La Revue de Presse

Vendredi 12 Juin

ACTUALITES ENTREPRISES

Innovafeed lève 51 millions d’euros et concentrera son activité sur le site de Nesle

Dans un contexte difficile pour la filière des protéines d’insectes, marqué notamment par la liquidation judiciaire d’Ynsect et la fermeture de son usine de Poulainville (Somme) fin 2025, Innovafeed affiche une dynamique plus positive. L’entreprise, spécialisée dans la production de protéines à partir de mouches soldats noires (Hermetia illucens) destinées à l’alimentation animale et à l’agriculture, a annoncé le 5 juin 2026 une nouvelle levée de fonds de 51 millions d’euros. Ce financement s’ajoute aux plus de 500 millions d’euros déjà levés depuis sa création, principalement auprès d’investisseurs privés. Cette opération est particulièrement remarquable dans un contexte où les investissements se concentrent largement sur l’intelligence artificielle, au détriment des start-ups industrielles. Les principaux contributeurs sont les actionnaires historiques d’Innovafeed, parmi lesquels Creadev, QIA, Temasek, FFC, ABC Impact et ADM, ainsi que plusieurs partenaires bancaires. Selon Clément Ray, cofondateur et directeur général de l’entreprise, ces nouveaux fonds doivent accompagner une nouvelle phase de développement. Après avoir atteint une maturité technologique et industrielle, Innovafeed souhaite désormais renforcer ses efforts commerciaux et accélérer le développement de nouveaux produits. L’entreprise entend notamment démontrer davantage la valeur ajoutée de ses ingrédients auprès de ses clients et poursuivre l’expansion de ses gammes destinées à l’aquaculture et à l’alimentation animale. Parallèlement, Innovafeed réorganise ses activités en les concentrant sur son site principal de Nesle (Somme). Cette décision s’accompagne de la fermeture du centre de recherche et développement de Gouzeaucourt (Pas-de-Calais), ouvert depuis neuf ans. Cette restructuration entraînera la suppression de 60 postes, dont les deux tiers concernent le site de R&D. Les départs devraient intervenir au cours du premier semestre 2027. Début 2026, l’entreprise comptait environ 300 salariés, dont 180 à Nesle. Sur le plan industriel, Innovafeed met en avant les performances de son usine de Nesle, présentée comme unique au monde par sa capacité de production à grande échelle. Au premier trimestre 2026, elle produisait environ 1 000 tonnes d’insectes par semaine. Depuis 2022, les volumes ont doublé chaque année. L’usine a également multiplié par dix sa production de protéines et d’huile, tout en divisant ses coûts de production par sept. Enfin, l’entreprise affiche une forte croissance de son chiffre d’affaires, passé de 5,11 millions d’euros en 2024 à plus de 13 millions d’euros en 2025. Les protéines représentent les deux tiers des ventes, tandis que l’huile et les engrais organiques constituent le reste. Innovafeed vise la rentabilité du site de Nesle en 2027 et celle de l’ensemble de l’entreprise en 2028. (Article du 06/06/2026 – Courrier Picard)


Jérémie Ruthmann, directeur d’Innovafeed : « On sait que c’est possible et on maîtrise la technologie »


Dans la filière des protéines d’insectes des Hauts-de-France, deux trajectoires opposées se dessinent. Alors qu’Ynsect, implanté à Poulainville (Somme), a connu de graves difficultés, Innovafeed, à Nesle, poursuit son développement. Selon Jérémie Ruthmann, directeur du site de Nesle, cette différence s’explique par plusieurs choix stratégiques et industriels. La première distinction concerne les marchés visés et l’espèce d’insecte élevée. Contrairement à Ynsect, qui s’était positionné notamment sur l’alimentation humaine avec le ver de farine, Innovafeed s’est concentré sur l’alimentation animale, en particulier l’aquaculture et le petfood. L’entreprise a choisi la mouche soldat noire, dont les larves atteignent leur taille adulte en seulement quinze jours, contre quarante-cinq jours pour le ver de farine. Ce cycle de production beaucoup plus court réduit considérablement les besoins en espace et en infrastructures. À capacité équivalente, une usine de vers de farine doit être environ trois fois plus grande, ce qui augmente fortement les investissements nécessaires. La deuxième différence réside dans la stratégie d’industrialisation. Innovafeed a adopté une approche progressive, développant son usine de Nesle en trois étapes successives. Cette méthode lui a permis de tester ses procédés, d’apprendre de ses erreurs et d’améliorer continuellement ses équipements et ses robots. Chaque nouvelle phase a intégré les enseignements de la précédente, limitant ainsi les risques techniques et financiers. À l’inverse, Ynsect a choisi de construire directement une usine de très grande capacité. Cette stratégie de « gigantisme immédiat » a rendu l’entreprise plus vulnérable aux problèmes techniques. À grande échelle, le moindre dysfonctionnement peut entraîner un arrêt complet de la production. De plus, avec un cycle biologique de quarante-cinq jours, chaque interruption est plus longue et plus coûteuse à surmonter que chez Innovafeed, où les cycles de production sont beaucoup plus rapides. Enfin, Innovafeed a fait le choix de développer en interne une grande partie de son ingénierie. Cette maîtrise technique lui a permis de résoudre rapidement les difficultés rencontrées sans dépendre excessivement de prestataires extérieurs. L’entreprise bénéficie également de synergies avec ses voisins industriels, notamment Kogeban pour l’énergie verte et Tereos pour les matières premières. Aujourd’hui, Innovafeed estime avoir validé la faisabilité industrielle de son modèle. Après avoir sécurisé sa technologie et sa production, l’entreprise entre désormais dans une nouvelle phase : celle de la recherche de rentabilité économique. (Article du 06/06/2026 Courrier Picard)


