La Revue de Presse
Retrouvez l'actualité économique du territoire de la semaine 6

ACTUALITES ENTREPRISES
Le bâtiment d’une scierie complètement détruit par le feu
Un important incendie s’est déclaré samedi 31 janvier vers 21 heures à la Scierie Jérôme, située à La Neuville-en-Hez, dans l’Oise, à l’ouest de Clermont. Le sinistre a fortement mobilisé les secours et marqué les habitants du secteur. Visible depuis la nationale 31, le brasier a attiré l’attention de nombreux automobilistes. Un bâtiment de 700 m², utilisé comme showroom par l’entreprise, a été entièrement détruit par les flammes. Fort heureusement, aucun blessé n’est à déplorer, l’incendie s’étant déclaré alors que la scierie était fermée. Face à l’ampleur du feu, soixante sapeurs-pompiers et une vingtaine de véhicules ont été engagés pour maîtriser l’incendie. Les gendarmes sont également intervenus afin de sécuriser les lieux et bloquer la circulation sur l’axe concerné, permettant aux secours de manœuvrer dans de bonnes conditions. Grâce à leur intervention rapide, le feu n’a pas touché les bâtiments voisins, notamment un pavillon situé à proximité, et aucune évacuation n’a été nécessaire. Le maire de La Neuville-en-Hez, Jean-François Dufour, arrivé sur place peu après l’alerte, a témoigné de la violence du sinistre : en quelques minutes, les flammes avaient déjà envahi l’ensemble du bâtiment. Si le foyer principal a été éteint au cours de la nuit, les pompiers sont restés mobilisés dimanche matin pour assurer une phase de surveillance et éviter toute reprise du feu. La route départementale 931, rue de Courlieu, est restée coupée à la circulation jusqu’à dimanche, perturbant les déplacements dans le secteur. Cet incendie touche durement une entreprise emblématique du territoire. Fondée en 1948 par Paul Jérôme, la scierie est l’une des dernières encore en activité dans l’Oise et demeure une entreprise familiale depuis sa création. Elle avait déjà été frappée par un drame en octobre 2023 avec le décès accidentel de Jean-Luc Jérôme, père des dirigeants actuels. L’entreprise emploie six salariés, qui se retrouvent placés en chômage technique à compter du lundi 2 février. La destruction de l’outil de travail suscite une vive inquiétude quant à l’avenir de la scierie. La cause de l’incendie restait inconnue dimanche et une enquête devra déterminer l’origine du sinistre, tandis que le passage des experts pourrait retarder toute reprise d’activité. (Article du 02/02/2026 – Courrier Picard)
Ritleng Revalorisations, qui recycle du plâtre, partenaire de Knauf
Le groupe alsacien Ritleng Revalorisations, spécialisé dans le recyclage du plâtre, poursuit son développement avec la construction d’une seconde usine à Auneuil, dans l’Oise. Implantée à Rohr, l’entreprise bénéficie désormais d’un renfort stratégique avec l’arrivée du groupe allemand Knauf, fabricant international de matériaux de construction basé à Iphofen, et de HL Développement, expert en gestion des déchets. Ces partenariats ont conduit à la création d’une coentreprise baptisée Ritleng Revalorisations Hauts-de-France, positionnant le projet comme un acteur majeur du recyclage industriel du gypse en France et en Europe. L’investissement pour cette nouvelle usine atteint 13 millions d’euros. Installée sur une parcelle de 1,5 hectare au sud de Beauvais, elle comprendra un bâtiment de 9 000 m² et devrait entrer en activité à la fin du premier semestre 2026. Sa capacité annuelle de production de 150 000 tonnes de plâtre recyclé surpassera largement celle de l’unité alsacienne, qui traite 47 000 tonnes. À terme, ces deux sites permettront de recycler près d’un tiers des déchets de plâtre produits en France, faisant d’Auneuil le plus grand centre de recyclage de gypse du continent. Une fois l’usine montée en charge, le gypse recyclé sera acheminé vers l’usine Knauf de Saint-Soupplets, en Seine-et-Marne. Cette synergie vise à réduire la dépendance au gypse naturel tout en soutenant les objectifs de développement durable et d’économie circulaire du groupe allemand. Selon Martin Brown, directeur de la supply chain de Knauf, le partenariat garantit un approvisionnement régional en gypse recyclé de haute qualité et réduit l’impact environnemental du cycle de production en France, tout en constituant une étape clé du développement du recyclage industriel du gypse. Pour Ritleng Revalorisations, ce projet constitue également un tremplin vers l’international. Jean-Luc Ritleng, président du groupe, souligne que leur expertise