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La Revue de Presse

Retrouvez l'actualité économique du territoire de la semaine 7

La Revue de Presse

ACTUALITES ENTREPRISES

La société Lion d’or experte des bananes mûres

Fruit le plus consommé en France et symbole culturel popularisé aussi bien par Joséphine Baker que par Andy Warhol, la banane fait partie intégrante du quotidien des Français. Pourtant, peu de consommateurs savent qu’une étape essentielle de sa transformation se déroule dans les Hauts-de-France, notamment à Saint-Quentin, dans l’Aisne, et près de Douai, dans le Nord. C’est là qu’intervient la société Lion d’Or, spécialisée dans le mûrissage de la banane, dirigée par Claude Lefebvre, représentant de la troisième génération de mûrisseurs de cette entreprise familiale. L’histoire de Lion d’Or débute après la Seconde Guerre mondiale, lorsque la grand-mère de Claude Lefebvre se lance dans cette activité, reprise ensuite par son père. Bien qu’ayant étudié deux ans à la faculté de médecine, Claude Lefebvre n’a finalement pas échappé à la tradition familiale et a rejoint l’entreprise. Dès l’adolescence, il travaillait déjà l’été dans les entrepôts, à une époque où les bananes arrivaient encore emballées dans du papier journal. Depuis, l’activité s’est largement modernisée. Lion d’Or est devenue un grossiste à service complet, assurant le mûrissage, le conditionnement et la livraison des fruits, tout en conservant son statut rare de PME familiale indépendante. Le cœur du métier reste cependant le mûrissage. La banane est un fruit « climactérique », cueilli vert et donc immature. Durant son transport maritime, qui peut durer de six jours à trois semaines selon l’origine, son mûrissement est stoppé par une température maintenue en dessous de 13 degrés. C’est chez le mûrisseur que le processus reprend. Les bananes sont placées dans des chambres de mûrissage à température contrôlée, autour de 15,5 degrés, afin de permettre la transformation progressive de l’amidon en sucre. Ce processus dure généralement de quatre à sept jours et permet d’obtenir différents niveaux de coloration, du vert clair au jaune, selon les exigences de la grande distribution. Lion d’Or s’approvisionne auprès d’importateurs travaillant avec des producteurs des Antilles françaises, d’Amérique du Sud et d’Afrique. Les bananes destinées au nord de la France transitent principalement par les ports de Dunkerque, Rotterdam et Anvers. L’entreprise traite environ 30 000 tonnes de bananes par an, réalise un chiffre d’affaires de près de 36 millions d’euros et développe également une gamme d’autres fruits exotiques représentant 30 % de son activité. Le métier de mûrisseur demeure complexe et exigeant, soumis aux aléas de production, aux contraintes logistiques et aux commandes quotidiennes des clients. Une surveillance constante est indispensable, car la maturation ne s’interrompt jamais. Pour Claude Lefebvre, travailler dans la banane est avant tout une affaire de passion et d’engagement. (Article du 09/02/2026 – Courrier Picard)


Beauvais-Tillé, 9 e aéroport français après une nouvelle année record


En 2025, l’aéroport de Beauvais-Tillé a enregistré un nouveau record de fréquentation avec 6,67 millions de passagers, soit une hausse de 2 % par rapport à 2024. Depuis 2022, la plateforme bat chaque année son précédent record, même si la progression n’est plus aussi dynamique qu’auparavant. Les années précédentes avaient été marquées par une croissance à deux chiffres, portée notamment par le développement de Ryanair et l’ouverture de sa base à Beauvais. Selon Anthony Martin, PDG de Bellova, délégataire de l’aéroport depuis 2024, la croissance a ralenti à partir de septembre 2025, après avoir atteint 6 à 7 % jusqu’à l’été. Ce ralentissement s’explique, selon la direction, par l’augmentation au printemps de la taxe de solidarité sur les billets d’avion (TSBA). En réaction, Ryanair a réduit son offre dans plusieurs aéroports français, supprimant huit lignes à Beauvais. Des retards dans la livraison de nouveaux avions ont également pesé. Malgré cela, Beauvais-Tillé est passé devant Bordeaux et occupe désormais la neuvième place des aéroports français. La présidente de l’Association de défense des riverains (Adera), Dominique Lazarski, relativise l’impact de la hausse fiscale, estimant qu’il s’agit davantage d’un problème de rentabilité que d’une simple augmentation de quelques euros sur les billets. L’aéroport affiche par ailleurs le taux de remplissage moyen le plus élevé de France, avec 87 % en moyenne, soit 168 passagers par avion, loin devant ses concurrents. De nouvelles destinations sont prévues en 2026, notamment vers Bacau et Târgu Mure (Roumanie), Tuzla (Bosnie-Herzégovine) et Podgorica (Monténégro). Beauvais-Tillé représente 1 500 emplois directs et constitue le deuxième employeur privé du Beauvaisis. Un vaste programme d’extension, estimé à 200 millions d’euros pour une première phase et 440 millions au total, doit débuter en 2027. Il comprend l’agrandissement du parking, la modification des infrastructures et la rénovation des terminaux, avec l’objectif d’atteindre 45 000 mouvements en 2030 contre 39 600 en 2025. Ce projet suscite l’inquiétude des riverains, notamment en matière de trafic routier, d’autant plus avec l’arrivée d’Amazon à proximité. (Article du 11/02/2026- Courrier Picard)


