La Revue de Presse

Vendredi 03 Juil

ACTUALITES ENTREPRISES

Auchan et le groupe Noriap lancent une gamme d’œufs 100 % français

Le groupe Noriap, basé à Boves (Somme), s’associe à Auchan, par l’intermédiaire de ses filiales Novial (nutrition animale) et Cocorette (conditionnement d’œufs), pour lancer une nouvelle gamme d’œufs provenant de poules nourries avec des matières premières exclusivement françaises. Prévue pour être commercialisée à la fin de l’année, cette initiative s’inscrit dans le cadre du projet Protéi’Sol, porté par Earthworm Foundation dans les Hauts-de-France. L’objectif de Protéi’Sol est de développer la culture locale de plantes riches en protéines, notamment les légumineuses, afin de limiter le recours au soja importé. Cette démarche vise à renforcer la souveraineté alimentaire française tout en réduisant l’impact environnemental lié aux importations, en particulier la déforestation et les émissions de gaz à effet de serre. Le projet s’appuie sur une expérimentation déjà menée entre 2021 et 2025 avec Lidl France, Galline et Novial. Cette première expérience avait permis de commercialiser des œufs issus de poules nourries avec des protéines végétales locales dans une cinquantaine de magasins des Hauts-de-France, démontrant la faisabilité de cette approche. La nouvelle phase prévoit de nourrir 95 000 poules avec 206 tonnes de légumineuses produites localement. Cette alimentation permettra d’éviter l’importation de 372 tonnes de soja et d’économiser l’équivalent de 837 tonnes d’émissions de carbone, illustrant les bénéfices environnementaux du projet. Pour Matthieu Trenchand, responsable de la qualité de l’offre alimentaire chez Auchan, cette nouvelle gamme d’œufs marque une étape importante vers une alimentation plus durable. Il souligne que cette collaboration permet de proposer aux consommateurs des produits plus responsables tout en soutenant une filière agricole française. Selon lui, Protéi’Sol démontre qu’il est possible de concilier performance économique, souveraineté alimentaire et réduction de l’empreinte environnementale. De son côté, Gaël Peslerbe, directeur général de Novial, estime que ce partenariat favorise la création de débouchés pérennes pour les producteurs de légumineuses. Il considère cette démarche comme un levier essentiel pour accompagner la transition des pratiques agricoles et renforcer l’ancrage territorial des productions françaises. À terme, cette initiative pourrait être élargie à d’autres filières agricoles, notamment la volaille de chair, le porc et le lait, ainsi qu’à d’autres régions françaises, comme la Bretagne et le sud-est du pays. Elle illustre une volonté commune de développer des modèles agricoles plus durables et plus autonomes. (Article du 29/06/2026 – Courrier Picard)


Bloop lance des kits pour économiser l’eau


Originaire d’Amiens, la jeune start-up Bloop lance la commercialisation d’un kit destiné à réduire facilement la consommation d’eau des particuliers. Fondée par Lucas Roguet, Sydney Sillam et Alexandre Ledoyen, l’entreprise souhaite rendre les économies d’eau accessibles au plus grand nombre grâce à une solution simple à installer, peu coûteuse et efficace. Selon ses fondateurs, l’eau reste un enjeu souvent négligé dans la transition écologique, car les consommateurs ont peu de visibilité sur leur consommation quotidienne et sur le fonctionnement des réseaux qui alimentent leur logement. Le kit développé par Bloop se compose de régulateurs et d’aérateurs qui s’installent sur les robinets et dans la douche, sans nécessiter de travaux. Compatible avec la majorité des logements jusqu’au T4, il limite notamment le débit de la douche à huit litres par minute, contre douze litres selon la norme habituelle. Contrairement aux mousseurs classiques, qui ne tiennent pas compte de la pression de l’eau et peuvent réduire le confort d’utilisation, la technologie de Bloop maintient une pression constante tout en limitant précisément le volume d’eau consommé. Selon l’entreprise, cette innovation permet de diminuer la consommation d’eau de 50 à 60 %, ce qui représente une économie pouvant atteindre 430 euros par an pour un foyer. Le kit est commercialisé au prix de 30 euros TTC et peut être installé en seulement cinq minutes par la plupart des utilisateurs, ce qui constitue un argument majeur pour favoriser son adoption. Après une première série de 50 kits vendus principalement dans les Hauts-de-France, Bloop prévoit la commercialisation de 500 nouvelles unités à l’échelle nationale. L’entreprise, accompagnée par les incubateurs Innov’a à Amiens et EuraTechnologies à Lille, a confié la recherche, le développement et la fabrication de ses composants à l’entreprise allemande Neoperl, avant d’assurer elle-même l’assemblage. La prochaine production sera réalisée avec le concours de deux ESAT situés à Amiens et à Lille, illustrant une démarche à dimension sociale. Créée officiellement en 2026 après plusieurs années de recherche entamées en 2023, Bloop ambitionne désormais de se développer auprès des particuliers puis des professionnels, notamment le secteur hôtelier, fortement consommateur d’eau. L’entreprise prépare déjà un second produit innovant reposant sur le recyclage de l’eau de la douche et la valorisation de l’eau froide habituellement perdue, tout en envisageant de recruter et d’augmenter sa capacité de production dans les années à venir. (Article du 29/06/2026 – Courrier Picard)


