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Lundi 20 AvrDes elfes au catalogue de France Travail : une enquête qui interroge la qualité des formations
L’émission « Complément d’enquête », diffusée le 9 avril sur France 2, a mis en lumière la présence d’une formation pour le moins déroutante dans le catalogue de France Travail : un stage intitulé « Elfes, licornes, gnomes, nains, lutins… Et si ce n’était pas seulement des contes ? ». Ce reportage, consacré aux « nouveaux maîtres du bien‑être », pointe les risques de dérives sectaires et d’exercices illégaux de la médecine dans certains parcours se revendiquant du développement personnel.
Une formation « elfes et licornes » financée pendant des années
En se faisant passer pour une demandeuse d’emploi souhaitant se reconvertir dans le secteur animalier, la journaliste de France 2 a pu s’inscrire à ce stage via le site de France Travail, au milieu d’autres formations classiques (toilettage canin, apiculture, etc.). Le programme proposait notamment « rencontre du peuple des elfes », « activation de codes magiques » et « dialogue avec des êtres invisibles ». Selon l’enquête, la formatrice aurait perçu environ 43 000 euros de France Travail entre 2011 et 2020, avant un durcissement des critères de référencement.
La réaction de France Travail
Interrogé dans le reportage, Thibaut Guilluy, directeur général de France Travail, reconnaît le caractère « évidemment surprenant » de cette formation et indique qu’il va vérifier la situation. Il rappelle que le catalogue compte entre 300 000 et 400 000 formations, validées par un organisme extérieur, ce qui laisse la porte ouverte à des tentatives d’acteurs « mal intentionnés » proposant des formations « baroques, inefficaces ou dangereuses ». Il assure toutefois que dès que l’opérateur reçoit des remontées de demandeurs d’emploi ou de conseillers, il agit pour retirer ces formations du catalogue.
Un risque de dérives connu dans la formation professionnelle
L’affaire ne tombe pas de nulle part : la question des dérives sectaires dans la formation professionnelle est identifiée depuis plusieurs années, et s’est renforcée avec l’essor du développement personnel, de la santé et du bien‑être. En mai 2025, la Miviludes, la DGEFP et France Travail avaient déjà co‑organisé un webinaire pour sensibiliser les acteurs et rappeler l’importance de travailler en réseau sur ce sujet, en incitant les organismes de formation à intégrer ce risque dans leurs pratiques. Cette séquence télévisée pourrait accélérer la réflexion sur les critères de référencement et les mécanismes d’alerte, afin de mieux protéger les publics en recherche de formation.
Cadres et assurance chômage : un attachement plus fort qu’ailleurs
Même si les cadres restent moins exposés au chômage que les autres salariés, ils ne se sentent pas pour autant à l’abri d’une perte d’emploi. Une enquête Apec–Unédic publiée le 14 avril 2026 montre qu’un quart d’entre eux juge très probable de connaître une période de chômage dans les deux prochaines années.
Des risques perçus comme bien réels
Dans le secteur privé, seuls 4,2% des cadres sont au chômage, soit un taux deux fois inférieur à celui des non‑cadres (9,2%), un écart stable dans le temps. Pour autant, 92% des cadres estiment pouvoir être confrontés au chômage au cours de leur carrière et 24% jugent même ce risque très probable à court terme. Au‑delà de la perte de poste, la principale crainte porte sur la qualité du futur emploi : 61% redoutent de ne pas retrouver un poste équivalent, un sentiment qui grimpe à 75% après 55 ans.
Un chômage vécu comme une situation subie
Les cadres attribuent d’abord le chômage à des facteurs externes, en tête desquels la conjoncture économique. Ils citent aussi la tendance des entreprises à “faire plus avec moins de collaborateurs” et la réticence à embaucher, davantage que l’absence de concessions dans la recherche d’emploi. À l’inverse, ils mobilisent moins les explications individuelles comme le niveau des allocations ou le manque de volonté des chômeurs.