Cristal Union annonce une campagne betteravière avec de bons rendements en sucre et en alcool


Cristal Union, l’un des trois principaux groupes sucriers en France et en Europe aux côtés de Tereos et de Saint-Louis Sucre, a présenté les résultats de sa campagne betteravière 2025-2026 dans un contexte de marchés toujours difficile. Malgré cet environnement économique tendu, le groupe met en avant une campagne marquée par des conditions climatiques globalement favorables et de solides performances industrielles. Sur le plan agricole, le rendement moyen atteint près de 90 tonnes de betteraves à 16° par hectare, un niveau supérieur à la moyenne des cinq dernières années. Toutefois, cette performance masque une forte hétérogénéité selon les régions, les types de sols et les conditions météorologiques locales. La richesse en sucre des betteraves s’est révélée particulièrement élevée, dépassant 18 %, contre 16,7 % lors de la campagne précédente. En conséquence, le tonnage de sucre produit par hectare s’établit en moyenne à 14 tonnes. Les cultures ont globalement été épargnées par la jaunisse. Bien que des alertes aient été émises au printemps et que des symptômes aient été observés dès la fin de l’été, les bonnes conditions de croissance ont permis aux betteraves de mieux résister à la maladie. La région Champagne fait toutefois exception : fortement touchée par la sécheresse et la jaunisse, elle enregistre des rendements inférieurs à la moyenne du groupe. Au total, les sucreries de Cristal Union ont transformé 15 millions de tonnes de betteraves, à un rythme soutenu et régulier de plus de 122 000 tonnes par jour. Parallèlement, l’activité de production d’alcool et d’éthanol progresse de 20 % par rapport aux années précédentes, atteignant un niveau record. Selon son directeur général, Xavier Astolfi, cette campagne illustre la trajectoire vertueuse du groupe, notamment grâce à un outil industriel performant ayant permis d’atteindre pour la première fois l’autonomie en eau de l’ensemble de ses sucreries, une première en France et en Europe. (Article du 13/02/2026 – Courrier Picard)

EMPLOI

Ynsect : un « fiasco » à 148 millions d’euros d’argent public

Le projet industriel Ynsect, implanté à Amiens et spécialisé dans la transformation d’insectes pour l’alimentation, est aujourd’hui considéré comme un échec industriel majeur. Ce « fiasco », selon les termes employés par le ministre de l’Économie Roland Lescure, s’explique par une conjonction de facteurs : les conséquences économiques de la guerre en Ukraine, la forte hausse des coûts de l’énergie et, surtout, un modèle économique inadapté à la demande du marché. Placée en liquidation judiciaire, l’entreprise suscite désormais de nombreuses interrogations sur l’utilisation des fonds publics investis au fil des années. Jeudi, le dossier s’est invité au conseil régional des Hauts-de-France. Thomas Hutin, élu écologiste, a demandé la création d’une commission régionale d’enquête afin de « faire la lumière » sur les aides publiques, y compris celles de la Région, accordées à Ynsect. Cette demande a été rejetée par l’exécutif régional. Le vice-président chargé des entreprises, Philippe Beauchamps, a rappelé que la Région n’a pas compétence pour mener des enquêtes, rôle réservé aux parlementaires. Il a souligné que les subventions avaient été votées alors que les investissements étaient engagés et les emplois créés, estimant qu’aucune récupération des fonds n’était possible. Concernant l’impact social, Philippe Beauchamps a avancé que, selon France Travail, 54 % des 75 derniers salariés licenciés avaient retrouvé un emploi dans les trois à six mois. Un chiffre nuancé par Hadrien Godard, ancien secrétaire du CSE d’Ynsect, qui précise que certains salariés ont retrouvé du travail par leurs propres moyens, sans l’aide de France Travail. Parallèlement, des ex-salariés ont saisi les Prud’hommes pour obtenir des documents comptables, afin de vérifier la destination exacte des fonds publics. Le débat a également été relancé au niveau national par le sénateur socialiste de la Somme, Rémi Cardon, qui a interrogé le gouvernement sur ce qu’il qualifie de « crash industriel ». Il s’est notamment inquiété d’une « utilisation abusive de cabinets de conseils privés » et de 55 millions d’euros investis par Ynsect dans une filiale néerlandaise. En réponse, Roland Lescure a confirmé que 148 millions d’euros d’argent public ont été engagés entre 2012 et 2025, sous forme de subventions et de prises de participation, sur un total de plus de 600 millions d’euros investis. Le ministre a reconnu l’échec du projet, tout en rappelant que l’État a cessé ses investissements faute d’investisseurs privés, soulignant que des projets industriels peuvent parfois se terminer ainsi. (Article du 07/02/2026 – Courrier Picard)


