en France. Selon eux, cela garantit la sécurité d’approvisionnement en médicaments essentiels. Ils plaident toutefois pour des conditions économiques adaptées, notamment une fiscalité favorable et une revalorisation des prix de vente. La relocalisation de la production du principe actif du paracétamol est également présentée comme un enjeu stratégique. Cette position est soutenue par Xavier Bertrand, qui appelle à mieux accompagner l’industrie pharmaceutique. Il estime qu’il est nécessaire de préserver ce savoir-faire et de cesser de faire pression sur les prix des médicaments comme le Doliprane. Ainsi, entre modernisation industrielle, enjeux économiques et souveraineté sanitaire, le site de Compiègne illustre les défis actuels de l’industrie pharmaceutique française. (Article du 20/04/2026 – Courrier Picard)
Cristal Union annonce de bons résultats malgré « le contexte »
Le groupe coopératif Cristal Union, présent notamment à Villers-Faucon dans la Somme avec la sucrerie Sainte-Émilie, a dévoilé des résultats annuels jugés « difficiles mais satisfaisants ». Dans un contexte international instable et marqué par la volatilité des marchés, l’entreprise, concurrente de Tereos et de Saint-Louis Sucre, met en avant sa capacité de résistance. Le marché mondial du sucre a connu un net recul après deux années particulièrement favorables. Cette baisse s’inscrit dans un contexte de dérégulation et de spéculation. En Europe, les surfaces cultivées en betteraves ont diminué d’environ 10 %, mais cette réduction a été compensée par une hausse des rendements. La campagne 2025-2026 est ainsi qualifiée de « belle », avec une production atteignant 14 tonnes par hectare, un niveau élevé. Les planteurs ont bénéficié d’un prix moyen de 35,14 euros la tonne, considéré comme satisfaisant. Sur le plan financier, les résultats montrent toutefois un net repli. L’excédent brut d’exploitation (Ebitda) est passé de 249 millions à 101 millions d’euros. Malgré cette baisse importante, le groupe parvient à dégager un résultat net positif supérieur à 20 millions d’euros, ce que ses dirigeants présentent comme une performance notable dans le contexte actuel. La situation financière reste saine, avec une dette en diminution. Cristal Union souligne néanmoins plusieurs défis à venir. La hausse des coûts de l’énergie devrait entraîner une augmentation des prix des produits à l’automne 2026. En revanche, les tensions géopolitiques, notamment au Moyen-Orient, ne devraient pas avoir d’impact immédiat sur l’activité, selon les dirigeants. Face à ces enjeux, le groupe poursuit ses efforts en matière de transition énergétique et de développement durable. Il investit dans la biomasse, valorise les pulpes de betteraves et cherche à réduire sa dépendance aux énergies fossiles. La gestion de l’eau constitue également un axe stratégique majeur : toutes les sucreries du groupe sont désormais autonomes en eau, et les distilleries devraient atteindre cet objectif d’ici 2030. Ainsi, malgré un environnement économique tendu, Cristal Union maintient sa stratégie de transformation et mise sur l’innovation et la durabilité pour assurer sa pérennité. (Article du 20/04/2026 – Courrier Picard)
EMPLOI
Le taux de chômage remonte à 9,5 % dans les Hauts-de-France
Le bilan économique 2025 des Hauts-de-France, publié par INSEE, met en évidence une situation paradoxale. D’un côté, l’activité économique régionale progresse légèrement (+0,6 %), mais de l’autre, l’emploi salarié recule nettement (-0,4 %, soit 7 800 postes supprimés) après six années consécutives de hausse. À la fin de l’année, la région compte 2 132 500 salariés. Cette évolution contraste avec la tendance nationale et s’explique en grande partie par le poids important de l’industrie dans la région, notamment dans l’agroalimentaire, secteur particulièrement touché par le ralentissement. Le recul de l’emploi concerne l’ensemble des départements, avec une intensité plus forte dans l’Aisne et l’Oise. Le secteur tertiaire marchand, habituellement moteur, perd 3 900 emplois, notamment dans le commerce (-0,9 %). L’intérim