La Revue de Presse
Vendredi 10 JuilEMPLOI
Au premier trimestre 2026, la situation de l’emploi dans les Hauts-de-France montre des signes contrastés. D’après les données publiées par l’Insee régional, l’emploi salarié est resté globalement stable, avec un total de 2 131 500 emplois. Cette stabilité s’inscrit dans la même tendance qu’au niveau national, où le nombre d’emplois salariés n’a pas évolué par rapport au quatrième trimestre 2025. Malgré cette stabilité globale, les évolutions diffèrent selon les territoires. Les effectifs salariés ont légèrement progressé dans l’ensemble des départements de la région, à l’exception du Pas-de-Calais, où une baisse est observée. Cette situation traduit des disparités territoriales dans la dynamique de l’emploi. En revanche, le marché du travail continue de se dégrader du côté du chômage. Le taux de chômage régional atteint désormais 9,8 % de la population active, soit une hausse de 0,2 point par rapport au trimestre précédent. Il s’agit de la cinquième augmentation trimestrielle consécutive, ce qui confirme une tendance préoccupante. Les Hauts-de-France demeurent ainsi au-dessus de la moyenne nationale, le taux de chômage en France (hors Mayotte) s’établissant à 8,1 %, également en hausse de 0,2 point sur la même période. L’Insee souligne que cette détérioration concerne l’ensemble des départements de la région, sans exception. Cette progression continue du chômage reflète les difficultés persistantes rencontrées par le marché du travail régional, malgré une stabilité apparente du nombre d’emplois salariés. Par ailleurs, les statistiques concernant les demandeurs d’emploi inscrits à France Travail présentent une évolution plus favorable. Au premier trimestre 2026, le nombre d’inscrits a diminué de 1 % dans les Hauts-de-France. Sur un an, la baisse atteint 0,6 %, à condition d’exclure les nouveaux publics désormais inscrits automatiquement depuis l’entrée en vigueur, le 1er janvier 2025, de la loi pour le plein-emploi. Cette évolution suggère une légère amélioration des inscriptions administratives, mais elle ne suffit pas à compenser la hausse du taux de chômage observée dans la région. Ainsi, les Hauts-de-France connaissent une situation de l’emploi contrastée : un niveau d’emploi salarié stable, mais une augmentation continue du chômage qui témoigne des difficultés persistantes du marché du travail régional. (Article du 08/07/2026 – Courrier Picard)
La Picardie concentre plus de 20 % des emplois de la filière automobile des Hauts-de-France
L’industrie automobile occupe une place essentielle dans l’économie des Hauts-de-France. Selon l’Insee régional, la filière employait 45 210 salariés en 2023, soit 2,5 % de l’ensemble des emplois salariés de la région. Cette proportion est plus de deux fois supérieure à la moyenne nationale, qui s’établit à 1,2 %, ce qui fait des Hauts-de-France la quatrième région française en matière d’emploi automobile. La majorité des emplois de la filière est concentrée dans le département du Nord, qui regroupe plus de la moitié des effectifs. Cette concentration s’explique par la présence de trois grands constructeurs automobiles internationaux : Toyota à Onnaing, près de Valenciennes, Renault à Douai et Stellantis à Hordain. L’usine Toyota, implantée depuis 25 ans, constitue l’un des principaux sites industriels de la région. Grâce à ces implantations, les Hauts-de-France occupent une position stratégique dans l’industrie automobile européenne. Selon Nord France Invest, la région est la première de France pour la production de véhicules. Elle bénéficie d’une localisation privilégiée, au cœur d’un bassin industriel où se situent les deux tiers des constructeurs automobiles européens dans un rayon de 500 kilomètres. L’industrie représente l’essentiel de l’activité de la filière. En effet, neuf salariés sur dix travaillent dans des activités industrielles. L’Insee recense près de 37 000 emplois industriels répartis dans 290 établissements, soit 89 % des emplois de la filière, une part supérieure à la moyenne nationale de 77 %. Sur le plan économique, la filière génère environ 3,5 milliards d’euros de valeur ajoutée, soit 2 % de la richesse produite dans la région. Le département du Nord concentre à lui seul près de 28 760 emplois répartis dans 205 établissements, représentant environ 60 % de la valeur ajoutée régionale. Les autres emplois se répartissent entre le Pas-de-Calais, l’Oise, la Somme et l’Aisne. Enfin, la filière poursuit son adaptation face aux évolutions du marché automobile. Plus d’une entreprise sur cinq se tourne désormais vers la production de véhicules hybrides ou électriques. Par ailleurs, 28 % des entreprises diversifient leurs activités vers d’autres secteurs industriels, notamment le ferroviaire, l’aéronautique ou encore l’énergie, afin de renforcer leur compétitivité et d’accompagner les transformations de l’industrie. (Article du 08/07/2026 – Courrier Picard)
