La Revue de Presse
Retrouvez l'actualité économique du territoire de la semaine 10

EMPLOI
Alinéa au bord de la liquidation, les employés inquiets
Les salariés des magasins Alinéa d’Allonne, près de Beauvais, et de Saint-Maximin, dans l’Oise, vivent dans l’incertitude face au risque de disparition de l’enseigne. Le 5 mars, le procureur du tribunal des affaires économiques de Marseille a demandé la liquidation judiciaire de la marque d’ameublement. Si cette décision est confirmée par les juges le 31 mars, près de 1 200 employés pourraient perdre leur emploi, dont les équipes des deux magasins de l’Oise. Depuis plusieurs jours, les salariés suivent la situation avec anxiété, guettant la moindre information sur l’avenir de l’entreprise. À Allonne, une petite équipe d’une seizeine d’employés continue de travailler sans savoir si le magasin pourra rester ouvert. La direction locale elle-même ne dispose que de très peu d’éléments et attend les conclusions de la centrale de la marque et du tribunal. Six offres de reprise ont été déposées. Cinq d’entre elles, émanant notamment d’enseignes comme Ikea, Grand Frais, Cargo, B&M ou Leroy Merlin, sont jugées marginales, car elles ne concernaient que la reprise de quelques salariés, entre huit et trente au maximum. La seule proposition globale provient de la société roumaine SDC. Toutefois, cette offre est contestée à la fois par la direction d’Alinéa et par les syndicats. L’entreprise roumaine ne s’est même pas présentée à l’audience, ce qui a été perçu comme un manque de respect par les salariés présents. La direction estime également que cette proposition est irrecevable, bien que le tribunal doive encore l’examiner. La situation financière d’Alinéa est déjà très dégradée : en 2024, l’enseigne a enregistré 47 millions d’euros de pertes pour un chiffre d’affaires de 162 millions d’euros. Dans ce contexte, les réquisitions du procureur en faveur d’une liquidation inquiètent fortement les salariés. Dans les magasins, l’activité continue pourtant. Les promotions de liquidation, avec des réductions de 30 %, attirent même davantage de clients qu’à l’habitude. Mais derrière cette affluence se cache une atmosphère lourde. Certains employés commencent déjà à envisager un plan B, notamment les plus jeunes ou les alternants dont l’avenir professionnel est menacé. Malgré leur implication et leur attachement au magasin, beaucoup redoutent désormais que des années d’efforts se terminent brutalement par une fermeture définitive. (Article du 07/03/2026 – Courrier Picard)
Des perturbations dans les transports scolaires à cause d’une grève chez Transdev
Le climat social se dégrade au sein de l’entreprise de transport Transdev Cap, qui assure de nombreux services de mobilité en Picardie, notamment des transports scolaires, des liaisons pour des regroupements pédagogiques intercommunaux (RPI), ainsi que des déplacements pour des communes ou des activités ponctuelles comme les sorties à la piscine, au cinéma, au théâtre ou encore des voyages organisés. Face à leurs conditions de travail jugées de plus en plus difficiles, les quelque 370 salariés de l’entreprise — chauffeurs et agents de maîtrise — ont été appelés à faire grève à partir du mercredi 4 mars, et ce jusqu’au 31 décembre, à l’initiative du syndicat majoritaire Force ouvrière (FO). Selon le délégué syndical FO Farid Bouamara, ce mouvement social intervient après une année de discussions infructueuses avec la direction. Plusieurs réunions du Comité social et économique se sont tenues, mais les représentants des salariés affirment n’avoir obtenu aucune réponse satisfaisante à leurs préoccupations. Un mouvement similaire avait déjà eu lieu en novembre 2025 à Compiègne, signe que les tensions entre salariés et direction ne sont pas nouvelles. La mobilisation devrait s’intensifier à partir du lundi 9 mars avec l’installation de piquets de grève dans les quatre principaux dépôts de l’entreprise : Abbeville, Amiens/Rivery, Noyon et Soissons. Le mouvement pourrait être largement suivi et provoquer d’importantes perturbations dans les transports. Le Conseil régional prévient déjà que plusieurs lignes régulières scolaires et interurbaines seront affectées. Les secteurs