constitue une exception notable avec un rebond de 3 % (+1 900 emplois) après plusieurs années difficiles. Dans le secteur public, l’emploi diminue également (-0,3 %), à l’exception de la santé humaine qui résiste. La construction poursuit aussi son repli, avec une perte de 1 400 emplois pour un total de 116 200 salariés. Dans ce contexte globalement défavorable, le tourisme fait figure d’exception positive. La région enregistre un niveau record de fréquentation avec 16,2 millions de nuitées (+6,2 %). Cette performance s’explique par des conditions météorologiques favorables, le retour des touristes internationaux et le développement de l’hôtellerie de plein air. La conséquence directe de cette dégradation du marché du travail est une hausse marquée du chômage. Celui-ci atteint 9,5 % de la population active au quatrième trimestre 2025, soit une augmentation de 0,8 point sur un an, la plus forte progression en France métropolitaine. La région devient ainsi la plus touchée, devant l’Occitanie (9,4 %), alors que la moyenne nationale s’établit à 7,9 %. Cette tendance pourrait se poursuivre en 2026 dans un contexte international marqué par la hausse des prix de l’énergie. Tous les départements sont concernés par cette hausse, particulièrement le Nord. L’Oise reste le moins touché (8 %), tandis que l’Aisne affiche le taux le plus élevé (10,6 %). (Article du 21/04/2026 – Courrier Picard)
L’unité de soins continus est-elle menacée à l’hôpital de Doullens ?
À l’hôpital de Doullens, l’avenir de l’unité de soins continus (USC), qui compte six lits dédiés à des patients en situation critique (notamment cardiaque ou respiratoire), suscite une vive inquiétude parmi le personnel. Le mardi 21 avril 2026, plusieurs soignants se sont réunis à l’initiative du représentant syndical CGT Vincent Dochy. Ils affirment avoir appris quelques jours plus tôt, lors d’une réunion avec la directrice déléguée, que le service serait prochainement fermé, sans calendrier précis, dans le cadre de directives de l’Agence régionale de santé (ARS). Selon ces salariés, cette décision serait liée à une réglementation imposant la présence d’un bloc opératoire pour maintenir une USC, ce qui n’est plus le cas à Doullens. Ils contestent fermement cette perspective et proposent une alternative : transformer l’unité en soins intensifs polyvalents (USIP), afin de continuer à prendre en charge des patients graves sans hospitalisation classique. Les conséquences d’une fermeture inquiètent fortement les équipes : 13 contrats à durée déterminée pourraient être supprimés, tandis que 13 agents titulaires seraient redéployés dans d’autres services. Le personnel insiste également sur l’importance de cette unité pour le territoire : environ 200 patients y sont accueillis chaque année, avec un taux d’occupation proche de 90 %. Beaucoup sont des personnes âgées pour qui un transfert vers Amiens est difficile, ce qui confère à l’hôpital un rôle essentiel de proximité. Cette situation ravive aussi des craintes plus larges concernant l’avenir de l’établissement. Les soignants rappellent plusieurs fermetures passées (bloc opératoire, maternité) ainsi que la diminution progressive d’autres activités, redoutant un affaiblissement global, voire à terme une remise en cause du service des urgences. De son côté, la directrice déléguée, Lucille Eloy, dément toute décision de fermeture. Elle évoque plutôt une réflexion en cours visant à relocaliser les lits de soins continus au sein de l’hôpital, afin de les rapprocher du service de médecine, avec un projet envisagé d’ici fin 2026. (Article du 22/04/2026 – Courrier Picard)
LE CHIFFRE DE LA SEMAINE
41,7 milliards de prêts accordés en 2025 par la Banque des territoires