La menace d’un conflit social majeur plane chez Volkswagen
Les salariés de Volkswagen se sont mobilisés pour protester contre un vaste plan d’économies envisagé par la direction, qui pourrait déboucher sur la plus importante restructuration de l’histoire de l’industrie automobile allemande. À Wolfsburg, siège historique du constructeur, des rassemblements ont été organisés à l’appel du puissant syndicat IG Metall, alors que le conseil de surveillance se réunissait pour examiner les mesures destinées à redresser un groupe confronté à de nombreuses difficultés économiques et industrielles. Thorsten Gröger, négociateur d’IG Metall, a dénoncé un projet qui menace directement les salariés et le système de codécision, pilier de la gouvernance des grandes entreprises allemandes. Selon lui, toute remise en cause des emplois ou des droits des représentants du personnel provoquerait un conflit social majeur. Le syndicat affirme qu’il s’opposera fermement à toute fermeture de site ou suppression massive de postes. D’après plusieurs informations de presse, le plan actuellement étudié prévoit des dizaines de milliers de suppressions d’emplois supplémentaires dans le monde ainsi que la fermeture de quatre usines en Allemagne, dont trois appartenant à la marque Volkswagen et une au constructeur Audi. Aucune décision définitive n’était attendue lors de cette réunion, mais ces perspectives ont fortement alimenté les inquiétudes des salariés. La présidente du comité d’entreprise, Daniela Cavallo, reconnaît que Volkswagen traverse une période difficile, mais estime que la direction doit présenter une véritable stratégie industrielle plutôt qu’un simple programme de réduction des coûts. Les représentants du personnel s’opposent également à un éventuel détachement de la marque Volkswagen en société distincte. Cette réorganisation est rejetée par les syndicats ainsi que par le Land de Basse-Saxe, actionnaire du groupe, qui craignent une remise en cause des droits de codécision garantis par une loi spécifique datant de 1960. Volkswagen doit aujourd’hui faire face à de nombreux défis : ralentissement des ventes de véhicules électriques, concurrence croissante des constructeurs chinois, droits de douane américains, mais aussi retard dans les domaines de la mobilité électrique, du numérique, de la robotique et de l’intelligence artificielle. Des manifestations ont également eu lieu sur d’autres sites, notamment à Zwickau, usine de 8 000 salariés entièrement dédiée aux véhicules électriques. Le groupe avait déjà annoncé un plan supprimant 50 000 emplois en Allemagne d’ici à 2030, dont 35 000 au sein de la marque Volkswagen avec l’accord des syndicats. La direction juge toutefois ces mesures insuffisantes et envisagerait désormais environ 50 000 suppressions de postes supplémentaires à l’échelle mondiale afin de restaurer la compétitivité du constructeur. (Article du 10/07/2026 – Courrier Picard)
LITTORAL
Un appel à candidatures pour attribuer des pontons à Saint-Valery-sur-Somme
Depuis plusieurs années, les opérateurs de promenades en baie de Somme souhaitent disposer de pontons individuels afin de développer leurs activités dans de meilleures conditions. Cette demande a conduit le Département à lancer, en 2026, un appel à candidatures pour attribuer quatre emplacements sur le domaine public. Les candidatures sont ouvertes jusqu’au 15 juillet. L’origine de cette démarche remonte à la demande formulée il y a deux ans par Louis Sylla, marin-pêcheur et créateur des Pinasses de la baie. Souhaitant développer des promenades en bateau électrique, il avait sollicité la Ville puis le Département pour obtenir un ponton. En attendant une solution pérenne, il utilise un emplacement grâce à une convention temporaire avec le port de plaisance. Selon lui, disposer d’un ponton fixe est indispensable pour assurer la stabilité et la visibilité de son activité. À Saint-Valery-sur-Somme, de nombreux professionnels proposent déjà des excursions en baie, notamment des sorties d’observation des phoques. Les demandes d’emplacements étant devenues nombreuses, le Département a dû mettre en place une procédure