dans le recyclage de flux complexes et la production industrielle de gypse recyclé est désormais validée par un partenariat stratégique avec Knauf. Cela permettra à l’entreprise alsacienne d’apporter des solutions techniques innovantes à un secteur en forte expansion mondiale. Outre Knauf, Ritleng Revalorisations fournira également Etex, groupe belge ayant repris en 2011 les activités plâtre de Lafarge, consolidant ainsi le lancement et la viabilité commerciale de l’usine oisienne. Avec cette nouvelle implantation, Ritleng Revalorisations se positionne comme un acteur majeur du recyclage du plâtre en France et en Europe, alliant performance industrielle et responsabilité environnementale. (Article du 02/02/2026 – Courrier Picard)
Centropolis, une association qui s’engage pour la santé
L’association Centropolis a clôturé, lundi, une journée marquante placée sous le signe de la santé et de la solidarité territoriale, en menant deux actions majeures en partenariat avec les acteurs locaux du secteur. La matinée s’est déroulée à la clinique Victor Pauchet, où une cérémonie officielle a permis la remise de chèques issus des animations organisées dans le cadre d’Octobre rose. Grâce à la mobilisation des partenaires et des bénévoles, deux dons de 15 000 euros ont été attribués, l’un à la clinique Victor Pauchet, l’autre au CHU Amiens-Picardie. Le CHU a décidé d’affecter cette somme à l’APSSOS (Association Amiens Picardie pour la promotion des soins oncologiques de support), tandis que la clinique Victor Pauchet a choisi de soutenir l’association Vivre Pleinement. Dans les deux cas, les fonds serviront à financer des soins de support et de bien-être destinés aux femmes atteintes de cancer, un accompagnement complémentaire essentiel au parcours médical. Ces soins contribuent à améliorer la qualité de vie des patientes en prenant en compte les dimensions physiques, psychologiques et sociales de la maladie. La cérémonie s’est tenue en présence de Cédric Brochart, président du groupe IMAO, spécialisé dans l’imagerie médicale et partenaire fidèle de Centropolis depuis cinq ans. Flavie Herbette-Hengels, présidente de l’association, a salué l’engagement collectif ayant permis la réussite de l’opération. Elle a également rappelé l’importance des soins d’accompagnement dans la prise en charge globale des patientes en oncologie. En fin de journée, Centropolis a poursuivi son action avec la soirée Prév’Impact, consacrée à la santé mentale sur le territoire amiénois. Organisée dans les locaux de l’École supérieure de commerce, cette rencontre était portée par la CCMO Mutuelle, Arnaud Poix, co-fondateur de Prév’Impact, Libr’Action et Centropolis. L’objectif affiché était de favoriser les synergies entre institutions, entreprises et associations engagées dans la prévention et l’accompagnement en santé mentale. Flavie Herbette-Hengels a également annoncé un projet structurant : la création, en juin 2026, d’une plateforme grand public développée avec l’Université de Picardie Jules Verne, destinée à recenser et rendre visibles les dispositifs d’accompagnement existants. De nombreux acteurs, dont l’Assurance Maladie, l’Aract, l’Asmis, Holicare, Oxynia, Prevaxio, Noeud Papillon et l’EPSM de la Somme, ont confirmé leur engagement dans cette dynamique collective. (Article du 05/02/2026 – Courrier Picard)
Deux cheffes d’entreprises, main dans la main
Dans le Val de Somme, deux cheffes d’entreprise du secteur du luxe, Adeline Moniez, fondatrice de la marque Marbella, et Céline Gonthiez, dirigeante de Gonthiez frères, ont choisi d’unir leurs forces, leurs idées et leurs questionnements. Cette collaboration, fondée sur la complicité et le partage, illustre une nouvelle manière d’entreprendre, plus collective et profondément ancrée dans le territoire. Il y a une quinzaine d’années, Adeline Moniez, déjà liée à de grandes maisons comme Chanel ou Dior, se heurte à des préjugés sur ses origines picardes. Loin de s’en détourner, elle décide au contraire d’en faire une force. Elle associe alors sa marque Marbella à Miss Picardie, affirmant haut et fort son attachement à la région. Depuis, la marque connaît un succès international : ses bijoux de peau repositionnables, conçus dans ses ateliers de Sailly-Laurette par une équipe de six salariées, séduisent jusqu’à des célébrités comme Kim Kardashian. Ces créations se déclinent aujourd’hui sur de nouveaux supports, signe d’une constante innovation. Cette volonté de valoriser les savoir-faire locaux se retrouve