La Revue de Presse
Retrouvez l'actualité économique du territoire de la semaine 39

ENTREPRISES
Veolia travaille à la prolongation du stockage des déchets à la Secode
À Boves, le site d’enfouissement des déchets de la Secode, géré par Veolia, fait l’objet de tensions persistantes avec les riverains en raison notamment des nuisances olfactives. Alors que la fermeture du site était initialement envisagée à l’horizon 2030, Veolia étudie désormais plusieurs scénarios pour prolonger son activité et assurer une transition vers une nouvelle solution de traitement des déchets. Selon plusieurs informations locales, une autorisation permettanttrait de stocker jusqu’à un million de tonnes supplémentaires de déchets serait envisagée. Ce chiffre, évoqué par la maire de Boves, Marylène Brard, n’est toutefois pas confirmé par Veolia. De son côté, la préfecture précise n’avoir reçu, à ce stade, aucune demande officielle de prolongation ou d’extension. Cette éventuelle prolongation ne devrait pas s’accompagner d’une augmentation de l’emprise foncière du site. Le projet Valopôle, présenté en 2023 et prévoyant une extension de 48 hectares, ne sera en effet pas réalisé comme prévu. Veolia justifie son souhait de poursuivre l’exploitation par l’absence actuelle d’alternative. La Secode accueille chaque année environ 200 000 tonnes de déchets, dont 80 % proviennent des collectivités de la Somme. L’objectif serait donc d’assurer la continuité du traitement jusqu’à la mise en service d’une nouvelle infrastructure de valorisation énergétique dans le bassin amiénois. Un projet d’incinérateur est notamment évoqué par les élus. Les plaintes des riverains concernant les odeurs constituent l’un des principaux points de conflit. Veolia affirme avoir renforcé sa surveillance depuis 2024 et indique avoir consacré 1,5 million d’euros à la réduction des nuisances. L’entreprise réalise notamment plusieurs contrôles annuels des émissions de sulfure d’hydrogène, avec des mesures au sol et à l’aide de drones afin de détecter les éventuelles fuites. Le site a néanmoins fait l’objet d’une amende de 15 000 euros en juin 2026, à la suite d’un manquement concernant la couverture quotidienne des casiers de déchets. Veolia reconnaît cette sanction et affirme vouloir améliorer ses pratiques. Enfin, l’entreprise rejette les inquiétudes sanitaires exprimées par certains riverains. Elle souhaitait également ouvrir le site au public lors des Journées du patrimoine, mais cette initiative a été annulée en raison d’une manifestation annoncée par les associations opposées au site. Le site de la Secode, filiale de Veolia, traite chaque année 200 000 tonnes de déchets à Boves et Sains-en-Amiénois. Deux associations et les habitants de neuf communes dénoncent les nuisances provoquées par le site, notamment les fortes odeurs d’œufs pourris (du sulfure d’hydrogène) récurrentes. Les élus d’Amiens Métropole ont voté, fin mai, un vœu pour demander à l’État « d’exiger que le gestionnaire du site respecte ses engagements et obligations en matière de maîtrise des émanations de gaz ». Les autorisations d’exploitation du site courent jusqu’en 2030. (Article du 19/09/2026 – Courrier Picard)
ECONOMIE
Plusieurs investisseurs manifestent leur intérêt pour Tiamat
Le projet de gigafactory de batteries sodium-ion de Tiamat à Boves, près d’Amiens, semblait compromis après l’annonce, le 16 septembre, de l’abandon de sa première phase, faute de financements suffisants. Pourtant, cette décision ne signifie pas nécessairement la fin du projet. Depuis cette annonce, trois investisseurs potentiels, français et étrangers, ont manifesté leur intérêt auprès de Pascal Fradcourt, président des Entrepreneurs de la Somme. Le premier est un ancien rugbyman français devenu entrepreneur, disposant, avec un associé, d’une capacité d’investissement d’environ 30 millions d’euros. Le deuxième est un chef d’entreprise picard, implanté à Amiens et dans l’Oise, qui entretient des liens avec un fonds d’investissement saoudien souhaitant investir jusqu’à 200 millions d’euros en France. Le troisième contact est particulièrement important : il s’agit d’un industriel chinois déjà spécialisé dans les batteries sodium-ion. L’entreprise possède notamment une usine dans le district de Hulan, construite avec un investissement de 3 milliards de yuans, soit environ 390 millions d’euros, et disposant d’une capacité de production annuelle de 2 GWh. Cette expertise pourrait être intéressante pour Tiamat, qui travaille déjà avec un partenaire chinois pour produire ses batteries. Le projet amiénois nécessite cependant des moyens financiers considérables. Tiamat estime ses besoins à environ 500 millions d’euros. Le montage initial devait reposer sur 30 % de capitaux propres, 32 % de dette bancaire et 38 % d’aides publiques. Parmi ces dernières figuraient 60 millions d’euros de crédits d’impôt et 22 millions d’euros de subventions, dont 8,2 millions accordés par la Région Hauts-de-France. Tiamat négociait également des financements bancaires, notamment 75 millions d’euros auprès de banques régionales, ainsi qu’un prêt de 15 millions d’euros de Bpifrance. Les actionnaires devaient, de leur côté, apporter 40 millions d’euros supplémentaires. Parmi les principaux actionnaires figurent Stellantis, Endeavour, Fira Nord Est, Picardie Investissement et Celeste Management. Ainsi, malgré l’arrêt annoncé de la première phase, de nouvelles pistes de financement pourraient permettre de relancer le projet. Reste désormais à déterminer si les investisseurs intéressés seront en mesure de réunir les sommes nécessaires pour concrétiser la gigafactory. (Article du 19/09/2026 – Courrier Picard)
