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La Revue de Presse

Retrouvez l'actualité économique du territoire de la semaine 5

La Revue de Presse

ACTUALITES ENTREPRISES

Phinix Orbital Systems conçoit des satellites nettoyant l’espace

Phinix Orbital Systems, jeune entreprise fondée en 2024 à Méaulte dans la Somme, se positionne comme un acteur émergent du spatial NewSpace en France, avec pour mission de nettoyer l’espace des débris en orbite. Implantée dans un village reconnu pour ses activités aéronautiques et proche d’Airbus Atlantic, la société compte six ingénieurs internationaux et a installé ses bureaux au Hub de Méaulte, avec un atelier à IndustriLab. Son objectif est de devenir une référence nationale dans le domaine du nettoyage spatial. L’entreprise répond à un besoin croissant : l’espace est de plus en plus encombré. Depuis les années 1960, des satellites ont été lancés sans mécanismes de désorbitation automatique, et le nombre de nouveaux satellites continue de croître. Résultat : environ 30 000 débris de plus de dix centimètres et 130 millions de petits fragments de plus d’un millimètre circulent en orbite, menaçant les satellites opérationnels utilisés pour le GPS, la météo ou les communications. La problématique est devenue urgente et nécessite des solutions innovantes. Phinix Orbital Systems développe actuellement son premier prototype de satellite nettoyeur, baptisé Déméter. Ce module embarquera de l’intelligence artificielle pour capturer des débris massifs, allant de plusieurs kilos à plusieurs tonnes. Les premières missions de nettoyage en orbite avec Déméter sont prévues pour 2028. Le coût total estimé pour la fabrication et les missions s’élève à 14 millions d’euros, et l’entreprise prévoit une première levée de fonds d’environ 3 millions d’euros en 2026. Le dirigeant, Esteban Martinez, souligne cependant la difficulté de séduire des investisseurs en France, en raison du long temps nécessaire à la R&D et du manque de confiance dans ce secteur émergent. Pour générer des revenus à court terme, Phinix Orbital Systems a lancé en 2025 KimeraLabs, un bureau d’études spécialisé dans le design, l’ingénierie et l’impression 3D industrielle pour des PME et start-up européennes, dans des secteurs variés comme le médical ou le numérique. Après Déméter, l’entreprise prévoit de concevoir un second satellite, plus grand, nommé Perséphone. Contrairement à une vente de satellites, Phinix Orbital Systems proposera une prestation de nettoyage des débris pour ses futurs clients, avec des premières missions commerciales envisagées à l’horizon 2035. Cette stratégie place l’entreprise à la croisée de la technologie spatiale de pointe et de l’économie de services, répondant à une problématique environnementale mondiale tout en consolidant sa place dans le secteur du NewSpace français. (Article du 26/01/2026 – Courrier Picard)


La protéine d’insectes d’Innovafeed à Nesle nourrit des bars et dorades


Innovafeed, leader mondial de la production de protéines à base d’insectes et implanté à Nesle dans la Somme, poursuit son expansion commerciale à travers un nouveau partenariat stratégique avec NaturAlleva, acteur majeur de l’alimentation aquacole et aquaculteur intégré. Annoncé le 22 janvier 2026, cet accord vise à incorporer des ingrédients issus de la mouche soldat noire dans les formulations d’aliments destinés à des espèces clés de la Méditerranée, telles que le bar, la dorade, l’esturgeon et la truite. Cette initiative marque un tournant pour Innovafeed, dont la protéine d’insecte représente une alternative durable aux farines de poisson traditionnelles, et permet d’étendre l’usage industriel de ses ingrédients au-delà des projets pilotes. Dès le début de l’année 2026, NaturAlleva commencera à intégrer ces ingrédients dans ses formulations pour le bar et la dorade. Les deux entreprises ont également prévu de développer des travaux de recherche et développement afin d’explorer de nouvelles applications et propriétés fonctionnelles des protéines à base d’insectes pour d’autres espèces aquacoles. L’objectif est de démontrer que ces ingrédients ne se limitent pas à un rôle nutritionnel classique, mais qu’ils constituent de véritables composants fonctionnels capables d’améliorer la santé, la robustesse et la résilience des poissons. Pour Clément Ray, CEO et cofondateur d’Innovafeed, ce partenariat représente une étape clé dans le déploiement des protéines d’insectes à l’échelle industrielle. Selon lui, l’accord illustre la capacité des ingrédients à base de mouche soldat noire à aller au-delà de la nutrition de base, en apportant des solutions orientées performance pour le secteur aquacole. Cette démarche traduit la volonté d’Innovafeed de positionner ses produits comme des alternatives durables et efficaces dans une industrie confrontée à des défis liés à la surpêche et à la durabilité des ressources. Le partenariat Innovafeed-NaturAlleva s’inscrit donc dans un contexte plus large de transition vers des pratiques aquacoles durables et innovantes. Il combine le savoir-faire d’Innovafeed en matière de production de protéines d’insectes avec l’expertise de NaturAlleva dans l’alimentation et la gestion intégrée des élevages aquacoles. À terme, cette collaboration pourrait étendre l’usage des protéines d’insectes à un large éventail d’espèces, consolidant la place d’Innovafeed comme fournisseur clé de solutions innovantes et durables pour l’aquaculture. (Article du 26/01/2026 – Courrier Picard)


Le restaurant la Table du Marais rouvre un an après l’incendie


Après un an de fermeture forcée, le restaurant La Table du Marais, établissement emblématique de la métropole d’Amiens situé chaussée Jules-Ferry, rouvre enfin ses portes. Ses gérants, Jérôme Rousseau et Aude Trancart, n’en sont pas à leur première épreuve après plus de vingt ans passés à faire vivre cette adresse reconnue. Comme lors de la crise du Covid-19, ils ont dû se retrousser les manches pour surmonter l’adversité et relancer leur activité. Le 21 février 2025, un début d’incendie causé par une braise issue de la cheminée endommage lourdement le restaurant. Si l’intervention rapide des pompiers permet d’éviter le pire, l’intérieur est profondément touché : fumées, mobilier fondu, vaisselle détruite, luminaires endommagés et matériel de cuisine inutilisable. Jérôme Rousseau, chef et gérant, se souvient du choc de voir son outil de travail et deux décennies d’efforts menacés de disparaître. Sans cette intervention rapide, le restaurant aurait pu être totalement détruit. Dans les semaines qui suivent, l’établissement est à l’arrêt complet. Les projets initiaux de vente à emporter sont abandonnés, l’ensemble du matériel ayant nécessité un nettoyage spécialisé. Les démarches administratives, expertises d’assurance et procédures auprès de l’urbanisme allongent considérablement les délais de réouverture. Le couple, tout comme leurs trois salariés, se retrouve soudainement sans activité, une situation qui amène les gérants à s’interroger sur leur avenir professionnel et personnel. Cette pause imposée devient néanmoins une opportunité de réflexion. Éprouvés par des années de rythme intense et des horaires très lourds, Jérôme Rousseau et Aude Trancart décident de repenser leur organisation. Désireux de profiter davantage de leurs enfants adolescents, ils choisissent d’alléger leur charge de travail. Le restaurant sera désormais fermé le mardi soir, le mercredi soir ainsi que les dimanches et lundis, tout en conservant l’équipe historique. En contrepartie, La Table du Marais innove avec un nouveau concept de vente à emporter le dimanche. Dès la semaine suivante, un plat et un dessert seront proposés à retirer le matin. Cette initiative vise à s’adapter aux nouvelles habitudes de consommation tout en conciliant activité professionnelle et équilibre familial, marquant une nouvelle étape dans l’histoire du restaurant. (Article du 28/01/2026 – Courrier Picard)