d’Amiens, Abbeville, Doullens, Péronne, Montdidier, Crèvecœur, Compiègne, Noyon et Soissons pourraient être concernés, tout comme la ligne 601 reliant Amiens à l’aéroport de Beauvais. Les revendications des salariés portent notamment sur la dégradation des conditions de travail. FO critique l’état vieillissant de certains véhicules utilisés par l’entreprise, notamment les cars Iveco Magelys, jugés très usés. Le syndicat reproche à Transdev de ne pas investir suffisamment dans des véhicules plus modernes. L’organisation du temps de travail est également remise en cause. Le temps de service officiel reste fixé à 151 heures mensuelles, un système qui, selon les salariés, n’a presque pas évolué depuis la création de l’entreprise il y a plus de 90 ans. Or, le développement des infrastructures urbaines — ronds-points, carrefours et aménagements routiers — rallonge désormais les trajets. Les conducteurs dépassent fréquemment leur horaire de 10 à 20 minutes, un temps supplémentaire qui ne serait pas comptabilisé ni rémunéré. Les syndicats dénoncent ainsi une forme de travail non reconnu qui accentue le mécontentement des salariés. (Article du 08/03/2026 – Courrier Picard)
Une reconversion sur deux est portée par une femme dans la région
Dans les Hauts-de-France, les femmes sont majoritaires parmi les salariés qui entreprennent une reconversion professionnelle, selon Transitions Pro Hauts-de-France, l’organisme paritaire chargé d’accompagner les projets de transition professionnelle pour les salariés du privé. Financée par l’État et l’Union européenne et pilotée par les partenaires sociaux, cette structure constate que plus de la moitié des dossiers traités en 2025 concernent des femmes, confirmant qu’elles prennent activement en main leur trajectoire professionnelle. En 2025, 51 % des personnes accompagnées par Transitions Pro étaient des femmes, toutes catégories de dispositifs confondues. L’organisme souligne que les parcours professionnels féminins sont souvent marqués par des interruptions de carrière, des contraintes familiales, des métiers exposés à l’usure physique ou psychologique, et des environnements de travail exigeants. Ces facteurs expliquent en partie la fréquence des reconversions et la nécessité d’un accompagnement spécifique pour ces transitions. Les dispositifs les plus sollicités par les femmes concernent notamment la reconversion après démission et la gestion de l’usure professionnelle. Dans le cadre du dispositif démission-reconversion, 49 % des projets accompagnés en 2025 ont été portés par des femmes, et près de la moitié de ces projets impliquent la création ou la reprise d’entreprise. Cela montre un intérêt croissant des femmes pour l’entrepreneuriat et leur volonté d’accéder à des métiers porteurs et à des postes à responsabilité. Par ailleurs, 53 % des bénéficiaires accompagnés dans le cadre de la reconversion liée à l’usure professionnelle sont également des femmes, soulignant que ces parcours permettent de répondre à des situations de fatigue physique ou mentale au travail tout en ouvrant de nouvelles opportunités professionnelles. Ces chiffres reflètent une tendance générale : les femmes n’attendent plus passivement les opportunités de carrière mais cherchent activement à les créer, notamment en explorant des voies entrepreneuriales ou en se réorientant vers des métiers plus valorisants et durables. Cette dynamique confirme également le rôle central des dispositifs d’accompagnement comme Transitions Pro Hauts-de-France, qui offrent un soutien concret pour structurer les projets, sécuriser les parcours et favoriser l’accès à des postes qualifiés ou à la gestion d’entreprise. En résumé, la reconversion professionnelle apparaît comme un levier essentiel pour l’autonomie et l’émancipation professionnelle des femmes dans la région, contribuant à des trajectoires plus diversifiées et valorisantes. (Article du 09/03/2026 – Courrier Picard)
GRDF annonce une centaine d’embauches dans la région en 2026