L’usine Verescence mise en demeure par la préfecture de Seine-Maritime


La société Verescence, spécialisée dans la fabrication de flacons de luxe, fait l’objet d’une mise en demeure de la préfecture de Seine-Maritime concernant son usine implantée à cheval sur les communes du Tréport et de Mers-les-Bains. Les services de l’État lui demandent de se mettre en conformité avec la réglementation relative aux installations classées pour la protection de l’environnement (ICPE), à la suite de manquements relevés lors d’un contrôle officiel. En 2025, la Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement (Dreal) a mené une inspection du site industriel et a constaté « un certain nombre de non-conformités », à la fois techniques et administratives. Ces observations ont conduit à l’adoption d’un arrêté préfectoral exigeant de Verescence qu’elle corrige les manquements identifiés. Toutefois, selon la direction de l’usine, ces irrégularités ne présentent aucun danger immédiat pour la population. Le directeur du site, Vincent Renaud, se veut rassurant et affirme clairement qu’« il n’y a aucun risque pour la population ». L’entreprise a obtenu des délais jugés relativement longs pour se mettre en conformité, certains allant jusqu’à avril 2028. Cette échéance s’explique notamment par la nature des travaux à réaliser et par les contraintes liées au fonctionnement continu de l’usine. Verescence insiste sur la qualité de ses relations avec la Dreal, évoquant un climat de dialogue, de transparence et de coopération. Selon la direction, plusieurs non-conformités seraient également liées à une évolution récente de la réglementation, à laquelle le site ne se serait pas encore totalement adapté. Parmi les points soulevés figure notamment l’absence de mise à jour de l’étude de dangers, ainsi que de certains documents réglementaires. Ces éléments devraient être régularisés au cours du premier semestre. D’autres observations concernent une partie du réseau électrique, pour laquelle des anomalies persistent. La réalisation des vérifications demandées impliquerait une coupure totale de l’alimentation électrique, une opération délicate pour une usine fonctionnant en continu, en particulier en raison des fours industriels, essentiels à la production. La direction souligne que l’arrêt complet des installations aurait des conséquences importantes sur l’outil industriel. Des solutions alternatives sont donc à l’étude, comme la réalisation des contrôles lors d’un arrêt global programmé, afin de limiter les risques et l’impact sur la production. Malgré cette mise en demeure, Verescence affirme rester engagée dans une démarche de mise en conformité progressive, en lien étroit avec les autorités de contrôle. (Article du 07/02/2026)


Decayeux placée sous procédure de sauvegarde


L’entreprise industrielle Decayeux, implantée à Feuquières-en-Vimeu et spécialisée dans la fabrication de boîtes aux lettres et de portes, a annoncé le lundi 9 février son placement sous procédure de sauvegarde pour une durée de six mois, décision prise par le tribunal de commerce de Lille. Cette société emblématique du territoire emploie près de 200 salariés, aujourd’hui directement concernés par cette annonce qui suscite inquiétude et espoir mêlés. La procédure de sauvegarde, jugée moins grave qu’un redressement judiciaire, intervient avant la cessation de paiement. Elle vise à permettre à l’entreprise de se restructurer tout en poursuivant son activité. À la sortie de l’usine, certains salariés expriment leur résignation face à une situation qu’ils subissent, tout en espérant une issue favorable. « On croise les doigts mais on ne peut que subir », confie l’un d’eux. Dans un communiqué, la direction présente cette décision comme une démarche stratégique destinée à accélérer la refondation de l’entreprise et à garantir la continuité de la production en France. Stéphane Decayeux, à la tête de l’entreprise depuis janvier 2025, insiste sur le caractère « technique » de cette procédure, qui doit permettre de livrer les clients, de réduire les délais de production et de limiter les risques liés aux difficultés passées, sans interrompre l’activité. Malgré un contexte économique difficile et le retrait de certains organismes financiers, la direction affirme avoir maintenu l’activité grâce à l’engagement des équipes et à la confiance de ses partenaires commerciaux, fournisseurs et donneurs d’ordre. Elle assure également que l’ensemble des commandes continuera d’être produit sur le site de Feuquières-en-Vimeu, réaffirmant sa volonté de préserver l’emploi local et le savoir-faire industriel. Stéphane Decayeux défend par ailleurs la pertinence du Made in France, estimant qu’il reste viable s’il s’appuie sur des outils de production automatisés et performants. Toutefois, la situation sociale demeure préoccupante : les salaires du mois de janvier n’ont pas encore été versés, ce qui alimente les tensions et l’incertitude parmi les salariés. Ni la direction ni les représentants syndicaux de la CGT n’ont souhaité répondre aux sollicitations, laissant planer des interrogations sur l’avenir à court terme de l’entreprise et de ses employés. (Article du 10/02/2026 – Courrier Picard)