dans son partenariat avec Gonthiez frères, entreprise de luxe dirigée par Céline Gonthiez et installée à Corbie. Lors de la cérémonie des vœux du Val de Somme, le 22 janvier 2026, Adeline Moniez a mis en lumière cette collaboration exemplaire. Ensemble, elles ont imaginé une manchette en laiton conçue par Gonthiez frères, agrémentée de décors repositionnables fabriqués par Marbella : paillettes, feuilles d’or ou dentelle de Calais permettent de transformer le bijou selon les envies. Au-delà de l’objet, cette association repose sur une vision commune. Céline Gonthiez souligne l’importance de mutualiser les idées et les énergies dans un contexte économique exigeant, estimant que cette dynamique collective stimule la créativité et motive les équipes. Reprise il y a deux ans, l’entreprise Gonthiez frères, fondée il y a 136 ans, compte aujourd’hui près de 100 salariés en France et à l’étranger et partage avec Marbella les mêmes défis : concilier ancrage local et présence parisienne, vie professionnelle et personnelle. La collaboration s’élargit encore avec la Manufacture amiénoise, qui met à disposition d’anciennes plaques d’impression des XVIIIᵉ et XIXᵉ siècles issues du passé textile d’Amiens. Ces motifs historiques viendront orner les bracelets, mêlant héritage et modernité. Enthousiastes, les deux entrepreneures envisagent déjà de nouvelles créations : bracelets plus fins, médaillons, broches ou bagues, poursuivant ainsi une aventure collective au service du luxe local et de l’innovation. (Article du 05/02/2026 – Courrier Picard)
EMPLOI
Les patrons de TPE dans les Hauts-de-France mal payés
Une étude nationale du cabinet d’expertise comptable en ligne Dougs met en lumière les niveaux de rémunération des dirigeants de très petites entreprises (TPE) en France, et révèle des disparités régionales importantes, notamment dans les Hauts-de-France. Fondé en 2015 et inscrit à l’Ordre des experts-comptables, Dougs a analysé les données comptables réelles de 20 427 TPE françaises en 2024, en se concentrant sur les salaires et dividendes réellement perçus par leurs dirigeants. Dans les Hauts-de-France, 213 TPE ont été étudiées, révélant une rémunération médiane annuelle de 16 898 euros. Ce montant est inférieur de 21,9 % à la médiane nationale, qui s’élève à 21 631 euros. La rémunération moyenne dans la région atteint toutefois 29 249 euros, signe que certains dirigeants bénéficient de revenus plus élevés, mais que des écarts significatifs existent entre les chefs d’entreprise. Parmi les cinq départements de la région, c’est le Nord qui offre les meilleures conditions financières aux patrons de TPE. La rémunération médiane y atteint 19 403 euros, soit 10,3 % en dessous de la médiane nationale. La moyenne annuelle dans le Nord est de 31 434 euros, traduisant également des différences marquées entre les dirigeants selon la taille de leur entreprise, le secteur d’activité ou la localisation précise. Selon le cabinet Dougs, ces performances relatives s’expliquent notamment par le dynamisme économique de Lille et son bassin d’activité dense, qui stimule les opportunités commerciales et la capacité de rémunération des entrepreneurs. En comparaison, les autres départements des Hauts-de-France enregistrent des niveaux de salaire inférieurs, ce qui souligne les disparités économiques internes à la région. Cette étude met en évidence la difficulté pour les dirigeants de petites structures de percevoir une rémunération comparable à la moyenne nationale, même si certains départements, comme le Nord, parviennent à limiter l’écart grâce à un environnement économique plus favorable. Globalement, ces chiffres illustrent les défis financiers auxquels font face les chefs de TPE dans la région, qui doivent composer avec des revenus souvent modestes malgré leur rôle clé dans le tissu économique local. La situation contraste avec la moyenne nationale et reflète à la fois les spécificités économiques régionales et les écarts structurels entre petites entreprises et acteurs plus importants du marché. (Article du 02/02/2026 – Courrier Picard)
L’Îlot Gourmand ouvre une pizzeria