Des travaux de mise en sécurité sur le site de l’ancien atelier Yvert&Tellier


Situé rue Vivien, en plein centre-ville, un ancien hôtel particulier du XIXᵉ siècle, longtemps occupé par l’atelier de reliure de l’entreprise Yvert & Tellier, fait l’objet de travaux d’urgence depuis la mi-janvier. Abandonné depuis plus de vingt ans et largement dégradé, ce bâtiment chargé d’histoire était jusqu’ici resté à l’abri des regards. Le portail désormais ouvert révèle un site en ruines, dont certaines parties sont protégées au titre des Monuments historiques. Les interventions en cours visent avant tout à sécuriser l’ensemble architectural. Selon l’atelier d’architecture Garnier, chargé du suivi, il s’agit de consolider les façades et la charpente afin d’éviter une dégradation irréversible. Sont concernés par cette protection patrimoniale la façade côté cour avec sa véranda en fonte, les pavillons ainsi que l’entrée côté rue Duthoit. Une entreprise spécialisée a notamment commencé à déposer une partie de la toiture et des cloisons intérieures, tout en procédant à l’évacuation des gravats. L’état de délabrement du site remonte à un incendie survenu en février 2006, après une période de squat. Le sinistre avait détruit les planchers des étages ainsi que la toiture, laissant le bâtiment dans un état de ruine avancé. Depuis, aucune véritable réhabilitation n’avait été engagée, malgré quelques interventions ponctuelles pour éviter des risques immédiats, notamment lors de travaux réalisés sur la parcelle voisine par l’école Sainte-Clothilde. Le risque de disparition de ce patrimoine du XIXᵉ siècle est aujourd’hui bien réel. Construit entre 1830 et 1832 par le promoteur Denis-Nicolas Prévost de Longpérier, l’hôtel particulier a connu plusieurs vies. Il fut habité à la fin du XIXᵉ siècle par le président honoraire de la cour d’appel, avant d’être transformé à partir des années 1930 en ateliers de reliure pour l’entreprise amiénoise Yvert & Tellier. Le site accueillait alors également des espaces de stockage et comptait jusqu’à une quarantaine de salariés dans les années 1980. Un projet immobilier est toutefois à l’étude. Une société civile immobilière a déposé un permis de construire en 2022, prévoyant la création de 26 logements, dont 10 dans le bâtiment historique côté rue Vivien et 16 dans une construction neuve côté rue Duthoit. Pour l’heure, aucun chantier de construction n’est engagé : l’objectif principal reste de sauvegarder et stabiliser ce qui peut encore être préservé de ce patrimoine remarquable. (Article du 28/01/2026 – Courrier Picard)


La piste d’un data center étudiée pour la reconversion d’Ynsect


Placée en liquidation judiciaire début décembre 2025, l’entreprise Ynsect, spécialisée dans la production de protéines d’insectes pour l’alimentation animale, a définitivement cessé son activité sur son site de Poulainville, dans la Somme. Depuis cet arrêt brutal, l’avenir de cette vaste ferme-usine industrielle de 35 mètres de haut suscite des réflexions, même si le dossier ne semble plus prioritaire au niveau politique. Le sénateur socialiste de la Somme, Rémi Cardon, déplore un manque de transparence et d’informations concrètes de la part du ministère de l’Industrie, malgré les dizaines de millions d’euros investis par les pouvoirs publics, notamment via Bpifrance, pour tenter de sauver l’entreprise. À l’arrêt total depuis mi-décembre, le site doit désormais être entièrement vidé de ses machines avant toute reconversion. Cette mission est pilotée par le liquidateur judiciaire, Alain-François Souchon, et par la Caisse des dépôts et consignations (CDC), qui détiennent respectivement 51 % et 49 % de la SCI Vertycal, propriétaire des infrastructures industrielles. Le processus de reconversion est officiellement engagé, même si aucune décision définitive n’a encore été prise. Parmi les scénarios envisagés figurent l’implantation d’un data center ou, à défaut, celle d’un centre logistique de grande hauteur. Le liquidateur judiciaire confirme que ces deux hypothèses sont à l’étude, sans qu’aucun projet précis ni calendrier ne soient arrêtés. La piste du data center apparaît particulièrement crédible en raison des caractéristiques du bâtiment : grande surface, hauteur importante et surtout présence d’un système de soufflerie permettant de réguler la température, un atout majeur pour le refroidissement des serveurs informatiques. Cette hypothèse a été évoquée lors de réunions en préfecture à Amiens, comme le confirment plusieurs anciens représentants du personnel d’Ynsect. Des visites du site par des groupes intéressés ont déjà eu lieu début 2026, certains envisageant de conserver uniquement les installations énergétiques existantes. Toutefois, ni le nom des entreprises potentiellement candidates ni les contours d’un projet précis n’ont été rendus publics. La CDC indique de son côté que plusieurs scénarios de revitalisation sont toujours à l’étude. Même si la reconversion en data center semble sérieuse, la transformation du site s’annonce longue. L’exemple de l’ancienne usine Goodyear, située à proximité et reconvertie en zone logistique après près de dix ans, illustre l’ampleur et la durée possibles d’un tel chantier. (Article du 30/01/2026 – Courrier Picard)