Avril et l’État recapitalisent Eurolysine à hauteur de 70 millions d’euros


Le groupe Avril et l’État français ont annoncé un nouvel investissement de 70 millions d’euros dans Eurolysine, l’unique site européen de production d’acides aminés par fermentation, situé à Amiens. Cette recapitalisation a été officialisée lors de la visite du ministre délégué chargé de l’Industrie, Sébastien Martin, et d’Arnaud Rousseau, président du groupe Avril. L’objectif est d’assurer la pérennité de cette industrie considérée comme stratégique pour la souveraineté alimentaire et industrielle de la France et de l’Europe. Sur les 70 millions d’euros injectés, 40 millions proviendront du groupe Avril, propriétaire majoritaire de l’entreprise à hauteur de 55 %, tandis que 30 millions seront apportés par l’État via le fonds « French Tech Souveraineté », géré par Bpifrance. Selon le ministre, cette intervention publique se justifie par la présence d’un partenaire industriel solide et par la nécessité de préserver une production européenne face à une concurrence internationale jugée déloyale. Depuis sa reprise par Avril en juillet 2024, Eurolysine a engagé un important plan de redressement. Plus de 25 millions d’euros ont été investis dans la modernisation des installations. L’entreprise a également recruté plus de 50 salariés et triplé sa production, atteignant désormais 100 000 tonnes par an. Son portefeuille de clients est passé de 130 à 190 entreprises, témoignant d’une dynamique commerciale positive. Malgré ces progrès, Eurolysine demeure fragilisée par la concurrence des producteurs chinois. Selon le groupe Avril, ces derniers bénéficient d’une stratégie commerciale agressive leur permettant de vendre leurs produits à des prix artificiellement bas. Depuis 2024, le prix de la lysine a chuté de 30 %, tandis que celui du tryptophane a diminué de 60 %, mettant en péril la rentabilité de l’usine amiénoise. Face à cette situation, Avril et l’État demandent un renforcement des mesures de protection commerciale européennes. Une taxe douanière de 80 % sur la lysine importée de Chine est notamment souhaitée. Par ailleurs, les autorités européennes poursuivent plusieurs enquêtes concernant les pratiques commerciales et la conformité des produits chinois. Les résultats d’analyses sur la qualité du tryptophane importé sont attendus fin juin. En cas de non-respect des normes européennes, ces produits pourraient être interdits. L’urgence est réelle puisque l’entreprise enregistre actuellement des pertes estimées entre 2 et 3 millions d’euros par mois. Pour ses dirigeants, le soutien financier annoncé doit permettre de poursuivre la restructuration tout en attendant des mesures européennes capables de rétablir une concurrence plus équitable. (Article du 06/06/2026 – Courrier Picard)


