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La Revue de Presse

Retrouvez l'actualité économique du territoire de la semaine 10

La Revue de Presse

ACTUALITES ENTREPRISES

NeoCem lance son usine d’argile recyclée pour le ciment dans l’Oise

La société NeoCem, originaire d’Hallennes-lez-Haubourdin près de Lille, a inauguré fin 2025 une première usine à Saint-Maximin, dans l’Oise, avec une ambition claire : réduire de 80 % les émissions de CO2 liées à la production de ciment. Installée sur une friche industrielle réhabilitée – ancien site de champignonnière et de carrières – l’entreprise mise sur l’innovation et l’économie circulaire pour verdir un secteur particulièrement émetteur. La fabrication traditionnelle du ciment repose sur le clinker, obtenu par la calcination du calcaire à très haute température, jusqu’à 1 450 °C. Ce procédé est responsable d’importants rejets de CO2. NeoCem a choisi de remplacer le calcaire par des débris d’argile et d’utiliser une technologie dite de « flash calcination ». Ce procédé permet de chauffer l’argile à seulement 750 °C, soit environ la moitié de la température nécessaire à la production classique, réduisant ainsi fortement les émissions relatives. L’argile utilisée provient exclusivement de chantiers, offrant une nouvelle valorisation à un matériau difficilement exploitable à grande échelle dans le BTP. Une part importante des volumes traités à Saint-Maximin provient des travaux de la Société des grands projets (ex-Société du Grand Paris) en région parisienne. Plusieurs dizaines de milliers de tonnes ont déjà été acheminées par voie fluviale, limitant l’empreinte carbone du transport. Le choix de Saint-Maximin s’explique par sa position stratégique et par la possibilité de réutiliser des infrastructures existantes, évitant toute construction neuve. Une charpente métallique issue d’une ancienne usine du Nord a également été réemployée. Le projet représente un investissement de 23 millions d’euros, financé par une levée de fonds et le soutien de Bpifrance, Rev3, Nord France Amorçage, Finorpa, CB Green et d’un pool bancaire. L’usine, qui emploie une dizaine de salariés, affiche une capacité de production de 100 000 tonnes par an et pourrait doubler à terme. Lauréate du « UE Innovation Fund » de la Commission européenne, NeoCem bénéficiera de dix millions d’euros supplémentaires pour lancer une seconde ligne d’ici 2030. Filiale du groupe Neo-Eco, spécialiste de l’économie circulaire basé à Lille, l’entreprise envisage déjà d’essaimer en France et en Europe. (Article du 02/03/2026 – Courrier Picard)



EMPLOI

« Le commerce n’est pas mort, il doit se réinventer ! »

Réunis début 2026 à la Chambre des métiers et de l’artisanat d’Amiens, à l’occasion des « Rencontres régionales de l’économie 2026 », les acteurs du commerce des Hauts-de-France ont affiché un message résolument volontariste : le commerce n’est pas mort, mais il doit se réinventer. Organisé avec la CCI, l’Urssaf, la Banque de France et la Chambre d’agriculture, l’événement a dressé un état des lieux contrasté de la conjoncture régionale. Après l’euphorie post-Covid, le secteur connaît une phase de stabilisation, voire de léger recul. En 2025, malgré un gain de pouvoir d’achat supérieur à l’inflation, la consommation ne soutient pas encore la croissance, souligne la Banque de France. En trois ans, la région a perdu 11,4 % de ses points de vente, particulièrement dans l’équipement de la personne. Au quatrième trimestre 2025, 22 % des artisans redoutaient un risque pour la pérennité de leur entreprise. Un sur deux signalait une baisse d’activité, notamment dans l’alimentaire, et 55 % déploraient une trésorerie fragile. Seul un tiers disposait d’une visibilité à plus de trois mois. Malgré ces difficultés, la majorité des entreprises a maintenu ses effectifs et la moitié a investi. Certains secteurs, comme les supermarchés, l’entretien automobile, les articles de sport ou la quincaillerie, continuent d’embaucher. Les petits commerces demeurent la première forme de vente pour les ménages régionaux, mais doivent s’adapter rapidement. Les habitudes de consommation ont profondément évolué. Le modèle de l’hypermarché hebdomadaire recule au profit de pratiques segmentées : le e-commerce, dont la part a été multipliée par 2,7, progresse, tout comme le drive, les marchés de plein air et les circuits courts. Les consommateurs recherchent davantage de proximité, vivent une digitalisation accélérée de leur expérience d’achat et restent très sensibles aux prix. L’acte d’achat devient une expérience, où l’émotion joue un rôle central. Dans ce contexte, l’intelligence artificielle apparaît comme un levier stratégique. Les CCI proposent des accompagnements à la transition numérique et des outils pour créer publicités et contenus personnalisés. Si certains commerces disparaîtront, d’autres sauront innover, à l’image des modèles observés en Chine, souvent précurseurs des évolutions à venir. (Article du 02/03/2026 – Courrier Picard)