Sopalor, une nouvelle entreprise s’implante


À la tête de l’entreprise Sopalor depuis 1998, Gervais Loridan poursuit le développement d’une société familiale spécialisée dans le tri du verre, fondée en 1987 à Cambrai (Nord) par son père, Guy Loridan. Forte de plusieurs décennies d’expérience dans le secteur verrier, Sopalor a su s’adapter aux évolutions industrielles et saisir les opportunités offertes par les transformations économiques locales. La fermeture de l’usine Jenniver en octobre 2025, qui a laissé une cinquantaine de salariés sans emploi dans la vallée de la Bresle, a constitué un tournant stratégique pour l’entreprise. Informé rapidement de cette situation, Gervais Loridan a décidé de s’implanter sur ce territoire afin d’y étendre son activité. Dès l’annonce de la fermeture, il a pris l’initiative de contacter différents donneurs d’ordre de la région pour évaluer leur intérêt à collaborer avec Sopalor dans le cadre d’une nouvelle implantation locale. Cette démarche proactive a rencontré un accueil favorable, les partenaires potentiels se montrant prêts à soutenir le projet. Le lancement de cette nouvelle activité est prévu au cours du premier trimestre 2026. Dans cette perspective, Gervais Loridan a déjà formulé 18 promesses d’embauche à d’anciens salariés de Jenniver, affirmant ainsi sa volonté de contribuer à la reconversion professionnelle des travailleurs touchés par la fermeture de l’usine. À terme, l’atelier devrait employer une trentaine de personnes. Le dirigeant précise toutefois que les recrutements sont toujours en cours, l’activité connaissant une croissance soutenue et des besoins en main-d’œuvre supplémentaires. Sopalor se distingue également par son organisation du travail, pensée pour préserver la santé et la vigilance des salariés. Les horaires sont exclusivement en journée, du lundi au jeudi de 8 heures à 12 heures et de 13 heures à 16 h 30, et le vendredi de 8 heures à 13 heures. Ce choix s’explique par la nature même du travail de tri du verre, qui exige une concentration constante et une attention soutenue. Selon Gervais Loridan, éviter des prises de poste trop matinales permet de limiter la fatigue et d’optimiser la qualité du travail. Les postes proposés sont rémunérés sur la base du SMIC. Malgré ce niveau de salaire, l’entreprise mise sur la stabilité de l’emploi, des conditions de travail adaptées et un ancrage local fort pour attirer et fidéliser ses futurs salariés, tout en participant à la dynamique économique de la vallée de la Bresle. (Article du 30/01/2026 – Courrier Picard)

EMPLOI

Quand le téléphone pleure

La Picardie, et plus particulièrement l’agglomération amiénoise, s’est imposée depuis plus de vingt-cinq ans comme une terre d’accueil privilégiée pour les centres d’appels. Ce choix stratégique, amorcé sous le mandat de l’ancien maire Gilles de Robien, repose sur une politique publique favorable à la « relation client », aujourd’hui présentée par les élus locaux comme une réussite en matière de création d’emplois. Près de 3 500 salariés travaillent désormais dans ce secteur à Amiens, avec des entreprises comme Intelcia, Concentrix ou encore Webhelp, partenaires de grandes marques nationales. Cependant, derrière ce discours officiel optimiste se cache une réalité bien plus sombre, dénoncée par de nombreux salariés et syndicats. Les témoignages recueillis décrivent des conditions de travail particulièrement difficiles : salaires au Smic, forte précarité, horaires flexibles imposés avec peu de visibilité sur les plannings, pression managériale constante et objectifs jugés volontairement inatteignables pour accéder aux primes. Les téléconseillers évoquent un environnement de travail marqué par le contrôle permanent, où chaque appel est évalué et peut donner lieu à des sanctions. Certaines pratiques sont particulièrement choquantes, comme le chronométrage strict des pauses, y compris celles pour aller aux toilettes, ou l’interdiction de s’absenter en dehors de temps imposés. Plusieurs salariés parlent de stress intense, de souffrance psychologique et d’un sentiment d’être réduits à de simples numéros, facilement remplaçables. Pour eux, ce modèle s’apparente à une forme « d’esclavage moderne » où la richesse produite ne bénéficie pas aux travailleurs. Malgré les alertes répétées, les pouvoirs publics restent largement silencieux. Selon les syndicats, les élus hésitent à critiquer ces entreprises, car elles représentent un poids économique important dans des territoires marqués par la désindustrialisation. La Picardie apparaît ainsi comme un « eldorado bon marché » pour les centres d’appels, attirés par une main-d’œuvre abondante et par des aides publiques conséquentes, parfois accordées à des conditions très avantageuses. Face à cette situation, la CGT et des collectifs de salariés tentent de s’organiser pour créer un rapport de force et améliorer les conditions de travail. Mais les directions des entreprises concernées, sollicitées à ce sujet, n’ont pas souhaité répondre, laissant les salariés poursuivre leur combat dans une relative invisibilité. (Article du 24/01/2026 – Courrier Picard)


Une entreprise de 82 salariés menacée de disparaître


L’entreprise de travaux publics Marron TP traverse une période de forte incertitude sociale et économique, marquée par la menace de fermeture de son site de Fouilloy, dans la Somme. Cette antenne, située entre Corbie et Villers-Bretonneux, emploie 82 salariés et constitue l’un des six sites de l’entreprise, qui compte au total 287 employés répartis entre l’Aisne, l’Eure, la Marne et l’Oise, avec un siège social à Laon. Placée en redressement judiciaire le 1er décembre 2025 par le tribunal de commerce de Lille métropole, Marron TP a suscité l’intérêt de deux repreneurs potentiels. Finalement, une seule offre reste en lice : celle de Constructel, un groupe international spécialisé dans les télécommunications, fort de 2 000 salariés. Toutefois, cette proposition de reprise inquiète fortement les salariés, car elle prévoit, dans sa version initiale, la fermeture du site de Fouilloy. Constructel justifie ce choix par la présence de bureaux déjà existants dans le département, rendant selon lui l’antenne redondante. Les salariés concernés sont majoritairement des ouvriers chargés de l’installation de réseaux électriques et de branchements pour les particuliers, notamment pour le compte d’Enedis. Face à la perspective d’un Plan de sauvegarde de l’emploi (PSE), un profond sentiment d’écœurement et d’abandon domine. Les mesures d’accompagnement envisagées sont jugées largement insuffisantes par la CGT. Selon le délégué syndical Jules Thumerelle, il est question d’un Contrat de sécurisation professionnelle de douze mois et d’indemnités minimales, sans critères clairement définis, ce qui renforce l’inquiétude des salariés. Au-delà des conséquences humaines, la possible fermeture du site aurait un impact économique notable sur la commune de Fouilloy, qui compte environ 1 700 habitants. Les élus et habitants redoutent des répercussions sur les commerces locaux, fortement dépendants de la présence des ouvriers. Le dirigeant de Marron TP, Maximilien Bourrier, appelle néanmoins à la prudence, invoquant le secret de la procédure judiciaire. Il affirme que l’offre de Constructel n’est pas encore définitive et n’exclut pas que des emplois puissent être sauvegardés sur le bassin amiénois. Une nouvelle réunion consacrée au PSE doit se tenir prochainement, dans l’attente de décisions plus claires sur l’avenir de l’entreprise et de ses salariés. (Article du 24/01/2026 – Courrier Picard)