GRDF, gestionnaire du réseau de distribution de gaz, poursuit en 2026 sa politique de recrutement active, confirmant son rôle de pourvoyeur d’emplois dans les Hauts-de-France et à l’échelle nationale. Cette année, l’entreprise propose 350 postes en alternance, dont environ trente dans la région. Les offres couvrent l’ensemble des métiers de GRDF, allant de l’ingénierie à l’exploitation et la maintenance, en passant par la relation clients et fournisseurs ainsi que les fonctions support. Selon David Przybylek, responsable du pôle recrutement intérim et alternance chez GRDF Nord-Ouest, ces recrutements visent à anticiper l’accroissement des besoins en personnel dans les années à venir, notamment dans la filière gaz et solutions énergétiques, où le ministère du Travail estime à 170 000 le nombre d’embauches nécessaires d’ici 2030. Pour attirer les jeunes, GRDF propose plusieurs avantages sur ses contrats en alternance : rémunération supérieure au seuil légal, participation financière aux coûts d’hébergement, prise en charge partielle des frais de transport entre le lieu d’études et le travail, et soutien pour le passage du permis de conduire. Ces mesures visent à rendre les postes plus attractifs et à sécuriser l’engagement des alternants. Au-delà des contrats en alternance, GRDF prévoit également le recrutement d’une vingtaine de CDI et d’une cinquantaine de contrats intérimaires à temps plein. Les missions intérimaires sont souvent mensuelles mais peuvent être prolongées sur le long terme, voire converties en CDI, offrant ainsi une stabilité professionnelle aux candidats. Le poste le plus recherché est celui de technicien gaz, chargé d’accompagner un portefeuille clients et d’animer un réseau tout en respectant les normes réglementaires. Les candidats doivent avoir un profil CAP/BEP/bac maximum, un goût pour les métiers techniques et une adhésion aux valeurs de service public de GRDF. Le permis B est requis pour les CDI, car les interventions des techniciens s’étendent sur un rayon d’environ 20 kilomètres autour de leur agence. D’autres postes sont également ouverts au siège régional de Lille, notamment des ingénieurs d’affaires (bac +5) pour les solutions techniques et l’expertise, des managers d’intervention (bac +3 avec expérience) pour encadrer les équipes de techniciens, ainsi que des fonctions support dans la comptabilité, la gestion et les ressources humaines. En résumé, GRDF combine alternance, CDI et intérim pour répondre à ses besoins croissants en personnel et renforcer son attractivité auprès des jeunes et des professionnels expérimentés, tout en garantissant un service public de qualité dans la région Hauts-de-France. (Article du 09/03/2026 – Courrier Picard)
Enedis recrutera une soixantaine de personnes cette année en Picardie
En mars 2026, Enedis organise des journées portes ouvertes dans plusieurs de ses agences en Picardie afin de présenter ses métiers et les opportunités de recrutement pour l’année. Les événements se dérouleront à Amiens et Beauvais les vendredi 20 et samedi 21 mars, ainsi qu’à Saint-Quentin le samedi 28 mars. Ces rencontres, accessibles sur inscription, sont destinées à un large public, incluant étudiants, jeunes diplômés, demandeurs d’emploi et personnes en reconversion professionnelle. L’objectif est de permettre aux participants de découvrir les métiers d’Enedis, d’échanger avec les salariés et les recruteurs, et de s’informer sur les offres de stage, d’alternance et de CDI disponibles en région. Durant ces journées, Enedis présentera les activités liées à la distribution d’électricité et à la transition écologique, en mettant l’accent sur des démonstrations techniques et des échanges directs avec les équipes. Les visiteurs auront ainsi l’occasion de comprendre le fonctionnement des métiers de terrain et des fonctions supports au sein de l’entreprise, tout en identifiant les parcours de formation et de recrutement possibles. Cette approche vise à sensibiliser les jeunes et les personnes en reconversion aux besoins spécifiques du secteur de l’électricité, en valorisant les compétences techniques et le rôle stratégique d’Enedis dans la transition énergétique. Pour 2026, Enedis prévoit de recruter en Picardie une soixantaine de collaborateurs. Parmi eux, 41 postes seront proposés en CDI, garantissant une insertion stable et durable dans l’entreprise, tandis que plus de 20 postes concerneront des alternances et des stages, permettant aux jeunes de se former