Seulement 5 % de femmes à la tête d’entreprises du CAC 40


À l’approche du 8 mars, Journée internationale des droits des femmes, l’Institut français des administrateurs (IFA) et le cabinet Ethics & Boards publient la quatrième édition de leur baromètre annuel consacré à la mixité dans les instances dirigeantes des grandes entreprises françaises. L’étude dresse un constat contrasté : si la France demeure l’un des pays les plus avancés en matière de parité dans les conseils d’administration, les femmes restent encore très minoritaires aux postes exécutifs les plus élevés. En 2026, sous l’effet de la loi Rixain, qui impose un quota de 30 % de femmes dans les comités exécutifs et de direction au 1er mars 2026, la féminisation progresse. Elle atteint désormais 30 % en moyenne au sein du SBF 120 et 31 % dans les entreprises du CAC 40. Cette hausse de deux points en un an marque une dynamique positive, mais elle ne masque pas la faiblesse persistante de la présence féminine aux fonctions suprêmes. Ainsi, les femmes président 13,3 % des conseils d’administration du SBF 120 et seulement 5 % de ceux du CAC 40. À la direction générale, la situation est tout aussi limitée : on compte 12 directrices générales dans le SBF 120, dont cinq cumulant les fonctions de présidente-directrice générale, et quatre directrices générales dans le CAC 40. Dans les deux indices, cela représente à peine 10 % des postes exécutifs les plus élevés. En revanche, la France conserve sa position de leader européen concernant la composition des conseils d’administration. Le taux de féminisation y atteint 46 % dans le SBF 120 et 46,4 % dans le CAC 40. Ce résultat s’explique largement par la loi Copé-Zimmerman de 2011, qui impose un minimum de 40 % de femmes dans les conseils des grandes entreprises. Grâce à ce cadre contraignant, la France figure dans le peloton de tête européen, aux côtés de la Norvège, de la Finlande et du Royaume-Uni, seuls pays dépassant les 30 % de femmes dans ces instances. (Article du 02/03/2026 – Courrier Picard)


