La Revue de Presse
Ven. 11 Sep. 2026SOCIETE
Fraudes bancaires : forte hausse des escroqueries par manipulation en 2025
En France, la fraude aux moyens de paiement a fortement évolué en 2025. Selon les chiffres publiés par l’Observatoire de la sécurité des moyens de paiement (OSMP) de la Banque de France, le montant total des fraudes a augmenté de 3,8 %, atteignant 1,24 milliard d’euros, alors même que le nombre de transactions frauduleuses a diminué de 8 %. Cette hausse s’explique principalement par la progression des fraudes par manipulation. Ces escroqueries consistent notamment à se faire passer pour un conseiller bancaire ou une autre personne de confiance afin de convaincre la victime de réaliser ou de valider elle-même une opération frauduleuse. Le montant de ces fraudes a bondi de 34 % en un an, pour atteindre 516 millions d’euros. Elles représentent désormais plus de 40 % de la fraude totale, contre 32,1 % en 2024. L’OSMP souligne que personne n’est à l’abri de ces pratiques : jeunes, personnes âgées ou catégories socioprofessionnelles supérieures peuvent toutes être ciblées. Les récentes fuites de données personnelles facilitent également le travail des fraudeurs. Grâce aux informations obtenues, leurs messages d’hameçonnage peuvent paraître beaucoup plus crédibles. Par exemple, un faux message de la Sécurité sociale contenant le véritable numéro de Sécurité sociale d’une victime peut sembler authentique. Face à cette situation, la Fédération française bancaire appelle les acteurs du numérique et des télécommunications à renforcer leur action. Elle demande notamment un retrait plus rapide des contenus frauduleux, un meilleur contrôle des annonceurs ainsi qu’un filtrage plus efficace des messages et appels usurpés. Par ailleurs, les habitudes de paiement continuent de se transformer. La carte bancaire reste le moyen de paiement dominant, mais son taux de fraude a atteint son niveau historique le plus bas, à 0,047 %. Le paiement mobile progresse également et représente désormais près d’un paiement de proximité par carte sur cinq. Les virements instantanés connaissent une forte croissance (+78 % en un an) et concernent près d’un virement sur six. À l’inverse, l’usage du chèque poursuit son déclin : il ne représente plus que 1,9 % des paiements scripturaux, et le montant des transactions par chèque a diminué de 46 % depuis 2020. (Article du 08/09/2026 – Courrier Picard)
TRANSPORTS AERIENS
Agrandissement de l’aéroport : « Un projet d’intérêt général »
Anthony Martin, président exécutif de Bellova, défend le projet d’agrandissement de l’aéroport de Beauvais-Tillé, alors que l’enquête publique doit s’achever le 15 septembre et que les premiers travaux sont envisagés pour 2027. Selon lui, l’aéroport, qui a accueilli 6,7 millions de passagers en 2025 et constitue le neuvième aéroport français, est aujourd’hui arrivé à saturation. Les infrastructures actuelles, notamment les deux terminaux, ne seraient plus adaptées à l’importance du trafic et entraîneraient des problèmes de qualité de service pour les voyageurs et les salariés. Le projet prévoit de réunir les deux terminaux et d’augmenter leur surface de 14 000 à 43 000 m². Martin souligne également la pression exercée par Ryanair, principale compagnie de la plateforme. Face à des temps d’attente trop importants aux contrôles de sûreté, la compagnie avait menacé de réduire son trafic. Bellova a donc changé d’opérateur de sûreté et ajouté deux postes de filtrage, ce qui aurait permis d’absorber le trafic estival. Il estime en revanche que la diminution des vols prévue durant l’hiver ne résulte pas de la saturation de l’aéroport, mais de la hausse des coûts du carburant liée au contexte international. Le projet suscite toutefois des inquiétudes concernant le respect du plafond de 45 000 mouvements aériens. L’Autorité environnementale a notamment exprimé des doutes sur ce seuil. Anthony Martin affirme que l’étude d’impact repose sur cette limite et qu’une nouvelle étude serait nécessaire si elle venait à être supprimée. Il précise également que le document de planification permettant d’envisager l’évolution de l’aéroport est élaboré par le concessionnaire, mais que toute décision doit recevoir l’accord des élus. Sur le plan environnemental, Martin reconnaît que l’aéroport ne pourra pas atteindre seul les objectifs nationaux de décarbonation. Bellova prévoit néanmoins plusieurs mesures : études sur les particules ultrafines, renaturation de 12 hectares, reforestation, amélioration des transports et développement d’avions moins polluants et moins bruyants. Enfin, il assume la nécessité de développer l’aéroport, qu’il considère comme un projet d’intérêt général générant activité et emplois, avec environ 1 500 emplois directs. Les travaux devraient commencer après les autorisations nécessaires, avec un parking de 500 places pour le personnel prévu au printemps 2027, avant la jonction des deux terminaux. (Article du 10/09/2026 – Courrier Picard)
Tillé signera-t-elle le permis de construire autorisant l’agrandissement de l’aéroport ?