réglementaire pour attribuer ces autorisations d’occupation du domaine public. En effet, la législation impose une mise en concurrence transparente et impartiale lorsqu’un espace public est destiné à une activité économique. L’appel à candidatures prévoit ainsi la création de quatre pontons correspondant à différents types d’embarcations. Un emplacement sera réservé à un bateau thermique de grande capacité, un autre à une embarcation thermique de petite capacité, tandis que deux pontons seront attribués à des bateaux relevant du « slow tourisme », une forme de tourisme plus respectueuse de l’environnement, comme les embarcations électriques ou à faible impact. Cette initiative suscite toutefois des interrogations. L’association crotelloise Pour une baie de Somme partagée et protégée se demande si cette procédure ne vise pas avant tout à régulariser des pratiques qui se développaient jusque-là de manière désordonnée. De son côté, le Département affirme que son objectif est de diversifier les offres de promenade tout en garantissant un accès équitable aux opérateurs. Il précise également que les projets retenus devront contribuer à la découverte du patrimoine naturel de la baie et sensibiliser les visiteurs à la fragilité de cet écosystème remarquable. (Article du 06/07/2026 – Courrier Picard)
SANTE
Comment les hôpitaux de Picardie s’organisent face aux difficultés
Réunis à Amiens le 1er juillet à l’occasion de la convention régionale annuelle de la Fédération hospitalière des Hauts-de-France (FHF), les représentants des hôpitaux de la région ont réaffirmé leur volonté de renforcer la coopération entre les établissements afin de faire face aux difficultés croissantes du système de santé. Placée sous le thème de « l’excellence hospitalière et médico-sociale dans les Hauts-de-France », cette rencontre a mis en avant la nécessité de construire des organisations plus performantes, plus solides et davantage solidaires. L’événement a été marqué par la signature d’une Charte régionale pour l’équité territoriale. Ce document vise à préserver une offre de soins accessible sur l’ensemble du territoire, tout en favorisant la solidarité entre les établissements de santé. L’objectif est d’éviter une logique de concurrence entre hôpitaux et de privilégier une coopération renforcée. Pour Frédéric Chéreau, président de la FHF Hauts-de-France, les défis auxquels est confronté le système hospitalier ne peuvent être relevés qu’en unissant les forces des différents acteurs. Le récent épisode de canicule a illustré la nécessité de cette coopération. Même si aucun établissement n’a connu de rupture dans la prise en charge des patients, la situation a révélé d’importantes tensions. Les hôpitaux ont dû gérer une forte augmentation de leur activité, avec une hausse de 30 % des appels au SAMU, dans un contexte déjà marqué par des difficultés de fonctionnement. Cette période a démontré la capacité des professionnels de santé à maintenir la qualité des soins grâce à leur engagement, mais elle a également mis en évidence la fragilité des établissements. Par ailleurs, les difficultés financières demeurent une préoccupation majeure. Bien que les déficits des hôpitaux de la région aient diminué d’environ 70 millions d’euros en 2025, leur situation reste préoccupante. Le CHU Amiens-Picardie en est un exemple emblématique, puisqu’il figurait en 2024 parmi les établissements hospitaliers les plus endettés de France selon la Chambre régionale des comptes. À travers cette charte et cet appel à la solidarité, les responsables hospitaliers souhaitent mieux préparer les établissements aux crises sanitaires, garantir une offre de soins équitable pour tous les habitants des Hauts-de-France et renforcer durablement la résilience du système de santé régional. (Article du 06/07/2026 – Courrier Picard)
La perception devient un centre de santé au travail