et de s’immerger dans les métiers du réseau électrique. Les activités de l’entreprise dans la région s’étendent sur douze sites répartis dans les trois départements de la Picardie, offrant ainsi une diversité de missions et d’opportunités professionnelles adaptées aux différents profils. Ces journées portes ouvertes constituent une démarche proactive pour renforcer l’attractivité d’Enedis auprès des jeunes talents et des professionnels en reconversion, tout en répondant aux besoins croissants en recrutement dans le secteur de l’électricité et de la transition énergétique. Elles combinent présentation des métiers, rencontres avec les équipes et découverte des offres d’emploi, offrant un panorama complet des carrières possibles au sein de l’entreprise en Picardie. (Article du 09/03/2026 – Courrier Picard)
Une centaine de lignes de cars perturbée par la grève chez Transdev Cap
Le lundi 9 mars 2026, une cinquantaine de chauffeurs de l’entreprise de transport Transdev Cap se sont mis en grève devant le siège d’Amiens-Rivery pour dénoncer leurs conditions de travail. L’entreprise compte environ 370 salariés, dont près de 200 chauffeurs répartis dans quatre dépôts principaux situés à Abbeville, Amiens-Rivery, Noyon et Soissons. Les grévistes étaient présents dès 6 heures du matin pour faire entendre leurs revendications. Selon Farid Bouamara, délégué syndical FO, tous les chauffeurs n’ont pas pu participer au mouvement. Certains n’ont pas pu se déplacer jusqu’à Amiens en raison du coût du carburant, tandis que d’autres ont choisi de continuer à travailler parce qu’ils ne peuvent pas se permettre de perdre une journée de salaire. Malgré cela, beaucoup soutiendraient le mouvement. Les chauffeurs dénoncent principalement des horaires devenus irréalistes au fil des années. Ils expliquent que les conditions de circulation ont évolué, notamment avec la multiplication des zones limitées à 30 km/h, l’apparition de nouveaux ronds-points ou encore certaines difficultés de circulation dans la ville d’Amiens. Ils évoquent par exemple les problèmes pour sortir de la gare routière ou l’interdiction d’emprunter certaines voies de bus. Ces changements ont rallongé les temps de trajet. Selon les grévistes, un parcours qui durait autrefois une heure peut aujourd’hui prendre environ une heure et quinze minutes. Pourtant, ces quinze minutes supplémentaires ne seraient pas toujours rémunérées. Les chauffeurs affirment que la direction leur reproche parfois d’avoir perdu du temps lors des arrêts, ce qui empêche la reconnaissance de ces dépassements d’horaires. Le syndicat majoritaire FO, soutenu par la CFDT, dénonce également la baisse des indemnités kilométriques versées aux chauffeurs remplaçants, une mesure jugée injuste par les salariés concernés. Face à la mobilisation, la direction de Transdev Cap s’est rendue sur place pour discuter avec les grévistes. Elle reconnaît qu’un travail doit être mené pour revoir les horaires et améliorer la cohérence du service. Toutefois, les modifications envisagées ne pourraient intervenir qu’à partir de l’été prochain. Cette réponse est jugée trop tardive par les chauffeurs mobilisés. Estimant que leurs revendications ne sont pas prises en compte assez rapidement, ils préviennent qu’ils pourraient organiser d’autres actions dans les semaines à venir afin de faire pression sur la direction et obtenir des améliorations plus rapides de leurs conditions de travail. (Article du 10/03/2026 – Courrier Picard)
Un appel à manifester du secteur médico-social aujourd’hui à Amiens
Les syndicats du secteur médico-social dénoncent une dégradation continue des conditions salariales et de travail. Selon eux, les salariés travaillent « à flux tendu » alors que les moyens financiers restent limités. Ils critiquent notamment l’argument des « enveloppes contraintes » souvent avancé pour justifier l’absence de revalorisations salariales. D’après les organisations syndicales, les professionnels du secteur auraient perdu plus de 45 % de pouvoir d’achat depuis les années 2000. Les grilles de salaires n’auraient pas suivi l’évolution du SMIC, ce qui accentue le sentiment de déclassement chez les travailleurs du médico-social. Face à cette situation, les salariés