Camille Vandenbeuck, une femme dans le costume de dirigeante


À 34 ans, Camille Vandenbeuck incarne une nouvelle génération de dirigeantes dans le secteur des énergies renouvelables. Directrice générale déléguée de H2air, entreprise basée à Amiens, elle pilote aujourd’hui un producteur indépendant d’électricité verte qui emploie 160 salariés et a réalisé 40 millions d’euros de chiffre d’affaires l’an dernier. Fondée en 2008, H2air développe, construit et exploite des parcs éoliens partout en France. L’entreprise gère actuellement 280 mégawatts en exploitation, répartis sur 13 parcs détenus à 100 %, et a développé au total 20 parcs représentant 440 mégawatts depuis sa création. Trois nouveaux sites sont en construction. H2air dispose de dix agences sur le territoire français ainsi que de bureaux en Roumanie et au Liban, confirmant son ancrage international. Diplômée de l’École des Mines de Paris, où elle s’est spécialisée dans les énergies, Camille Vandenbeuck débute sa carrière par un stage aux États-Unis chez SunPower, ancienne filiale de Total dédiée aux renouvelables. De retour en France, elle rejoint H2air en 2015 comme analyste financière, alors que l’entreprise ne compte qu’une vingtaine de collaborateurs. Cette structure à taille humaine lui permet de se montrer polyvalente et de prendre rapidement des responsabilités. En 2022, le fondateur Roy Mahfouz la nomme directrice générale déléguée. Elle se décrit elle-même comme un « bébé H2air », fière d’avoir grandi avec l’entreprise. Convaincue de l’utilité sociétale de son métier, elle souligne l’importance de décarboner la production d’électricité, notamment face à l’essor des véhicules électriques. H2air élargit ainsi ses activités au photovoltaïque et investit dans le stockage par batteries, avec l’ambition de développer des parcs solaires hybrides capables de produire et stocker une électricité renouvelable compétitive. L’entrée au capital du fonds britannique iCON, en tant qu’actionnaire minoritaire, vise à soutenir cette croissance. Malgré les incertitudes du contexte mondial, Camille Vandenbeuck reste animée par le goût du collectif et de la création de projets. Passionnée de montagne, elle s’accorde des parenthèses sans connexion. Sa vie personnelle s’apprête d’ailleurs à évoluer avec l’arrivée prochaine de jumeaux. (Article du 02/03/2026 – Courrier Picard)



CONSOMMATION

Certaines stations essence de Picardie déjà en rupture de stock

Malgré les messages rassurants du gouvernement affirmant qu’aucune pénurie nationale n’est à craindre, plusieurs stations-service de la Somme ont connu des ruptures de stock mercredi 4 mars, dans un contexte de flambée des prix liée aux tensions au Moyen-Orient. Dans la région d’Amiens, automobilistes inquiets et résignés se croisent à la pompe, entre crainte de manquer et anticipation de nouvelles hausses. À Rivery, près d’Amiens, la station E.Leclerc voit défiler des clients préoccupés. Denis, retraité, constate une hausse de dix centimes en une journée et envisage de limiter ses déplacements. Le litre de gazole frôle désormais les deux euros, poussant de nombreux habitants à faire le plein par précaution, quitte à accentuer les tensions d’approvisionnement. À Glisy, la station Intermarché s’est retrouvée totalement à sec à la mi-journée, tandis qu’à l’hypermarché Auchan, le SP98 venait à manquer. Certains dénoncent des comportements jugés excessifs. Clothilde, infirmière, regrette que « ceux qui en ont le moins besoin » remplissent leurs réservoirs, compliquant la situation pour les professionnels dépendants de leur véhicule. À Camon, René, employé dans l’agglomération amiénoise, remplit un jerrican de 20 litres pour assurer ses trajets domicile-travail depuis Fouilloy. Déjà contraint de consacrer 300 euros mensuels au carburant, il prévoit de réduire ses déplacements le week-end en cas de nouvelle hausse. Plus à l’est, à Albert, les files s’allongent, mais certains appellent au calme. Claude Cotrelle, croisé à la pompe d’Intermarché, refuse de céder à la panique et critique des augmentations qu’il juge opportunistes. Selon lui, la ruée vers l’essence relève davantage de la peur que d’une réelle pénurie. Dans les zones rurales, les petites stations observent la situation avec un mélange d’ironie et de prudence. À Ailly-le-Haut-Clocher, le garage Couronnel, indépendant sous enseigne TotalEnergies, affirme être régulièrement approvisionné et n’avoir pas encore relevé ses tarifs, contrairement à d’autres stations approchant les 1,99 euro le litre. À Flixecourt, au Super U, la file s’étire néanmoins. Patricia, retraitée, reconnaît avoir anticipé, redoutant de nouvelles hausses. Entre inquiétude légitime et emballement collectif, la situation révèle surtout la forte dépendance automobile des territoires ruraux. (Article du 05/03/2026 – Courrier Picard)