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Les Actualités MEDEF HDF Emploi-Formation

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Les Actualités MEDEF HDF Emploi-Formation

Marché du travail : des marges de progrès malgré le ralentissement

Dans une note publiée le 24 septembre 2026, la direction générale du Trésor souligne que le marché du travail français s’est nettement amélioré depuis le milieu des années 2010, mais qu’il montre désormais des signes d’essoufflement. Pour progresser vers le plein emploi, l’enjeu est d’abord de mieux faire correspondre les compétences disponibles avec les besoins des entreprises et de renforcer l’accès à l’emploi des publics qui en restent éloignés.

Cette question d’appariement est centrale : malgré un chômage encore élevé, près d’un demi-million d’emplois restaient vacants dans le secteur privé au quatrième trimestre 2025. En 2024, six métiers sur dix étaient par ailleurs confrontés à des tensions fortes ou très fortes.


Jeunes et seniors : deux priorités

L’emploi des jeunes a progressé, notamment grâce au développement de l’apprentissage : le taux d’emploi des 15-24 ans est passé de 30,1% en 2019 à 34,7% en 2025. Il reste cependant inférieur à celui observé en Allemagne ou au Danemark, où il dépasse 50%. Les jeunes peu diplômés demeurent les plus exposés : le taux de chômage atteignait 42,4% en 2023 pour les sortants de formation initiale sans diplôme ou titulaires du seul brevet.

L’emploi des seniors constitue l’autre levier majeur. Le taux d’emploi des 55-64 ans atteint un niveau historique de 61,7% en 2025, mais reste inférieur à la moyenne européenne, établie à 66,4%. Le retard se concentre sur les 60-64 ans : 44,4% sont en emploi, contre 55% dans l’Union européenne. La prévention de l’usure professionnelle, l’accès à la formation et les reconversions de seconde partie de carrière apparaissent ainsi déterminants.


Compétences et coût du travail

Le Trésor relève que les tensions de recrutement s’expliquent souvent par un déficit de compétences adaptées aux métiers en croissance. Deux tiers des trente métiers les plus en tension nécessitaient une formation spécifique en 2024, notamment dans l’informatique et les télécommunications.

La note met également en avant le ciblage des allègements de cotisations sociales, qui représentaient 75,6 milliards d’euros en 2025. Ces dispositifs réduisent d’environ 700 euros par mois le coût employeur d’un salarié rémunéré au Smic, mais posent la question de l’équilibre entre soutien à l’emploi peu qualifié, progression salariale et maîtrise de la dépense publique.

Avec un chômage remonté à 8,3% au deuxième trimestre 2026 et 22 800 emplois salariés détruits au premier semestre, la conjoncture rend plus incertaine l’atteinte de l’objectif de plein emploi.

Absentéisme : un nouveau sommet atteint en 2025

Selon la cinquième édition de l’Observatoire des arrêts de travail d’Apicil et du groupe JLO, dévoilée le 24 septembre 2026, le taux d’absentéisme atteint 4,68% en 2025, contre 4,41% en 2024. Il s’agit du niveau le plus élevé depuis le début de la période étudiée, en 2022. Ce résultat éclaire les discussions annoncées sur le coût des arrêts maladie, sans réduire la question à leur seule indemnisation.


Des arrêts plus fréquents

Plus d’un salarié sur quatre, soit 27,68%, a connu au moins un arrêt dans l’année. Parmi les salariés concernés, le nombre moyen d’arrêts passe de 1,83 à 1,90, alors que leur durée moyenne diminue légèrement, de 19,85 à 19,45 jours. Deux évolutions retiennent particulièrement l’attention : les arrêts de moins de trois jours représentent désormais près d’un arrêt sur quatre, tandis que ceux de 90 jours et plus pèsent pour plus de la moitié du taux d’absentéisme.


La santé au travail au premier plan

D’après les données médicales analysées par Apicil, les troubles psychiques et les troubles musculosquelettiques représentent ensemble 73,29% des arrêts de plus de 30 jours. Les premiers comptent pour 42,75% de ces arrêts longs, les seconds pour 30,54%.

Les écarts entre salariés sont également marqués. Le taux d’absentéisme atteint 6,52% chez les ouvriers, contre 2,52% chez les cadres ; il s’élève à 5,92% chez les 60 ans et plus, contre 3,54% chez les moins de 30 ans. Ces différences invitent à examiner conjointement l’âge, les métiers et les conditions de travail plutôt qu’à rechercher une explication unique.

Pour les entreprises, le constat plaide pour une prévention ciblée de l’usure physique et des risques psychosociaux, ainsi que pour un accompagnement des reprises après un arrêt long. Apicil et JLO appellent à agir sur les conditions de travail, au-delà du seul contrôle des arrêts.

Formation professionnelle : les organismes alertent sur une filière fragilisée

À quelques jours de la présentation du projet de loi de finances pour 2027, Les Acteurs de la compétence et le Synofdes alertent sur la dégradation de la situation économique des organismes de formation, CFA et écoles. Lors d’une conférence de presse commune le 28 septembre 2026, les deux organisations dénoncent l’accumulation des restrictions budgétaires affectant la formation des salariés, des demandeurs d’emploi et des apprentis.

Le ministère du Travail doit contribuer à hauteur de 2,5 milliards d’euros à l’effort budgétaire de l’État en 2027. Pour les représentants de la branche, ces économies risquent d’affaiblir l’appareil de formation alors même que les besoins de compétences liés aux transitions écologique, numérique, industrielle et démographique s’intensifient.


Des organismes sous pression

Les enquêtes menées par les deux organisations témoignent d’une situation préoccupante. Parmi les adhérents du Synofdes interrogés, 80% déclarent avoir subi un impact fort des restrictions budgétaires ; 39,2% ont supprimé des emplois depuis janvier 2026 et 54,4% envisagent de le faire dans les prochains mois.

Du côté des Acteurs de la compétence, 38% des organismes, CFA et écoles font état de difficultés d’effectifs ; une structure sur deux juge sa pérennité fragilisée et 17% rencontrent des difficultés de financement auprès de leurs partenaires bancaires.


CPF, formation des demandeurs d’emploi et apprentissage

Les organisations s’inquiètent en premier lieu de l’évolution annoncée du CPF. La hausse envisagée de la participation financière obligatoire, qui pourrait atteindre 350 euros pour les projets considérés comme non prioritaires et non cofinancés, est perçue comme un risque de renoncement à la formation pour certains salariés. Elles demandent que le CPF demeure un droit individuel simple d’accès et redoutent que le questionnaire préalable annoncé ne se transforme, à terme, en mécanisme de validation ou de sélection des projets.

Autre sujet d’alerte : l’extinction annoncée des pactes régionaux d’investissement dans les compétences. Après plus d’un milliard d’euros en 2025, puis 527 millions en 2026, aucun crédit n’est annoncé pour 2027. Cette évolution pourrait réduire l’offre de formation destinée aux demandeurs d’emploi, notamment les publics les plus éloignés du marché du travail.

Enfin, les acteurs de la formation appellent à stabiliser les financements de l’apprentissage. Ils pointent les baisses successives d’aides, les révisions des niveaux de prise en charge et le risque d’une concentration de l’offre dans les grandes villes, au détriment des territoires. Selon les données citées, les entrées en apprentissage ont reculé de 2,2% au premier semestre 2026 ; les organisations anticipent une baisse plus marquée dans certaines formations du supérieur.

Dans ce contexte, elles plaident pour une vision pluriannuelle de la politique de compétences, afin de sécuriser les investissements des organismes et de maintenir une offre de formation accessible dans l’ensemble des territoires.