de l’action sociale sont appelés à se mobiliser à Amiens ce mardi 10 mars. L’appel à manifester est lancé par la CGT, FO et la CFDT, notamment auprès des salariés des associations ADAPEI80 et PEP80. Le rassemblement est prévu à 14 heures devant la Maison de la Culture d’Amiens. Les syndicats expliquent que cette mobilisation vise symboliquement à « porter le deuil du secteur médico-social et de nos métiers ». Elle intervient après une conférence salariale nationale organisée le 18 février, qui a été jugée largement insuffisante par les représentants du personnel. Les syndicats reprochent notamment aux employeurs d’avoir repoussé à 2028 les discussions sur les classifications professionnelles et les rémunérations. Pour eux, refuser de traiter la question des salaires dans l’immédiat revient à fragiliser davantage le secteur associatif. Ils craignent que cette absence de revalorisation accélère l’appauvrissement des professionnels et rende les métiers du médico-social de moins en moins attractifs. Cette inquiétude est renforcée par les difficultés de recrutement déjà observées dans le secteur. Les syndicats soulignent que les postes vacants sont de plus en plus nombreux, ce qui alourdit la charge de travail des équipes en place et dégrade les conditions d’accompagnement des personnes accueillies. En parallèle de la manifestation nationale, une autre mobilisation est prévue le matin même devant le siège de l’ADAPEI80 à Boves. Les syndicats de l’association appellent les salariés à s’y rassembler afin de défendre des revendications plus locales. Ils demandent notamment une remise à plat de certains accords sociaux. Selon l’intersyndicale, les avancées obtenues jusqu’à présent restent insuffisantes. L’objectif de cette mobilisation est à la fois d’améliorer les conditions de travail des salariés et la qualité de l’accompagnement des personnes prises en charge par ces structures. (Article du 10/03/2026 – Courrier Picard)
LE CHIFFRE DE LA SEMAINE
Les femmes cadres gagnent 16 % de moins que les hommes
Une étude de l’Association pour l’emploi des cadres (Apec), réalisée en décembre 2025 auprès d’un échantillon de 2 000 cadres, montre que les inégalités salariales entre les femmes et les hommes persistent en France, malgré les politiques d’égalité professionnelle. Selon cette enquête, les hommes cadres gagnent en moyenne 16 % de plus que les femmes occupant des postes équivalents. Le salaire brut annuel moyen atteint ainsi 58 000 euros pour les hommes, contre 50 000 euros pour les femmes. Plus préoccupant encore, cet écart de rémunération ne se réduit plus depuis plusieurs années, ce qui souligne la difficulté à corriger ces disparités. Plusieurs facteurs expliquent cette situation. L’Apec souligne d’abord la sous-représentation des femmes dans certains secteurs particulièrement rémunérateurs, comme la production industrielle, la finance ou encore le commerce. Ces domaines concentrent de nombreux postes bien payés, mais restent majoritairement occupés par des hommes. De plus, l’accès des femmes aux postes à haute responsabilité demeure limité. Les fonctions dirigeantes restent largement masculines : seulement 17 % des dirigeants d’entreprises de taille intermédiaire ou de grandes entreprises sont des femmes. Cette faible présence dans les postes de direction contribue directement à maintenir l’écart salarial. Ces inégalités professionnelles ont également des conséquences sur le ressenti des salariées. Beaucoup de femmes cadres estiment ne pas disposer des mêmes chances de réussite que leurs collègues masculins. Selon l’étude, 40 % d’entre elles pensent avoir moins d’opportunités de carrière, contre seulement 16 % des hommes. Par ailleurs, une femme cadre sur deux juge sa rémunération insuffisante par rapport à sa contribution au sein de l’entreprise. De nombreuses salariées ont également le sentiment de devoir fournir davantage d’efforts pour obtenir une augmentation : 44 % des femmes partagent ce constat. Dans ce contexte, la future transposition en droit français de la directive européenne sur la transparence salariale, prévue en 2026, pourrait contribuer à réduire ces inégalités. Cette directive vise à renforcer la transparence des politiques de rémunération afin d’identifier et de corriger les écarts injustifiés entre femmes et hommes. Elle répond à une demande forte des salariés : 52 % des femmes cadres et 43 % des hommes estiment que leur entreprise manque de transparence sur les salaires. Cependant, certaines femmes restent prudentes face à ces nouvelles mesures. Environ 40 % d’entre elles craignent d’utiliser ces nouveaux droits, contre 32 % des hommes. Du côté des employeurs, seuls 25 % considèrent qu’il n’existe aucune inégalité salariale dans leur entreprise, preuve que la question. (Article du 09/03/2026 – Courrier Picard)
