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La Revue de Presse

Retrouvez l'actualité économique du territoire de la semaine 7

La Revue de Presse

ACTUALITES ENTREPRISES

Nouvelle plainte d’Eurolysine contre la concurrence déloyale chinoise

Eurolysine, unique producteur européen d’acides aminés par fermentation, implanté à Amiens, a déposé le 11 février une nouvelle plainte auprès de la Commission européenne pour dénoncer la concurrence jugée déloyale des fabricants chinois de lysine. L’entreprise, détenue à 55 % par le groupe Avril et à 45 % par un fonds de Bpifrance, estime que les droits de douane imposés par l’Union européenne n’ont pas produit les effets protecteurs attendus. Depuis plus de six mois, Eurolysine observe une dégradation rapide du marché sur trois de ses principaux produits : la lysine, la valine et le tryptophane. En cause, selon la direction, les pratiques anticoncurrentielles de producteurs chinois, souvent soutenus par l’État, qui vendraient à des prix inférieurs aux coûts de production. Malgré l’instauration en janvier 2025 de droits antidumping temporaires sur la lysine chinoise, allant de 55 % à 80 %, puis de taxes définitives sur cinq ans compris entre 47,7 % et 58,3 %, les industriels chinois auraient absorbé ces surcoûts en réduisant encore leurs prix. D’après Nicolas Martin, directeur du développement durable d’Eurolysine, les premières mesures ont brièvement soutenu le marché, avant que les prix ne replongent. La lysine se vend désormais environ 20 % moins cher qu’en juillet 2024, tandis que le tryptophane a chuté de 60 % en un an. Les niveaux actuels seraient même inférieurs à ceux constatés avant l’entrée en vigueur des droits de douane européens. Face à cette situation, Eurolysine demande l’ouverture d’une enquête dite « anti-absorption », prévue par le règlement antidumping européen, afin de vérifier si les exportateurs chinois neutralisent l’effet des taxes par des baisses de prix artificielles. La Commission européenne devrait se prononcer rapidement sur la recevabilité de la plainte, une décision finale pouvant intervenir sous six mois. Parallèlement, l’entreprise se dit attentive aux effets des droits antidumping définitifs sur la valine importée de Chine, craignant un scénario similaire. Pour ses 350 salariés, l’enjeu est crucial : la survie du seul producteur européen d’acides aminés de fermentation dépend d’un rétablissement rapide de conditions de concurrence équitables. (Article du 14/02/2026 - Courrier Picard)


Noriap développe la pomme de terre avec Burger King


Le Groupe Noriap, dont le siège est situé à Boves, a annoncé le 17 février 2026 la signature d’un partenariat exclusif avec la chaîne de restauration rapide Burger King afin de valoriser la pomme de terre française. Cette collaboration s’inscrit dans la stratégie de développement de filières agricoles intégrées, présentée en janvier 2025 dans le cadre du projet d’entreprise « Nouvelle Ère 2030 ». Ce plan prévoit un investissement de 50 millions d’euros sur cinq ans pour structurer des filières complètes, de l’amont à l’aval, et générer davantage de valeur ajoutée pour les agriculteurs coopérateurs. Après avoir engagé un travail important dans la filière céréalière, le groupe coopératif franchit une nouvelle étape en se positionnant sur celle de la pomme de terre. Le partenariat s’inscrit dans le « projet Marianne », une initiative qui réunit producteurs, coopérative et acteurs de la transformation et de la distribution. L’objectif est de construire une filière lisible, cohérente et traçable, permettant de garantir l’origine française des pommes de terre et de renforcer le lien entre agriculteurs et consommateurs. À travers cette démarche, Noriap entend répondre aux évolutions rapides du marché de la pomme de terre, marqué par une forte concurrence et des attentes croissantes en matière de transparence et de qualité. En structurant la filière de manière intégrée, le groupe souhaite apporter du sens à la production agricole et sécuriser les débouchés pour ses adhérents. Implanté dans les Hauts-de-France et en Haute-Normandie, Noriap collecte chaque année 1,5 million de tonnes de céréales et commercialise plus de 100 000 tonnes de pommes de terre destinées aux marchés du frais et de l’industrie. Concrètement, depuis le 17 février 2026, la « Gaufrette fries », élaborée à partir de pommes de terre françaises issues des exploitations coopératrices, est commercialisée en exclusivité dans plus de 200 restaurants Burger King en France. Ce lancement marque une étape importante dans la mise en œuvre opérationnelle de la stratégie « Nouvelle Ère 2030 » et illustre la volonté du groupe de renforcer l’ancrage territorial et la valorisation des productions françaises. (Article du 18/02/2026 – Courrier Picard)


