La Revue de Presse

Lun. 07 Sep. 2026

ACTUALITES ENTREPRISES

Mousline mise sur l’export et un nouveau produit

Implantée à Rosières-en-Santerre, dans la Somme, l’usine Mousline constitue un site industriel emblématique de la région. Créée en 1963 par Nestlé via sa société Maggi, la marque de purée en flocons a été rachetée en 2022 par des investisseurs français. Aujourd’hui, Mousline emploie environ 150 salariés et travaille avec 150 agriculteurs locaux. Toutes les pommes de terre utilisées proviennent de France, dans un rayon de moins de 200 kilomètres autour de l’usine. Malgré sa forte notoriété en France, Mousline développe également son activité à l’étranger, qui représente actuellement 16 % de son chiffre d’affaires, principalement en Europe. L’entreprise participe par ailleurs à un projet agricole dans le Santerre visant à réduire l’utilisation de produits phytosanitaires et la consommation d’eau. Une dizaine de producteurs expérimentent ainsi de nouvelles pratiques agricoles. Dans l’usine, les pommes de terre sont transformées en purée, puis séchées afin d’obtenir les flocons. Plus de la moitié de l’activité est destinée aux grandes et moyennes surfaces ainsi qu’aux collectivités, notamment les cantines et les établissements hospitaliers. Depuis son rachat, Mousline a investi 3 millions d’euros dans une « salle des saveurs », un laboratoire consacré au développement de nouvelles recettes et à la recherche de solutions plus naturelles. L’entreprise travaille notamment sur une recette à base de patate douce et sur le remplacement de certains additifs par des ingrédients naturels comme le romarin. Elle a également consacré 200 000 euros à une nouvelle ligne destinée aux marques de distributeurs. L’année 2025 a toutefois été plus difficile. Mousline n’a transformé que 80 000 tonnes de pommes de terre, contre un objectif habituel d’environ 100 000 tonnes. Cette baisse s’explique notamment par l’arrêt de certaines ventes à Nestlé dans le secteur professionnel et par le recul des exportations lié au changement de nom de Maggi à Mousline. Malgré ces difficultés, les résultats restent jugés satisfaisants. Pour 2026, l’entreprise vise 71 millions d’euros de chiffre d’affaires, contre 66 millions en 2025. Elle souhaite retrouver son rythme habituel de production, lancer un nouveau produit durant l’été et renforcer son développement international. Mousline prévoit notamment de s’implanter au Québec à la fin de l’année, tout en mettant temporairement de côté un investissement de 14 millions d’euros dans une nouvelle ligne de production. (Article du 31/01/2026 – Courrier Picard)

EMPLOI

L’aéronautique prépare ses recrutements de demain

À l’occasion du Somme International Airshow 2026, organisé à Méaulte, les secteurs de l’aéronautique, du spatial et de la défense ont profité de l’événement pour faire découvrir leurs métiers au grand public et attirer de futurs collaborateurs. Installé pendant le meeting aérien, l’Aéro Village a ainsi permis aux visiteurs de rencontrer directement plusieurs entreprises de la filière et de mieux comprendre leurs activités. Depuis cinq ans, Altytud organise ce village afin de rapprocher les industriels des habitants et notamment des jeunes. Selon Sophie Pouillart, déléguée générale d’Altytud, cette initiative constitue une occasion privilégiée de sensibiliser le public à des métiers actuellement en tension. Les entreprises participantes proposent des échanges, mais aussi des animations destinées à rendre la découverte du secteur plus accessible et ludique. Un jeu permettait notamment aux visiteurs de retrouver la place d’une pièce d’avion, afin de mieux comprendre les différentes étapes de sa fabrication. L’Aéro Village met également en avant la diversité des professions disponibles dans la région, comme ajusteur-monteur, dessinateur ou ingénieur en recherche et développement. Pour Amélie Hennion, directrice du site Airbus Atlantic de Méaulte, l’objectif est de présenter les produits et le travail quotidien des industriels, tout en permettant aux enfants de découvrir ces métiers et aux parents de relayer cette information. Cette opération répond surtout à des besoins de recrutement importants. Les entreprises du secteur rencontrent actuellement des difficultés à trouver suffisamment de candidats qualifiés. Airbus Atlantic, notamment, recrute en permanence afin d’identifier et de former de nouveaux collaborateurs pour répondre à une demande croissante. À l’échelle des trente entreprises représentées par Altytud, près de 600 postes sont à pourvoir en 2026. Face à ces difficultés, les industriels renforcent leurs liens avec les établissements de formation afin de préparer les futurs salariés et de faciliter ensuite leur recrutement. Ces actions semblent porter leurs fruits : certaines écoles du territoire ont constaté une augmentation de leurs effectifs après avoir participé à ce type d’initiative. L’Aéro Village apparaît donc à la fois comme un outil de découverte des métiers et comme un véritable moyen de répondre aux enjeux de recrutement de la filière. (Article du 30/08/2026 – Courrier Picard)


