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La Revue de Presse

Retrouvez l'actualité économique du territoire de la semaine 19

La Revue de Presse

ACTUALITES DES ENTREPRISES

Une enquête de l’Europe pour dumping chinois contre Eurolysine

L’entreprise Eurolysine, seul producteur européen d’acides aminés par fermentation, basé à Amiens, a annoncé que la Commission européenne a ouvert une enquête dite « anti-absorption » concernant les importations de lysine en provenance de Chine. Cette décision fait suite à une plainte déposée en février 2026 par l’entreprise, qui alerte depuis plusieurs mois sur les difficultés rencontrées sur le marché européen. Rachetée à l’été 2024 par le groupe Avril après avoir appartenu à Metex, Eurolysine explique subir une dégradation rapide des conditions de marché. Selon l’entreprise, cette situation est liée aux pratiques jugées anticoncurrentielles de producteurs chinois, qui vendent leurs produits — notamment la lysine, la valine et le tryptophane — à des prix inférieurs aux coûts de production, entraînant un déséquilibre durable en Europe. Malgré la mise en place de droits antidumping par l’Union européenne début 2025, les résultats attendus n’ont pas été atteints. Des taxes temporaires comprises entre 55 % et 80 % avaient d’abord été instaurées, avant d’être remplacées par des droits définitifs allant de 47,7 % à 58,3 % sur une période de cinq ans. Toutefois, selon Eurolysine, les exportateurs chinois ont ajusté leurs prix à la baisse pour compenser ces mesures, ce qui a neutralisé leur impact. Depuis janvier 2025, le prix de la lysine importée en Europe aurait ainsi chuté d’environ 30 %, accentuant la pression sur l’ensemble de la filière. L’enquête anti-absorption vise précisément à déterminer si ces pratiques permettent de contourner les droits antidumping existants. Elle pourrait déboucher sur un relèvement des taxes afin de rétablir une concurrence plus équitable sur le marché européen. Dans ce contexte, le président d’Eurolysine, Eddy Feijen, affirme que l’entreprise est prête à répondre durablement à la demande grâce à une production locale, compétitive et respectueuse des standards européens. (Article du 02/05/2026 – Courrier Picard)


« Il faut retrouver un chemin de croissance », prône Amir Reza-Tofighi, président de la CPME


Le président national de la Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME), Amir Reza-Tofighi, en fonction depuis un peu plus d’un an, s’est rendu à Amiens le 28 avril 2026 pour rencontrer des chefs d’entreprise de la Somme. Cette visite s’inscrit dans une démarche de terrain visant à recueillir les attentes et préoccupations des entrepreneurs, à un an de l’élection présidentielle. Le dirigeant connaît déjà bien la région des Hauts-de-France, où il a développé une activité dans les services à la personne, qu’il considère comme un territoire favorable à la réussite économique. Malgré ces atouts régionaux, Amir Reza-Tofighi dresse un constat préoccupant de la situation économique actuelle en France. Selon lui, les entreprises traversent une période difficile depuis deux ans, marquée par plusieurs crises simultanées. Il cite notamment les conséquences de la guerre en Ukraine, les tensions au Moyen-Orient, ainsi que l’instabilité politique nationale. À cela s’ajoute une contrainte budgétaire forte qui limite les capacités de soutien public aux entreprises. Il évoque ainsi une « triple crise » économique, politique et financière qui fragilise l’ensemble du tissu entrepreneurial. Dans ce contexte, la CPME souhaite jouer un rôle actif dans le débat public à l’approche de la présidentielle. Son président appelle les entrepreneurs à s’exprimer davantage et à mobiliser leurs salariés afin de faire entendre leurs revendications auprès des futurs candidats. L’objectif est de peser sur les orientations économiques à venir. Amir Reza-Tofighi défend une vision ambitieuse pour relancer la croissance en France. Il appelle à bâtir un projet inspiré de « nouvelles Trente Glorieuses », reposant sur plusieurs leviers : la décarbonation de l’économie, le développement de l’innovation, notamment dans l’intelligence artificielle, et la recherche d’un objectif de 2 % de croissance. Il insiste également sur la nécessité de revaloriser le travail, jugé insuffisamment rémunéré. Enfin, il plaide pour un environnement économique plus favorable aux entreprises, avec moins de fiscalité et de contraintes réglementaires, davantage de liberté d’action, et un rôle accru du secteur privé dans certains services publics. Ces propositions seront portées dans le débat politique en vue de l’élection présidentielle. (Article du 02/05/2026 – Courrier Picard)