La maire de Tillé, Catherine Martin, se retrouve dans une situation délicate concernant le permis de construire nécessaire à l’extension de l’aéroport de Beauvais-Tillé. Elle affirme ne pas avoir encore pris sa décision, consciente qu’un accord comme un refus pourrait mécontenter une partie de la population. Un refus qui ne serait pas suffisamment justifié pourrait également entraîner un recours devant la justice administrative. Très exposée aux nuisances de l’aéroport, la commune de Tillé a toujours exprimé des réserves sur son développement. Cette position place donc la maire entre les défenseurs du projet et ses opposants. La réunion de clôture de l’enquête publique, organisée à Tillé, a illustré les fortes tensions autour du projet. Environ 250 personnes se sont réunies dans une salle trop petite, donnant lieu à des échanges particulièrement houleux. Le projet prévoit d’augmenter progressivement la capacité de l’aéroport jusqu’à 9,3 millions de passagers par an et de fixer un plafond à 45 000 mouvements aériens. Cependant, le respect de cette limite suscite de nombreuses inquiétudes. Anthony Martin, président exécutif de Bellova, affirme que ce plafond a été fixé par les élus. Pourtant, Catherine Martin estime que le contrat liant Bellova à l’aéroport ne garantit pas réellement son respect. Selon elle, le seul engagement repose actuellement sur la volonté des élus, qui pourrait évoluer après chaque élection. Cette situation est d’autant plus préoccupante que la délégation de service public entre Bellova et l’aéroport s’étend sur 30 ans, soit bien plus longtemps qu’un mandat municipal de six ans. L’opposition au projet s’étend également à d’autres communes. À Troissereux, la municipalité s’est prononcée contre l’agrandissement, notamment en raison des survols répétés d’avions. La première adjointe Alexandra Bouvier-Gallay appelle même l’ensemble des communes de l’Agglomération du Beauvaisis à s’opposer au projet afin de faire davantage entendre leur voix. Enfin, l’ADERA, association représentant les riverains et revendiquant environ 700 membres, dénonce un projet qu’elle juge insuffisamment contrôlé. Sa présidente, Claire Olivier, estime que l’emploi ne peut pas justifier toutes les décisions concernant le développement de l’aéroport. Le projet provoque ainsi une opposition croissante entre les enjeux économiques et les préoccupations environnementales et locales. (Article du 10/09/2026 – Courrier Picard)
ENSEIGNEMENT SUPERIEURS
L’UPJV ouvre huit formations malgré les contraintes financières
L’Université de Picardie Jules-Verne (UPJV) aborde la rentrée 2026 avec une progression de ses effectifs et de son classement international, tout en faisant face à des difficultés financières et à des inquiétudes concernant les étudiants étrangers. Pour la deuxième année consécutive, l’université apparaît dans le classement de Shanghai, qui distingue les 1 000 meilleures universités mondiales. Elle progresse dans la catégorie des établissements classés entre la 801e et la 900e place et se situe au 24e rang parmi les 27 universités françaises recensées. L’UPJV reste le principal établissement d’enseignement supérieur de Picardie. Elle compte désormais 25 519 étudiants, soit une hausse de 8 % par rapport à l’année précédente. Elle emploie également environ 1 200 enseignants-chercheurs et 1 000 personnels administratifs et techniques. Malgré cette dynamique, l’université doit composer avec un contexte budgétaire difficile. Son président, Denis Postel, dénonce un modèle de financement à bout de souffle et un contrôle financier de plus en plus strict. En 2025, l’UPJV a enregistré un déficit de 860 000 euros sur un budget de 250 millions. Une mobilisation nationale est prévue pour réclamer davantage de moyens pour l’enseignement