Le patron de Bpifrance évoque l’échec d’Ynsect et le cas d’Eurolysine


Lors du bilan annuel 2025 de Bpifrance, présenté le 17 février 2026, son directeur général Nicolas Dufourcq a évoqué la situation de deux entreprises de la Somme dans le secteur de l’agritech : Eurolysine et Ynsect, toutes deux soutenues par la banque publique. Premier dossier sensible : Eurolysine, installée à Amiens, aujourd’hui dernière entreprise européenne à produire de la lysine par fermentation. L’ex-usine Metex avait été reprise en juillet 2024 par le groupe Avril (55 %) et Bpifrance (45 %), puis rebaptisée Eurolysine. Mais l’entreprise est de nouveau fragilisée par la concurrence chinoise. Selon Nicolas Dufourcq, les industriels chinois ont contourné les taxes douanières européennes en absorbant leur coût, maintenant ainsi des prix très bas. Eurolysine a déposé une plainte auprès de la Commission européenne pour obtenir l’ouverture d’une enquête « anti-absorption » et réclame de nouvelles barrières douanières. Le directeur général de Bpifrance rappelle que la banque a « fait son job » avec Metex, confrontée à la fois à la concurrence chinoise et à la hausse du prix du sucre liée à la protection européenne contre le sucre brésilien. L’entreprise avait finalement été cédée pour un franc symbolique à Avril. Pour lui, le cas Eurolysine est emblématique : sans protection douanière massive et rapide, la dernière production européenne de lysine pourrait disparaître. Il alerte également sur l’urgence d’une décision européenne, estimant qu’un délai d’un an serait fatal. Second dossier : l’échec d’Ynsect, producteur de protéines d’insectes basé à Poulainville, liquidé fin 2025 après avoir reçu 148 millions d’euros d’aides publiques, dont une part importante via Bpifrance. Dufourcq souligne que l’entreprise a échoué de peu, faute de 10 millions d’euros supplémentaires, mais que la banque était déjà au maximum de son engagement. Il pointe plusieurs erreurs stratégiques : une usine verticale jugée trop complexe, un projet de « giga-usine » lancé trop tôt, et le choix du scarabée Molitor, générant trop d’huile et des problèmes techniques. À l’inverse, Innovafeed, également soutenue par Bpifrance et implantée à Nesle, aurait fait les bons choix industriels et se rapproche de la rentabilité. Une future cession de parts pourrait ainsi compenser les pertes subies avec Ynsect. (Article du 19/02/2026 – Courrier Picard)


Une centrale photovoltaïque à l’aéroport Amiens-Potez


Le projet de centrale photovoltaïque à l’Aéroport International Amiens-Henry Potez vise à transformer une partie de l’espace disponible de cette grande plateforme aéroportuaire située à Méaulte (Somme), à proximité d’Amiens, en une installation de production d’énergie solaire renouvelable. L’aéroport s’étend sur environ 180 hectares et entend tirer parti de ses zones enherbées ou peu utilisées pour accueillir des panneaux photovoltaïques au sol, sans gêner les opérations aériennes. Le projet est présenté comme un des plus vastes du nord de Paris pour ce type d’infrastructure solaire, reflétant l’ambition de l’aéroport de diversifier ses activités et de renforcer sa durabilité. L’idée est de générer de l’électricité propre qui sera vendue ou utilisée localement, créant ainsi des revenus stables destinés à compenser notamment la baisse prévue des financements publics et la future prise en charge du contrôle aérien. Une procédure d’appel à manifestations d’intérêt a été lancée par la régie de l’aéroport pour sélectionner des opérateurs capables d’installer et d’exploiter les panneaux solaires sur une surface estimée à environ 14 hectares du domaine public de l’aéroport. Cela signifie que le projet est encore en phase de préparation : des études de faisabilité, des autorisations administratives et des consultations techniques seront nécessaires avant le démarrage de la construction et de la production. L’installation photovoltaïque devrait être compatible avec l’activité de l’aéroport : les panneaux seront implantés hors des pistes et zones de mouvement aérien, sur des espaces qui aujourd’hui ne servent pas directement aux avions. Elle s’inscrit dans une démarche plus large de transition énergétique, en lien avec l’essor des énergies renouvelables en France et la volonté des plateformes aéronautiques d’intégrer des solutions bas carbones dans leur fonctionnement. Ce type d’initiative s’inscrit aussi dans une tendance plus générale : de nombreux aéroports européens explorent ou développent des projets solaires pour réduire leur empreinte carbone, produire de l’électricité et contribuer à l’indépendance énergétique tout en valorisant des terrains souvent bien exposés au soleil. (Article du 20/02/2026 – Courrier Picard)

