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Les Actualités MEDEF HDF Emploi-Formation

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Les Actualités MEDEF HDF Emploi-Formation

France Travail : 515 postes supprimés en 2026, comment l'opérateur s'organise

Le projet de loi de finances 2026 impose à France Travail une réduction drastique de ses effectifs. Face à cette contrainte budgétaire, l'opérateur a présenté mi-mars aux organisations syndicales sa stratégie de mise en œuvre, qui repose sur une équation complexe entre suppressions de postes et compensations européennes.

Une réduction d'effectifs en trois volets

Le PLF 2026, adopté après de laborieuses négociations, prévoit la suppression de 515 ETPT (équivalents temps plein travaillé) au sein de France Travail. Lors du Comité social et économique central des 11 et 12 mars 2026, la direction générale a détaillé aux syndicats les modalités concrètes de cette diminution d'effectifs.

La réduction se décompose en trois volets distincts :

  • 53 ETPT absorbés par la direction générale et la direction générale adjointe Tech, via ce que l'opérateur qualifie de "gains d'efficience"
  • 462 ETPT en contrats à durée déterminée supprimés, concernant uniquement les CDD de surcroît et de compensation
  • 441 ETPT en CDD recréés grâce aux financements du FSE+ (Fonds social européen)
  • Au final, le solde réel sur les CDD s'établit à -21 ETPT, la compensation européenne permettant d'amortir l'essentiel du choc.

Le mécanisme des effectifs sous et hors plafond

Cette gymnastique comptable s'explique par la distinction entre deux catégories d'effectifs au sein de France Travail. D'un côté, les effectifs "sous plafond", directement concernés par la réduction de 515 ETPT imposée par le PLF. De l'autre, les effectifs "hors plafond", qui incluent notamment les postes financés par le FSE+ ou les contrats aidés.

France Travail bénéficie d'enveloppes du Fonds social européen spécifiquement fléchées vers des dispositifs ciblés : le Contrat d'Engagement Jeune (CEJ), Equip'emploi, ou encore Avenir Pro. C'est précisément sur ces financements européens que l'opérateur s'appuie pour créer 441 nouveaux postes en CDD et ainsi compenser en grande partie les suppressions imposées.

Les établissements régionaux préservés... en apparence

Le plafond d'emploi des établissements régionaux en CDI demeure stable à 45 925 ETPT. Toutefois, cette stabilité globale masque des réalités régionales contrastées. La répartition entre régions, basée sur le modèle Opera qui prend en compte le nombre de demandeurs d'emploi, d'offres d'emploi et de quartiers prioritaires de la ville, aboutit à des ajustements territoriaux.

Onze régions voient leurs effectifs sous plafond en CDI diminuer, tandis que sept autres enregistrent des hausses, dont l'Île-de-France qui gagne 60 postes. Par ailleurs, 34,5 ETPT en CDI sont spécifiquement alloués aux régions Grand Est, Auvergne-Rhône-Alpes et Bourgogne-Franche-Comté pour déployer un "accompagnement intensif des transfrontaliers" visant à lutter contre les "comportements abusifs".

Le plan d'efficience, pierre angulaire de la stratégie

Au-delà des ajustements d'effectifs, France Travail poursuit son "plan d'efficience", lancé en 2025. Les objectifs de gains d'efficience et les redéploiements de fonctions supports, de l'ordre de 200 ETPT en 2026, sont maintenus. Selon la direction générale, ces redéploiements permettront de "renforcer les effectifs opérationnels sur l'année".

Cette stratégie vise à redéployer des ressources vers les missions jugées prioritaires, notamment l'accompagnement des demandeurs d'emploi, en misant sur des gains de productivité. Elle s'inscrit dans le cadre de la mise en œuvre de la loi Plein-emploi, qui confie à France Travail des missions supplémentaires sans lui octroyer de moyens humains additionnels pour les assumer.