Sud chimie lance un appel à la grève chez Goodyear


Le syndicat Sud Chimie a lancé un appel à la grève sur le site Goodyear d’Amiens Nord. Les salariés sont invités à cesser le travail entre le 4 et le 14 septembre afin de protester contre les conditions de travail et l’attitude de plusieurs cadres de l’usine. Le syndicat dénonce notamment un manque de respect envers les employés et estime que cette situation dégrade le dialogue social et menace l’avenir du site. Selon Sud Chimie, plusieurs problèmes se sont aggravés récemment. Le syndicat évoque des changements d’équipe jugés arbitraires, des salariés poussés à bout, des postes qui restent vacants ainsi qu’une dégradation préoccupante de la production. Pour les représentants syndicaux, ces difficultés montrent une situation sociale tendue au sein de l’usine. Ils reprochent à certains responsables de ne pas suffisamment écouter les salariés et de répondre avec mépris à leurs revendications. La direction de Goodyear à Amiens Nord, sollicitée sur ces accusations, n’a pas souhaité s’exprimer. Le site emploie actuellement environ 775 salariés. Malgré les tensions, Goodyear avait annoncé au printemps dernier son intention de recruter 120 personnes. L’entreprise cherche en effet à développer et moderniser son activité afin de renforcer la production de pneus de grande taille, notamment des modèles de 20 et 21 pouces destinés aux voitures de tourisme, qu’elles soient thermiques ou électriques. Cette stratégie s’inscrit dans un important plan de modernisation lancé en 2022. Le groupe américain prévoit un investissement de 170 millions d’euros pour faire évoluer l’usine et augmenter fortement le nombre de références produites sous les marques Goodyear et Cooper. L’objectif est de passer d’environ 150 références à près de 400, afin de monter en gamme et de répondre aux nouvelles demandes du marché automobile. Sur les 170 millions d’euros investis, 45 millions sont financés par l’État. Le site d’Amiens Nord bénéficie donc d’un important projet industriel, symbolisé notamment par la visite du président Emmanuel Macron en juin. Cependant, le syndicat estime que les difficultés sociales actuelles pourraient compromettre cette dynamique. La grève vise ainsi à faire pression sur la direction pour obtenir de meilleures conditions de travail et rétablir un dialogue social plus respectueux. (Article du 04/09/2026 - Courrier Picard)

LE CHIFFRE DE LA SEMAINE

95 000 entreprises artisanales en activité en 2024 dans la région

Entre 2019 et 2024, le nombre d’entreprises artisanales a fortement progressé dans les Hauts-de-France, avec une hausse de 24 %, malgré une légère baisse de 0,2 % de la population régionale. Selon le baromètre ISM-MAAF, la région comptait 95 000 entreprises artisanales au 1er janvier 2024, sur un total de 1,521 million en France. L’artisanat représente ainsi 29 % des entreprises actives des Hauts-de-France, un niveau légèrement supérieur à la moyenne nationale. Cette progression concerne l’ensemble des territoires. Les grandes villes enregistrent une hausse de 27 %, contre 26 % dans les villes moyennes, 24 % dans les communes rurales et 23 % dans les petites villes. Cette évolution confirme le rôle essentiel des artisans dans les services de proximité, aussi bien dans les zones urbaines que rurales. Les entreprises artisanales régionales sont principalement présentes dans les services (41 %) et le BTP (37 %). La fabrication représente 15 % des entreprises et l’alimentation 7 %. Toutefois, certains métiers restent fragiles, notamment la boucherie-charcuterie, qui connaît une diminution du nombre d’entreprises. La croissance du nombre d’entreprises artisanales concerne également tous les départements. Le Nord affiche la progression la plus importante avec 26,5 %, suivi du Pas-de-Calais (+25 %). L’Oise et la Somme enregistrent chacune une hausse de 22 % environ, tandis que l’Aisne progresse de 20 %. Cette dynamique entrepreneuriale s’accompagne toutefois d’une progression plus modérée de l’emploi salarié. Fin 2024, les TPE artisanales de moins de 20 salariés employaient 127 540 personnes, soit 8 % des emplois salariés du secteur marchand régional. Entre 2019 et 2024, cet emploi a augmenté de 4 %, contre 5 % au niveau national. Le Pas-de-Calais et l’Oise enregistrent les plus fortes hausses (+5 %), devant le Nord (+4,5 %). La Somme progresse de seulement 1 %, tandis que l’Aisne est le seul département à connaître une baisse de l’emploi artisanal (-0,5 %). Ainsi, l’artisanat se développe fortement dans les Hauts-de-France, mais cette croissance masque des disparités selon les territoires et les métiers. (Article du 31/08/2026 – Courrier Picard)