L’association l’Îlot, engagée depuis 55 ans dans la réinsertion des personnes en grande précarité, notamment celles sortant de prison, renforce son action avec l’ouverture d’une pizzeria au sein de son atelier d’insertion l’Îlot Gourmand, situé rue d’Abbeville. Inaugurée le mercredi 4 février à midi, cette nouvelle activité vient enrichir une offre déjà variée comprenant un restaurant en libre-service ouvert en semaine, une activité de traiteur et un service de livraison de repas à destination des collectivités, associations et entreprises. Fidèle à son exigence de qualité, l’Îlot a investi dans une cuisine centrale équipée de matériel haut de gamme, notamment des fours à pizzas italiens comparables à ceux utilisés dans les meilleures pizzerias professionnelles. Pour Stéphane Piquet, encadrant technique d’insertion, cet environnement de travail est un véritable levier pédagogique : il permet aux salariés en insertion de se former dans des conditions proches de celles du marché du travail. Ce projet s’inscrit pleinement dans la mission sociale de l’association, dont l’objectif principal est de lutter contre la récidive en accompagnant les publics fragilisés vers une insertion durable. Chaque année, l’Îlot embauche et forme environ une centaine de personnes sans emploi dans le cadre de CDDI, pour des parcours allant de 4 à 24 mois. Ces formations se déroulent au sein de plusieurs ateliers situés dans la zone de Montières : restauration, mécanique et carrosserie. En 2025, le taux de sorties positives a dépassé les 70 %, témoignant de l’efficacité du dispositif. La création de la pizzeria répond également à un besoin identifié dans le secteur de la restauration. Selon l’UMIH, il existe un manque de formation spécifique, notamment dans le domaine de la pizza, alors même que les recrutements sont nombreux. Ce métier exige technicité, rapidité et polyvalence. Grâce à ce nouvel outil, les salariés acquièrent des compétences recherchées, encadrés par des professionnels expérimentés, et bénéficient d’une vision globale du métier. Enfin, la qualité reste au cœur du projet. Les pizzas proposées sont entièrement faites maison, à partir de produits frais et d’ingrédients AOP. Rémi Tréboute, second de cuisine et spécialiste de la pâte à pizza, veille à la transmission de ce savoir-faire, valorisant à la fois le produit final et le travail des salariés en insertion. (Article du 04/02/2026 – Courrier Picard)
Les 82 salariés de Marron TP se sentent abandonnés
Les salariés de l’agence Marron TP de Fouilloy, dans la Somme, traversent une période de profonde incertitude et de désillusion. Mercredi 4 février 2026, le tribunal de commerce de Lille a tranché : l’agence ne sera pas reprise par Constructel, entraînant le licenciement des 82 employés via un plan de sauvegarde de l’emploi (PSE). Cette décision a provoqué incompréhension et colère parmi les salariés, désormais exclus des chantiers depuis le 2 février. Marron TP, entreprise de travaux publics basée à Laon et appartenant au groupe Infracorp, avait été placée en redressement judiciaire le 1er décembre 2025. Après deux mois de procédure, une offre de reprise de Constructel, spécialisée dans les télécommunications, a été acceptée. Celle-ci permet de conserver 202 salariés sur 287 et cinq sites, mais exclut Fouilloy. Selon le délégué syndical CGT Jules Thumerelle, cette décision reste difficile à comprendre, d’autant plus que l’agence travaillait majoritairement pour Enedis sur des réseaux électriques et disposait de chantiers programmés jusqu’en 2027, avec des clients satisfaits. L’avenir des salariés inquiète fortement les représentants du personnel. Le bassin amiénois connaît une tension dans le secteur des travaux publics et 14 salariés ont plus de 55 ans, ce qui complique les perspectives de reclassement. Plusieurs employés dénoncent une absence de prise en compte de la « notion de groupe » et un manque de clarté de la direction. Certains soulignent aussi la dégradation progressive des conditions de travail ces dernières années, avec l’abandon de certaines activités comme la fibre optique. Les difficultés financières étaient connues : des pertes importantes étaient évoquées depuis plusieurs mois et, fin novembre 2025, les salariés ont été officiellement informés du redressement judiciaire. Les investissements ont alors été stoppés et les administrateurs judiciaires ont pris le relais. En matière d’accompagnement, aucune mesure n’est encore formalisée, même si Infracorp évoque une cellule d’aide et le contrat de sécurisation professionnelle. Les syndicats jugent les indemnités proposées insuffisantes et réclament une prime supralégale ainsi qu’un budget formation conséquent. Des offres de reclassement, internes et externes, sont annoncées. Le PSE doit encore être validé par le tribunal et la Dreets. De son côté, la direction générale de Marron TP n’a pas répondu aux sollicitations. (Article du 06/02/2026 – Courrier Picard)