EDM Thermoformage acquiert deux entreprises pour son autonomie


La société EDM Thermoformage, spécialisée dans les emballages thermoformés et les moules plastiques, implantée à Bouillancourt-en-Séry dans la Somme, poursuit une forte croissance et une stratégie d’intégration industrielle complète. Reprise il y a neuf ans par les frères Olivier et Vincent Ural, l’entreprise est passée d’une petite structure de 1 000 m² réalisant 2 millions d’euros de chiffre d’affaires avec 4 salariés, à une PME de 40 employés générant 22 millions d’euros et installée sur un site de 10 000 m². L’entreprise produit principalement des emballages destinés à des secteurs exigeants comme la parfumerie de luxe, les cosmétiques et le conditionnement de spiritueux. Elle a progressivement élargi ses activités en intégrant un bureau d’études, une unité de fabrication d’outillage et surtout une activité de recyclage, afin de répondre aux exigences environnementales et aux normes RSE. L’un des axes majeurs de développement repose sur la mise en place d’une économie circulaire. Les chutes de plastique issues de la production sont récupérées, retraitées et renvoyées aux fournisseurs de matière première. EDM Thermoformage est d’ailleurs devenue l’un des rares thermoformeurs européens à avoir établi un bilan carbone complet, un atout apprécié de ses clients, notamment dans l’industrie du parfum. L’entreprise dispose d’une capacité de production importante, avec environ 95 000 plateaux fabriqués chaque jour. Pour renforcer son autonomie, elle a franchi une nouvelle étape stratégique en rachetant deux sociétés spécialisées dans le recyclage et la transformation des plastiques : Algoplast, située en Mayenne, et Recytherm, implantée dans l’Yonne. Algoplast produit des bobines plastiques à partir des chutes de production, qui sont ensuite réutilisées par EDM Thermoformage, tandis que Recytherm collecte et broie les plateaux usagés pour alimenter la chaîne de recyclage. Ce système intégré permet de boucler entièrement le cycle de production. Grâce à ces acquisitions, l’entreprise atteint désormais une autonomie complète sur l’ensemble de la chaîne de valeur : production de matière première, fabrication et recyclage. Les deux sociétés rachetées ont respectivement 25 et 10 salariés, tous conservés, et leur activité devrait fortement croître dans les prochaines années. Cette stratégie industrielle renforce la compétitivité d’EDM Thermoformage et consolide son positionnement comme acteur engagé dans une production plus durable et circulaire. (Article du 04/05/2026 – Courrier Picard)