ENTREPRISES

Top départ pour la facturation électronique dans les entreprises

À partir du 1er septembre 2026, la facturation électronique entre progressivement en vigueur en France pour les entreprises assujetties à la TVA. Cette réforme, destinée à moderniser les échanges commerciaux et à améliorer le suivi de la TVA, sera déployée en deux étapes. Dès septembre 2026, toutes les entreprises concernées devront être capables de recevoir des factures électroniques. Les entreprises de taille intermédiaire (ETI) et les grandes entreprises devront également commencer à émettre leurs factures sous forme électronique. La deuxième étape aura lieu le 1er septembre 2027. À cette date, toutes les entreprises et structures assujetties à la TVA, notamment certaines associations, devront émettre leurs factures électroniquement et transmettre un e-reporting, permettant à l’administration de suivre leur activité et certaines opérations réalisées avec des particuliers ou des entreprises étrangères. Cependant, la mise en place de cette réforme risque d’être progressive. À quelques jours de son entrée en vigueur, seulement 50 % des entreprises concernées étaient inscrites sur l’une des 166 plateformes agréées par l’État, chargées de transmettre et d’enregistrer les données des transactions. Pour éviter de pénaliser les entreprises encore en retard, le gouvernement a annoncé une période d’adaptation. Le ministre de l’Action et des Comptes publics, David Amiel, a notamment précisé que le 1er septembre ne constituait pas une « date couperet ». Aucune sanction ne sera appliquée jusqu’à la fin de l’année 2026, l’objectif étant d’accompagner les entreprises dans leur transition. La France fait partie des derniers pays européens à appliquer cette réforme issue d’une directive européenne datant de 2010. L’un de ses principaux objectifs est de lutter contre la fraude et les sous-déclarations de TVA. Selon la Direction générale des finances publiques, celles-ci représenteraient un manque à gagner estimé entre 6 et 10 milliards d’euros par an, notamment dans les secteurs du commerce et de la restauration. Enfin, la réforme pourrait également bénéficier aux entreprises. La facturation électronique devrait contribuer à réduire les délais de paiement, diminuer les coûts administratifs et faciliter le pilotage financier grâce à des données comptables accessibles plus rapidement. Les entreprises disposent donc de quelques mois pour s’adapter pleinement à cette nouvelle obligation. (Article du 01/09/2026 – Courrier Picard)

SANTE

Cancers pédiatriques : la clinique Pauchet organise un après-midi festif le 2 septembre

À l’occasion de Septembre en or, le mois consacré à la sensibilisation aux cancers pédiatriques, la clinique Victor Pauchet et sa maternité organisent une nouvelle édition de leur Fête en or, le mercredi 2 septembre 2026, de 14 heures à 17 heures. L’événement se déroulera devant la clinique, rue Alexandre-Dumas, à Amiens. Cette initiative vise à soutenir l’association amiénoise Grandir Sans Cancer, qui œuvre en faveur des enfants et des familles touchés par le cancer. Cette après-midi est avant tout destinée aux enfants et à leurs proches. De nombreuses animations gratuites seront proposées afin de leur permettre de profiter d’un moment convivial et ludique. Les participants pourront notamment découvrir un château gonflable, faire du poney, s’initier à la danse ou encore participer à des activités autour des arts du cirque. Une pêche aux canards, des ateliers créatifs et différents jeux seront également organisés. Un goûter sera proposé aux familles grâce au soutien de plusieurs partenaires locaux. Au-delà de son aspect festif, la manifestation poursuit un objectif solidaire. Toutes les recettes récoltées lors de l’événement seront reversées à Grandir Sans Cancer, afin de contribuer aux actions menées par l’association. Cette mobilisation permet ainsi de réunir les familles autour d’une cause importante tout en apportant un soutien concret aux personnes concernées. Chaque année en France, environ 2 500 enfants, adolescents et jeunes adultes sont touchés par un cancer. Face à cette réalité, la clinique Victor Pauchet souhaite profiter de Septembre en or pour attirer l’attention du public sur les cancers pédiatriques. L’événement vise notamment à encourager la recherche, à améliorer l’accompagnement des familles et à mieux faire connaître les difficultés auxquelles sont confrontés les jeunes malades et leurs proches. La Fête en or constitue donc à la fois un moment de divertissement, de solidarité et de sensibilisation. Grâce à la participation des familles, des partenaires et du public, cette initiative permet de soutenir une association locale tout en contribuant à faire connaître les enjeux liés aux cancers de l’enfant et l’importance des dons pour faire avancer la recherche. (Article du 01/09/2026 – Courrier Picard)