La Banque des territoires, rattachée à la Caisse des dépôts et consignations, a accordé 41,7 milliards d’euros de prêts en une année, confirmant son rôle central dans le financement des projets locaux en France. Au total, 11 700 projets ont été soutenus dans plus de 4 350 communes, dont près de 1 200 nouvellement couvertes, ce qui illustre l’élargissement de son action sur le territoire. Cette dynamique représente une hausse de 23 % par rapport à l’année précédente. Ces financements proviennent de l’épargne réglementée des Français, notamment le Livret A, le Livret d’épargne populaire et le Livret de développement durable et solidaire. Ils sont répartis entre plusieurs grands secteurs : 22,9 milliards d’euros pour le logement social, 9,5 milliards pour les collectivités locales, 8,3 milliards pour le refinancement bancaire et 1 milliard pour des prêts liés aux infrastructures énergétiques. Dans les Hauts-de-France, où la Banque des territoires est implantée à Lille et Amiens, plusieurs projets emblématiques ont été accompagnés. À Cuffies, dans l’Aisne, un prêt de 11,4 millions d’euros a permis de financer une résidence universitaire, contribuant à renforcer l’attractivité de Soissons dans le cadre du programme Action cœur de ville. À Beauvais, un projet de 178 millions d’euros a permis la création d’une nouvelle centralité dans le quartier Saint-Jean. Ce projet, soutenu à hauteur de 2,5 millions d’euros en prêts, vise à développer une offre de proximité complète incluant santé, commerces, services et marché en plein air, afin de redynamiser le quartier. À Douai, dans le Nord, la Banque des territoires participe également à la transformation d’un site patrimonial : l’ancien Hospice général, classé monument historique, est en cours de réhabilitation pour devenir un hôtel 4 étoiles. Le projet, estimé à 20 millions d’euros, bénéficie de 2,8 millions d’euros d’investissement en fonds propres. À travers ces exemples, la Banque des territoires illustre sa mission : soutenir le développement local, la transformation urbaine et la revitalisation des territoires, tout en s’appuyant sur l’épargne des Français pour financer des projets d’intérêt général. (Article du 20/04/2026 – Courrier Picard)
ECONOMIE
Le covoiturage sur la route du succès en Picardie
Face à la hausse des prix des carburants, le covoiturage connaît un essor remarquable en France, notamment en 2026. Cédric, demandeur d’emploi près de Beauvais, illustre cette tendance : inscrit comme conducteur sur BlaBlaCar depuis 2022, il gagne environ 100 euros par mois en partageant ses trajets, ce qui lui permet d’économiser un plein de carburant. Comme lui, de nombreux automobilistes se tournent vers cette solution pour préserver leur pouvoir d’achat. En mars 2026, près de 1,94 million de passagers ont utilisé le covoiturage en France, soit une hausse de 18,7 % par rapport à février. Cette progression s’explique en partie par la hausse des prix du carburant, accentuée par les tensions géopolitiques au Moyen-Orient. Les plateformes comme BlaBlaCar constatent une forte augmentation des inscriptions de conducteurs et des trajets proposés, notamment sur les longues distances. La dynamique est particulièrement marquée en Picardie, où le nombre de places proposées a fortement augmenté. En avril, la croissance s’accélère encore, avec une hausse spectaculaire du nombre de trajets proposés. Le week-end de Pâques a même enregistré un record national, avec plus de 140 000 places disponibles en une journée, et une activité multipliée par trois en Picardie. L’agglomération de Beauvais se distingue comme le territoire le plus actif en matière de covoiturage, avec plus de 24 000 passagers en mars. Ces trajets, souvent courts (environ 27 km), concernent majoritairement les déplacements domicile-travail. Ce succès s’explique en grande partie par des incitations financières mises en place localement, comme des bonus versés aux conducteurs via un partenariat avec BlaBlaCar Daily. Certains conducteurs peuvent ainsi gagner jusqu’à 150 euros par mois. Ce modèle inspire d’autres territoires, comme le Pays de Bray, qui a lancé ses propres initiatives. Au-delà de l’aspect économique, le covoiturage séduit aussi par sa dimension sociale, favorisant les rencontres et les liens entre usagers. Selon les acteurs du secteur, cet engouement pourrait perdurer, même si les prix du carburant baissent. (Article du 18/04/2026 – Courrier Picard)
