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Jeu. 17 Sep. 2026France Travail : pourquoi certains demandeurs d’emploi décrochent
Une étude du Centre d’études de l’emploi et du travail (CEET) souligne le décalage croissant entre les attentes de certains demandeurs d’emploi et l’accompagnement proposé par France Travail. Fondée sur 57 entretiens menés entre 2022 et 2024 auprès de conseillers et de demandeurs d’emploi, elle montre que certains usagers se tournent progressivement vers d’autres ressources — réseau personnel, associations, structures locales ou candidatures directes — pour retrouver un emploi.
Selon les chercheuses, l’opérateur s’est progressivement éloigné de sa mission historique de placement direct. La diffusion d’offres en ligne, la séparation entre conseillers dédiés aux entreprises et conseillers dédiés aux demandeurs d’emploi, ainsi que le recours accru à des prestations externes ont réduit la capacité des conseillers à intervenir directement dans la mise en relation avec les employeurs.
L’étude identifie trois sources principales de décrochage :
Une offre de services parfois perçue comme trop centrée sur la prescription de prestations — telles que Prépa compétence, Activ’Projet ou les dispositifs d’appui à la candidature — plutôt que sur un accompagnement concret vers l’emploi.
Des contacts avec les conseillers dont le rythme répond davantage à une organisation administrative qu’à l’urgence ou à la singularité des situations individuelles.
Des orientations vers un accompagnement renforcé ou vers l’insertion pouvant être vécues comme stigmatisantes, voire comme une forme de relégation.
Depuis juillet 2026, les modalités d’accompagnement de France Travail ont été réorganisées autour de deux parcours, « Essentiel » et « Intensif ». Le parcours intensif vise les personnes les plus éloignées de l’emploi ou confrontées à des freins importants dans leurs démarches de retour à l’emploi.
Pour le CEET, le principal enjeu consiste à renforcer la dimension de placement et de médiation avec les entreprises : une meilleure connaissance du marché du travail local, des liens plus étroits entre les deux versants de l’accompagnement et des contacts plus réactifs pourraient limiter le sentiment de distance exprimé par certains demandeurs d’emploi
Emploi cadre : les recrutements restent au plus bas
Le marché de l’emploi cadre demeure marqué par l’attentisme. Selon le baromètre de l’Apec publié le 25 août, seules 7% des entreprises envisagent de recruter au moins un cadre au troisième trimestre 2026, soit le niveau le plus bas observé depuis la création de l’indicateur en 2020.
Cette prudence reflète le manque de visibilité économique : les intentions de recrutement reculent particulièrement dans les ETI et les grandes entreprises, où 42% prévoient une embauche de cadre, contre 48% au trimestre précédent. Les services à forte valeur ajoutée sont les plus touchés, tandis que l’industrie résiste mieux, notamment grâce à l’aéronautique et à la construction navale.
Le ralentissement des embauches contribue à une détente des tensions de recrutement : 61% des entreprises ayant un projet de recrutement anticipent encore des difficultés, mais ce taux est le plus faible enregistré depuis cinq ans.
L’inquiétude gagne également les cadres. Près de trois sur dix, soit 28%, se sentent menacés par un risque de licenciement, contre 23% un an auparavant ; ce sentiment atteint 38% chez les moins de 35 ans. Dans ce contexte, 48% considèrent qu’un changement d’employeur constitue un risque et seuls 13% envisagent une mobilité dans les trois prochains mois, contre 15% un an plus tôt.
Le baromètre suggère moins un renoncement définitif à la mobilité qu’un report des projets, dans l’attente d’une conjoncture plus lisible et de perspectives de recrutement plus favorables.
Pisa 2025 : une alerte sur les acquis des élèves français
Les résultats de Pisa 2025 placent la France dans la moyenne de l’OCDE, mais à l’un de ses niveaux les plus faibles depuis le début de l’enquête. La dégradation est particulièrement marquée en compréhension de l’écrit : les élèves français ont perdu près de 44 points depuis 2015, soit l’équivalent d’environ deux années d’apprentissage selon l’OCDE.
En 2025, 67% des élèves atteignent au moins le niveau minimal attendu en compréhension de l’écrit, 64% en mathématiques et 74% en sciences. La France obtient 456 points en écrit, 458 en mathématiques et 483 en sciences : des résultats proches de la moyenne de l’OCDE, mais en recul par rapport aux précédentes éditions, surtout en écrit et en mathématiques.
L’écart entre filles et garçons s’accentue en lecture : les filles devancent désormais les garçons de 32 points, contre 20 points en 2022. En sciences, les inégalités sociales restent également très fortes, avec 100 points d’écart entre les élèves les plus favorisés et les plus défavorisés, contre 85 points en moyenne dans l’OCDE.
L’OCDE invite notamment à renforcer la maîtrise des fondamentaux, soutenir davantage les enseignants, mieux accompagner les établissements et les élèves les plus en difficulté, et consolider le lien entre les familles et l’école. L’enjeu dépasse les seuls résultats aux évaluations : il concerne la capacité du système éducatif à réduire les difficultés précoces et à garantir à tous les jeunes les compétences nécessaires à leur poursuite d’études, leur insertion et leur citoyenneté.
Apprentissage : les nouveaux NPEC déstabilisent les CFA
Entrés en vigueur le 1er septembre 2026, les nouveaux niveaux de prise en charge (NPEC) de l’apprentissage suscitent une forte inquiétude chez les CFA et organismes de formation. Si la méthode, qui redonne davantage de latitude aux branches professionnelles, est globalement saluée, son application immédiate après une publication à la veille de la rentrée est jugée difficilement tenable.
Le principal sujet concerne la brutalité du calendrier : les établissements avaient déjà engagé une large part de leurs recrutements et construit leurs budgets lorsque les nouveaux montants ont été publiés. Dans l’enseignement supérieur, environ 80% des recrutements étaient déjà assurés ou engagés au moment de l’entrée en vigueur du référentiel.
Les écarts entre formations et branches peuvent être considérables. Selon les acteurs du secteur, seules un peu plus de 20% des formations connaissent une évolution limitée de leur NPEC, tandis que plus de 15% subissent une variation supérieure à 30%, à la hausse comme à la baisse. Certaines baisses atteindraient même 60%, mettant directement sous pression l’équilibre économique de formations, les équipes pédagogiques et les investissements nécessaires.
Les conséquences pourraient être importantes : réduction de la taille ou du nombre de promotions, réorientation de l’offre, fragilisation de certaines filières et risque de disparition de cohortes dans les territoires où les effectifs sont faibles. Les CFA pourraient également accroître le reste à charge demandé aux employeurs lorsque le NPEC ne couvre plus le coût réel de la formation.
Les représentants des CFA demandent donc une évaluation rapide des effets du nouveau référentiel, davantage de visibilité et un cadre financier plus stable. L’enjeu est de préserver une offre d’apprentissage de qualité, accessible sur l’ensemble des territoires et en capacité de répondre aux besoins de compétences des entreprises.