Les Hauts-de-France premier exportateur de cosmétiques


Le secteur de la parfumerie et des cosmétiques représente un poids économique majeur dans les Hauts-de-France, avec plus de 16 000 emplois et une forte concentration d’entreprises, notamment en Picardie. Selon Cosmetic Valley, structure de référence qui fédère la filière en France, la région se distingue même comme la première région exportatrice de produits cosmétiques du pays. À l’échelle nationale, la filière représente environ 71 milliards d’euros de chiffre d’affaires. Les Hauts-de-France contribuent à hauteur de 6,4 milliards d’euros, un chiffre significatif qui illustre l’importance du territoire dans cette industrie. Cosmetic Valley, qui coordonne la filière depuis 1994, regroupe l’ensemble des acteurs, de la culture des plantes jusqu’aux produits finis, en passant par la formulation, le packaging, la fabrication de machines et la distribution. La filière cosmétique française dans son ensemble compte environ 23 000 emplois et plus de 6 000 établissements, ce qui en fait un secteur stratégique pour l’économie nationale et le deuxième contributeur à la balance commerciale de la France. Dans les Hauts-de-France, on recense environ 341 entreprises directement impliquées dans la filière, réalisant au moins 20 % de leur chiffre d’affaires dans ce domaine. Cette implantation régionale s’explique par des choix historiques. Dès les années 1960-1970, de nombreux sites de production parisiens ont été délocalisés vers le nord pour bénéficier de foncier moins cher et d’une main-d’œuvre disponible. Des groupes majeurs comme L'Oréal ont installé plusieurs sites dans la région, notamment grâce à des liens historiques avec certaines familles industrielles. Progressivement, un écosystème complet s’est structuré autour de grandes marques comme Chanel, LVMH, Colgate-Palmolive ou Unilever. Autour de ces donneurs d’ordres se sont développés de nombreux sous-traitants spécialisés : fabricants de moules, verriers comme Pochet ou Verescence, plasturgistes tels que Pijaplast ou Qualipac, ainsi que des fournisseurs de matières premières comme Roquette ou Lesaffre. Des entreprises innovantes comme Avril, active dans la cosmétique bio, illustrent également le dynamisme du territoire. Cependant, la filière reste exposée aux tensions internationales. La guerre commerciale avec les États-Unis et le ralentissement économique en Chine, deux marchés clés, affectent les exportations françaises. Par ailleurs, la concurrence s’intensifie avec l’émergence de pays comme la Corée du Sud, très offensive sur les marchés mondiaux. Malgré ces défis, la filière continue de résister et de maintenir des performances globalement solides, selon les représentants du secteur. (Article du 04/05/2026 – Courrier Picard)


Les élus locaux tirent la sonnette d’alarme concernant Eurolysine


L’usine Eurolysine d’Amiens, spécialisée dans les acides aminés et reprise par le groupe Avril il y a près de deux ans, traverse une période critique. Les eurodéputées Chloé Ridel (PS) et Valérie Devaux (UDI), ainsi que le maire d’Amiens Frédéric Fauvet, alertent sur la gravité de la situation, marquée par une concurrence chinoise jugée déloyale et par le risque d’un désengagement de l’État via la BPI, actionnaire à 45 % du site. En déplacement à Amiens dans le cadre de son tour de France des fédérations socialistes, Chloé Ridel a rencontré élus, militants et représentants d’Eurolysine. Elle a rappelé que l’entreprise subirait des pertes de deux à trois millions d’euros par mois à cause des producteurs chinois, accusés de vendre à perte afin de casser les prix. Malgré l’instauration de droits de douane européens sur la lysine importée de Chine — d’abord à 80 %, puis à 50 % — les industriels chinois auraient continué à maintenir une forte pression sur le marché, quitte à vendre sans bénéfice. Pour Chloé Ridel, la situation est d’autant plus préoccupante qu’Eurolysine représente la dernière usine de ce type en Europe, ce qui pose un enjeu de souveraineté industrielle. Une enquête de la Commission européenne est actuellement en cours après une plainte déposée par l’entreprise, mais elle pourrait durer de six mois à un an, un délai jugé incompatible avec l’urgence économique du site. Le délégué CFDT Samir Benyahya appelle donc l’Union européenne et le commissaire Stéphane Séjourné à agir rapidement. De son côté, Valérie Devaux a également interpellé la Commission européenne. Dans un courrier adressé à Stéphane Séjourné, elle souligne que les mesures anti-dumping n’ont pas suffi à rétablir une concurrence équitable. Elle dénonce aussi le ciblage par la Chine de deux autres productions stratégiques du site d’Amiens, la valine et le tryptophane, dont Eurolysine est le seul producteur européen. Selon elle, cette stratégie viserait à affaiblir durablement les capacités industrielles européennes. Le maire d’Amiens, Frédéric Fauvet, affirme suivre le dossier de près. Il évoque notamment un projet collectif de rénovation de huit kilomètres de voies ferrées indispensables au fonctionnement de l’usine. Pour les élus et les syndicats, une mobilisation locale, nationale et européenne apparaît désormais indispensable pour préserver l’avenir du site et ses emplois. (Article du 08/05/2026 – Courrier Picard)