Académie d’Amiens : une « saignée » révisée à 136 postes supprimés
La carte scolaire 2026 provoque une vive colère chez les syndicats enseignants de l’académie d’Amiens, malgré une légère révision à la baisse des suppressions de postes annoncées. Alors que le ministère de l’Éducation nationale avait initialement prévu la suppression de 165 postes, la région Picardie perdra finalement 136 postes d’enseignants à la rentrée prochaine. Cette réduction reste toutefois jugée massive et injustifiable par les organisations syndicales, qui dénoncent un véritable « plan social contre l’Éducation nationale ». Dans le détail, 84 postes seront supprimés dans les écoles du premier degré : 25 dans la Somme, 25 dans l’Aisne et 34 dans l’Oise. Le second degré sera également touché avec 52 postes en moins dans les collèges et lycées, ce qui se traduira par la suppression de 35 divisions dans les collèges et de 11 divisions dans les lycées. À cela s’ajoutent deux suppressions de postes administratifs. Pour les syndicats, ces chiffres rappellent des périodes de fortes restrictions budgétaires, la FSU affirmant qu’il faut remonter à 2012 pour observer une « saignée » d’une telle ampleur. La contestation ne porte pas uniquement sur les suppressions de postes d’enseignants. Les syndicats dénoncent également l’absence totale de moyens supplémentaires pour les personnels éducatifs et sociaux : assistants d’éducation, accompagnants d’élèves en situation de handicap (AESH), psychologues de l’Éducation nationale, infirmiers et assistants sociaux. Cette situation a conduit une intersyndicale à boycotter, le 30 janvier, un comité social académique consacré à la carte scolaire. Pour le SGEN-CFDT Picardie, la réforme engagée s’inscrit dans un mouvement national alarmant, avec 1 891 postes supprimés dans les écoles à l’échelle du pays. Le ministère justifie ces décisions par une baisse attendue de 2 % des effectifs d’élèves, un argument rejeté par la FSU, qui souligne que la France reste mal classée dans les comparaisons internationales en raison de classes déjà surchargées. Les projections définitives ne seront officialisées qu’après les élections municipales, mais les premières estimations inquiètent fortement. Le SNUIPP-FSU évoque déjà la suppression d’environ 35 classes dans la Somme, tandis que dans l’Oise, plusieurs dizaines, voire près d’une centaine de fermetures de classes, pourraient être prononcées. Pour les syndicats, ces décisions risquent d’aggraver durablement les conditions d’enseignement et d’apprentissage. (Article du 06/02/2026 – Courrier Picard)
DAD Decayeux en difficulté
L’Union locale CGT de Friville-Escarbotin a confirmé les inquiétudes entourant la situation de l’entreprise DAD Decayeux, implantée à Feuquières-en-Vimeu, dans la Somme. Selon plusieurs sources, la société aurait déposé une demande de redressement judiciaire, signe de graves difficultés financières. Cette information, si elle est officiellement validée par le tribunal, marque un tournant préoccupant pour un acteur historique et emblématique du tissu industriel local. Fondée en 1872, Decayeux est spécialisée dans la fabrication de boîtes aux lettres individuelles et collectives, ainsi que de portes de sécurité. Reconnue comme un fleuron industriel du Vimeu, l’entreprise s’est imposée au fil des décennies comme le leader européen de son secteur. Son ancrage territorial est fort, notamment à Feuquières-en-Vimeu, où se situe son site historique, qui emploierait plus de 200 salariés. Le groupe Decayeux compte au total plus de 600 salariés, dont environ 350 en France, selon les chiffres de 2022. Jusqu’à présent, l’entreprise bénéficiait d’une image de solidité et de stabilité, ce qui rend la situation actuelle d’autant plus brutale pour les salariés. Ces derniers auraient en effet vécu un événement inédit : le non-versement de leur salaire le lundi 3 février. Un fait exceptionnel dans l’histoire de la société, qui accentue l’inquiétude et l’incertitude au sein des équipes. La demande de redressement judiciaire constitue une procédure encadrée par la loi, destinée aux entreprises qui ne sont plus en mesure de faire face à leurs dettes mais dont l’activité reste jugée viable. Si le tribunal de commerce accepte cette demande, une période d’observation sera ouverte. Durant cette phase, un administrateur judiciaire sera désigné afin d’analyser en détail la situation économique et financière de l’entreprise. Son rôle sera d’évaluer les chances de redressement et de proposer, le cas échéant, un plan de sauvegarde permettant de poursuivre l’activité et de préserver un maximum d’emplois. Pour les salariés comme pour les acteurs économiques du territoire, cette procédure représente un espoir, mais aussi une source d’angoisse. L’avenir de Decayeux, entreprise emblématique du Vimeu et pilier de l’emploi local, dépendra désormais des conclusions de l’administrateur judiciaire et des décisions du tribunal, dans un contexte industriel et économique déjà fragilisé. (Article du 06/02/2026 – Courrier Picard)