Un taux d’équipement variable selon les entreprises


La mise en œuvre de la facturation électronique entre dans sa dernière phase de préparation. Après plusieurs années de travaux réglementaires, techniques et organisationnels, les entreprises doivent désormais finaliser leur transition afin d’être prêtes avant les échéances d’application. Cette réforme vise à moderniser les échanges commerciaux, à simplifier les obligations déclaratives, à améliorer le suivi de la TVA et à renforcer la lutte contre la fraude fiscale. Toutes les entreprises assujetties à la TVA seront progressivement concernées. Le déploiement s’effectuera selon un calendrier défini, avec une obligation de recevoir des factures électroniques, puis d’en émettre, en fonction de la taille des entreprises. Cette période transitoire doit permettre aux organisations d’adapter leurs processus tout en garantissant la continuité de leurs activités. La réussite de cette transformation repose sur plusieurs chantiers prioritaires. Les entreprises doivent vérifier la compatibilité de leurs systèmes d’information, choisir une solution de dématérialisation adaptée, mettre à jour leurs référentiels clients et fournisseurs, et revoir leurs procédures internes. Les services comptables, financiers, informatiques et achats sont particulièrement mobilisés, car la réforme dépasse le simple remplacement du format papier par un format numérique. Elle implique une automatisation accrue des traitements, une meilleure qualité des données et une traçabilité renforcée des échanges. La préparation nécessite également d’accompagner les collaborateurs par des actions de formation et de sensibilisation. Les partenaires commerciaux doivent être informés des nouvelles modalités d’échange afin d’éviter les ruptures dans le traitement des factures. Des tests techniques sont recommandés pour sécuriser les flux avant la mise en production. Au-delà de l’obligation réglementaire, la facturation électronique représente une opportunité d’améliorer la performance des entreprises. Elle permet de réduire les délais de traitement, de limiter les erreurs de saisie, d’accélérer les paiements, de diminuer les coûts administratifs et de renforcer le pilotage financier grâce à une meilleure disponibilité des données. À l’approche de l’entrée en vigueur du dispositif, les entreprises qui n’ont pas encore engagé leur projet disposent d’un délai limité pour se mettre en conformité. Les derniers mois doivent être consacrés à finaliser les choix techniques, à valider les processus, à tester les échanges et à s’assurer que l’ensemble des acteurs est prêt. Cette dernière ligne droite est déterminante pour transformer une contrainte réglementaire en véritable levier de modernisation, d’efficacité opérationnelle et de compétitivité. (Article du 29/06/2026 – Courrier Picard)

EMPLOI

Grève nationale chez Brico Dépôt : les magasins d’Amiens et de Thourotte concernés par le mouvement