Des ambitions revues à la baisse

Les syndicats ne manquent pas d'alerter sur les conséquences de ces contraintes budgétaires : charge de travail accrue pour les agents et dégradation des conditions d'exercice. La direction générale reconnaît d'ailleurs que les ambitions 2026 ont été "révisées pour tenir compte de la baisse des effectifs", confirmant les déclarations du directeur général Thibaut Guilluy fin janvier 2026.

Concrètement, il n'est pas prévu de redéploiements supplémentaires sur le contrôle de la recherche d'emploi. Plus significatif encore, la direction générale évoque "une réduction des ambitions portées sur le nombre de portefeuilles intensifs et donc le nombre d'entrées en intensif" – un aveu que l'accompagnement renforcé des publics les plus éloignés de l'emploi sera moins développé que prévu.

Une équation budgétaire sous tension

France Travail se trouve ainsi pris en tenaille entre des missions élargies par la loi Plein-emploi et des moyens contraints par les arbitrages budgétaires. Si les financements européens du FSE+ permettent d'amortir le choc à court terme, la question de la soutenabilité de ce modèle reste posée, notamment au regard de la pérennité des enveloppes européennes.

L'opérateur, qui compte parmi les plus importants de France hors établissements d'enseignement supérieur et de recherche, a certes bénéficié d'une augmentation de ses effectifs durant la période précédente. Mais le contexte actuel marque un tournant, obligeant France Travail à faire plus avec moins, au risque de compromettre la qualité du service public de l'emploi.

Verrerie Arc : une reprise qui sauve l’usine, au prix de plus de 700 emplois

Le tribunal de commerce a validé, le 20 mars, la reprise du verrier Arc par l’unique candidat, Timothée Durand, marquant une étape décisive pour l’avenir de ce fleuron industriel du Pas-de-Calais. Cette décision évite la disparition de l’entreprise mais s’accompagne d’un plan social particulièrement lourd, avec 704 suppressions de postes sur le principal site d’Arques, qui compte actuellement 3 500 salariés.

Un repreneur familial qui promet « excellence » et « innovation »

Issu de la famille fondatrice, Timothée Durand s’est déclaré « très heureux et fier de reprendre cette entreprise familiale », affirmant vouloir « faire vivre cet héritage » en misant sur « l’excellence et l’innovation ». La société, rebaptisée « Verrerie Arc 1825 », entend s’appuyer sur son histoire bicentenaire tout en cherchant un nouveau souffle sur des marchés très concurrentiels. En 2024, le groupe a réalisé un chiffre d’affaires de 688 millions d’euros dans le monde, dont un peu plus de 400 millions pour Arc France, structure cependant plombée par des pertes chroniques et un endettement élevé.

Un PSE massif au cœur du plan de redressement

La reprise s’inscrit dans le cadre du redressement judiciaire ouvert début janvier et repose sur un plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) validé le 10 mars par les syndicats d’Arc France. Ce plan prévoit 704 suppressions de postes sur le site d’Arques, condition sine qua non posée pour permettre la reprise par Timothée Durand. La répartition précise entre départs volontaires et licenciements secs n’était pas totalement arrêtée au 20 mars, même si près de 380 départs volontaires avaient été évoqués lors des consultations internes.

Entre soulagement et amertume du côté des salariés

Pour les salariés, la décision ressemble à un dilemme : « c’est ça ou rien, donc on n’a pas le choix », résume Frédéric Specque, délégué syndical CGT, qui parle d’une « pilule très amère » face à un PSE « très lourd ». Il déplore l’absence de dispositifs supplémentaires de la part de l’État pour maximiser les départs volontaires, expliquant que les syndicats ont essuyé une « fin de non-recevoir » et estimant que « l’État n’a plus d’argent ». Sur un territoire déjà fragilisé sur le plan de l’emploi, l’impact social de ces plus de 700 suppressions de postes s’annonce particulièrement sensible.