ECONOMIE
Une belle énergie pour une réindustrialisation
Le site de l’ancienne sucrerie d’Eppeville, laissé en grande partie à l’abandon depuis plusieurs années, s’apprête à connaître une profonde reconversion industrielle. Le 29 janvier, la société Energipole Remédiation a présenté officiellement son projet de « village industriel énergétique », un ambitieux programme qui transformera 184 hectares de friche en un pôle dédié à la transition écologique, à l’économie circulaire et à la réindustrialisation du territoire. Seule une petite partie du site reste aujourd’hui utilisée par le groupe sucrier Saint-Louis pour le stockage. Spécialiste de la dépollution des sols, de la gestion des déchets, de la déconstruction et du désamiantage, Energipole Remédiation souhaite faire de ce futur village un véritable démonstrateur de solutions concrètes pour une industrie bas-carbone. Le projet repose sur un nouveau mix énergétique, la sobriété des usages, la circularité des ressources et la valorisation d’écomatériaux issus de gisements locaux. Une étude de faisabilité menée dans un rayon de 50 kilomètres a confirmé l’abondance de ressources végétales exploitables, permettant notamment la production de supports drainants, de granulats ou de charbon actif d’origine végétale. Plusieurs projets industriels, notamment dans l’agroalimentaire, pourraient s’implanter sur le site. Il est également envisagé de traiter et de valoriser les terres issues du chantier du canal Seine-Nord Europe. À terme, le projet pourrait générer jusqu’à 200 emplois, selon le président d’Energipole Remédiation, Jean-Marie Debert. Le futur village intégrera des infrastructures énergétiques d’envergure : un champ photovoltaïque, une « colline énergétique », un bassin de 600 000 m³ d’eau et des capacités de stockage d’énergie excédentaire. Une ferme d’aquaculture est également prévue, avec une production de gambas utilisant une eau maintenue à 28 °C grâce à une consommation énergétique circulaire. Salvé par les élus et représentants de l’État, le projet est présenté comme un symbole de résilience et de modernité industrielle. Le préfet Rollon Mouchel-Blaisot y voit l’un des plus beaux potentiels de friches industrielles en France, tandis que le maire d’Eppeville, Christophe Vassent, anticipe déjà les aménagements nécessaires, dont la création d’un nouveau rond-point. Si sa mise en œuvre prendra encore plusieurs mois, le projet redonne à Eppeville la perspective de redevenir un fleuron industriel ancré dans les enjeux écologiques actuels. (Article du 02/02/2026 – Courrier Picard)
SANTE
Le CHU d’Amiens-Picardie revendique un bilan de santé en progrès
Le Centre hospitalier universitaire (CHU) d’Amiens affiche une dynamique globalement positive, selon le bilan présenté par son directeur général, Didier Renaut, lors des vœux 2026. Après plusieurs années difficiles marquées par la crise sanitaire, l’établissement semble retrouver des couleurs, tant sur le plan de l’activité que des ressources humaines et des finances. En 2025, l’activité du CHU a nettement progressé. Les prises en charge ont atteint 880 000 passages, soit une hausse de 5 %. Les séjours et séances en médecine-chirurgie-obstétrique ont augmenté de 5,4 %, les passages aux urgences de 3 % (106 800 passages) et les interventions chirurgicales de 3,3 %, pour un total de 34 700 actes. Ces chiffres témoignent d’un retour à une activité soutenue, confirmant la sortie progressive de la période de « sinistrose » post-Covid. Sur le plan des effectifs, la situation s’améliore également. Le CHU, premier employeur de Picardie avec 6 500 agents, a engagé une reconstitution de ses équipes. En 2025, cinq médecins urgentistes et huit anesthésistes-réanimateurs ont été recrutés. Le nombre de postes vacants d’infirmiers a fortement diminué, passant de 70 fin 2023 à 20 fin 2025. Toutefois, certaines tensions persistent, notamment pour les