ECONOMIE

Depuis la création des Hauts-de-France, le territoire a gagné en attractivité économique

Dix ans après la création de la région Hauts-de-France, le territoire confirme son attractivité auprès des investisseurs étrangers. Un bilan réalisé par Business France, l’agence publique chargée de l’internationalisation de l’économie française, et relayé par Nord France Invest, met en évidence l’impact significatif des capitaux internationaux sur l’emploi régional. Entre 2016 et 2025, près de 1 500 projets d’investissements étrangers ont été accueillis dans les cinq départements de la région, permettant la création de plus de 62 000 emplois. Selon Luc Doublet, président de Nord France Invest, cette performance repose sur plusieurs atouts structurels : un socle industriel solide, une logistique performante à l’échelle européenne, une montée en puissance des investissements liés à la transition environnementale, ainsi qu’une capacité à accompagner le développement des entreprises déjà implantées tout en attirant de nouveaux acteurs. Ces éléments ont permis aux Hauts-de-France d’intégrer le Top 10 des régions européennes les plus attractives depuis 2021, avec des résultats particulièrement remarquables dans le secteur industriel. L’évolution des créations d’emplois montre des dynamiques contrastées selon les périodes. Entre 2016 et 2019, les investissements étrangers ont généré chaque année entre 4 500 et 5 700 emplois. Après la crise sanitaire de 2020, marquée par la création de 4 700 emplois, la région a connu une forte accélération entre 2021 et 2023. Cette période a bénéficié d’un cycle industriel très favorable, notamment grâce à l’annonce de plusieurs gigafactories de batteries électriques, entraînant plus de 8 000 créations d’emplois par an pendant trois ans. Les années 2024 et 2025 marquent une phase de stabilisation, avec environ 11 000 emplois créés sur deux ans, retrouvant un niveau proche de celui d’avant-crise. Sur l’ensemble de la décennie, l’industrie reste le principal moteur des investissements étrangers, avec 548 projets générant près de 27 000 emplois. Le secteur tertiaire suit avec 519 projets et plus de 19 000 emplois, tandis que la logistique représente 126 projets pour près de 10 800 emplois créés. En 2025, 186 projets d’investissements étrangers ont permis la création de 5 963 emplois, majoritairement issus de créations de sites et d’extensions d’implantations existantes. Les principaux pays investisseurs sont la Belgique, l’Allemagne, les États-Unis, le Royaume-Uni et la Suisse. Géographiquement, les investissements restent très majoritairement concentrés dans le Nord et le Pas-de-Calais, qui captent plus de 70 % des projets. Malgré une attractivité régionale croissante, la Picardie peine encore à rivaliser avec le Nord – Pas-de-Calais en matière d’investissements étrangers. (Article du 09/02/2026 – Courrier Picard)