La clinique Pauchet fédère contre les cancers de l’enfant


La clinique Pauchet et sa maternité, à Amiens, ont organisé mercredi un après-midi festif dans le cadre de Septembre en or, un mois consacré à la lutte contre les cancers pédiatriques. Cette initiative, appelée « Fête en or », avait pour objectif de soutenir l’association Grandir sans cancer, qui accompagne les enfants malades et leurs familles et contribue au financement de la recherche contre les cancers de l’enfant. Pour cette septième édition, la clinique a rassemblé de nombreux partenaires, bénévoles, soignants et familles autour d’une grande kermesse ouverte à tous. Plusieurs animations étaient proposées afin d’attirer le public et de sensibiliser les visiteurs à cette cause. Les participants pouvaient notamment découvrir des jeux traditionnels picards, faire une promenade à poney avec le Centre équestre de Picardie ou participer à un atelier de cirque organisé par Cirqu’Onflexe. Des stands de boissons et de pâtisseries complétaient également les activités. L’événement a permis de réunir des personnes directement concernées par la maladie, des professionnels de santé, des bénévoles mais aussi de simples promeneurs venus profiter des animations. Cette mobilisation permet surtout de donner davantage de visibilité à la lutte contre les cancers pédiatriques. Elise Quillent, responsable de Grandir sans Cancer dans la Somme, souligne l’importance de ce type d’événement. Selon elle, l’association cherche à soutenir les enfants malades ainsi que leurs familles, qui peuvent être confrontées à d’importantes difficultés financières en plus des conséquences de la maladie. L’association souhaite également sensibiliser les pouvoirs publics à la nécessité de financer davantage la recherche. Elle rappelle notamment que 20 millions d’euros annuels ont déjà été obtenus de manière pérenne pour la recherche. Grandir sans cancer défend aussi le développement de nouvelles entreprises spécialisées dans les traitements médicaux. Certaines thérapies destinées aux enfants sont en effet peu rentables pour les grandes entreprises pharmaceutiques, alors qu’elles pourraient permettre de réaliser d’importantes avancées médicales. Les recherches sur les cancers pédiatriques pourraient également contribuer à améliorer les traitements contre les cancers chez les adultes. Sophie De Butler, médecin et directrice médicale de la maternité, se réjouit du succès de cette septième édition. Cependant, elle estime que des efforts restent nécessaires pour faire davantage connaître Septembre en or et sensibiliser le public à la lutte contre les cancers de l’enfant. (Article du 04/09/2026 – Courrier Picard)