infirmiers de bloc opératoire (IBODE) et les métiers liés au grand âge. Le contexte budgétaire à venir reste par ailleurs contraint, et les enjeux sociaux demeurent, comme l’a montré la grève des brancardiers en 2025. Le CHU peut aussi se prévaloir de résultats encourageants en matière de qualité des soins. Il se classe 12ᵉ sur 33 CHU dans le palmarès 2025 du magazine Le Point et figure dans le top 10 des CHU pour la chirurgie ambulatoire selon l’étude VISUCHIR. Des avancées médicales notables ont été réalisées, notamment en chirurgie urologique avec l’implantation d’un sphincter artificiel urinaire par voie mini-invasive assistée par robot. Sur le plan financier, le désendettement se poursuit. La dette devrait passer de 497 millions d’euros en 2023 à 420 millions à l’horizon 2028-2029, soutenue par les dispositifs « Hôpital 2007 » et le Ségur de la santé. Malgré un résultat d’exploitation encore négatif, celui-ci s’améliore nettement. Enfin, les capacités d’investissement sont maintenues, permettant de nombreux projets structurants, notamment en cancérologie, imagerie médicale et santé bucco-dentaire à l’échelle régionale. (Article du 31/01/2026 – Courrier Picard)
Don d’organes : sauver des vies, une des missions de l’aéroport international Amiens – Henry-Potez
L’aéroport international Amiens – Henry Potez de Méaulte est officiellement devenu, le 30 janvier, une entreprise ambassadrice du don d’organes, marquant un engagement citoyen fort en faveur de la sensibilisation à cette cause de santé publique majeure. Cette reconnaissance a été concrétisée par la signature d’une charte avec le collectif Greffes+, représenté par l’association Transhépate Hauts-de-France. L’aéroport est ainsi le premier de France à obtenir ce statut, la deuxième entreprise du département de la Somme et la première sur la partie Est du territoire à s’engager de cette manière. Souvent associé à la mort, le don d’organes est pourtant avant tout une question de vie. En France, près de 23 000 personnes attendent une greffe et trois patients décèdent chaque jour faute d’organes disponibles. Des chiffres alarmants qui soulignent l’importance de lever les tabous, d’en parler et de sensibiliser le grand public. C’est dans cet esprit que les acteurs régionaux se sont réunis à Méaulte pour affirmer l’importance du dialogue autour du don d’organes, notamment au sein des familles. Pour Virginie Caron, présidente de l’aéroport, le lien entre un aéroport et le don d’organes est une évidence. Lieu d’urgence, de protection et de responsabilité, l’aéroport joue un rôle clé dans les transferts d’organes. En moyenne, une vingtaine de vols sanitaires (EVASAN) y sont accueillis chaque année, transportant médecins et organes pour des missions vitales. Depuis 2014, 243 opérations de ce type ont été réalisées, représentant des centaines de vies sauvées. En 2025, 21 missions ont déjà eu lieu, dont plusieurs de nuit et avec l’intervention du SAMU héliporté. Au-delà de son rôle logistique, l’aéroport souhaite désormais devenir un véritable relais de sensibilisation. « Entre proches, on se le dit » est devenu le message central de cette mobilisation. Ce slogan a été porté avec émotion par Anne-Sophie Level, mère endeuillée devenue militante du don d’organes, et Paul Vignon, jeune greffé du cœur, témoins vivants de l’importance de ce geste solidaire. Avec ce nouvel engagement symbolisé par le ruban vert, l’aéroport Amiens – Henry Potez entend montrer l’exemple et renforcer le lien fragile mais essentiel entre donneurs et receveurs. (Article du 01/02/2026 – Courrier Picard)
ORGANISATION PATRONALE
Un rebond économique attendu par les entreprises du Medef de la Somme
La rentrée 2026 du Medef de la Somme s’est tenue dans un contexte économique et politique encore fragile, mais avec des perspectives plus encourageantes pour l’année à venir. Réunis le 27 janvier 2026 à Amiens, les chefs d’entreprise samarien ont été sondés par le président de l’organisation patronale, Nicolas Blangy, afin de dresser un état des lieux de la situation des PME et TPE du territoire. Selon lui, la fin de l’année 2025 a été particulièrement difficile pour les entrepreneurs. L’instabilité politique nationale, l’attentisme généralisé et les décisions des grands groupes ont pesé lourdement sur l’activité des petites et moyennes entreprises. Nicolas Blangy a décrit un contexte macroéconomique préoccupant, marqué par un déficit budgétaire estimé à 5 %, l’absence de réformes structurelles et une dette publique