Bpifrance a investi 72 milliards € en 2025, notamment en Picardie
En 2025, Bpifrance a atteint un niveau record de financement en faveur des entreprises françaises. Lors de la présentation des résultats annuels, son directeur général Nicolas Dufourcq a indiqué que l’établissement avait mobilisé 72 milliards d’euros au total, soit 12 milliards de plus qu’en 2024. Ce montant comprend des crédits garantis, des investissements en fonds propres ainsi que des financements destinés à l’innovation et à l’exportation. Dans le détail, près de 21 milliards d’euros ont été injectés directement dans les entreprises sous forme de financements à court terme et de crédits à moyen et long termes. Par ailleurs, environ 2 milliards d’euros ont été consacrés à des projets liés aux énergies renouvelables et à la transition environnementale, illustrant l’importance croissante des investissements dans les secteurs liés à la décarbonation et à la transformation écologique. L’année 2025 a également été marquée par un niveau historique d’investissements dans le dispositif de Fonds de fonds, avec 76 opérations pour un montant total de 1,8 milliard d’euros. Les actifs gérés par ce dispositif atteignent désormais 21,7 milliards d’euros. Autre initiative notable : le lancement, en octobre 2025, du Fonds Bpifrance Défense. En moins de trois mois, ce fonds a déjà collecté près de 50 millions d’euros afin d’investir dans plus de 500 entreprises non cotées, françaises et européennes, actives dans le secteur de la défense. Bpifrance a aussi renforcé son soutien à l’internationalisation des entreprises françaises. L’établissement a pris 33 milliards d’euros de garanties et accompagné environ 1 500 entreprises dans leurs projets d’exportation, principalement des PME et des entreprises de taille intermédiaire. En parallèle, l’activité de capital-innovation s’est maintenue avec 559 millions d’euros investis dans 155 entreprises. La garantie bancaire a également progressé : 10 milliards d’euros de prêts ou d’investissements ont été garantis en 2025, bénéficiant à environ 71 000 entreprises. Le secteur industriel a lui aussi reçu un soutien important, avec près de 8 milliards d’euros mobilisés pour accompagner plus de 12 000 industriels dans leurs projets de croissance et de transformation. Plusieurs entreprises de Picardie ont bénéficié de ces financements ces dernières années. Le producteur de protéines d’insectes Ynsect, installé à Poulainville, a reçu 148 millions d’euros d’argent public, dont des fonds de Bpifrance, qui détenait environ 15 % de son capital. Dans la même filière, Innovafeed, implanté à Nesle, a obtenu notamment un prêt et une aide à l’innovation d’environ 2 millions d’euros en 2018. Enfin, dans l’industrie, Eurolysine, basé à Amiens, a été repris en 2024 par Avril, avec une participation de Bpifrance via un fonds dédié aux projets industriels stratégiques. (Article du 09/03/2026 – Courrier Picard)
CONJONCTURE
Les entrepreneurs régionaux s’attendent à une année contrastée