EMPLOI

Record d’absentéisme sur le réseau de bus Ametis

Le réseau de bus Ametis traverse une période difficile marquée par un absentéisme record parmi ses conducteurs. Sur près de 300 chauffeurs, une cinquantaine sont actuellement en arrêt maladie ou en accident du travail, soit environ 17 % des effectifs. Une situation inédite depuis la crise du Covid, confirmée par le groupe Keolis, délégataire du réseau Ametis dans l’agglomération d’Amiens. Selon Aurélie Bécar, directrice générale de Keolis Amiens, ce pic d’absentéisme s’explique en partie par les maladies saisonnières, qui s’ajoutent aux arrêts de longue durée. Elle souligne que ce phénomène est fréquent à cette période de l’année, mais reconnaît son ampleur inhabituelle. L’enjeu principal consiste désormais à renforcer les effectifs pour compenser ces absences. L’objectif affiché est de maintenir un sureffectif permanent afin d’absorber les aléas. Toutefois, le secteur du transport public est confronté à des difficultés de recrutement. L’entreprise multiplie les campagnes d’embauche, notamment via des agences d’intérim, en testant et formant les candidats. Mais le métier de conducteur, exigeant et contraignant, ne convient pas à tous. Malgré ces tensions internes, la direction assure que le fonctionnement du réseau n’est pas affecté. Le plan de transport serait respecté et les bus circuleraient normalement. Une récente enquête de satisfaction jugée positive viendrait confirmer, selon la direction, la continuité du service. En revanche, la situation pèse sur les équipes en poste. Certains conducteurs évoquent une fatigue accrue et une pression croissante. La gestion des congés devient plus complexe : si les congés planifiés à l’avance sont honorés, les demandes ponctuelles ou de dernière minute sont plus difficiles à satisfaire. Cette tension nourrit un climat délicat, certains salariés estimant que la multiplication des arrêts peut inciter d’autres collègues à faire de même. Keolis affirme poursuivre ses recrutements, à un rythme d’au moins une campagne tous les deux mois, et espère une amélioration après les vacances de février, avec le retour progressif de conducteurs actuellement absents. Airbus, premier client de l’aéroport. Directement connecté à l’usine Airbus-Atlantic de Méaulte son premier client, l’aéroport passe de 1,5 à 2 avions-cargos Beluga qui se posent en moyenne par semaine, selon les cadences industrielles en France et en Europe du groupe aéronautique. Les transports aériens sanitaires, en particulier la chaîne du don d’organe en liaison avec le CHU d’Amiens, profitent aussi de l’aéroport Potez. Des vols d’affaires, de chefs d’États, d’équipes sportives (l’OM récemment avant de gagner Lille) se posent et redécollent ponctuellement de Méaulte. S’il dégage une image discrète dans la campagne du Pays du Coquelicot, l’aéroport près d’Albert est aussi une infrastructure de délestage du Bourget fermé la nuit et il est enfin très utilisé par l’armée française. (Article du 16/02/2026 – Courrier Picard)

ECONOMIE

Un projet de grande clinique vétérinaire régionale

Le réseau SynerVet prévoit la création d’une grande clinique vétérinaire au pôle Jules-Verne à Glisy, au sein de l’agglomération d’Amiens. L’annonce officielle devrait intervenir prochainement, mais le projet est déjà confirmé par Amiens Métropole. Il répond à un besoin identifié de longue date sur le territoire, qui ne dispose pas d’un centre de référé vétérinaire d’envergure. Initialement, SynerVet envisageait une parcelle de 3 000 à 3 200 m² parmi les treize terrains viabilisés à proximité de l’aérodrome d’Amiens/Glisy, le long de la D1029. Finalement, le choix se serait porté sur un terrain plus vaste, d’un peu plus de 4 000 m². Le chantier devrait débuter cet été pour une durée estimée à près de deux ans, même si la date d’ouverture précise n’a pas encore été communiquée. À terme, environ 70 emplois à temps plein pourraient être créés, dont 45 dès l’ouverture. L’établissement comprendra plusieurs blocs opératoires, une IRM, des salles de consultation et un plateau technique complet. Une quinzaine de chirurgiens vétérinaires pourraient y intervenir simultanément. Cette capacité est particulièrement stratégique pour la prise en charge des équidés, notamment les chevaux, qui doivent aujourd’hui se déplacer hors du département pour des interventions complexes. La future clinique ambitionne ainsi de rayonner à l’échelle de toute la Picardie. Créé en 2010, SynerVet est implanté dans une quinzaine de communes de l’ouest de la France, telles que Pipriac, Guipry ou Châteaugiron. Le réseau regroupe des structures indépendantes qui conservent leur autonomie financière et organisationnelle, tout en partageant des valeurs communes. Lors d’un conseil communautaire, Jean-Marc Foucault, vice-président chargé du développement économique, a précisé qu’il s’agira d’un centre de référé exclusif : hors urgence, les propriétaires d’animaux devront être orientés par leur vétérinaire traitant. Par ailleurs, une parcelle voisine a été attribuée à l’espace Aubade/Nicodème, qui prévoit de transférer son showroom et son comptoir professionnel actuellement situés dans le quartier Saint-Roch à Amiens. (Article du 16/02/2026 – Courrier Picard)