L’appel national à la grève lancé par la CGT dans les magasins Brico Dépôt a été peu suivi en Picardie, vendredi 26 juin, même si plusieurs sites ont connu des actions de mobilisation. À Amiens, certains salariés du magasin situé près du centre commercial Auchan ont même découvert l’existence du mouvement le jour même. Pour limiter la perte de salaire des employés, un débrayage de deux heures a été organisé à partir de midi, à l’initiative du délégué syndical Sébastien Focke. Neuf salariés y ont participé, installant une banderole dénonçant les bas salaires, la précarité et réclamant une hausse des rémunérations. Les revendications exprimées à Amiens rejoignent celles portées au niveau national. Les salariés dénoncent avant tout une dégradation des conditions de travail liée à une baisse continue des effectifs. Selon les représentants du personnel, les départs à la retraite ne sont plus remplacés, obligeant certains employés à gérer plusieurs rayons simultanément. Cette polyvalence accrue alourdit la charge de travail et complique le fonctionnement quotidien du magasin. Les caisses automatiques sont également critiquées, notamment lorsqu’il s’agit d’encaisser des achats volumineux comme des cuisines complètes, une situation qui suscite aussi l’insatisfaction des clients. À Thourotte, près de Compiègne, les tensions sociales se sont également manifestées. Une employée non syndiquée explique avoir rejoint le mouvement lancé par le comité social et économique (CSE). Elle relaie les principales revendications des salariés : une augmentation générale des salaires de 5 %, la mise en place d’une prime carburant et de nouvelles embauches. Dans ce magasin d’une cinquantaine de salariés, elle décrit des conditions de travail de plus en plus difficiles, marquées par des arrêts maladie non remplacés et une multiplication des tâches confiées aux employés, sans compensation salariale. Malgré la mobilisation, le magasin de Thourotte est resté ouvert, avec un effectif réduit et un paiement limité aux cartes bancaires. De son côté, la direction nationale de Brico Dépôt affirme que le dialogue social demeure une priorité de l’entreprise. Elle assure poursuivre des échanges constructifs avec les représentants du personnel et réaffirme son engagement à maintenir un environnement de travail respectueux, équilibré et durable, tout en restant ouverte aux discussions avec les salariés. (Article du 27/07/2026 – Courrier Picard)


Des salariés très investis mais également frustrés


Une étude réalisée par l’Ifop pour le collectif d’entrepreneurs Axtom met en évidence une situation contrastée dans les Hauts-de-France. Les salariés de la région figurent parmi les plus engagés de France dans leur travail, mais expriment également une forte attente d’être davantage associés aux décisions stratégiques de leur entreprise. Ce paradoxe constitue un enjeu majeur pour les dirigeants, notamment dans un contexte où la fidélisation des talents devient un défi croissant. Selon l’enquête menée auprès de 2 800 salariés, 73 % des salariés des Hauts-de-France se déclarent investis dans leur travail, contre 71 % au niveau national, ce qui place la région en tête du classement français. Cet engagement se traduit aussi par un fort sentiment d’appartenance : 76 % des salariés affirment être fiers de travailler dans leur entreprise et se sentir concernés par ses réussites comme par ses difficultés. De plus, 62 % considèrent leur activité professionnelle comme une aventure collective, démontrant l’importance qu’ils accordent à la coopération et au travail en équipe. Cependant, cette implication apparaît fragile. L’étude montre que le niveau d’engagement dépend fortement du degré de participation des salariés aux décisions importantes. À l’échelle nationale, le taux d’engagement atteint 89 % lorsque les collaborateurs se sentent associés aux choix stratégiques, mais tombe à 65 % lorsqu’ils en sont exclus. Or, c’est précisément sur ce point que les entreprises des Hauts-de-France rencontrent des difficultés. 77 % des salariés estiment ne pas être suffisamment consultés lors des décisions importantes, soit un niveau supérieur à la moyenne nationale. En outre, 39 % considèrent ne pas être encouragés à exprimer leurs idées ou leurs propositions, révélant un déficit de dialogue interne et de participation. Cette situation influence directement la confiance envers les dirigeants. 45 % des salariés déclarent ne pas avoir confiance dans les grandes orientations prises par leur direction, tandis que 37 % estiment que ces décisions ne sont pas prises dans l’intérêt collectif. Ces perceptions fragilisent le lien entre les collaborateurs et leur entreprise. Conséquence de ce manque d’association, 26 % des salariés des Hauts-de-France ne se projettent plus dans leur entreprise à l’horizon des deux prochaines années, laissant craindre une hausse du turnover. Pour Axtom, les salariés ne remettent pas en cause leur travail ni leur entreprise, mais souhaitent être davantage écoutés, reconnus et impliqués. Renforcer la participation aux décisions apparaît ainsi comme un levier stratégique pour consolider l’engagement, améliorer la fidélisation des talents et transformer le sentiment d’appartenance en performance durable. (Article du 29/06/2026 – Courrier Picard)