EMPLOI

Des chauffeurs de bus indemnisés après leurs licenciements contestés

Cette affaire marque la fin d’un long conflit opposant d’anciens salariés de Keolis à leur employeur, dans un contexte social particulièrement tendu. En 2022, une vague de sanctions disciplinaires et de licenciements pour faute grave met en lumière un climat interne dégradé. Plusieurs représentants syndicaux, issus notamment de l’UNSA, Sud et la CGT, dénoncent alors une domination du syndicat majoritaire et évoquent des cas d’intimidation, de discrimination syndicale et de harcèlement au travail. Parmi les salariés concernés, Abssamad El Hannouti, chauffeur de bus pendant six ans, décide de contester son licenciement devant les Prud’hommes. Bien qu’il ait rapidement retrouvé un emploi stable en CDI comme cadre dans un bureau de contrôle, il s’engage dans une procédure judiciaire pour faire reconnaître l’injustice subie. Comme une dizaine d’autres salariés licenciés à la même période, il estime que ces décisions étaient infondées et liées à un climat social délétère. En février dernier, la justice lui donne partiellement raison : si les faits de harcèlement moral ne sont pas retenus, son licenciement est jugé nul. Il obtient ainsi plus de 23 000 euros d’indemnités, en plus du remboursement de ses frais d’avocat. Sur les onze salariés licenciés, six ont saisi les Prud’hommes, et cinq ont obtenu gain de cause pour licenciement abusif. L’un d’eux a même choisi de réintégrer son poste. Malgré cette reconnaissance judiciaire, Abssamad El Hannouti parle d’une « demi-victoire ». Il refuse de retourner dans une entreprise qui, selon lui, lui a causé du tort, mais se dit soulagé que la justice ait validé leurs dénonciations sur les conditions de travail. Depuis, la situation semble s’être améliorée au sein de l’entreprise, notamment grâce au renouvellement de plusieurs postes de direction. Les représentants syndicaux évoquent un climat plus apaisé, marqué par davantage de dialogue et l’absence récente de sanctions disciplinaires. Toutefois, ils appellent à une vigilance accrue de la Métropole, afin qu’elle exerce un contrôle réel sur la gestion de l’entreprise. (Article du 05/05/2026 – Courrier Picard)


La grève chez ID Logistics est reconduite


La grève déclenchée chez ID Logistics, à Saint-Sauveur, a été reconduite jeudi 7 mai 2026 après l’échec des négociations entre les salariés et la direction. Le mouvement, initié par la CGT, a débuté dès 4 heures du matin devant l’entrepôt situé dans la zone d’activités des Bornes du temps. Une cinquantaine de salariés étaient mobilisés à l’aube pour dénoncer leurs conditions de travail et réclamer des améliorations. Ouvert en mai 2024, le site d’ID Logistics couvre 84 000 m², ce qui en fait l’un des plus grands entrepôts du groupe en France. L’entreprise assure exclusivement la logistique pour Amazon. Elle emploie actuellement 330 salariés en CDI ainsi qu’environ 200 intérimaires. Parmi les principales revendications figure justement l’embauche de ces travailleurs précaires, dans un contexte où l’activité du site est jugée particulièrement soutenue. Les grévistes dénoncent également plusieurs difficultés liées à leurs conditions de travail. Ils pointent notamment les horaires en deux huit, le travail le week-end et les jours fériés imposés par la direction. Selon eux, la compensation financière proposée pour ces jours travaillés reste insuffisante : une prime brute de seulement 25 euros est prévue. Les salariés critiquent aussi le management ainsi que des salaires considérés comme trop faibles face aux contraintes du métier. La hausse des coûts de transport fait également partie des préoccupations exprimées lors du mouvement. Les représentants syndicaux demandent la mise en place d’une prime carburant pour aider les employés qui effectuent parfois de longs trajets pour rejoindre l’entrepôt. D’après Christophe Marquillies, agent polyvalent et trésorier CGT du site, certains salariés dépensent jusqu’à 220 euros par mois en carburant. Pendant la mobilisation, l’activité logistique a été ralentie. Les nombreux camions qui desservent habituellement l’entrepôt — une centaine chaque jour — n’étaient autorisés à entrer qu’au compte-gouttes. À l’issue d’une réunion de négociation organisée dans l’après-midi, les représentants des salariés ont estimé que la direction refusait de répondre à leurs demandes. Face à cette absence d’avancée, les grévistes ont décidé de poursuivre le mouvement. Ni la direction d’ID Logistics ni la CFDT n’ont souhaité réagir publiquement. (Article du 08/05/2026 – Courrier Picard)