À Amiens, fin de la grève à la clinique Pauchet, reconduction à la polyclinique


La situation sociale dans les établissements de santé privés d’Amiens connaît une évolution contrastée. À la clinique Pauchet, un accord a finalement été trouvé entre la direction et les équipes du bloc opératoire et de la stérilisation, mettant fin au mouvement de grève entamé le lundi 19 janvier 2026. Dans un communiqué publié le vendredi 23 janvier, la direction annonce qu’un compromis jugé favorable a permis la reprise immédiate de l’activité. Cette issue marque un apaisement après plusieurs jours de mobilisation, illustrant la possibilité d’un dialogue social abouti lorsque les négociations aboutissent à des engagements concrets. À l’inverse, la situation demeure particulièrement tendue à la Polyclinique de Picardie, située de l’autre côté de la rue. Ici, le conflit social se poursuit et le dialogue entre la direction et les représentants du personnel semble dans l’impasse. Si le piquet de grève a été levé temporairement ce vendredi soir, la mobilisation est loin d’être terminée. Les personnels grévistes ont en effet annoncé leur retour dès le lundi 26 janvier à 7 h 30, déterminés à poursuivre le mouvement. Le cœur du désaccord porte sur les revendications salariales. Les salariés réclament une augmentation de 100 euros nets par mois, qu’ils estiment nécessaire au regard de leurs conditions de travail et de la reconnaissance de leur engagement. Lors des négociations, une proposition a émergé du côté des médecins, qui se sont dits prêts à cofinancer à hauteur de 50 % la hausse des salaires, signe d’un soutien partiel aux revendications du personnel non médical. Toutefois, la direction de la Polyclinique n’a proposé qu’une augmentation de 50 euros nets mensuels, une offre jugée insuffisante par les grévistes. Face à cette proposition, les personnels mobilisés ont tranché lors d’une assemblée générale : la grève est reconduite. Selon le représentant CGT Cédric Beauvais, cette décision traduit un profond sentiment de frustration et un manque de reconnaissance ressenti par les équipes. Contrairement à la clinique Pauchet, où un compromis a permis de lever le conflit, la Polyclinique de Picardie reste donc confrontée à un blocage social persistant. Cette situation met en lumière les disparités de gestion du dialogue social au sein d’établissements pourtant proches géographiquement et exerçant des activités similaires. Elle souligne également l’importance des enjeux salariaux et de reconnaissance dans un secteur hospitalier privé déjà sous forte tension, où les personnels peinent à faire entendre leurs revendications malgré des mobilisations répétées. (Article du 24/01/2026 – Courrier Picard) 


L’offre d’emploi recule de 11 % dans les Hauts-de-France


Le marché de l’emploi en France a montré des signes de ralentissement en 2025, selon le baromètre trimestriel publié par Hellowork, plateforme digitale française spécialisée dans l’emploi et le recrutement. Sur l’ensemble de l’année, plus de 10,1 millions d’offres d’emploi, incluant CDI, CDD, intérim et alternance, ont été publiées. Bien que ce chiffre reste élevé et supérieur aux standards d’avant-crise, il représente une baisse de 9,8 % par rapport à 2024, année considérée comme exceptionnelle. Cette diminution traduit une prudence accrue des entreprises, particulièrement sur les recrutements de longue durée, avec un recul notable des CDI, tandis que l’intérim continue de jouer un rôle d’amortisseur dans un contexte économique incertain. David Beaurepaire, directeur délégué d’Hellowork, qualifie 2025 de « phase d’ajustement logique » après plusieurs années exceptionnelles. Le marché reste globalement solide, soutenu par des besoins structurels élevés dans les secteurs de la santé et des services. Les entreprises poursuivent les recrutements pour remplacer les départs – démissions, fins de période d’essai ou ruptures conventionnelles – mais de manière plus ciblée et sélective. Cette évolution traduit un marché de l’emploi qui tend à se rééquilibrer, en prévision notamment du futur « hiver démographique » prévu dans les années 2030. La répartition géographique des offres révèle une concentration dans certaines régions. L’Île-de-France et l’Auvergne-Rhône-Alpes représentent à elles seules environ un tiers des publications nationales, avec respectivement 15 % et 14 %. La Nouvelle-Aquitaine et les Pays-de-la-Loire suivent avec 9 %, le Grand Est 8 % et les Hauts-de-France 7 %. Dans les Hauts-de-France, la baisse des offres est plus marquée qu’au niveau national, atteignant 11 %, un recul similaire à celui observé en Île-de-France, Normandie et Bourgogne-Franche-Comté. Cette diminution est en grande partie imputable au repli dans les secteurs de l’industrie et du BTP, qui subissent un ralentissement structurel. En dépit de cette contraction, le marché de l’emploi reste robuste grâce aux besoins persistants dans certains secteurs stratégiques et à la flexibilité apportée par l’intérim. En somme, 2025 a été une année de transition pour le marché du travail français : après des années de forte croissance et de dynamisme record, l’emploi connaît un léger recul, mais demeure à un niveau supérieur à la moyenne historique, annonçant une période de recrutement plus équilibrée et sélective pour les années à venir. (Article du 26/01/2026 – Courrier Picard)


EDF annonce un millier d’embauches en 2026 dans les Hauts-de-France


EDF poursuit une politique de recrutement soutenue et stable d’année en année, avec des besoins constants sur l’ensemble de ses entités en France. Pour 2026, l’entreprise prévoit d’embaucher 20 000 collaborateurs au niveau national, un volume similaire à 2025, dont environ 1 000 dans les Hauts-de-France. Ces embauches, qui incluent 700 CDI et 300 alternants régionaux, visent à compenser les départs à la retraite et à accompagner l’augmentation d’activité dans tous les secteurs. Les recrutements concernent tous les niveaux de qualification : 15 % pour les titulaires d’un bac, 55 % pour les profils bac +2 et 30 % pour des cadres, touchant ainsi l’ensemble des métiers techniques et administratifs de l’entreprise. Trois secteurs principaux sont concernés par ces recrutements. Le premier, le nucléaire, notamment à la centrale de Gravelines, requiert des profils techniques pour la maintenance, la mécanique, la chaudronnerie, l’électricité et l’électromécanique. La plupart des postes exigent un niveau bac +2, et EDF recrute autant de profils débutants que confirmés. Ces postes sont proposés en CDI ou en alternance, sans volume précis annoncé, mais couvrant l’ensemble des métiers recherchés dans le secteur. Le deuxième secteur concerne le réseau avec Enedis, où les besoins portent principalement sur des techniciens de terrain de niveau bac professionnel, ainsi que sur quelques chargés de projets dans le transport et la distribution d’électricité. Enfin, le troisième secteur, les nouveaux services énergétiques via Dalkia, cible majoritairement des chauffagistes de niveau bac ou bac pro, avec des compétences en électricité indispensables pour l’exploitation des nouveaux systèmes énergétiques. EDF encourage la reconversion professionnelle et met en place des préparations opérationnelles à l’emploi individuel (POEI), d’une durée de 6 à 12 mois selon la technicité du métier. Pour le nucléaire, une formation préalable de 13 semaines est obligatoire afin d’acquérir les habilitations spécifiques. Les candidats doivent fournir un CV et une lettre de motivation, et passer deux à trois entretiens selon le poste. L’entreprise a optimisé ses délais de recrutement, avec une moyenne de quatre semaines entre la clôture de l’offre et la prise de fonction. En résumé, EDF maintient une dynamique de recrutement soutenue, couvrant une large diversité de métiers et de niveaux, tout en favorisant l’accueil de profils débutants ou en reconversion, avec des processus de formation adaptés et des délais d’intégration rapides, notamment dans les Hauts-de-France où un millier de postes seront ouverts cette année. (Article du 26/01/2026 – Courrier Picard)