Selon une étude menée par la Chambre de commerce et d’industrie (CCI) des Hauts-de-France auprès de 2 700 dirigeants, l’année 2026 s’annonce incertaine pour les entreprises de la région. L’enquête, réalisée entre le 10 décembre 2025 et le 5 janvier 2026 auprès de plus de 38 000 entreprises, met en évidence des perspectives économiques contrastées après une année 2025 déjà marquée par un ralentissement de l’activité. Globalement, les indicateurs économiques se sont dégradés par rapport à 2024. Plusieurs secteurs ont enregistré des soldes négatifs en matière de chiffre d’affaires en 2025, à l’exception du transport et de la logistique qui ont réussi à maintenir un léger excédent. Dans ce contexte, le climat économique est jugé défavorable par une majorité de chefs d’entreprise : 61 % estiment que la conjoncture régionale est mauvaise. Le jugement est encore plus pessimiste au niveau national (66 %) et reste critique à l’échelle internationale (47 %). Pour 2026, les prévisions restent prudentes. Seuls 18 % des dirigeants anticipent une hausse de leur chiffre d’affaires, tandis que 30 % s’attendent à une baisse. Sur le marché national, la tendance est également négative : 14 % prévoient une augmentation de leur activité contre 27 % qui anticipent un recul, soit une dégradation par rapport à l’année précédente. Les exportations apparaissent toutefois comme un levier d’espoir. Environ 6 % des entreprises envisagent une hausse de leur activité à l’export contre 10 % qui prévoient une baisse, une évolution légèrement plus favorable qu’en 2025. L’industrie se montre d’ailleurs particulièrement confiante dans ce domaine. En matière d’emploi, les perspectives restent mitigées. Environ 6 % des entreprises prévoient d’augmenter leurs effectifs tandis que 13 % anticipent des suppressions de postes. L’année 2025 a déjà enregistré un recul de l’emploi, avec près de 2 500 pertes sur un an, alors qu’en 2024 la région avait connu environ 4 500 créations d’emplois. Les chefs d’entreprise pointent également plusieurs obstacles qui freinent leur activité. L’instabilité politique depuis la dissolution de l’été 2024 est citée par 55 % des dirigeants. S’ajoutent le recul du pouvoir d’achat (53 %), l’inflation (35 %), la hausse du coût des matières premières (35 %) et de l’énergie (30 %), ainsi que la complexité réglementaire (32 %). Ces difficultés pèsent sur le moral des dirigeants : 59 % se disent inquiets ou pessimistes. Malgré ce contexte, la dynamique entrepreneuriale se maintient, avec plus de 71 000 créations d’entreprises en 2025, principalement des microentreprises. Toutefois, les défaillances ont progressé de 3 %, menaçant plus de 11 000 emplois dans la région. (Article du 09/03/2026 – Courrier Picard)
ECONOMIE
Les obligés des routes picardes face aux prix des carburants
Le 10 mars 2026, plusieurs professionnels de la route – aides à domicile, chauffeurs routiers, livreurs ou ambulanciers – témoignent de leur inquiétude face à la forte hausse des prix du carburant. Leur travail les oblige à conduire quotidiennement, sans possibilité de réduire leurs déplacements. Désormais, ils surveillent davantage leur consommation et calculent en permanence le coût de chaque kilomètre. Cette situation alimente à la fois la colère et l’angoisse, car ils ignorent combien de temps durera cette flambée des prix. Beaucoup ont le sentiment de subir la situation et dénoncent un système qui, selon eux, profite de la hausse du carburant à leurs dépens. La hausse rapide des prix du carburant touche fortement les professionnels dont l’activité dépend de la route : aides à domicile, routiers, livreurs ou ambulanciers. Tous doivent continuer à se déplacer pour travailler et n’ont souvent aucune possibilité de réduire leurs trajets. Cette situation crée une inquiétude croissante car personne ne sait combien de temps durera cette flambée des prix. Marine, aide-soignante à domicile de 34 ans, parcourt chaque mois des centaines de kilomètres pour rendre visite à des patients en soins palliatifs. En février, elle a roulé 499 km avec sa voiture personnelle. Son employeur lui verse une indemnité kilométrique (0,74 € par kilomètre pour un véhicule de cinq chevaux), mais celle-ci n’est pas adaptée aux variations du prix du pétrole. Elle doit donc souvent avancer l’argent pour le carburant avant d’être remboursée. Pour limiter les coûts, son entreprise organise parfois du covoiturage et met des voitures de service à disposition, mais cela ne suffit pas. Les tournées restent les mêmes car les patients vivent aux mêmes endroits. Cette hausse affecte aussi sa vie personnelle : elle renonce par exemple à un projet de vacances à Annecy, trop coûteux avec l’essence et les péages. Tony, 28 ans, chauffeur routier, ressent également les conséquences de la hausse du gazole. Son camion possède un réservoir de 550 litres et il