Chez Airbus, la grogne monte après l’annonce d’une prime de participation en nette baisse


Un mouvement de contestation s’est déroulé jeudi 7 mai 2026 sur le site d’Airbus Atlantic à Méaulte, près d’Albert, en parallèle d’actions similaires organisées sur les autres sites français du groupe. Cette mobilisation traduit un fort mécontentement des salariés, notamment des ouvriers et techniciens, les « cols bleus », qui dénoncent une dégradation de leur pouvoir d’achat malgré les efforts fournis ces derniers mois pour atteindre les objectifs de production et de livraison fixés par l’entreprise. Les salariés reprochent d’abord à la direction le faible niveau de l’augmentation générale annoncée pour 2026, limitée à 0,9 %. Beaucoup estiment cette hausse insuffisante au regard de l’inflation et des contraintes liées à leur activité. Ce premier sujet de tension a été aggravé par l’annonce récente concernant la prime de participation versée au titre de l’année 2025. Selon les informations communiquées aux employés, cette prime connaîtrait une chute de plus de 50 % par rapport à celle versée en 2024. La part fixe de cette participation, qui représentait environ 2 700 euros brut l’année précédente, tomberait à près de 1 250 euros brut pour 2025. Cette forte baisse a provoqué une vive colère parmi les salariés, qui considèrent que leurs efforts ne sont pas reconnus à leur juste valeur. Pour exprimer leur mécontentement, les compagnons ont organisé un mouvement collectif au cours de l’après-midi. Ils ont circulé dans les ateliers et les différents postes de travail avant de se rassembler devant les locaux de la direction afin d’échanger sur la situation et de faire entendre leurs revendications. Les discussions entre les représentants du personnel et la direction se poursuivent, mais la tension reste importante. Les salariés préviennent que le mouvement pourrait s’intensifier dans les prochains jours si aucune réponse satisfaisante n’est apportée. Les « cols bleus » évoquent notamment la possibilité d’un arrêt de la production afin de faire pression sur la direction. Cette mobilisation illustre le malaise social qui s’installe au sein d’Airbus Atlantic, dans un contexte où les exigences de production restent élevées alors que les salariés jugent les contreparties financières insuffisantes. (Article du 08/05/2026 – Courrier Picard)

LE CHIFFRE DE LA SEMAINE

150 hectares de vignes sont cultivées dans les Hauts-de-France

Les Hauts-de-France sont redevenus une région viticole depuis 2016, hors prestigieuse appellation Champagne dans l’Aisne. Il n’y a pas que dans le Bordelais, le sud-ouest, le sud-est, la vallée du Rhône, la Bourgogne, la Loire, la région Centre, l’Alsace et sur les terres de l’appellation Champagne, notamment dans l’Aisne, que l’on cultive des vignes en France. Si les terroirs de Champagne dans l’Aisne sont cultivés par 800 producteurs sur 3 400 hectares, soit 10 % de l’appellation du célèbre vin effervescent, d’autres terres des Hauts-de-France sont redevenues viticoles en 2016. C’est à la suite d’un nouveau dispositif d’autorisations de plantation de vignes, y compris pour produire des vins sans indication géographique, c’est-à-dire sans AOC, ni IGP, que les Hauts-de-France sont redevenus une région viticole. Les vignes y ont en effet fait leur retour comme il y a 150 ans. La viticulture était une activité d’importance dans les paysages campagnards de la région puisque 200 hectares de vignes étaient plantés entre Amiens et Montdidier dans la Somme. On en retrouvait également à Noyon et Beauvais, dans l’Oise, où 3 000 hectares étaient cultivés, tout comme à Saint-Quentin et Château-Thierry dans l’Aisne. Des vignes fragilisées et détruites en partie par un épisode de gel qui a rendu la culture peu ou pas rentable, d’où son abandon. Actuellement, 150 hectares de vignes sont cultivés dans la région et produisent des vins rouge et blanc, ainsi que du vin blanc effervescent. Cette surface est essentiellement cultivée par l’association des Vignerons indépendants des Hauts-de-France, rassemblant 16 vignerons sur 35 hectares de vignes, alors que le collectif « Les 130 » créé en 2023 et initié par Ternoveo, un négoce agricole, regroupe 52 vignerons représentant 80 hectares de chardonnay. Ces 150 hectares de vignes seront investis par des saisonniers à l’occasion de la campagne des vendanges lancée à la fin de l’été. (Article du 04/05/2026 – Courrier Picard)