supérieur et la recherche. La situation des étudiants étrangers, particulièrement ceux venant de pays hors Union européenne, constitue une autre source d’inquiétude. Les droits d’inscription augmentent fortement, atteignant 2 902 euros en licence et 3 950 euros en master, contre respectivement 178 et 255 euros pour les étudiants européens. Selon la direction, ces mesures risquent de réduire l’attractivité de l’université et d’entraîner des départs, notamment dans les sciences, les mathématiques et les formations de niveau master et doctorat. Malgré les contraintes financières, l’UPJV enrichit son offre avec huit nouvelles formations, dont des doubles licences, plusieurs masters et de nouvelles spécialités d’ingénierie. Les formations paramédicales sont également davantage intégrées à l’université. Enfin, l’UPJV poursuit le développement de sa recherche, notamment dans les domaines de la santé, de l’environnement et de l’énergie. De nouveaux projets industriels et médicaux sont prévus, tandis que plusieurs bâtiments universitaires sont construits ou rénovés. La rénovation de l’UFR de sciences d’Amiens représente notamment un investissement de 25 millions d’euros, avec une livraison prévue en 2030. (Article du 10/09/2026 – Courrier Picard)
ECONOMIE
Le dirigeant du Bâtiment alerte : « Il faut relancer la construction »
Élu président de la Fédération française du bâtiment (FFB) en mars 2026, Frédéric Carré a effectué son premier déplacement dans l’Oise, à Compiègne, pour rencontrer les représentants et les professionnels locaux du secteur. Âgé de 51 ans et dirigeant d’une entreprise de métallerie et de construction métallique de 150 salariés en Haute-Garonne, il souhaite parcourir les différentes fédérations départementales afin de mieux comprendre leurs difficultés et de leur apporter son soutien. Selon lui, la situation du bâtiment en France est particulièrement préoccupante. En trois ans, le secteur a perdu 60 000 emplois et 12 % de son chiffre d’affaires. Les défaillances d’entreprises atteignent environ 13 000. Même l’entretien-rénovation, qui représente 61 % de l’activité du bâtiment, connaît des difficultés, avec un sixième trimestre consécutif de baisse. Pourtant, les besoins en logements restent considérables : la France manquerait de deux millions de logements et compterait quatre millions de « passoires thermiques ». Cette crise est aggravée par les différentes crises internationales. Après la pandémie de Covid-19 et la guerre en Ukraine, les tensions au Moyen-Orient contribuent à augmenter les prix des matériaux et de l’énergie. À cela s’ajoutent les conséquences du changement climatique, notamment les tempêtes, les inondations et les incendies, qui nécessitent également des investissements importants. Frédéric Carré critique ainsi l’écart entre les ambitions du gouvernement et les moyens réellement engagés. Malgré l’objectif de construire deux millions de logements d’ici 2030, la hausse des taux, la diminution des permis de construire et le ralentissement des ventes de maisons individuelles empêchent d’atteindre ces objectifs. Il réclame des mesures concrètes et un budget consacré au secteur dans le prochain projet de loi de finances. Il dénonce également la baisse des aides à la rénovation énergétique, alors que l’État souhaite supprimer quatre millions de passoires thermiques d’ici 2035. À l’approche de l’élection présidentielle, Frédéric Carré appelle donc les candidats à faire du logement et de la construction une priorité. Selon lui, relancer le bâtiment permettrait de créer des emplois, de produire de la richesse, d’améliorer la sécurité et le pouvoir d’achat. Il demande enfin une politique stable et durable, sans alternance de périodes de soutien et de restrictions. (Article du 11/09/2026 – Courrier Picard)