Bpifrance Hauts-de-France a mobilisé 1,7 milliard d’euros afin de financer 6 935 entreprises en 2025
En 2025, Bpifrance a joué un rôle majeur dans le soutien économique des Hauts-de-France, comme l’ont Yannick Da Costa et Pierre Challan Belval lors du bilan régional. À l’échelle nationale, 72 milliards d’euros ont été mobilisés, tandis qu’au niveau régional, 6 935 entreprises ont été accompagnées pour un montant direct de 1,7 milliard d’euros, générant au total près de 4 milliards d’euros de financements publics et privés. L’action de Bpifrance s’est répartie entre plusieurs leviers : 281 entreprises ont été soutenues pour leurs projets d’innovation (112 millions d’euros), 6 002 ont bénéficié de garanties (373 millions), 532 ont reçu des financements directs (572 millions) et 523 ont été aidées à court terme (638 millions). Par ailleurs, la banque a pris 290 participations en fonds propres, directement ou via des partenaires, renforçant son rôle d’investisseur stratégique. L’accompagnement ne s’est pas limité au financement : 27 929 porteurs de projets ont été suivis et 10 500 créateurs d’entreprise encadrés. À l’international, 131 entreprises ont bénéficié de 229 millions d’euros pour soutenir leur développement à l’export. Trois priorités structurent cette action. D’abord, l’industrie, avec 341 millions d’euros mobilisés pour 638 entreprises afin de soutenir leur transformation et leur croissance. Ensuite, la transition écologique, avec une forte hausse des prêts climat, atteignant 56 millions d’euros, et 331 entreprises engagées dans la communauté Coq Vert. Enfin, l’entrepreneuriat dans les quartiers, via le programme Entrepreneuriat Quartiers 2030, qui a accompagné plus de 4 000 entrepreneurs. Un partenariat avec la Région Hauts-de-France, appuyé par des fonds européens FEDER, a également permis de soutenir 543 entreprises supplémentaires à hauteur de 85 millions d’euros. Malgré ce bilan globalement positif, un échec notable vient l’assombrir : la liquidation judiciaire de Ynsect fin 2025. Cette entreprise, qui avait reçu 148 millions d’euros d’aides publiques, dont une partie de Bpifrance, illustre les risques liés aux investissements dans des projets innovants. (Article du 20/04/2026 – Courrier Picard)
Les « grands rouleurs » redoutent la panne sèche
La hausse du prix du carburant pèse lourdement sur de nombreux professionnels dépendants de leur véhicule, notamment dans les zones rurales de Picardie. Les aides gouvernementales récemment annoncées apparaissent insuffisantes face à l’ampleur des difficultés rencontrées. Karine Marquant, auxiliaire de vie sociale, illustre bien cette situation. Elle parcourt environ 1 000 kilomètres par mois pour rendre visite à une quinzaine de personnes âgées. Son plein d’essence est passé de 55 à 80 euros, ce qui impacte directement son budget personnel. Malgré une légère revalorisation des indemnités kilométriques par son employeur, cette compensation reste partielle. Comme beaucoup, elle a dû réduire ses dépenses personnelles, notamment ses sorties. Bien qu’attachée à son métier, elle espère des mesures plus adaptées à la réalité de son travail. L’aide gouvernementale de 50 euros, destinée aux travailleurs modestes effectuant de longs trajets quotidiens, devrait bénéficier à plusieurs millions de Français. Toutefois, elle exclut certaines professions pourtant fortement touchées par la hausse des carburants. C’est le cas des commerçants ambulants, présents sur les marchés. Thierry Deneux, poissonnier, parcourt près de 6 000 kilomètres par mois et subit à la fois l’augmentation du coût du carburant et une baisse de 30 % de sa clientèle. Il regrette le manque de soutien pour sa profession et estime que la solution passerait davantage par une baisse des taxes. D’autres commerçants, comme Fred, fromager, constatent une hausse significative de leurs dépenses, avec 600 euros supplémentaires par semaine pour leurs véhicules. Certains envisagent d’augmenter leurs prix pour compenser. Les chauffeurs de taxi sont également en difficulté. Frédéric Formeaux, gérant d’une petite société, parcourt jusqu’à 20 000 kilomètres par mois. Ses coûts de carburant ont fortement augmenté, sans possibilité d’ajuster ses tarifs, réglementés. Il craint une baisse importante de son chiffre d’affaires et déplore l’absence d’aides spécifiques pour son secteur. Au final, de nombreux professionnels se sentent oubliés face à une crise énergétique qui fragilise leur activité et leur pouvoir d’achat. (Article du 24/04/2026 – Courrier Picard)