dont les intérêts coûtent davantage à l’État que les investissements en faveur de la jeunesse. Cette situation a notamment conduit à une réduction des aides à la formation des jeunes, accentuant les inquiétudes du monde entrepreneurial. Malgré ces difficultés, l’année 2026 s’annonce plus favorable. Le baromètre semestriel de Bpifrance, basé sur les réponses de 5 000 entreprises de moins de 250 salariés, met en évidence un regain d’optimisme. Les TPE-PME, en particulier dans le secteur industriel, affichent une volonté d’investissement à hauteur de 58 %. Ce rebond attendu devrait être particulièrement visible dans les Hauts-de-France, avec des perspectives de hausse du chiffre d’affaires et des effectifs. Pour Nicolas Blangy, ce redémarrage ne pourra toutefois être durable sans un environnement plus favorable aux entreprises. Il appelle à la mise en place d’une politique européenne clairement pro-business et encourage les entrepreneurs à diversifier leurs marchés. Cette recommandation intervient dans un contexte de tensions commerciales, notamment avec les États-Unis, où une hausse de 15 % des droits de douane sur les produits européens a été instaurée. Néanmoins, cette mesure a eu un impact limité sur les entreprises de la Somme, dont l’activité reste majoritairement locale. Enfin, les intentions exprimées pour 2026 traduisent un état d’esprit partagé : si certains entrepreneurs souhaitent avant tout « s’en sortir » dans un contexte de croissance modérée, beaucoup affichent néanmoins une volonté d’investir et de préparer l’avenir, signe d’une confiance prudente mais réelle. (Article du 02/02/2026 – Courrier Picard)
Candidat aux municipales, Pascal Fradcourt se met en retrait de la CPME 80
Candidat sur la liste d’Aurélien Caron (LR) aux prochaines élections municipales à Amiens en mars prochain, Pascal Fradcourt, qui postule en cas d’élection à la présidence d’Amiens Métropole, s’est mis en retrait de la présidence de la CPME 80. Dorénavant, la présidence de la Confédération des petites et moyennes entreprises de la Somme sera assurée de façon collégiale par le bureau de l’organisation patronale. Également élu à la CCI Amiens-Picardie, Pascal Fradcourt annonce qu’il a démissionné de ce mandat. (Article du 02/02/2026 – Courrier Picard)
NECROLOGIE
Joël Leclercq, patron d’Igol, s’en est allé
Joël Leclercq, PDG de la holding Cipelia, connue pour commercialiser la marque de lubrifiants Igol, est décédé à l’âge de 81 ans. Figure discrète mais importante de l’économie locale, il a joué un rôle majeur dans le développement et le rayonnement de cette entreprise implantée au pôle Jules-Verne à Glisy, près d’Amiens. Son engagement professionnel et sa contribution au tissu économique régional ont marqué durablement son secteur d’activité. Ses obsèques religieuses se dérouleront le vendredi 6 février à 11 heures à la cathédrale Notre-Dame d’Amiens. La cérémonie sera suivie de son inhumation au cimetière Saint-Acheul ancien, qui se déroulera dans la plus stricte intimité familiale, conformément au souhait de ses proches. Au-delà de son parcours entrepreneurial, Joël Leclercq était également reconnu pour son attachement à la vie locale et associative, notamment dans le domaine sportif. L’Amiens Sporting Club Football, présidé par Bernard Joannin, a tenu à lui rendre hommage en saluant la mémoire d’un partenaire fidèle et historique du club. Dans son message, le club souligne que Joël Leclercq a marqué l’histoire de l’ASC par sa loyauté, son engagement constant et son attachement sincère aux couleurs amiénoises. L’Amiens SC a également exprimé ses sincères condoléances à la famille du dirigeant, à ses proches ainsi qu’aux collaborateurs de la marque Igol, témoignant ainsi de l’importance des liens qu’il avait su tisser entre le monde économique et sportif. Son soutien régulier et sa présence dans les initiatives locales ont contribué à renforcer la notoriété et la stabilité du club. Reconnu pour sa discrétion et son professionnalisme, Joël Leclercq laisse derrière lui l’image d’un dirigeant respecté et investi. Son parcours illustre l’engagement d’un chef d’entreprise attaché à son territoire et soucieux du développement de son entreprise comme du dynamisme local. Sa disparition suscite une vive émotion parmi les acteurs économiques et sportifs de la région amiénoise, qui saluent unanimement la mémoire d’un homme dont l’action et les valeurs resteront profondément ancrées dans la vie locale. (Article du 05/02/2026 – Courrier Picard)