Le mardi 7 juillet, la commune de Moreuil et l’Association de Santé et de Médecine Interentreprises de la Somme (ASMIS) ont inauguré un nouveau centre médical de prévention et de santé au travail. Implanté au 2, rue du Dr-Sauveur-Lemaître, dans les anciens locaux de la perception communale, ce nouvel équipement est destiné à améliorer l’accès aux soins des salariés de l’est de la Somme. Les travaux, lancés en juin 2025, se sont achevés en janvier 2026, marquant l’aboutissement d’un projet engagé depuis plusieurs années. Pour la municipalité, cette inauguration représente une double réussite. D’une part, elle répond aux besoins des travailleurs du territoire en leur offrant un service de proximité. D’autre part, elle permet de redonner vie à un bâtiment public qui ne trouvait plus d’usage depuis plusieurs années. En 2022, l’avenir de l’ancienne perception apparaissait incertain. Le bâtiment, d’une superficie d’environ 140 m², présentait notamment des difficultés d’accessibilité pour les personnes en situation de handicap, ce qui limitait les possibilités de réutilisation. Il a finalement été vendu par la commune à l’ASMIS en janvier 2024 afin d’être transformé en centre médical. Le chantier, confié au cabinet d’architecture Archétude d’Amiens, a consisté à réaménager entièrement les espaces intérieurs. L’objectif principal était d’améliorer le confort d’utilisation grâce à un apport de lumière naturelle et à une nouvelle organisation des volumes. Le centre comprend désormais trois cabinets de consultation, un bureau d’accueil ainsi qu’une salle supplémentaire permettant à une infirmière ou une assistante médicale de réaliser certains examens pendant que les deux médecins reçoivent d’autres patients. Cette organisation doit permettre de gagner en efficacité, de mieux utiliser le temps des professionnels de santé et d’accueillir davantage de salariés. Cette ouverture s’inscrit dans la stratégie de développement de l’ASMIS, qui avait déjà inauguré en octobre 2025 un important centre de santé au travail à Estrées-Deniécourt afin de regrouper plusieurs antennes locales. À Moreuil, la présence de nombreuses entreprises justifie également ce nouvel équipement, qui évitera aux salariés de longs déplacements pour leurs visites médicales. En complément de ses centres fixes, l’ASMIS dispose aussi de centres médicaux mobiles capables d’intervenir directement dans les entreprises les plus éloignées, garantissant ainsi un meilleur accès aux services de santé au travail sur l’ensemble du territoire. (Article du 10/07/2026 – Courrier Picard)
GRAND AMIENOIS
Le Sud-Ouest Amiénois se méfie du projet de Scot du Grand Amiénois
Le Schéma de cohérence territoriale (SCoT) du Grand Amiénois, actuellement en cours de révision, suscite de nombreuses réserves au sein de la Communauté de communes Somme Sud-Ouest (CC2SO). Ce document d’urbanisme, qui fixe les grandes orientations d’aménagement et de développement du territoire, inclut la CC2SO dans son périmètre. Lors du dernier conseil communautaire, réuni à Quevauvillers, les élus ont examiné le projet et décidé de transmettre une liste de réserves avant la date limite du 9 août. La vice-présidente en charge des documents de planification, Cécile Grévin, a souligné plusieurs divergences entre le projet de SCoT et le Plan local d’urbanisme intercommunal (PLUI) de la CC2SO. Les principaux désaccords concernent la consommation énergétique des entreprises, le calcul des équipements communaux, la spécialisation de la zone d’activités de la Mine d’Or à Croixrault dans la logistique, le changement de destination des bâtiments agricoles, le développement des énergies renouvelables, la consommation foncière ainsi que la politique de logement liée aux pôles de proximité. L’un des points les plus contestés porte sur la désignation de seulement quatre pôles structurants dans le Sud-Ouest Amiénois : Airaines, Conty, Poix-de-Picardie et Oisemont. Plusieurs maires estiment que cette organisation pénalise d’autres communes importantes. Sylvain Charbonnier, maire de Molliens-Dreuil, considère que le SCoT est incompatible avec le PLUI et limite injustement le développement des bourgs ruraux. François Desjardins, maire de Quevauvillers, regrette que sa commune soit exclue des pôles structurants malgré ses équipements et estime que cette classification rompt l’équilibre territorial. Jean-Jacques Iriarte-Arriola, maire de Beaucamps-le-Vieux, défend également la candidature de sa commune en mettant en avant sa population, ses emplois et la présence d’un collège. À l’inverse, Jean-Jacques Stoter, représentant de la CC2SO dans l’élaboration du SCoT, rappelle que ce document vise à préserver la ruralité sans transformer le territoire en périphérie d’Amiens et qu’il reste possible de faire évoluer la liste des pôles structurants à l’avenir. Le président Alain Desfosses souligne enfin que le bassin de vie est naturellement tourné vers Amiens et que le nouveau SCoT est moins contraignant que celui adopté en 2013. Malgré ces arguments, les élus n’ont pas rendu d’avis favorable et ont choisi de transmettre officiellement leurs réserves au Pôle métropolitain du Grand Amiénois. (Article du 09/07/2026 – Courrier Picard)