L’État promet un suivi renforcé des parcours

Dans une déclaration commune transmise à l’AFP le 20 mars, le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, et le ministre délégué à l’Industrie, Sébastien Martin, se sont voulu rassurants. Ils se sont engagés à veiller, « avec la plus grande exigence », à ce que chaque collaborateur concerné par le PSE bénéficie d’une solution de reclassement et d’un retour le plus rapide possible à l’emploi. Reste désormais à traduire ces engagements dans des dispositifs concrets d’accompagnement, de formation et de reconversion à l’échelle du bassin d’emploi d’Arques.

Retraites : pourquoi le recul de l’âge est le seul levier jugé « expansionniste »

Pour rééquilibrer le système de retraite, plusieurs options sont traditionnellement envisagées : réduire les dépenses de pensions, augmenter les cotisations sociales ou repousser l’âge de départ. À la demande du secrétariat général du Conseil d’orientation des retraites (COR), plusieurs équipes d’économistes ont évalué les effets macroéconomiques de ces différents leviers, et leurs conclusions sont nettes : seul le recul de l’âge apparaît comme un levier véritablement « expansionniste » pour l’économie.

Un relèvement de l’âge qui soutient emploi, croissance et finances publiques

Les travaux présentés le 19 mars 2026 portent sur un relèvement d’un an de l’âge effectif de départ à la retraite. Une telle mesure générerait entre 210 000 et 240 000 emplois supplémentaires et une hausse du PIB comprise entre 0,7 et 0,9 point, tout en améliorant durablement le solde public de 0,3 à 0,7 point de PIB. Les experts soulignent qu’au-delà du seul système de retraites, ce levier accroît simultanément l’emploi, l’activité et les recettes fiscales et sociales (TVA, impôt sur le revenu, impôt sur les sociétés, cotisations sociales, etc.).

Cette option n’est pas exempte d’effets transitoires : les simulations prévoient une hausse temporaire du chômage, le temps que le marché du travail s’ajuste à une activité accrue des seniors. Mais à plus long terme, cette conséquence s’estomperait grâce à l’augmentation globale de l’activité et à l’ajustement progressif des entreprises et des salariés. Le recul de l’âge joue en outre sur deux tableaux : il augmente les recettes (cotisations versées plus longtemps) et réduit la durée moyenne de versement des pensions.

Des hausses de cotisations jugées récessives

Les économistes ont également étudié l’impact d’une hausse des cotisations retraite, qu’elle soit supportée par les employeurs ou par les salariés. Lorsque la hausse porte sur les cotisations patronales, elle augmente le coût du travail et les prix à la production, pesant sur la compétitivité, l’investissement, l’emploi, le PIB et le salaire réel. À court terme, cette option se traduit par une contraction de l’activité économique, donc par des recettes publiques moins dynamiques.

Si ce sont les salariés qui sont mis davantage à contribution, via une hausse des cotisations à hauteur de 0,2 point de PIB, le mécanisme est différent mais tout aussi récessif. La baisse du salaire net induit une diminution de la consommation des ménages, une pression sur l’emploi et un recul du niveau du PIB, avec un impact estimé entre –20 000 et –30 000 emplois à horizon de 1 à 2 ans. À moyen terme, la hausse de ces cotisations pourrait tirer les salaires vers le haut par le jeu des coûts de production et des prix, mais cet effet serait partiellement neutralisé par un chômage plus élevé, qui réduit le pouvoir de négociation des travailleurs.

La baisse des pensions, un levier aussi récessif

La dernière voie étudiée consiste en une baisse des pensions, calibrée à 6 milliards d’euros. Une telle mesure réduit immédiatement le revenu disponible des retraités, entraînant une contraction de la consommation, un ralentissement de l’activité et un recul de l’emploi à court terme. Comme les hausses de cotisations, cette option est qualifiée de « récessive » car elle pèse sur la demande intérieure et sur la croissance.