EDUCATION

Une rentrée de l’apprentissage pleine de doutes en Picardie

La rentrée scolaire concerne également les quelque 64 000 apprentis des Hauts-de-France, qui ont rejoint leurs centres de formation début septembre. Cette nouvelle année s’annonce toutefois difficile pour l’apprentissage, une filière fragilisée par la baisse progressive des financements et des aides à l’embauche. À CMA Formation d’Amiens, 320 jeunes ont fait leur rentrée, dont Manon Robert, 17 ans, qui commence une formation en pâtisserie après un bac professionnel en boulangerie. Pour elle, l’apprentissage permet de passer de la théorie à la pratique et constitue une première étape vers la vie professionnelle. La Chambre de métiers et de l’artisanat des Hauts-de-France propose environ 80 diplômes et titres, du CAP au BTS, dans de nombreux secteurs comme l’alimentation, la coiffure, la restauration, le bâtiment, l’automobile, la vente, l’industrie ou encore la santé. Cependant, certains jeunes commencent leur formation sans avoir encore trouvé d’employeur. À Amiens, 17 apprentis sont dans cette situation. Ils disposent de trois mois pour signer un contrat avec une entreprise, faute de quoi leur centre de formation ne pourra plus les accueillir. Cette difficulté s’inscrit dans un contexte national tendu : près de 25 000 offres de contrats d’apprentissage étaient encore disponibles sur France Travail en juillet. Pourtant, l’apprentissage avait connu une forte progression depuis 2018 grâce à plusieurs mesures favorables, notamment le développement des CFA, le recul de l’âge maximal d’entrée en apprentissage à 29 ans et les aides financières accordées aux entreprises. Ces dispositifs avaient permis de dépasser 800 000 nouveaux contrats signés chaque année en France et de faire passer le nombre d’apprentis dans les Hauts-de-France d’environ 33 000 au milieu des années 2010 à plus de 75 000 en 2023. Depuis 2024, les réductions des financements et des aides à l’embauche ont cependant inversé cette dynamique. Les effectifs régionaux ont diminué de 7 à 10 % cette année. Malgré ces difficultés économiques, de nombreux jeunes continuent de choisir l’apprentissage, convaincus qu’il constitue une voie efficace vers l’emploi. C’est notamment le cas de Corentin Locque, 21 ans, qui poursuit une formation en coiffure et vient d’intégrer l’équipe de France de coiffure. Dans les Hauts-de-France, la situation de l’apprentissage est préoccupante. Les effectifs des centres de formation ont encore diminué de 7 à 10 % cette année, ce qui entraîne des difficultés pour les jeunes qui ne trouvent pas d’entreprise. Paradoxalement, certaines filières, notamment l’alimentation, manquent de candidats. Selon le président de la CMA Hauts-de-France, cette situation s’aggrave en raison du manque de visibilité sur l’avenir de l’apprentissage. Cette baisse s’explique notamment par la réduction progressive des aides accordées aux employeurs, aux centres de formation et à la Région. Alors que les mesures mises en place en 2018 avaient fortement favorisé le développement de l’apprentissage, les diminutions de financements engagées depuis 2022 ont freiné cette dynamique. Cette politique donne, selon lui, un signal négatif aux jeunes et aux entreprises et risque d’avoir des conséquences importantes à long terme. Face aux difficultés rencontrées par les jeunes qui cherchent encore une entreprise, il recommande de ne pas abandonner les recherches. Les candidats doivent utiliser leurs relations, multiplier les démarches et contacter directement les entreprises. Il encourage également les jeunes à aller eux-mêmes à la rencontre des employeurs afin d’augmenter leurs chances de trouver un maître d’apprentissage et de poursuivre leur formation. (Article du 03/09/2026 – Courrier Picard)

ECONOMIE

Prix des carburants : une rentrée plombée pour les petites entreprises picardes

La nouvelle hausse des prix des carburants met en difficulté de nombreuses petites entreprises picardes, notamment celles dont l’activité nécessite des déplacements fréquents. Cette augmentation, liée en partie aux conflits au Moyen-Orient, intervient dans un contexte économique déjà compliqué pour les professionnels. À Quincampoix-Fleuzy, dans l’Oise, l’entreprise de plomberie-chauffage Descamps possède huit véhicules fonctionnant au diesel. Le prix du carburant, situé entre 2,16 € et 2,20 € le litre, représente une dépense importante. La société consomme environ 15 000 litres par an, tandis que son budget carburant a augmenté de 15 % en un an. Pour limiter les coûts, elle réorganise ses tournées, regroupe les interventions par secteur et réduit les déplacements. Les six salariés restent également sur leur lieu de travail pendant la pause déjeuner afin d’éviter des trajets supplémentaires. À Laon, le couvreur José Faucheux adopte lui aussi des mesures d’économie. Avec six véhicules, il consommait auparavant environ 1 500 litres de diesel par mois. Il limite désormais ses déplacements et privilégie les chantiers situés à moins de 25 à 30 kilomètres autour de Laon. Selon lui, les artisans subissent depuis plus de deux ans une situation économique incertaine et doivent réduire leurs marges. Il craint que la hausse des carburants n’aggrave encore leurs difficultés et rende la rentrée particulièrement compliquée. Les très petites entreprises dénoncent également le manque d’aides publiques. Contrairement à certaines entreprises de transport, elles ne bénéficient pas toujours des dispositifs destinés aux « gros rouleurs ». Le transporteur AB Texel France, qui possède une centaine de poids lourds, bénéficie d’une aide de l’État. Cependant, son directeur commercial estime qu’elle reste insuffisante. Le coût du diesel pour quinze jours est passé de 88 000 € en février à 110 000 € aujourd’hui. L’entreprise doit donc augmenter ses tarifs, tout en acceptant une baisse de ses marges. Ainsi, la flambée des carburants accentue l’anxiété des professionnels picards et fragilise davantage les petites entreprises à l’approche de la rentrée économique. (Article du 04/09/2026 – Courrier Picard)