ENERGIE

Surprofits de Total : « C’est indécent » pour les automobilistes

Le groupe TotalEnergies a annoncé fin avril 2026 le maintien du plafonnement des prix des carburants dans ses stations-service en France, une mesure en vigueur depuis le 8 avril et prolongée « tant que durera la crise au Moyen-Orient ». Concrètement, l’essence est proposée à 1,99 €/L et le diesel à 2,09 €/L lors d’opérations spéciales couvrant notamment les ponts du 1er et du 8 mai ainsi que celui de l’Ascension. Ces tarifs, légèrement inférieurs à la moyenne nationale (autour de 2,19 €/L pour le gazole et 2,10 €/L pour le SP98 début mai), attirent de nombreux automobilistes. À Amiens et plus largement en Picardie, les stations du groupe sont prises d’assaut. Les conducteurs, souvent contraints d’utiliser leur véhicule au quotidien, profitent de ces quelques centimes économisés, malgré un sentiment ambivalent. Beaucoup dénoncent en effet les profits importants réalisés par l’entreprise dans un contexte de hausse des prix du pétrole liée aux tensions internationales. Cette critique est alimentée par les résultats financiers récents de TotalEnergies, qui a enregistré un bénéfice net de 5,8 milliards de dollars (près de 5 milliards d’euros) au premier trimestre 2026, en hausse de 51 % sur un an. Pour certains automobilistes, ces gains sont jugés « indécents », d’autant qu’ils coexistent avec des dépenses de carburant toujours élevées pour les ménages. Malgré tout, les usagers continuent de fréquenter ces stations, souvent par nécessité, illustrant une forme de résignation face à la dépendance à la voiture. La situation relance également le débat politique sur la taxation des « surprofits ». À gauche, des responsables comme François Ruffin dénoncent ces bénéfices et soutiennent des propositions visant à instaurer une taxe spécifique, potentiellement lucrative pour les finances publiques. Le Parti socialiste s’est ainsi positionné en faveur d’une telle mesure. À l’inverse, Jordan Bardella, figure du Rassemblement national, se montre plus réservé, estimant que ce n’est pas une priorité dans un pays déjà fortement taxé. Ainsi, entre gestes commerciaux du groupe, colère des consommateurs et divergences politiques, la question des prix des carburants et des profits énergétiques reste au cœur de l’actualité économique et sociale. 5Article du 03/05/2026 – Courrier Picard)

SANTE

Lucie, un assistant de dictée médical par IA, qui fait gagner du temps aux professionnels de santé