Souffrance au travail : des salariés de Callweb en grève


Le lundi 29 juin, une trentaine de salariés du centre d’appels Callweb, situé rue du Général-Leclerc à Amiens, ont participé à un mouvement de grève lancé par la CGT afin de dénoncer une forte dégradation de leurs conditions de travail. Bien que l’entrée des locaux soit décorée aux couleurs de la Coupe du monde de football et donne une impression accueillante, les grévistes décrivent une réalité bien différente à l’intérieur de l’entreprise. Les salariés assurent le service téléphonique pour plusieurs clients importants, parmi lesquels France Travail, la Carsat, Bricoman et Eiffage. Malgré la diversité de ces missions, ils affirment partager un même sentiment de souffrance au travail. Selon eux, les difficultés rencontrées sont connues depuis longtemps, mais les nombreuses alertes adressées à la direction seraient restées sans réponse. La représentante syndicale CGT, Hassana Kassrioui, dresse un tableau très critique de la situation. Elle évoque des humiliations répétées, une forte pression managériale, des effectifs insuffisants et des locaux inadaptés. Les employés dénoncent également un manque d’hygiène, des bureaux trop exigus et l’absence de chauffage en hiver comme de climatisation en été. Lors des fortes chaleurs, plusieurs malaises auraient été constatés. Les pauses sont également jugées insuffisantes, avec seulement quarante-cinq minutes pour le déjeuner. Le témoignage d’Éloïse, ancienne salariée venue soutenir ses collègues, illustre cette souffrance. Elle affirme avoir été humiliée publiquement par sa hiérarchie et explique que les téléconseillers doivent limiter chaque appel à cinq minutes. Cette contrainte est particulièrement difficile lorsqu’ils accompagnent des personnes âgées appelant pour des questions liées à leur retraite. Après un arrêt maladie attribué à ses conditions de travail, elle a choisi de quitter définitivement l’entreprise, estimant que la direction refusait tout dialogue. Face à cette situation, la CGT réclame des mesures immédiates. Le syndicat demande notamment une revalorisation des salaires, des recrutements pour renforcer les équipes, une meilleure organisation des horaires, des conditions de travail plus respectueuses et la fin de ce qu’il qualifie de « management par la terreur ». De son côté, la direction de Callweb n’a pas autorisé l’accès de la presse aux espaces de travail situés au-delà de l’accueil et n’a pas répondu aux sollicitations concernant les accusations et revendications formulées par les salariés grévistes. Cette absence de réaction alimente les critiques exprimées par les employés mobilisés. (Article du 30/06/2026 – Courrier Picard)

LE CHIFFRE DE LA SEMAINE

11 600 contrats d’alternance signés dans le commerce en 2025

Le commerce confirme son rôle majeur dans l’insertion professionnelle des jeunes en Hauts-de-France. En 2025, le secteur a généré 11 600 contrats en alternance, soit près de 7,75 % des 149 563 salariés qu’il emploie dans la région. Malgré un contexte marqué par la réduction des financements publics consacrés à l’apprentissage, les entreprises commerciales continuent d’investir dans la formation en alternance afin de répondre à leurs besoins en compétences tout en favorisant l’accès à l’emploi. Selon l’Opcommerce, opérateur de compétences des branches du commerce, cette dynamique témoigne de l’engagement des entreprises régionales en faveur de la professionnalisation. Les 7 577 entreprises du secteur présentes en Hauts-de-France poursuivent leurs recrutements et contribuent à faire de la région un territoire particulièrement actif dans ce domaine. Les Hauts-de-France concentrent ainsi 11 % des contrats en alternance signés dans le commerce en France, ce qui les place au deuxième rang national, derrière l’Île-de-France. Cette performance est d’autant plus notable que le nombre de contrats enregistrés dans la région a légèrement diminué de 2 % par rapport à 2024. Pour Frédérique Vanbeversluys, déléguée régionale de l’Opcommerce, cette baisse reste limitée et ne remet pas en cause le rôle essentiel du commerce dans l’accompagnement des jeunes et des personnes éloignées de l’emploi. Le secteur demeure un acteur incontournable de la montée en compétences et de la préparation aux métiers, en offrant des parcours professionnalisants qui facilitent l’insertion durable sur le marché du travail. À l’échelle nationale, 107 051 contrats en alternance ont été conclus dans les entreprises du commerce en 2025. Ce chiffre est en recul de 3 % par rapport à l’année précédente, mais confirme la solidité du dispositif. L’apprentissage reste la formule privilégiée avec 98 026 contrats signés, soit près de 12 % de l’ensemble des contrats d’apprentissage conclus tous secteurs d’activité confondus. Dans les Hauts-de-France, la très grande majorité des recrutements en alternance repose également sur l’apprentissage. Sur les 11 600 contrats enregistrés, 10 428 relèvent de ce dispositif, tandis que 1 162 concernent des contrats de professionnalisation. Ces chiffres illustrent la place centrale de l’apprentissage dans les stratégies de recrutement des entreprises commerciales et soulignent la capacité du secteur à former les compétences dont il aura besoin dans les années à venir, malgré un environnement économique et budgétaire plus contraint. (Article du 29/06/2026 – Courrier Picard)