Emmanuel Macron chez Goodyear et au CHU d’Amiens lundi


Le président de la République, Emmanuel Macron, effectuera une visite officielle à Amiens le lundi 8 juin. Cette venue, confirmée par l’Élysée, marque son retour dans sa ville natale à un an de la fin de son second mandat. Depuis son dernier déplacement officiel d’envergure à Amiens en 2019, il n’y avait effectué que quelques visites privées. La journée débutera à 11 h 30 par une visite de l’usine Goodyear, l’un des principaux sites industriels de la région, qui emploie environ 800 personnes. Le chef de l’État y mettra en avant le vaste programme de modernisation engagé par le fabricant de pneus dans le cadre du plan France 2030. Ce projet prévoit notamment la mise en place d’une nouvelle ligne de production et la création de 120 emplois supplémentaires. Les investissements concernent l’ensemble du site et les travaux de transformation doivent se poursuivre jusqu’en 2028. Cette étape revêt une dimension symbolique puisque l’usine Goodyear d’Amiens a connu par le passé de graves difficultés industrielles et sociales. Dix ans auparavant, alors qu’il était ministre de l’Économie, Emmanuel Macron avait publiquement critiqué la gestion du groupe et évoqué les difficultés rencontrées par les anciens salariés de l’entreprise sur le marché du travail. Dans l’après-midi, vers 15 heures, le président se rendra au CHU Amiens-Picardie pour visiter l’Institut des troubles du neurodéveloppement (TND). Ce centre est reconnu pour son approche pluridisciplinaire dans la prise en charge des personnes concernées par des troubles tels que l’autisme, les troubles de l’attention ou les troubles des apprentissages. À cette occasion, Emmanuel Macron entend rappeler l’importance de renforcer le dépistage précoce et l’accompagnement des patients. La visite comprendra également une mise en lumière du programme « Atypie-Friendly » porté par Université de Picardie Jules Verne. Ce dispositif vise à accompagner les étudiants présentant des troubles du neurodéveloppement afin de favoriser leur réussite universitaire et leur insertion professionnelle. Cette visite présidentielle s’articule ainsi autour de deux thématiques majeures : le soutien à la réindustrialisation et à l’emploi d’une part, et l’amélioration de la prise en charge du handicap et des troubles du neurodéveloppement d’autre part. (Article du 06/06/2026 – Courrier Picard)


Centenaire, la Foire-expo reste à la pointe de la nouveauté


Loisirs. La Foire-exposition de Picardie a ouvert ses portes à Mégacité ce samedi 6 juin. Elle fête jusqu’au dimanche 14 juin un anniversaire exceptionnel entre traditions et innovations. Le chien robot du laboratoire MIS (Modélisation, Information et Systèmes) de l’université de Picardie Jules Verne a joué les vedettes sur le village de l’innovation nstallé ce samedi 6 et dimanche 7 juin à Mégacité, où se tient la Foire-exposition jusqu’au dimanche 14 juin. Le rendez-vous fête certes ses 100 ans, mais entend bien rester à la page et continuer à innover. Le simulateur de vol d’Airbus qui faisait poser l’Airbus A 360 sur la piste de Glisy ou la reconstitution d’une tranchée de la Grande Guerre ont marqué les éditions précédentes. Pour l’édition 2026, les visiteurs sont invités à se plonger dans une exposition immersive de 1 000 mètres au milieu des innovations qui ont marqué les années 1960 à 1990, une 2CV, un Minitel… Parmi les 220 exposants, nombreux sont ceux qui vantent le dernier modèle de jacuzzi, de tondeuse ou de robot ménager. La Foire-exposition, ce n’est jamais vraiment tout à fait pareil d’une année sur l’autre. Alors oui, il y a l’incontournable thé dansant de Michel Pruvost mercredi 10 juin, mais la bourse aux vinyles du vendredi 12 au dimanche 14 juin, c’est nouveau. (Article du 07/06/2026 – Courrier Picard)