La croissance du bioéthanol doit profiter à la Picardie


La filière du bioéthanol connaît une dynamique favorable en France, portée par une hausse significative de la consommation et un cadre fiscal jugé rassurant par les acteurs du secteur. Au lendemain de l’adoption définitive du budget de l’État pour 2026, la Collective du bioéthanol, regroupant notamment Bioéthanol France et l’Association interprofessionnelle de la betterave et du sucre, a exprimé son soulagement : le carburant vert n’a finalement pas été soumis à une nouvelle taxation, malgré des discussions parlementaires en ce sens. Le bioéthanol est aujourd’hui largement intégré aux carburants essences. Il est incorporé jusqu’à 7,5 % dans le SP95 et le SP98, jusqu’à 10 % dans le SP95-E10, et jusqu’à 85 % dans le Superéthanol-E85. Le maintien de la fiscalité avantageuse de l’E85 est perçu comme un signal positif pour la filière. Celle-ci se félicite également du recul de la Commission européenne sur l’interdiction totale des moteurs thermiques après 2035, un contexte favorable alors que le Superéthanol-E85 célèbre ses vingt ans. Les chiffres confirment cette progression. En 2025, les volumes de bioéthanol consommés ont augmenté de 15 %, portés par la hausse globale des ventes d’essence et par l’augmentation de la part d’éthanol incorporée. Le Superéthanol-E85 représente à lui seul 34 % de l’éthanol utilisé en France et se maintient à un niveau proche de son record historique de 2022. Le volume total incorporé dans les essences est passé de 16,6 millions d’hectolitres en 2024 à 19 millions en 2025. La filière met en avant les bénéfices environnementaux et économiques de l’E85. Ce carburant permet de réduire les émissions de CO₂ de 79 % par rapport à l’essence classique. Malgré le coût d’installation d’un boîtier de conversion, compris entre 650 et 800 euros, l’économie à l’usage reste importante : en 2025, l’écart de prix entre le SP95-E10 et l’E85 a permis une économie nette estimée à 46 %. Produit à partir de céréales et de betteraves, le bioéthanol constitue un débouché stratégique pour l’agriculture française. La filière représente environ 9 000 emplois et permet à plus de 55 000 agriculteurs de diversifier leurs revenus. La Picardie, première région betteravière de France, joue un rôle central dans cet essor. Elle fournit un tiers des betteraves françaises et contribue à faire de la France le premier producteur européen de bioéthanol, la betterave représentant environ 40 % de la biomasse utilisée. Dans l’Aisne, la sucrerie Tereos d’Origny-Sainte-Benoîte produit à elle seule près d’un tiers du bioéthanol national. Pour les betteraviers, cette diversification est essentielle pour stabiliser les revenus agricoles. Tous s’accordent sur la nécessité de développer la filière bioéthanol en complément des solutions électriques, afin d’assurer une transition énergétique équilibrée. (Article du 09/02/2026 – Courrier Picard)

TRANSPORT

Bus à haut niveau de service : Alain Gest, président d’Amiens Métropole, réagit

À la suite de la parution d’un article critique sur le bus à haut niveau de service (BHNS), le président d’Amiens Métropole, Alain Gest, a tenu à apporter plusieurs précisions afin de défendre le bilan du réseau de transport. Selon lui, la satisfaction des usagers constitue le meilleur indicateur de performance. Les enquêtes menées tous les trois ans par Keolis montrent des résultats élevés : 87 % de satisfaction globale en 2022 et plus de 90 % attendus en 2025, d’après les premiers éléments en cours d’analyse. La fréquentation confirme cette tendance, avec une hausse de 26 % des validations hors samedi entre 2017 et 2024. Par ailleurs, l’enquête mobilité certifiée par le CEREMA fait état d’une progression de la part des déplacements en bus, passée de 7 % à 10 % depuis 2010. La qualité d’exploitation est suivie régulièrement, avec des pénalités appliquées en cas de manquements (24 000 euros en 2025). Les indicateurs restent jugés satisfaisants, notamment en matière de ponctualité et d’information aux voyageurs. Concernant les coûts, Alain Gest précise qu’un bus électrique coûte 600 000 euros hors taxes, et non 800 000 euros, les batteries étant louées par la collectivité. Les investissements bénéficient en outre d’un remboursement forfaitaire de TVA par l’État. La fréquence des lignes Némo est fixée à 12 minutes en journée, sauf pour la ligne N4. Les 46 derniers bus commandés, dont 14 prochainement livrés, disposent de rampes électriques. Lors du récent épisode de grand froid, seules six pannes de batterie ont été recensées, avec un taux de disponibilité comparable à celui des bus au biogaz. Des opérations de maintenance préventive ont été menées, et une campagne supplémentaire sera prise en charge par le constructeur Irizar. Le BHNS, réalisé entre 2017 et 2019, comprend 10 km de voies dédiées, 11,4 km d’aménagements cyclables, 5 000 plantations et 200 quais accessibles, sans avoir été conçu en site propre intégral. Le réseau de proximité restructuré en 2021 affiche +39 % de validations. L’application Ametis enregistre 716 341 visites mensuelles en 2025. Enfin, la tarification, fondée sur le quotient familial, est présentée comme l’une des plus accessibles de France, avec gratuité chaque samedi. (Article du 13/02/2026 – Courrier Picard)