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Taux d’emploi : la France reste en retrait en Europe
Selon une étude de la Dares publiée le 10 septembre 2026, le taux d’emploi des 15-64 ans atteint 69% en France en 2025, contre 71% en moyenne dans l’Union européenne. La France se classe ainsi au 21e rang des 27 États membres, loin derrière les Pays-Bas (82%), l’Allemagne et le Danemark (77%).L’écart français s’explique surtout par les difficultés d’insertion de certains publics et par un taux d’emploi encore insuffisant après 60 ans, malgré des progrès réels au cours des vingt dernières années.
Jeunes : une moyenne européenne, mais des écarts marqués
Avec un taux d’emploi de 35% chez les 15-24 ans, la France se situe au niveau de la moyenne européenne et au 8e rang des États membres. Elle reste toutefois très éloignée des Pays-Bas (76%), du Danemark (60%) ou encore de l’Allemagne et de l’Autriche, autour de 50%.
La question de la transition entre études et emploi demeure centrale : 11% des jeunes en France ne sont ni en emploi, ni en études, ni en formation, contre 9% dans l’Union européenne et 4% aux Pays-Bas. Le développement de l’apprentissage, l’accompagnement vers l’emploi et la prévention du décrochage constituent donc des leviers essentiels.
Seniors : le principal retard français
Le taux d’emploi des 55-64 ans s’établit à 62% en France, soit cinq points sous la moyenne européenne et bien en deçà des pays les plus performants. Le retard est particulièrement net pour les 60-64 ans : 44% sont en emploi, contre 55% en moyenne dans l’Union européenne.
Cette situation tient notamment à un âge effectif de sortie du marché du travail plus précoce qu’ailleurs en Europe. L’enjeu porte autant sur le maintien dans l’emploi, la prévention de l’usure professionnelle et l’adaptation des postes que sur l’accompagnement des transitions de seconde partie de carrière.
Des fragilités ciblées
Pour les 25-54 ans, le taux d’emploi français est proche de la moyenne européenne, à 83%. La France affiche en outre un taux d’emploi des femmes de cette tranche d’âge supérieur à la moyenne de l’Union européenne.
Les écarts persistent toutefois pour les personnes les moins diplômées et les immigrés extra-européens. Le constat souligne l’importance de politiques d’accès à la qualification, de reconnaissance des compétences et de lutte contre les freins à l’emploi. L’augmentation durable du taux d’emploi français reposera ainsi moins sur un levier unique que sur la capacité à renforcer l’insertion des jeunes, le maintien en activité des seniors et l’accès effectif à l’emploi des publics les plus éloignés du marché du travail
Emploi et chômage : des évolutions territoriales contrastées
Selon une note publiée par l’Insee le 18 septembre 2026, l’emploi salarié est resté globalement stable dans la plupart des régions au deuxième trimestre 2026. Cette apparente stabilité masque cependant des situations départementales plus hétérogènes, dans un contexte où l’emploi salarié total recule de 0,3% sur un an au niveau national.
Au niveau régional, huit territoires enregistrent une stabilité ou une quasi-stabilité de l’emploi, tandis que huit autres connaissent une baisse d’au moins 0,2%. La Guyane se distingue avec une progression de 0,6%.
Des écarts départementaux prononcés
À l’échelle départementale, l’emploi salarié diminue dans 54 départements entre le premier et le deuxième trimestre 2026. Vingt-deux d’entre eux connaissent une baisse supérieure à 0,3%, avec un recul maximal de 0,9% dans l’Aisne.
À l’inverse, seuls onze départements affichent une hausse d’au moins 0,2%. Les progressions les plus marquées concernent les Alpes-Maritimes (+0,4%), la Corse-du-Sud (+0,5%) et la Guyane (+0,6%). Ces résultats confirment l’importance d’une lecture territorialisée de la conjoncture de l’emploi.
Hauts-de-France : un chômage à 10%
Le taux de chômage atteint 8,3% de la population active au deuxième trimestre 2026 en France hors Mayotte, en hausse de 0,8 point sur un an. L’Insee anticipe un taux de 8,6% à la fin de l’année.
Les disparités régionales demeurent fortes. Avec un taux de chômage de 10,0%, les Hauts-de-France figurent parmi les trois régions métropolitaines au-dessus de la moyenne nationale, avec l’Occitanie (9,7%) et Provence-Alpes-Côte d’Azur (8,7%). Les taux les plus faibles sont observés en Bretagne et dans les Pays de la Loire, à 6,8%.
Dans les territoires ultramarins, la situation reste particulièrement dégradée : le chômage atteint 12,8% en Martinique et 20,4% en Guyane.

Vieillissement : la migration, un levier pour l’emploi et les compétences
Dans une note publiée le 17 septembre 2026, le Haut-commissariat à la Stratégie et au Plan invite à développer des voies régulières de migration pour répondre aux effets du vieillissement démographique. L’objectif n’est pas d’inverser cette tendance structurelle, mais de préserver le volume de population en âge de travailler et les compétences disponibles.
À l’horizon 2050, la France ne serait pas confrontée à un effondrement de sa population, mais à une profonde transformation de sa structure par âge : ralentissement démographique, recul relatif des jeunes générations et hausse du nombre de personnes très âgées. Selon les scénarios de l’Insee mobilisés dans l’étude, le niveau du solde migratoire pourrait faire varier la population française entre 66,4 et 71,7 millions d’habitants.
Répondre aux besoins de recrutement
Le Haut-commissariat souligne que la migration peut contribuer à limiter les tensions sur la population active, dans un contexte où l’ensemble de l’Europe connaîtra un vieillissement et une concurrence accrue pour attirer les compétences.
Les besoins seront particulièrement importants dans les métiers du soin, de l’aide à domicile et du médico-social, mais aussi dans l’éducation, les transports, le bâtiment, la rénovation énergétique ou le numérique. L’enjeu est donc de mieux articuler les mobilités internationales avec une prospective partagée des métiers en tension.
Une politique d’intégration indispensable
La note insiste toutefois sur une condition essentielle : une politique migratoire ne peut produire d’effets positifs sur l’emploi et les compétences sans un investissement renforcé dans l’intégration, la formation, l’apprentissage du français, la reconnaissance des qualifications et la lutte contre les discriminations.
Elle propose notamment un pacte social avec les employeurs et les branches concernées. Celui-ci associerait les entreprises à l’accueil et à la qualification des travailleurs immigrés, mais aussi à l’amélioration des conditions de travail dans les secteurs durablement confrontés à des difficultés d’attractivité.
Le Haut-commissariat recommande enfin de renforcer les voies légales de migration et les capacités administratives nécessaires à leur mise en œuvre. La migration est ainsi présentée non comme une réponse isolée au vieillissement, mais comme l’un des leviers d’une stratégie plus large associant emploi, formation, intégration et cohésion territoriale.