Dans les entreprises de logistique, le covoiturage se développe


Le covoiturage, déjà bien implanté depuis plusieurs années dans la ZAC des Bornes du Temps à Argœuves (Somme), connaît un nouvel essor avec l’arrivée du service Bus Citoyens. Cette initiative vise à faciliter les déplacements des salariés tout en réduisant les coûts de transport et l’impact environnemental. Chez Easy Logistique, le covoiturage est une pratique courante. Sébastien Sooklaul, salarié de l’entreprise depuis plus de vingt ans, partage ses trajets depuis 2009 avec un collègue. Habitant à Breteuil, dans l’Oise, il parcourt 80 kilomètres par jour pour se rendre au travail. Selon lui, cette solution permet de partager les frais de carburant et de péage tout en limitant la pollution. D’autres employés, comme Jorddy Cadalbert, intérimaire résidant à Amiens, utilisent également ce mode de transport au quotidien. Aujourd’hui, environ 30 % des 230 salariés du site d’Argœuves covoiturent déjà. Cette pratique répond notamment à l’absence de transports en commun desservant la zone et aux difficultés rencontrées par certains employés pour s’y rendre, notamment ceux utilisant des moyens de déplacement plus vulnérables aux conditions météorologiques ou à la circulation. Pour développer davantage cette mobilité partagée, Easy Logistique a fait appel à Bus Citoyens, un service créé par David Descamps et déjà présent dans quatorze communes de la Somme ainsi que dans plusieurs zones industrielles. Grâce à une plateforme accessible en ligne, par téléphone ou via des référents locaux, le service met en relation conducteurs et passagers en fonction de leurs trajets. Selon son fondateur, l’intérêt pour le covoiturage progresse fortement, notamment en raison de la hausse du coût des carburants. Les utilisateurs peuvent ainsi réaliser des économies significatives, tandis que les conducteurs participent à leurs frais. Le système s’adapte également aux contraintes professionnelles, notamment aux horaires en équipes alternées, grâce à des annonces spécifiques. Enfin, le développement du covoiturage représente aussi un atout pour le recrutement. Easy Logistique, qui recherche régulièrement de nouveaux manutentionnaires et caristes, espère que cette solution facilitera l’accès à l’emploi pour les candidats éloignés ou ne disposant pas de moyens de transport adaptés. Ainsi, Bus Citoyens apparaît comme une réponse à la fois économique, écologique et sociale aux enjeux de mobilité des salariés. (Article du 08/06/2026 – Courrier Picard)


Le Comptoir du Malt investit dans un nouveau concept de brasserie


Le groupe de restauration Le Comptoir du Malt, fortement implanté dans les Hauts-de-France, poursuit son développement tout en conservant une stratégie de croissance prudente. Fondée en 2007 par Joël Nayet avec l’ouverture d’un premier restaurant à Calais, l’entreprise est aujourd’hui dirigée par son fils, Antoine Nayet, qui a repris la présidence du groupe après le décès de son père. Dix-neuf ans après sa création, Le Comptoir du Malt compte 25 restaurants, dont 11 exploités en propre et 14 en franchise. La majorité de ces établissements se situe dans les Hauts-de-France, avec 17 restaurants répartis dans la région. Les autres sont implantés en Normandie et dans le Grand Est. Le concept repose sur des brasseries de grande taille, généralement installées en périphérie des villes. Chaque établissement dispose d’environ 600 m², peut accueillir entre 200 et 240 clients et bénéficie d’un parking adapté. Le groupe privilégie une activité équilibrée entre le déjeuner et le dîner, ouverte toute la semaine. Basé à Dury, près d’Amiens, le groupe poursuit un rythme de croissance modéré, avec en moyenne deux ouvertures par an. Cette stratégie permet de maîtriser les investissements, estimés à environ un million d’euros par nouveau restaurant, et d’assurer un accompagnement de qualité lors des travaux et du recrutement. Deux nouvelles ouvertures sont déjà prévues à Troyes et Maubeuge. Parallèlement, l’entreprise lance un nouveau concept baptisé « Jona », en hommage à Joël Nayet. Contrairement au modèle traditionnel, ces nouvelles brasseries seront plus petites, avec une surface comprise entre 400 et 500 m², et implantées dans des secteurs plus urbains. La décoration sera modernisée afin de créer une atmosphère plus chaleureuse, tandis que la carte sera simplifiée. Les établissements ouvriront également plus tôt en fin d’après-midi afin de proposer des moments conviviaux autour de boissons, de planches à partager et de retransmissions sportives. Le premier restaurant Jona ouvrira à Amiens en septembre 2026. Situé dans un secteur dynamique regroupant cliniques, bureaux et futurs hôtels, il servira de projet pilote. Le groupe souhaite d’abord vérifier la rentabilité du concept avant d’envisager son déploiement. En 2025, Le Comptoir du Malt a réalisé un chiffre d’affaires de 63,8 millions d’euros et exploite déjà onze brasseries en Picardie. (Article du 08/06/2026 – Courrier Picard)