La start-up Soignant Voice, basée à Amiens, s’apprête à lancer officiellement « Lucie », son assistant de dictée médicale par intelligence artificielle, lors du salon SantExpo 2026 le 19 mai 2026 à Paris. Fondée en mars 2026 par Loïc Gros-Flandre, ingénieur de 33 ans reconverti après un licenciement économique chez Forvia, l’entreprise ambitionne de répondre à un problème majeur du système de santé : la charge administrative pesant sur les soignants. Le projet est né d’une expérience personnelle. Constatant le temps considérable que son épouse, aide-soignante, consacrait à la rédaction quotidienne de comptes rendus, l’entrepreneur a voulu proposer une solution technologique adaptée. En France, les professionnels de santé passent en moyenne entre 1h30 et 2 heures par jour à ces tâches, au détriment du temps consacré aux patients. « Lucie » se présente comme une application de dictée médicale intelligente. Les aides-soignants, infirmiers ou médecins peuvent dicter leurs observations après une consultation, et l’outil retranscrit automatiquement, avec précision, les informations dans les logiciels médicaux. L’objectif est de simplifier et accélérer la production de documents administratifs, souvent jugée chronophage et répétitive. Le projet bénéficie d’un solide écosystème régional et national. Il est incubé par Eurasanté à Arras, soutenu scientifiquement par le laboratoire MIS de l’Université de Picardie Jules-Verne, et hébergé chez OVHcloud à Roubaix. L’entreprise collabore également avec Mistral AI afin de garantir des performances élevées tout en conservant une approche souveraine. Ce positionnement « 100 % français » est central pour le fondateur, notamment en raison de la sensibilité des données de santé. Toutes les informations traitées restent ainsi hébergées en France. Ciblant un marché de 2,1 millions de professionnels, en libéral comme en établissement (hôpitaux, Ehpad), Soignant Voice proposera son service via un abonnement mensuel compris entre 19 et 99 euros. Déjà présenté au CHU d’Amiens, le projet suscite de l’intérêt. Enfin, l’entreprise prévoit de s’installer prochainement dans une pépinière de santé à Dury et affiche des ambitions rapides : signer avec une dizaine d’établissements et convaincre 1 000 professionnels indépendants d’ici fin 2026. (Article du 04/05/2026 – Courrier Picard)

CONJONCTURE

Des entrepreneurs « optimistes » avant la guerre au Moyen-Orient

L’étude annuelle menée par la Banque de France dans la région Hauts-de-France met en évidence un paradoxe : les chefs d’entreprise affichaient en début d’année 2026 un certain optimisme, aujourd’hui fragilisé par le contexte géopolitique. Réalisée avant le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient le 28 février 2026, l’enquête ne prend pas pleinement en compte les effets récents de la crise énergétique et du retour de l’inflation, qui devraient peser sur l’activité économique régionale. L’analyse rétrospective montre qu’après une année 2024 marquée par la morosité, 2025 a connu une légère reprise, avec toutefois de fortes disparités sectorielles. L’industrie a enregistré une croissance de 3,4 %, portée notamment par la fabrication de matériels de transport. En revanche, les services marchands ont stagné et la construction a reculé de 1,1 %. Sur le plan de l’emploi, les effectifs ont globalement diminué dans tous les secteurs, principalement en raison d’une forte baisse du recours à l’intérim. Les investissements ont également chuté, traduisant un climat d’incertitude. Pour 2026, les prévisions initiales des entreprises restent positives. L’industrie devrait afficher la plus forte progression, avec une hausse attendue du chiffre d’affaires de 4,8 %, soutenue par les équipements électriques et électroniques ainsi que par le dynamisme des véhicules hybrides et électriques. Les exportations devraient rester solides. Toutefois, l’emploi industriel continuerait de diminuer légèrement, avec un recul marqué de l’intérim. Les investissements ne progresseraient que faiblement, bien que plus de 80 % des entreprises prévoient de moderniser leurs équipements. La rentabilité serait globalement stable, sous réserve de l’évolution des coûts des matières premières. Dans les services marchands, une croissance d’environ 3 % est anticipée, avec une forte dynamique dans le secteur de l’information et de la communication (+7,6 %). L’emploi y progresserait, contrairement à l’hébergement-restauration, et les investissements seraient en hausse dans la plupart des activités. Enfin, le secteur de la construction espère un rebond, notamment dans le gros œuvre (+4,2 %), après une année difficile. Cependant, les effectifs continueraient de baisser et les investissements resteraient prudents. Au total, ces perspectives encourageantes restent très dépendantes des incertitudes économiques et géopolitiques actuelles. (Article du 04/05/2026 – Courrier Picard)