SOCIAL
1 er -Mai : soulagement des boulangers et fleuristes picards
Un projet de loi récemment annoncé par le Premier ministre Sébastien Lecornu prévoit d’autoriser les boulangers et fleuristes indépendants à ouvrir leurs commerces le 1er mai, une journée habituellement chômée et protégée en France. Cette décision marque un revirement du gouvernement, qui avait initialement renoncé à cette mesure sous la pression des syndicats. En Picardie, cette annonce suscite des réactions contrastées entre satisfaction des professionnels et opposition syndicale. Du côté des artisans et de leurs salariés, l’accueil est globalement positif. À Amiens, des employés d’un fleuriste se réjouissent de pouvoir travailler ce jour-là, soulignant l’intérêt financier d’une rémunération doublée. Beaucoup estiment que cette mesure corrige une inégalité, puisque certains secteurs comme la restauration pouvaient déjà faire travailler leurs salariés le 1er mai. Désormais, seuls les employés volontaires, ayant donné leur accord écrit, pourront travailler, tout en bénéficiant d’un salaire doublé, conformément à la législation. Les employeurs partagent cet enthousiasme. Emmanuel Sainneville, boulanger dans la Somme, considère cette réforme comme une mesure de bon sens, rappelant que le 1er mai est traditionnellement une journée de forte activité pour leur profession. Il souligne également l’incohérence de la réglementation précédente, qui interdisait le travail ce jour-là alors que d’autres jours fériés, comme le 8 mai, sont moins favorables à leur activité en raison de l’ouverture des grandes surfaces. En pratique, de nombreux artisans contournaient déjà la règle, malgré les risques de sanctions. L’an passé, certains boulangers avaient été lourdement sanctionnés, avec des amendes pouvant atteindre 750 euros par salarié. Pour les représentants du secteur, cette nouvelle loi apporte donc une clarification attendue depuis longtemps. Cependant, les syndicats, notamment la CGT, dénoncent cette évolution. Ils critiquent le principe du volontariat, qu’ils jugent souvent illusoire, et estiment que les salariés ont davantage besoin d’augmentations de salaire que de la possibilité de travailler un jour férié. Pour eux, cette mesure risque d’accroître la pression sur les employés. Ainsi, cette réforme met en lumière un débat entre liberté économique et protection des droits des travailleurs, sans parvenir à faire consensus. (Article du 18/04/2026 – Courrier Picard)
Un préavis de grève au CHU concernant l’évolution des « tortues »
Un mouvement social se profile au CHU Amiens-Picardie autour de l’évolution des Automates à grande vitesse (AGV), surnommés les « tortues ». Mis en service il y a douze ans, ces robots assurent une part essentielle de la logistique hospitalière : transport de repas, de médicaments, de linge ou encore de déchets. Ils réalisent כיום environ 600 trajets quotidiens à travers les différents services de l’établissement, en fonctionnant sept jours sur sept. La direction prévoit une modernisation importante du dispositif à partir de septembre prochain, avec l’arrivée de nouveaux AGV. L’objectif est de doubler presque l’activité pour atteindre entre 1 200 et 1 300 flux par jour. Cependant, cette évolution s’accompagnerait d’une réduction significative des effectifs humains chargés de piloter ces machines : le nombre d’agents passerait de neuf à quatre. Cette perspective suscite de vives inquiétudes parmi les salariés concernés. Le syndicat Unsa a ainsi déposé un préavis de grève. Il précise ne pas être opposé à la modernisation ni à l’investissement, mais critique la méthode employée par la direction. Selon lui, la réorganisation