Fin de la grève à la polyclinique de Picardie


Après huit jours de grève, un accord a finalement été trouvé entre la direction et le personnel de la polyclinique de Picardie à Amiens et de l’établissement du Val d’Ancre à Albert, à l’issue d’une nouvelle matinée de négociation. Ce mouvement social, inédit depuis une dizaine d’années, a mobilisé une majorité des salariés de tous les services, traduisant un profond malaise au sein des deux établissements de santé. Au départ, la direction proposait une augmentation de 50 euros nets par mois, une offre jugée insuffisante par les salariés. Face à la poursuite de la mobilisation, la proposition a été revue à la hausse le lundi matin, atteignant 75 euros nets mensuels. Cette nouvelle offre a été acceptée à près de 80 % par les salariés lors d’une assemblée générale. L’augmentation sera appliquée dès le mois de février et inclura un rattrapage, notamment pour les personnels concernés. En outre, la direction s’est engagée à prendre en charge 50 % des jours de grève, un point important pour les grévistes. L’accord prévoit également une modification de la prime d’assiduité, qui devient désormais annuelle, ainsi qu’un engagement écrit de la direction concernant la mise en place d’un plan de recrutement ciblé sur les postes en tension. Pour Cédric Beauvais, brancardier et représentant du personnel CGT, ces avancées constituent des résultats concrets obtenus grâce à la mobilisation collective. Les salariés dénonçaient principalement une dégradation des conditions de travail et un manque criant de personnel. Selon les représentants du personnel, environ 40 démissions ont été enregistrées en un an sur un effectif total de 220 salariés répartis entre Amiens et Albert. De nombreuses infirmières expérimentées, comptant parfois plus de 20 ou 30 ans d’ancienneté, ont quitté les établissements, et seule la moitié d’entre elles a été remplacée. Cette situation a fortement pesé sur l’organisation du travail et la qualité de vie des équipes. Du côté de la direction, cet accord permet une reprise progressive de l’activité. Elle affirme que sa priorité reste l’accompagnement des patients et des résidents, ainsi que la réorganisation des prises en charge perturbées durant la période de grève. Malgré l’apaisement, les salariés restent vigilants quant au respect des engagements pris. (Article du 27/01/2026 – Courrier Picard)


Des tentatives de suicide alertent sur la santé au travail chez Concentrix


Dans la centrale d’appels Concentrix (ex-Webhelp) de Lacroix-Saint-Ouen, dans l’Oise, les risques psychosociaux sont au cœur d’une vive inquiétude. Crises d’angoisse, burn-out, dépressions et même tentatives de suicide ont été signalés ces dernières années parmi les salariés. Deux tentatives, survenues en juillet 2024 et juin 2025, ont été déclarées comme accidents du travail. Face à ces drames, les représentants du personnel, via le comité social et économique (CSE), ont demandé une analyse approfondie des conditions de travail. Adoptée en avril 2024, l’expertise a été retardée par une action en justice de l’employeur avant d’être finalement menée en mai 2025. Trois experts de l’association Emergences, spécialisée en sociologie du travail et certifiée par l’État, ont étudié des documents internes, observé les plateaux d’appels et réalisé 66 entretiens individuels. Leur travail a abouti à un rapport de 130 pages, remis en juin, présenté au CSE en novembre puis rendu public aux salariés le 26 janvier. Le rapport dresse un constat alarmant de la souffrance au travail. Le fort turn-over est particulièrement marquant : 73 % des salariés ont moins de cinq ans d’ancienneté, et plus d’un tiers moins d’un an. De nombreux conseillers clientèle quittent leur poste dès la période d’essai ou démissionnent rapidement. Si la charge émotionnelle des appels (recouvrement, réclamations) pèse lourdement, les experts pointent surtout des modes de management et d’organisation du travail jugés défaillants. L’intensification des tâches et le manque de prévention exposeraient les salariés à des troubles physiques et psychiques, sans réponse adaptée de la direction, pourtant légalement tenue d’agir. Pour y remédier, Emergences formule quinze pages de recommandations. Elles préconisent notamment une véritable démarche de prévention des risques psychosociaux, l’identification des salariés en souffrance, la création d’un groupe de suivi des alertes associant représentants du personnel, médecin du travail et Carsat, ainsi qu’une meilleure information des salariés. Les experts insistent aussi sur la reconnaissance du travail (critères clairs pour les primes) et la réduction de la pénibilité : remplacement des postes vacants, équipements adaptés, matériel fonctionnel et respect des temps de pause. Les représentants du personnel dénoncent toutefois l’inaction de la direction, accusée de nier la situation. Selon leur avocat, cette expertise pourrait servir de base à une action en justice afin d’obliger l’employeur à garantir la santé et la sécurité des salariés, conformément au droit du travail. (Article du 28/01/2026 – Courrier Picard)


L’Académie d’Amiens se destine à perdre 165 postes à la rentrée


La prochaine rentrée scolaire s’annonce particulièrement difficile pour l’Éducation nationale, avec des suppressions de postes bien plus importantes qu’anticipé. Alors que les premiers documents budgétaires publiés en novembre laissaient déjà craindre une réduction des effectifs enseignants, les chiffres révélés fin janvier aggravent encore le constat. Dans un communiqué, le SNES-FSU d’Amiens indique que 1 803 emplois de professeurs seront supprimés dans le second degré au niveau national, soit 438 de plus que ce qui était initialement prévu. Pour l’académie de Picardie, cette politique budgétaire se traduirait par la suppression de 70 postes d’enseignants dans les collèges et lycées, un chiffre confirmé par le SE-UNSA de la Somme à l’issue d’un comité social d’administration (CSA) ministériel réuni le 26 janvier. La situation est tout aussi préoccupante dans le premier degré : 95 postes devraient disparaître dans l’académie, sur un total de 2 200 suppressions au niveau national. La FSU dénonce une accumulation de coupes successives. À la rentrée 2025 déjà, l’académie avait dû rendre 88 postes d’enseignants, dont 29 dans le premier degré et 59 dans le second. Cette réduction s’était traduite par 87 fermetures de classes pour seulement 37 ouvertures, accentuant les tensions dans les établissements. Si la baisse démographique a permis une légère diminution du nombre moyen d’élèves par classe dans le premier degré (20 élèves en 2025 contre 23,4 en 2019), la situation reste fragile et les effectifs se stabilisent seulement dans le second degré. Pour la FSU, ces suppressions sont « inacceptables ». Le syndicat estime que les conditions de travail des enseignants et les conditions d’apprentissage des élèves se dégradent continuellement depuis l’élection d’Emmanuel Macron. Malgré des classes déjà parmi les plus chargées d’Europe, le système éducatif français resterait marqué par de fortes inégalités sociales et peinerait à assurer la réussite de tous les élèves. De son côté, le rectorat n’a pas encore confirmé officiellement les chiffres annoncés. Une validation devrait intervenir lors d’un CSA académique prévu vendredi, avant une répartition plus précise des moyens par département, qui aura lieu après les élections municipales. Face à cette situation, la FSU appelle d’ores et déjà les personnels à se mobiliser, à contester les dotations horaires globales dans les établissements et n’exclut pas l’organisation de rassemblements et de grèves dans les semaines à venir. (Article du 28/01/2026 – Courrier Picard)