MAIRIE AMIENS
Le nouveau directeur du cabinet du maire est arrivé
Maxime Gonzalez, originaire de Grenoble et âgé d’une trentaine d’années, a récemment pris ses fonctions de directeur de cabinet du maire d’Amiens et du président d’Amiens Métropole, Frédéric Fauvet. Il rejoint ainsi l’équipe rapprochée de l’élu socialiste, environ six mois après l’élection de celui-ci à la tête de la Ville et de la Métropole. Son rôle doit accompagner l’action de Frédéric Fauvet durant son mandat, jusqu’aux prochaines élections municipales prévues en 2032 ou 2033. Maxime Gonzalez dirige un cabinet commun à la Ville d’Amiens et à Amiens Métropole, composé d’une dizaine de collaborateurs. Il travaille notamment aux côtés de Nicolas Laignier, chef de cabinet. Bien qu’originaire de l’Isère, Gonzalez a été choisi face à une candidature locale en raison de son importante expérience dans le fonctionnement des collectivités territoriales. Titulaire d’un CAPES d’histoire-géographie, il possède également un parcours politique et syndical au sein de la gauche. Ancien militant de l’Unef et membre du bureau national des Jeunes socialistes, il a commencé sa carrière professionnelle en 2012 auprès de Michel Destot, alors maire socialiste de Grenoble. Il a ensuite travaillé auprès de Christophe Ferrari, ancien président de Grenoble-Alpes Métropole, notamment sur les questions liées au logement, jusqu’en 2024. Son parcours politique a connu une parenthèse en 2017, lorsqu’il a quitté le Parti socialiste, déçu par le bilan du quinquennat de François Hollande, pour rejoindre Génération.s, le mouvement fondé par Benoît Hamon. Il a toutefois réintégré le PS après des désaccords liés aux élections municipales. À Amiens, Gonzalez affirme vouloir mettre son expérience de l’intercommunalité au service de l’ensemble du territoire. Il insiste sur la nécessité de renforcer les liens entre la ville-centre et les communes de la métropole, en affirmant vouloir travailler avec les maires de manière transpartisane. Son objectif est notamment de favoriser un projet commun et de faire en sorte que les élus des différentes communes soient entendus. Il souhaite également jouer un rôle de facilitateur auprès des élus locaux, notamment ceux qui exercent leur premier mandat. Son ambition est d’être une interface entre les élus et l’administration, en les accompagnant dans leurs projets et en restant attentif à leurs besoins. (Article du 21/09/2026 – Courrier Picard)
CHIFFRE DE LA SEMAINE
172 700 salariés dans les pôles commerciaux en 2022 dans la région
Une étude publiée par l’Insee le 15 septembre 2026 analyse l’évolution de l’emploi dans les commerces des centres-villes et des pôles commerciaux des Hauts-de-France. Elle met en évidence une progression plus importante de l’emploi dans les zones commerciales périphériques que dans les centres-villes entre 2016 et 2022. En 2022, la région comptait 172 700 emplois dans le commerce. Les centres-villes concentraient 45,2 % de ces emplois. On y trouvait principalement des restaurants et débits de boissons, des commerces alimentaires ainsi que des commerces spécialisés dans l’équipement de la personne. À l’inverse, les pôles commerciaux situés en périphérie regroupaient 54,8 % des emplois commerciaux de la région. Cette proportion est supérieure à celle observée dans la France provinciale, où elle atteint 52,1 %. Ces zones périphériques accueillent notamment des commerces alimentaires, des enseignes consacrées à l’équipement de la maison ainsi que des restaurants et débits de boissons. L’évolution sur la période étudiée confirme le dynamisme plus marqué des pôles commerciaux. Entre 2016 et 2022, l’emploi y a augmenté de 6,1 %, contre environ 3 % dans les centres-villes. Cette différence témoigne d’un déplacement progressif d’une partie de l’activité commerciale vers les zones périphériques. Cependant, tous les secteurs n’ont pas bénéficié de cette évolution. Les agences bancaires ont enregistré une baisse importante de leurs effectifs, avec environ 20 % d’emplois en moins, notamment en raison de la fermeture de nombreuses agences. Les autres activités de services ont également reculé, d’environ 8 % sur la période. À l’inverse, plusieurs secteurs ont connu une forte croissance dans les pôles commerciaux. L’emploi a progressé de 8 % dans le secteur automobile et de 10 % dans l’équipement de la maison. La restauration et les débits de boissons affichent une hausse particulièrement importante, de plus de 25 %. Les agences immobilières enregistrent également une progression proche de 30 %. L’étude de l’Insee montre donc que, sur la période 2016-2022, les pôles commerciaux ont créé davantage d’emplois que les centres-villes dans les Hauts-de-France, avec une croissance particulièrement portée par la restauration, l’immobilier, l’automobile et l’équipement de la maison. (Article du 21/09/2026 – Courrier Picard)