est menée trop rapidement, sans garanties suffisantes pour les agents ni visibilité claire sur les conditions de travail futures. Le syndicat se fait le relais des craintes des pilotes, qui redoutent une dégradation de leurs conditions de travail et une fragilisation de leurs postes. Les revendications portent principalement sur un déploiement progressif des nouveaux équipements, le maintien temporaire des effectifs actuels pour éviter toute désorganisation, ainsi que sur un meilleur accompagnement des agents, notamment via la formation. L’Unsa insiste également sur la nécessité d’un dialogue social renforcé et d’une prise en compte réelle des préoccupations du personnel. Elle rappelle que, malgré leur automatisation, les « tortues » ont toujours nécessité une intervention humaine. De son côté, la direction affirme maintenir un dialogue constant avec les organisations syndicales. Une réunion a déjà eu lieu et des propositions doivent être formulées pour répondre aux inquiétudes soulevées. L’établissement assure vouloir concilier modernisation, qualité du service public hospitalier et respect des professionnels, dans un contexte de transformation technologique sensible. (Article du 21/04/2026 – Courrier Picard)
Les pilotes des « tortues » obtiennent gain de cause au CHU
La grève des pilotes des automates à grande vitesse, surnommés les « tortues », au CHU Amiens-Picardie, entamée le 22 avril à l’appel de l’Unsa, s’est achevée rapidement par un accord avec la direction. Ce mouvement social concernait les agents chargés de superviser ces robots utilisés pour transporter repas, médicaments, linge et autres fournitures au sein de l’hôpital. Les grévistes exprimaient leur inquiétude face à une réorganisation prévue d’ici septembre, marquée par l’arrivée de nouveaux automates plus performants, mais aussi par une réduction des effectifs humains. Les syndicats dénonçaient notamment le risque de suppression de postes et demandaient le maintien des huit pilotes actuels pendant une période transitoire afin d’accompagner la transformation du service. À l’issue des négociations, un compromis a été trouvé : six pilotes seront finalement maintenus jusqu’au 31 décembre. Bien que ce chiffre soit inférieur aux attentes initiales, les représentants syndicaux se disent satisfaits du dialogue engagé avec la direction. Ils soulignent qu’un calendrier de redéploiement progressif des agents a également été établi, en fonction de la montée en compétences des nouveaux équipements. Cette transition s’inscrit dans une évolution technologique du système logistique de l’hôpital. Les premières « tortues », mises en service en 2014, avaient connu divers dysfonctionnements malgré une ambition importante : assurer l’approvisionnement d’une centaine de services hospitaliers et gérer également les déchets. Fonctionnant tous les jours de 6 heures à 21 heures, ces robots nécessitaient une supervision humaine constante. Les nouveaux automates annoncés devraient être plus fiables et dotés de capacités d’autogestion accrues, réduisant ainsi le besoin d’intervention humaine. C’est précisément cette évolution qui suscite des tensions, entre modernisation des outils et préservation de l’emploi. La levée du préavis de grève, effective dans la nuit du 23 avril, marque une sortie de crise rapide, mais laisse entrevoir des enjeux durables liés à l’automatisation et à l’adaptation des métiers au sein du secteur hospitalier. (Article du 23/04/2026 – Courrier Picard)
Fin de la production chez Stellantis : « Très inquiets » à Forvia