La filière verre recrute et propose 126 offres d’emploi


Mardi 27 janvier 2026, la salle des marais de Gamaches a accueilli un forum de recrutement dédié aux métiers du verre, réunissant acteurs de l’emploi et industriels de la vallée de la Bresle. Organisé par France Travail Friville-Escarbotin et Le Tréport, en partenariat avec la Glass Vallée, l’événement a rencontré un vif succès, la salle affichant complet dès la matinée. L’objectif principal était de faciliter le retour à l’emploi, en particulier pour les anciens salariés de Jenniver, dont l’usine a fermé en octobre 2025. Un créneau prioritaire, de 8h30 à 10h30, leur était exclusivement réservé avant l’ouverture au grand public. Cette initiative visait à offrir aux ex-salariés un cadre plus serein pour échanger avec les recruteurs et amorcer une reconversion professionnelle après parfois plusieurs décennies passées dans la même entreprise. Pour France Travail, ce dispositif répond à un besoin humain autant que pratique. Selon sa directrice, Lynn Dehornoy, la perte d’un emploi après 20 ou 30 ans d’ancienneté représente un choc important, et la concentration de recruteurs en un même lieu permet de rassurer les candidats tout en simplifiant leurs démarches. Neuf entreprises du secteur verrier ont participé au forum : Nigermat, ICA, Pochet du Courval, Zignago Vetro, Verescence, Méga Verre, Trilux, Waltersperger et Sopalor. Ensemble, elles proposaient 126 postes à pourvoir, dont près de 80 % concernaient des emplois dans le tri du verre, un secteur fortement demandeur de main-d’œuvre. Stéphane Franconville, président de la Glass Vallée, a souligné le dynamisme du bassin d’emploi verrier malgré les difficultés récentes. Parmi les entreprises présentes, Pochet du Courval se distinguait avec une douzaine de postes ouverts, allant de la production aux métiers techniques comme la maintenance et l’électromécanique. Après avoir recruté 165 personnes en 2025, la verrerie prévoit encore une soixantaine d’embauches en 2026, témoignant d’une activité soutenue et de perspectives encourageantes pour les candidats. Le forum a attiré environ 80 demandeurs d’emploi, animés par l’espoir de retrouver rapidement une stabilité professionnelle. À l’image de Sarah Boucher, venue déposer son CV après plusieurs expériences en intérim dans le secteur, beaucoup espéraient que cette rencontre débouche sur une opportunité concrète. L’événement a ainsi joué un rôle clé dans la mise en relation entre entreprises locales et salariés en quête de nouvelles perspectives. (Article du 30/01/2026 – Courrier Picard)


Le centre de secours souhaite recruter 25 sapeurs-pompiers volontaires


Dans la Somme, plusieurs centres de secours font face à une pénurie de sapeurs-pompiers volontaires, alors même que le nombre d’interventions ne cesse d’augmenter. Le centre de Poix-de-Picardie illustre particulièrement cette difficulté et cherche actuellement à recruter 25 volontaires supplémentaires afin de maintenir un fonctionnement optimal. Depuis le 17 mars 2025, le lieutenant Clément Daboval dirige le centre de secours de Poix. Il dresse un constat préoccupant : sur les 30 volontaires officiellement rattachés à la caserne, seuls 25 sont réellement opérationnels, dont cinq appartiennent à la sous-direction santé (un médecin et quatre infirmiers). Or, pour assurer correctement les missions, le centre aurait besoin d’environ 50 sapeurs-pompiers volontaires. À cela s’ajoute une situation fragile, puisque 14 pompiers sont actuellement indisponibles, pour raisons médicales ou en raison de suspensions temporaires d’activité liées à des changements de vie professionnelle ou familiale. Ces suspensions, limitées à cinq ans, ne sont toutefois pas définitives. Selon le lieutenant Daboval, plusieurs facteurs expliquent ce manque de volontaires, notamment une évolution générationnelle et les contraintes croissantes entre vie professionnelle, études et engagement citoyen. Le volontariat reste une activité exercée en complément, ce qui complique la disponibilité. Pour s’adapter, le centre fonctionne avec un planning flexible, où chacun indique ses créneaux. En semaine, six pompiers, volontaires et professionnels, assurent les gardes de jour, tandis que les week-ends reposent exclusivement sur les volontaires. En cas d’indisponibilité locale, le SDIS peut compter sur un maillage territorial solide avec 56 centres de secours dans le département. Poix-de-Picardie s’inscrit dans une dynamique de coopération intercentres, garantissant une réponse efficace aux appels d’urgence. Au 31 décembre 2025, la Somme comptait 2 115 sapeurs-pompiers volontaires, avec une durée moyenne d’engagement de dix ans. La fidélisation est donc un enjeu majeur, les premières années étant déterminantes. Des mesures nationales, comme l’ouverture de droits à la retraite, viennent renforcer l’attractivité de l’engagement. Pour recruter, le centre mise sur la communication auprès des élus et des employeurs, en mettant en avant les bénéfices pour les entreprises : conventions, formations, avantages fiscaux et reconnaissance. Comme le souligne Clément Daboval, renforcer les effectifs permettrait avant tout de mieux répartir la charge opérationnelle et de préserver l’engagement collectif. (Article du 29/01/2026 – Courrier Picard)


Une reprise économique encourageante en 2026


Après une période 2024-2025 particulièrement tendue pour l’industrie du verre, et plus encore pour ses sous-traitants, la Glass Vallée entrevoit des perspectives nettement plus favorables. Son président, Stéphane Franconville, affiche un optimisme mesuré mais assumé pour l’année 2026, qu’il présente comme celle d’une reprise progressive et durable. Selon lui, les entreprises du secteur disposent désormais d’une meilleure visibilité économique, avec des carnets de commandes leur permettant d’anticiper leurs charges sur une période allant jusqu’à six mois. Cette stabilité relative marque une rupture avec les incertitudes récentes et redonne de la confiance aux acteurs de la filière. Cette dynamique retrouvée s’accompagne toutefois d’un enjeu majeur : celui de la main-d’œuvre. Pour Stéphane Franconville, la disponibilité et le renouvellement des compétences sont essentiels afin d’accompagner la hausse de l’activité. Le secteur verrier, historiquement ancré dans le territoire de la vallée de la Bresle, reste selon lui attractif et porteur d’opportunités professionnelles. Il insiste sur le caractère évolutif des métiers proposés, soulignant que de nombreux salariés ont commencé leur carrière à des postes peu qualifiés avant d’accéder, par l’expérience et la formation, à des fonctions techniques de haut niveau ou à des postes d’encadrement. Le président de la Glass Vallée tient ainsi à déconstruire l’image parfois figée de l’industrie. Il rappelle que la filière du verre offre de réelles perspectives d’évolution, une stabilité de l’emploi et des carrières sur le long terme. Cette réalité doit, selon lui, être mieux connue, notamment par les jeunes du territoire. Stéphane Franconville appelle à renforcer la communication autour des débouchés locaux afin de lutter contre l’idée que l’emploi industriel se trouve nécessairement loin de chez soi. Le message adressé à la jeunesse est explicite : des emplois existent à proximité, de l’aire d’Abbeville jusqu’au Tréport, et ils s’appuient sur un réseau de formations déjà bien implanté dans les établissements scolaires de la région. La filière travaille en lien avec ces structures pour adapter les parcours de formation aux besoins réels des entreprises. En résumé, si les difficultés des années précédentes ont fragilisé certains acteurs, la Glass Vallée aborde 2026 avec confiance. La reprise attendue repose autant sur la relance de l’activité économique que sur la capacité du secteur à attirer, former et fidéliser une nouvelle génération de professionnels du verre. (Article du 30/01/2026 – Courrier Picard)