Au global, les trois leviers dits « récessifs » – hausse des cotisations employeurs, hausse des cotisations salariés, baisse des pensions – améliorent certes mécaniquement le solde du système de retraite, mais au prix d’une activité moins dynamique, ce qui réduit les recettes fiscales et sociales des administrations publiques. À l’inverse, le report de l’âge de départ permet d’améliorer à la fois le solde des retraites et celui des finances publiques dans leur ensemble, grâce à des bases fiscales et sociales plus élevées.

Un éclairage économique, pas un nouveau projet de réforme

Le secrétariat général du COR insiste sur le fait que ces travaux ne constituent pas la préfiguration d’un nouveau projet de réforme, mais un éclairage économique sur les différents leviers de retour à l’équilibre. L’étude ne porte pas sur la dimension sociale ou politique de ces mesures, alors même que l’âge de départ à la retraite reste un sujet hautement sensible, lié aux conditions de travail, à l’emploi des seniors ou encore à l’usure professionnelle. La réforme dite « Borne » de 2023, qui avait repoussé l’âge légal à 64 ans, avait déclenché de fortes mobilisations, et une large partie de ses dispositions a depuis été suspendue par la loi de financement de la sécurité sociale pour 2026.

Ces travaux rappellent ainsi le dilemme au cœur du débat sur les retraites : les leviers les plus efficaces pour la croissance ne sont pas toujours ceux qui rencontrent le plus d’acceptabilité sociale. Ils fournissent cependant un cadre d’analyse utile pour les décideurs publics, appelés à arbitrer entre soutenabilité financière du système, dynamique économique et justice sociale entre générations.

Réforme de la VAE : un levier RH désormais plus opérationnel

La réforme de la Validation des acquis de l’expérience entre dans une phase plus concrète avec la mise en œuvre progressive de la plateforme unique « France VAE » et la réduction des délais de parcours. L’objectif est clair : passer d’un dispositif complexe et peu mobilisé à un outil fluide de certification des compétences.

Ce que ça change pour les entreprises :

  • Possibilité d’utiliser la VAE comme outil de gestion des parcours internes (promotion, mobilité, fidélisation)
  • Accélération de la reconnaissance des compétences pour des salariés expérimentés sans diplôme formel
  • Intérêt renforcé dans les secteurs en tension (industrie, services à la personne, logistique)
  • Point de vigilance RH : nécessité d’accompagner les salariés (temps, tutorat, ingénierie) pour sécuriser les parcours et maximiser les chances de certification.

Apprentissage : fin de l’effet “boom”, place à la stratégie RH

Après plusieurs années de croissance exceptionnelle, l’apprentissage se stabilise à un niveau élevé. Les aides exceptionnelles ayant été ajustées, on entre dans une phase de normalisation du dispositif.

Ce que ça signifie concrètement :

  • Les recrutements d’alternants deviennent plus sélectifs et stratégiques
  • Les entreprises doivent davantage raisonner en logique de pré-recrutement et de fidélisation
  • Les CFA renforcent leurs exigences en matière de qualité de partenariat avec les entreprises
  • Enjeu pour les RH : structurer une véritable politique alternance (tutorat, parcours d’intégration, projection en CDI) plutôt que des recrutements opportunistes.

Compétences et transition écologique : un sujet qui devient structurant

Les besoins en compétences liées à la transition écologique s’accélèrent fortement, sous l’effet des obligations réglementaires, des transformations des métiers et des attentes des clients.

Tendances observées :

  • Intégration progressive de compétences “vertes” dans des métiers existants (maintenance, production, bâtiment…)
  • Développement de formations spécifiques financées en partie par les OPCO et dispositifs publics
  • Approche de plus en plus transversale (technique + RSE + organisation du travail)
  • Impacts pour les entreprises :
  • Nécessité d’intégrer ces compétences dans la GEPP
  • Anticipation des évolutions métiers à 2-3 ans
  • Opportunité de renforcer l’attractivité employeur auprès des jeunes générations