Le site industriel de Méru, dans l’Oise, appartenant à l’équipementier automobile Forvia, traverse une période d’incertitude majeure. En cause : sa forte dépendance à l’usine Stellantis de Poissy, dont l’arrêt de la production automobile est annoncé à l’horizon 2028. Aujourd’hui, environ 50 % du chiffre d’affaires du site de Méru repose sur la fabrication d’équipements (tableaux de bord, intérieurs de portes) destinés aux véhicules assemblés à Poissy, comme la DS3, l’Opel Mokka ou certains modèles Peugeot. Cette décision menace directement près de 25 millions d’euros de revenus annuels. Cette perspective inquiète fortement les 700 salariés du site, d’autant plus que l’entreprise sort à peine d’un plan social survenu un an plus tôt. Une centaine d’emplois avaient alors été supprimés, principalement dans la recherche et développement, avec une partie des activités délocalisées vers l’Asie selon les syndicats. Aujourd’hui, ces derniers dénoncent un manque de communication de la direction, qui se veut rassurante malgré un contexte jugé préoccupant par les représentants du personnel. La situation est aggravée par la perte progressive d’autres marchés importants. Notamment, une partie de la production liée au Renault Kangoo, représentant environ 8 millions d’euros par an, va être transférée vers un autre site dès août, alors qu’elle devait initialement rester à Méru jusqu’en 2030. Bien que de nouveaux projets soient annoncés, comme le Flexevan ou certains équipements pour Alpine, les syndicats estiment qu’ils ne permettront pas de compenser les pertes financières à venir. À ces difficultés industrielles s’ajoute une incertitude stratégique. Forvia envisage en effet de céder son activité d’intérieurs automobiles afin de réduire sa dette. Une offre de rachat de 1,6 milliard de dollars par le fonds Apollo est évoquée. Si elle se concrétise, elle concernerait plusieurs sites en France, dont celui de Méru, et pourrait affecter environ 2 000 salariés. Dans ce contexte, les employés redoutent une accumulation de menaces : perte de clients, restructurations, et éventuelle revente. L’avenir du site apparaît donc fragile, malgré quelques perspectives de nouveaux contrats insuffisants pour garantir sa stabilité économique. (Article du 24/04/2026 – Courrier Picard)
TRANSPORT
À 2 euros le ticket, l’autocar est-il le remède à la crise pétrolière ?
Le réseau d’autocars interurbains des Hauts-de-France apparaît comme une alternative économique et pratique face à la hausse des prix des carburants. L’exemple du trajet entre Amiens et Mers-les-Bains (76 km) illustre cet avantage : pour seulement deux euros, soit l’équivalent d’un litre d’essence, il est possible de relier ces deux villes. À titre de comparaison, le même trajet coûte entre 9 et 14 euros en voiture selon l’itinéraire, et 10,70 euros en train (6,10 euros avec réduction). Au-delà du prix, le car offre un confort appréciable. Le trajet dure environ 1 h 40, soit vingt minutes de plus qu’en voiture, mais permet de se reposer, lire ou discuter. C’est d’ailleurs un lieu de sociabilité pour certains usagers réguliers. Des passagers témoignent avoir noué des liens en partageant ces trajets quotidiens, transformant ce temps de transport en moment d’échange et de détente. L’argument financier reste toutefois déterminant. Avec un abonnement mensuel d’environ 30 euros, les économies réalisées sont significatives, notamment en évitant les dépenses liées au carburant et au stationnement. Pour certains travailleurs contraints de se déplacer vers Amiens, ce mode de transport devient indispensable. La fiabilité constitue un autre point fort. Contrairement au train, souvent sujet à des retards ou des annulations, les autocars sont jugés ponctuels et réguliers, sauf conditions météorologiques extrêmes. Cette constance rassure les usagers, qui peuvent mieux organiser leur quotidien. Cependant, des limites subsistent. Pendant les vacances d’été, la réduction du nombre de trajets complique les déplacements, allant jusqu’à empêcher certaines personnes d’accepter un emploi. Par ailleurs, le réseau reste encore mal connu du grand public. Sa visibilité est insuffisante, notamment en ligne, où l’information est fragmentée par département. De plus, les applications de transport classiques ne mettent pas en avant cette alternative. Malgré ces défauts, l’autocar interurbain présente un fort potentiel. Accessible, fiable et économique, il constitue une solution d’avenir dans un contexte de hausse durable des coûts énergétiques, à condition d’améliorer sa communication et son accessibilité. (Article du 21/04/2026 – Courrier Picard)