ECONOMIE

Malgré une conjoncture économique molle, les PME-TPE des Hauts-de-France confiantes pour 2026

Selon la 82ᵉ édition du baromètre semestriel de conjoncture de Bpifrance, publiée à la mi-janvier 2026, les PME et TPE françaises ont traversé une année 2025 particulièrement difficile et abordent 2026 avec prudence, malgré quelques signaux d’amélioration. Cette enquête repose sur les réponses d’environ 5 000 entreprises issues d’un panel de 40 000 structures des secteurs marchands non agricoles, employant de 1 à 249 salariés. Les chefs d’entreprise dressent un constat sévère de l’année écoulée. Alors que la croissance nationale a atteint 0,9 % en 2025, une grande partie des dirigeants considère cette période comme mauvaise. En fin d’année, la situation conjoncturelle s’est nettement dégradée : les indicateurs d’activité et d’embauches sont repartis à la baisse, retrouvant des niveaux comparables à ceux de 2013, année marquée par une croissance faible. Le principal problème évoqué reste le manque de débouchés, avec des carnets de commandes insuffisamment remplis. Tous les secteurs sont concernés par cette dégradation, mais la construction apparaît comme le plus en difficulté. À l’inverse, les entreprises innovantes, fortement exportatrices et de plus grande taille résistent mieux. Sur le plan financier, la situation des PME-TPE s’est détériorée en 2025 : 30 % d’entre elles jugent leur trésorerie difficile, une proportion en hausse, tandis que la rentabilité est en recul. Les investissements ont également diminué. La faiblesse de la demande constitue le premier frein, citée par 61 % des dirigeants, devant le coût du crédit et l’incertitude politique et budgétaire. Dans ce contexte, l’industrie se distingue par une meilleure résistance : plus de la moitié des PME-TPE industrielles ont maintenu un niveau d’investissement, confirmant une dynamique plus solide que dans les autres secteurs. Pour 2026, les dirigeants se montrent légèrement plus confiants et anticipent un redémarrage de l’activité, notamment dans l’industrie. Toutefois, cette amélioration attendue ne se traduit pas par un regain massif d’embauches ou d’investissements, les entreprises restant prudentes face aux incertitudes persistantes. À l’échelle régionale, les perspectives sont plus encourageantes dans les Hauts-de-France. Bpifrance y observe une nette amélioration des anticipations d’activité et d’évolution des effectifs pour 2026, avec une progression significative des indicateurs. Cette tendance positive place la région parmi celles où le redressement économique des PME-TPE semble le plus marqué, même si la vigilance reste de mise. (Article du 26/01/2026 – Courrier Picard)


Comment bien préparer le passage à la facturation électronique


La facturation électronique pour les entreprises assujetties à la TVA, longtemps évoquée mais reportée, deviendra obligatoire dès septembre 2026. Ce sujet a été abordé lors du Mardi de l’éco à Amiens, le 20 janvier 2026, par Benoit Frayer, directeur des marchés au Crédit Agricole – Brie Picardie, et Claude Brezillon, responsable du déploiement chez Kolecto, plateforme agréée par la DGFIP et filiale du Crédit Agricole. Concrètement, à partir de septembre 2026, toutes les entreprises assujetties à la TVA devront recevoir des factures électroniques. Les ETI et grandes entreprises auront également l’obligation d’émettre des e-factures. Les PME et TPE suivront l’année suivante, en septembre 2027, pour l’émission. Cette réforme vise principalement à permettre à l’État de mieux collecter la TVA, tout en modernisant et sécurisant le traitement des données comptables. Benoit Frayer souligne que cette évolution intervient dans un contexte de « retour du protectionnisme » et qu’elle dépasse la simple dimension réglementaire : elle constitue un outil pour gagner du temps et sécuriser les informations financières. L’un des avantages majeurs de la facturation électronique est le gain de temps pour les entreprises. Selon Claude Brezillon, l’utilisation d’une plateforme d’e-facturation peut réduire le temps consacré aux tâches administratives de 27 %, soit environ 7 heures par semaine. Cela permet aux chefs d’entreprise de se concentrer sur des opérations à plus forte valeur ajoutée, tout en sécurisant la gestion des factures et des bases de données. Au-delà du gain de temps, l’e-facturation peut améliorer la performance globale de l’entreprise. Benoit Frayer encourage les dirigeants à percevoir cette réforme comme une opportunité de mieux piloter leur activité et d’augmenter leur productivité. Le coût d’implémentation varie selon les fonctionnalités et le niveau d’accompagnement choisi : les offres de plateformes comme Kolecto sont modulables, avec des abonnements mensuels allant de 0 à 69 euros, permettant un déploiement adapté à chaque entreprise. Les experts insistent sur l’urgence de se préparer dès maintenant. Les entreprises doivent réfléchir rapidement aux solutions d’e-facturation à adopter et à leur intégration dans les systèmes comptables existants. Le temps presse pour anticiper la transition et bénéficier des avantages de cette réforme, qui allie modernisation, gain de productivité et sécurité pour les activités administratives et financières. (Article du 26/01/2026 – Courrier Picard)