Les producteurs de pommes de terre des Hauts-de-France dans la tourmente


À l’approche du Salon international de l'agriculture, la filière pomme de terre des Hauts-de-France et, plus largement, d’Europe tire la sonnette d’alarme. Les producteurs dénoncent une conjoncture défavorable marquée par une surproduction, une baisse des volumes commandés par l’industrie agroalimentaire et un recul des prix, dans un contexte de concurrence internationale accrue. Selon le CNIPT, représenté par François-Xavier Broutin, le principal problème réside dans un déséquilibre entre l’offre et la demande. Les quatre grands pays producteurs européens – Allemagne, France, Belgique et Pays-Bas – qui concentrent les deux tiers de la production continentale, ont récolté près de 30 millions de tonnes en 2025, soit une hausse de 10 % en un an. En France, les surfaces cultivées ont progressé dans les mêmes proportions, anticipant l’ouverture de nouvelles usines de transformation. Mais cette augmentation de l’offre intervient alors que la demande industrielle ralentit, notamment sur le marché des frites surgelées. Le North-Western European Potato Growers (NEPG) observe une contraction du marché, aggravée par la hausse de 15 % des droits de douane américains et par un euro fort face au dollar, pénalisant les exportations européennes. Parallèlement, la concurrence asiatique s’intensifie : la Chine et l’Inde ont multiplié par dix leurs exportations de frites surgelées en deux ans, tandis que celles de l’Union européenne reculent, notamment en Belgique (-6 %). Sur le terrain, des producteurs comme Matthieu Lenglet, dans la Somme, anticipent une à deux années difficiles, malgré une tendance mondiale structurellement haussière. L’Union nationale des producteurs de pommes de terre (UNPT) évoque un « séisme » pour la campagne 2026-2027. Elle dénonce une baisse des volumes contractualisés pouvant atteindre 20 % à l’hectare et une chute de 25 % des prix proposés, désormais inférieurs aux coûts de production. Certains contrats permettraient en outre aux industriels de se replier sur le marché libre en cas de retournement défavorable. Si la crise est jugée conjoncturelle par l’interprofession, ses effets sont immédiats. La baisse des prix pourrait inciter les agriculteurs à réduire leurs surfaces cultivées, fragilisant durablement une filière stratégique pour les Hauts-de-France. (Article du 16/02/2026 -Courrier Picard)


Teravenir lance une levée de fonds pour fabriquer sa sonde


La start-up amiénoise Teravenir s’apprête à franchir une étape clé de son développement à l’occasion du Salon international de l'agriculture, où elle présentera son innovation sur le stand d’UniLaSalle Amiens le 24 février 2026. Spécialisée dans l’agronomie, l’entreprise a conçu un système intelligent de gestion des intrants agricoles baptisé ATS (Agriculture Technology Solution), destiné à optimiser la fertilisation des sols. Le dispositif repose sur des sondes implantées directement dans les parcelles agricoles. Reliées à une application web, trois sondes analysent en continu la composition du sol et déterminent précisément les besoins en ազote des cultures. L’objectif est double : améliorer la performance agronomique tout en réduisant l’impact environnemental. Selon son fondateur, Benjamin Mendou, la solution permettrait de diminuer de 25 % les apports en intrants, contribuant ainsi à préserver la qualité des terres et à réduire les coûts pour les exploitants. Développé en partenariat avec UniLaSalle Amiens, le projet entre désormais dans une phase d’industrialisation. Huit sondes sont déjà déployées en phase de test chez des partenaires situés à Compiègne, Beauvais, Rosières-en-Santerre et Château-Thierry. Dès mars, cinq nouvelles sondes seront installées dans des sites pilotes de la coopérative Unéal, filiale du groupe agricole Advitam, dans le Pas-de-Calais. Trois autres équipements viendront compléter ce partenariat autour de la fertilisation. Parallèlement, une collaboration environnementale est engagée avec un acteur public du Beauvaisis pour mesurer les taux de nitrates dans les sols grâce à dix sondes supplémentaires. À l’international, un projet est également lancé au Bénin, où une dizaine de stations de mesure seront déployées. Pour accompagner cette montée en puissance et atteindre l’objectif de 50 sondes installées en 2026, Teravenir lance une levée de fonds de 500 000 euros. L’opération vise à financer l’industrialisation, renforcer l’équipe – actuellement composée de six personnes – et recruter entre 10 et 15 collaborateurs dans les domaines technique, commercial et du développement applicatif. Le Salon constitue ainsi une vitrine stratégique pour séduire investisseurs et nouveaux partenaires. (Article du 16/02/2026 – Courrier Picard)