parcourt environ 2 500 km par semaine avec une consommation de 34 litres aux 100 km. Une augmentation de seulement 20 centimes par litre représente donc une dépense importante pour son entreprise. Son patron insiste sur l’écoconduite pour réduire la consommation, mais cela reste difficile car les trajets se font souvent sur des petites routes pour desservir les clients céréaliers. Abdi, chauffeur-livreur pour plusieurs grandes enseignes, observe aussi l’augmentation rapide des prix depuis le début de la guerre. Le diesel est passé d’environ 1,56 € à près de 2 € le litre. Malgré tout, il doit continuer à livrer ses colis, parcourant 300 à 350 km par jour. Il tente d’optimiser ses tournées mais reconnaît que les livraisons doivent être assurées. Enfin, les ambulances Jussieu Secours à Albert, qui disposent de 40 véhicules, consomment plusieurs milliers de litres de carburant chaque semaine. Comme leurs tarifs sont fixés par la Sécurité sociale, l’entreprise ne peut pas répercuter cette hausse sur les patients. Elle doit donc absorber les coûts, espérant que la situation se stabilise. (Article du 11/03/2026 – Courrier Picard)
Guerre au Moyen-Orient : les entrepreneurs picards redoutent les effets de la crise pétrolière
La guerre au Moyen-Orient, déclenchée par l’alliance entre les États-Unis et Israël face à l’Iran, inquiète fortement le monde de l’entreprise. Pour de nombreux entrepreneurs, cette nouvelle crise arrive après plusieurs années déjà marquées par des difficultés successives : le mouvement des Gilets jaunes, la guerre entre l’Ukraine et la Russie et leurs conséquences économiques. Cette fois, la principale préoccupation concerne la forte hausse du prix du pétrole, dont le baril de Brent a atteint jusqu’à 120 dollars avant de redescendre autour de 90 dollars. Nicolas Blangy, dirigeant du groupe PRM & Associés à Amiens, spécialisé dans la fabrication de peintures et de revêtements pour l’industrie et le bâtiment, ainsi que président du Medef de la Somme, suit de près l’évolution du cours du pétrole. Selon lui, si la crise se prolonge, les conséquences pourraient être importantes pour les entreprises. En effet, le pétrole constitue une base essentielle dans la composition de nombreux produits industriels, notamment la peinture. Il rappelle qu’au début de la guerre en Ukraine, la hausse des prix de l’énergie avait déjà provoqué une baisse de 30 % du résultat de son entreprise. Au-delà du prix du pétrole, les entrepreneurs redoutent également des difficultés d’approvisionnement. Le détroit d’Ormuz, par lequel transitent environ 20 % du pétrole et du gaz liquéfié mondiaux, joue un rôle crucial dans le commerce international. Si cette zone venait à être bloquée ou fortement perturbée, cela ralentirait la circulation des cargos et allongerait les délais de livraison de nombreuses matières premières indispensables à l’industrie. Les entreprises qui dépendent de ces produits pourraient alors faire face à des retards et à des coûts supplémentaires. Le conflit entraîne aussi une hausse importante du coût du transport maritime. Les primes d’assurance pour les navires traversant le détroit d’Ormuz ont augmenté d’environ 50 %, ce qui représente un surcoût estimé entre 250 000 et 375 000 dollars pour un cargo transportant une cargaison d’une valeur de 100 millions de dollars. Cette augmentation risque de se répercuter sur les prix des marchandises. L’incertitude sur la durée du conflit constitue également une source d’inquiétude majeure. Selon Nicolas Blangy, c’est même l’un des éléments les plus problématiques, car l’instabilité peut relancer l’inflation et freiner les investissements des entreprises. Stéphane Leterrier, président de la CPME de l’Oise, observe déjà les premiers effets de cette situation, notamment avec un gasoil dépassant 2,60 euros le litre sur certaines autoroutes. Il estime que des mesures publiques seraient nécessaires pour limiter l’impact sur l’économie, comme un contrôle des prix de distribution ou une baisse de certaines taxes sur les carburants. Sans cela, il craint que le secteur du transport routier de marchandises ne puisse absorber durablement la hausse des coûts si la crise se prolonge. (Article du 11/03/2026 – Courrier Picard)