REGION

Se rendre au travail en covoiturage, c’est désormais possible

Un nouveau service de covoiturage destiné aux travailleurs se rendant à Roye est désormais opérationnel dans le Grand Roye. Porté par David Descamps, fondateur du réseau BusCitoyens, ce dispositif vise à faciliter les déplacements domicile-travail tout en proposant une alternative à la voiture individuelle. Né dans l’Amiénois, BusCitoyens s’étend progressivement dans l’est de la Somme et a récemment été décliné spécifiquement pour les salariés de Roye. Ce projet a d’ailleurs été récompensé par l’un des grands prix de l’économie sociale et solidaire 2024 de la Communauté de communes du Grand Roye. Le fonctionnement du service repose sur un principe simple : les personnes travaillant à Roye indiquent leurs horaires et leur trajet sur le site de BusCitoyens. Les usagers à la recherche d’un moyen de transport peuvent ensuite consulter ces propositions. Contrairement aux plateformes classiques de covoiturage, le réseau se distingue par son approche humaine et de proximité. Les annonces sont anonymes, aucune commission n’est prélevée, et l’équipe accompagne les utilisateurs dans la mise en relation afin de les rassurer et de faciliter les premiers échanges. Depuis le début de l’année, le service est pleinement actif à Roye. Plus de 150 trajets sont déjà proposés, impliquant une vingtaine d’entreprises locales. Plusieurs mises en relation ont abouti, notamment grâce aux démarches de terrain menées par David Descamps, qui va directement à la rencontre des salariés et des employeurs pour présenter le dispositif. La mairie de Roye soutient cette initiative, saluant un projet qui place l’humain au cœur de la mobilité et complète efficacement les solutions numériques existantes. Les utilisateurs témoignent des bénéfices concrets du covoiturage. Joëlle, salariée habitant Ham, apprécie particulièrement l’accompagnement proposé pour débuter en toute confiance. Elle voit dans cette pratique trois avantages majeurs : une réduction des coûts de transport, une dimension conviviale et un impact positif sur l’environnement. Ces arguments correspondent aux objectifs initiaux du créateur du réseau, qui reconnaît toutefois que l’aspect économique est essentiel pour assurer l’adhésion des usagers. La participation financière, fixée à titre indicatif à dix centimes par kilomètre, reste libre. Afin d’élargir encore l’accès au service, BusCitoyens prévoit des solutions pour les personnes éloignées d’internet, notamment une ligne téléphonique dédiée et un relais local à Roye. David Descamps entend poursuivre ses contacts avec les entreprises, les communes et les collectivités pour faire connaître ce service solidaire, écologique et accessible au plus grand nombre. (Article du 25/01/2026 – Courrier Picard)


Hauts-de-France : l’université de Picardie rejoint le labo CROME


Depuis 2021, TotalEnergies, l’Université de Lille et le CNRS collaborent au sein d’un laboratoire commun baptisé CROME (Centre de recherche Operando pour les matériaux et l’énergie), dont l’objectif est de répondre à des enjeux majeurs de la transition énergétique. Parmi les principales questions étudiées figurent la prolongation de la durée de vie des batteries et des panneaux photovoltaïques, ainsi que l’amélioration de la durabilité des matériaux bas-carbone utilisés dans le secteur de l’énergie. Le vendredi 23 janvier, les partenaires ont officialisé la prolongation de leur alliance pour une durée de quatre ans, lors d’une signature organisée à l’Institut Michel-Eugène Chevreul de Villeneuve-d’Ascq. À cette occasion, ils ont également annoncé l’intégration d’un nouveau partenaire : le Laboratoire de réactivité et de chimie des solides (LRCS), rattaché au CNRS et à l’Université de Picardie Jules Verne (UPJV). Cette arrivée marque une nouvelle étape dans le développement du laboratoire CROME et renforce ses capacités de recherche. L’objectif principal de cette collaboration élargie est de mieux comprendre la manière dont les matériaux bas-carbone évoluent, se dégradent et vieillissent en conditions réelles de fonctionnement, afin de les rendre plus performants et plus durables sur le long terme. Les travaux menés s’inscrivent dans une logique de recherche dite « operando », c’est-à-dire réalisée directement pendant l’utilisation des matériaux, ce qui permet d’obtenir des données plus proches des conditions industrielles. Le laboratoire CROME s’appuie déjà sur une expertise reconnue en spectroscopie. Ces compétences sont notamment mobilisées pour étudier la stabilité des lubrifiants destinés aux véhicules électriques, la sécurité des batteries lithium rechargeables, les mécanismes de recyclage des plastiques et des élastomères, ainsi que le vieillissement des électrolyseurs utilisés pour la production d’hydrogène. Ces recherches répondent à des enjeux industriels et environnementaux stratégiques. L’apport du LRCS de l’UPJV constitue un atout majeur pour le laboratoire. Grâce à ses outils de microscopie électronique et de diffraction des rayons X, il permettra d’améliorer la caractérisation chimique et morphologique des matériaux étudiés. Cette complémentarité technologique doit accélérer l’analyse et l’optimisation des matériaux développés par TotalEnergies, dans le but d’en accroître durablement les performances. En quatre ans d’existence, le laboratoire CROME a déjà produit des résultats significatifs, avec vingt publications scientifiques et dix brevets déposés, témoignant du dynamisme et de l’efficacité de cette collaboration entre recherche publique et industrie. (Article du 27/01/2026 – Courrier Picard)


Pascal Fradcourt fait le ménage dans ses mandats


Engagé depuis plusieurs mois dans la campagne des élections municipales à Amiens, Pascal Fradcourt s’impose désormais comme une figure visible du paysage politique local. Jusqu’ici impliqué aux côtés d’Aurélien Caron, candidat divers droite, il a été propulsé sur le devant de la scène à la suite de l’annonce de sa propre candidature à la présidence d’Amiens Métropole, en cas de victoire de la liste menée par Aurélien Caron, une liste qui ne bénéficie pas du soutien officiel des Républicains. Cette nouvelle étape dans son engagement politique a conduit Pascal Fradcourt à prendre une décision forte concernant ses responsabilités professionnelles et institutionnelles. Le dimanche 25 janvier, il a annoncé, par le biais d’un communiqué, sa mise en retrait de ses fonctions de président de la Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME) de la Somme. Dans le même temps, il a démissionné de l’ensemble de ses mandats au sein de la Chambre de commerce et d’industrie (CCI) Amiens-Picardie, une décision appliquée « avec effet immédiat ». Pour justifier ce choix, le candidat invoque des principes qu’il juge fondamentaux : son éthique personnelle, son sens de l’intérêt général et sa volonté d’exemplarité. Selon lui, il est indispensable de préserver la neutralité des institutions économiques et consulaires dans lesquelles il siégeait, afin d’éviter toute confusion entre engagement politique et responsabilités professionnelles. Cette démarche vise à garantir l’indépendance et l’impartialité de ces instances, en particulier dans un contexte électoral sensible. Au-delà de sa situation personnelle, Pascal Fradcourt a également adressé un message politique à ses concurrents. Il appelle les autres candidats engagés dans la campagne municipale à suivre son exemple en se mettant en retrait de leurs fonctions institutionnelles ou professionnelles lorsqu’elles pourraient poser un problème de neutralité. Cet appel peut être interprété comme une invitation directe à certaines personnalités locales, notamment Fanny Ruin, présidente de la CCI, qui a récemment affiché publiquement son soutien au maire sortant Hubert de Jenlis, candidat divers centre. Par cette prise de position, Pascal Fradcourt cherche à affirmer une image de candidat respectueux des règles éthiques et soucieux de l’intérêt collectif. Sa décision s’inscrit dans une stratégie visant à renforcer sa crédibilité politique et à marquer une différence avec ses adversaires, tout en alimentant le débat sur la place des responsables institutionnels dans les campagnes électorales locales. (Article du 27/01/2026 – Courrier Picard)