Une bienveillance plus forte envers les demandeurs d’emploi
Cette lecture “systémique” du chômage se traduit par une attitude plus bienveillante vis‑à‑vis des demandeurs d’emploi. Ainsi, 78% des cadres estiment que le quotidien d’un chômeur est plus difficile que celui d’un actif occupé, soit 15 points de plus que l’ensemble des salariés. Pour beaucoup, au‑delà de six mois, une période de chômage devient d’ailleurs difficile à justifier, ce qui renforce le sentiment de vulnérabilité.
Un attachement marqué au modèle d’assurance chômage
Dans ce contexte, l’attachement des cadres au système d’assurance chômage apparaît particulièrement fort : 80% s’y déclarent attachés, contre 57% de l’ensemble des salariés du privé. Pour sept cadres sur dix, l’assurance chômage permet de diminuer l’inquiétude liée à un licenciement et de faciliter les transitions professionnelles. Même si tous ne maîtrisent pas précisément ses règles (proportionnalité du salaire, plafonds, durée…), neuf cadres sur dix se considèrent éligibles en cas de perte d’emploi.
Un levier clé pour sécuriser les parcours
Pour l’Apec, cet attachement souligne le rôle clé de l’assurance chômage pour sécuriser les parcours et soutenir les mobilités professionnelles des cadres. L’Unédic avance qu’un meilleur niveau d’information sur le fonctionnement du système et les droits associés contribue sans doute à ce regard plus positif. Même moins exposés au risque de chômage, les cadres n’en demeurent pas moins concernés par les aléas de carrière liés aux transformations économiques et organisationnelles des entreprises.
ADREE : un levier stratégique pour renforcer les liens école-entreprise
Attirer les talents, donner du sens aux parcours, anticiper les compétences de demain : pour les RRH, ces enjeux ne sont plus périphériques, ils sont devenus centraux. Pourtant, une partie de la réponse se trouve souvent en amont, là où tout commence : dans la relation entre l’entreprise et le monde éducatif.
C’est précisément là qu’intervient l’ADREE (Action pour le Développement des Relations École-Entreprise). Plus qu’un dispositif, c’est une démarche concrète qui permet aux entreprises de reprendre la main sur leur vivier de compétences. En allant à la rencontre des jeunes, en faisant connaître leurs métiers, en s’impliquant dans les parcours de formation, les entreprises ne subissent plus les difficultés de recrutement : elles les anticipent.
Pour les directions des ressources humaines, l’ADREE offre un cadre structurant et opérationnel. Il ne s’agit pas simplement de participer à un forum ou d’accueillir un alternant, mais bien de construire une stratégie cohérente de relation école-entreprise. Identifier les bons interlocuteurs, intervenir au bon moment dans les parcours, valoriser ses métiers de manière pertinente… autant d’actions qui, mises bout à bout, renforcent durablement l’attractivité de l’entreprise.
S’engager dans cette dynamique, c’est aussi agir sur sa marque employeur de façon tangible. Les jeunes talents ne choisissent plus uniquement un poste, ils choisissent une entreprise qui s’engage, qui transmet et qui ouvre des perspectives. En investissant le champ de la relation école-entreprise, les RRH donnent à voir une entreprise ancrée dans son territoire, tournée vers l’avenir et pleinement actrice du développement des compétences.
Portée par le MEDEF, l’ADREE permet également de ne pas rester seul face à ces enjeux. Elle s’inscrit dans une logique collective, en lien avec les acteurs de l’emploi, de la formation et de l’orientation. Cette approche partenariale démultiplie l’impact des actions menées et permet de mutualiser les bonnes pratiques.
Au fond, l’ADREE invite à changer de posture : passer d’une logique de recrutement à une logique de construction des talents. Une évolution essentielle pour répondre aux défis actuels… et à ceux de demain.