ENVIRONNEMENT
Comment TotalEnergies tente de verdir son image en Picardie
TotalEnergies lance une nouvelle campagne de communication dans les Hauts-de-France afin de mettre en avant ses investissements dans les énergies renouvelables et son engagement dans la transition énergétique. Baptisée « Énergie locale », cette campagne apparaît notamment sur les panneaux publicitaires des abribus picards. Le groupe cherche ainsi à montrer qu’il ne se limite pas à son activité de distribution de carburants, mais qu’il participe également au développement économique et énergétique des territoires. Pour illustrer son engagement, TotalEnergies met en avant plusieurs projets régionaux. Parmi eux figurent un site de stockage d’électricité à Dunkerque, installé sur l’ancien emplacement d’une raffinerie, ainsi qu’une centrale solaire inaugurée à Amiens en 2024. L’entreprise communique également sur les biocarburants, notamment le bioéthanol fabriqué à partir de betteraves produites dans la région. Plus d’une centaine de stations Total des Hauts-de-France proposent aujourd’hui ce carburant. En 2025, TotalEnergies affirme avoir investi 67 millions d’euros dans la région, principalement dans la production d’électricité. Cependant, cette communication suscite des critiques de la part des associations environnementales. Elles soulignent le décalage entre les investissements régionaux présentés dans la campagne et l’activité mondiale du groupe, qui reste très largement tournée vers les énergies fossiles. Plus de 97 % de sa production énergétique mondiale et environ 80 % de ses investissements concernent encore les énergies fossiles. Cette stratégie de communication intervient également un an après la condamnation de TotalEnergies pour pratiques commerciales trompeuses, notamment à propos de déclarations présentant l’entreprise comme un acteur majeur de la transition énergétique et affirmant son ambition d’atteindre la neutralité carbone en 2050. Pour Les Amis de la Terre, la campagne actuelle mettrait surtout en avant des activités réelles mais marginales par rapport aux investissements du groupe dans le pétrole et le gaz, contribuant ainsi à améliorer son image auprès du public. TotalEnergies conteste cette interprétation. Son directeur régional affirme que l’objectif est simplement de présenter les actions concrètes menées dans les territoires et considère la communication comme transparente. Il rejette également les accusations concernant les prix des carburants, rappelant que le groupe affirme plafonner leurs tarifs. (Article du 22/09/2026 – Courrier Picard)
CONSOMMATION
La flambée du prix de l’essence coûte encore plus cher aux Picards
La hausse continue du prix de l’essence pèse particulièrement lourd sur les ménages des Hauts-de-France, notamment en Picardie. La situation est d’autant plus difficile que la voiture y est souvent indispensable pour se rendre au travail et effectuer les déplacements quotidiens. Malgré les nouvelles aides destinées aux « grands rouleurs », de nombreux foyers rencontrent donc des difficultés à supporter l’augmentation des dépenses de carburant. Selon une étude de l’Insee Hauts-de-France réalisée en 2022, la région se distingue par des trajets domicile-travail particulièrement longs. La distance médiane parcourue par les actifs pour aller travailler atteint 10,4 kilomètres, contre 9,3 kilomètres dans les autres régions de France métropolitaine, hors Île-de-France. Cette différence se traduit aujourd’hui par une facture de carburant plus importante pour les habitants. Les Hauts-de-France sont également davantage dépendants de la voiture. Même pour les déplacements de moins de 5 kilomètres, elle est utilisée dans 68 % des cas, contre 60 % à l’échelle nationale. Cette dépendance est encore plus forte dans les territoires ruraux ou éloignés des villes, où les transports alternatifs sont moins nombreux. Dans l’Aisne, 12 % de la population vit ainsi en dehors de l’attraction des villes, tandis que cette proportion atteint 11 % dans la Somme, contre seulement 4,6 % dans l’ensemble de la région. Les distances parcourues confirment cette tendance : 51 % des actifs des Hauts-de-France travaillent à au moins 10 kilomètres de leur domicile, contre 47 % en France de province. À l’inverse, seuls 16 % travaillent entre 2 et 5 kilomètres de chez eux, contre 18 % ailleurs. Enfin, cette hausse du coût des carburants intervient dans une région où les revenus sont globalement plus faibles que la moyenne nationale. L’Insee estime que 27 % des habitants des Hauts-de-France, soit environ 1,6 million de personnes, ont un niveau de vie inférieur à 1 290 euros par mois pour une personne seule. Ces ménages disposent donc de moins de ressources pour absorber l’inflation. Ainsi, la flambée des prix de l’essence accentue une difficulté déjà importante dans les Hauts-de-France : une forte dépendance à la voiture combinée à des revenus plus modestes et à des distances domicile-travail élevées. (Article du 24/09/2026 – Courrier Picard)