Emmanuel Macron défend la réindustrialisation chez Goodyear


À l’occasion de sa visite de l’usine Goodyear d’Amiens le 8 juin, Emmanuel Macron a mis en avant les résultats de la politique de réindustrialisation menée depuis 2017. À moins d’un an de la fin de son second mandat, le président a choisi ce site emblématique pour illustrer les efforts engagés en faveur de l’industrie française et de l’emploi. Implantée à Amiens depuis 1958, l’usine Goodyear produit aujourd’hui des pneus haut de gamme de grande taille destinés aux véhicules thermiques et électriques. Afin de renforcer sa compétitivité et d’élargir sa gamme de produits, le groupe américain a lancé en 2022 un vaste programme de modernisation du site. Ce plan représente un investissement total de 170 millions d’euros, dont environ 45 millions financés par l’État. L’objectif est de faire passer le nombre de références fabriquées de 150 à près de 400 sous les marques Goodyear et Cooper. Selon Pierre-Jean Eraud, président de Goodyear France, cette transformation repose notamment sur l’automatisation des équipements de production et sur la formation des salariés à de nouvelles méthodes de travail. À ce jour, 148 millions d’euros ont déjà été investis. Cette modernisation a permis d’augmenter progressivement la production annuelle, passée de 3,8 millions de pneus en 2022 à 4,4 millions aujourd’hui. L’entreprise vise désormais une production de 5 millions de pneus par an. Lors de son intervention, Emmanuel Macron a rappelé les difficultés traversées par Goodyear à Amiens, notamment la fermeture du site d’Amiens Nord en 2014, qui avait entraîné le licenciement de 1 143 salariés après plusieurs années de conflit social. Il a souligné le contraste avec la situation actuelle : l’usine modernisée emploie aujourd’hui 775 personnes et prévoit le recrutement de 120 salariés supplémentaires avec l’appui de France Travail. Le chef de l’État a présenté cette évolution comme un exemple réussi de réindustrialisation. Selon lui, la modernisation des outils de production permet aux entreprises françaises de gagner en compétitivité face à la concurrence mondiale tout en préservant l’emploi sur le territoire. Emmanuel Macron a également défendu la nécessité de poursuivre les réformes, les investissements publics et la protection de l’industrie européenne. Estimant que la concurrence internationale est parfois déloyale, il a appelé l’Union européenne à renforcer les mesures de protection commerciale, notamment par des clauses de sauvegarde, des droits de douane adaptés et une préférence accordée aux productions européennes. Selon lui, ces actions sont essentielles pour garantir l’avenir de l’industrie et maintenir sa capacité à créer des emplois en France. (Article du 09/06/2026 – Courrier Picard)


Deux réussites encouragées au CHU d’Amiens


Le 8 juin, après sa visite de l’usine Goodyear, Emmanuel Macron s’est rendu au CHU d’Amiens afin de mettre en valeur deux initiatives innovantes dans les domaines de la santé et de la recherche médicale. Cette étape de son déplacement visait à souligner le rôle du centre hospitalier amiénois comme pôle d’excellence régional et national. Le président a d’abord inauguré l’Institut des troubles du neuro-développement (TND), ouvert depuis décembre 2024. Cette structure rassemble en un même lieu les différents dispositifs de prise en charge de troubles tels que l’autisme, le trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) ou encore les troubles des apprentissages. L’objectif est de simplifier les parcours de soins et de proposer un accompagnement coordonné aux enfants, adolescents et jeunes adultes concernés. Au cours de sa visite, Emmanuel Macron a échangé avec plusieurs familles, patients et professionnels de santé. Une mère d’enfant atteint de troubles du neuro-développement a notamment insisté sur l’importance de former davantage les enseignants à ces problématiques afin de favoriser l’inclusion scolaire. Le professeur Patrick Berquin, coordinateur de l’institut, a quant à lui évoqué le manque de pédiatres spécialisés et les interrogations de certains chercheurs concernant un éventuel lien entre l’exposition aux pesticides et certains troubles du neuro-développement. Le chef de l’État a également rencontré des étudiants accompagnés par le programme national « Atypie Friendly », destiné à favoriser la réussite des étudiants présentant des troubles neuro-développementaux. L’université de Picardie Jules-Verne figure parmi les premiers établissements partenaires de cette initiative depuis 2018. La seconde partie de la visite a été consacrée au GRECO, centre d’expertise international dédié à la chirurgie robotisée. Déjà présenté au président lors d’un déplacement en 2019, ce projet poursuit son développement grâce à un environnement unique associant recherche, innovation, formation et coopération avec les industriels. Le professeur Richard Gouron a notamment mis en avant l’existence d’un « bloc opératoire miroir », utilisé pour tester de nouvelles technologies dans des conditions proches de la réalité. Enfin, Emmanuel Macron a découvert un prototype développé par la start-up amiénoise SURGITEC Robotics. Alimenté par l’intelligence artificielle et conçu avec le soutien du laboratoire MIS de l’UPJV, ce robot chirurgical polyvalent pourrait regrouper les fonctions de plusieurs appareils médicaux. Les premiers essais cliniques sont prévus pour 2027, avec une commercialisation envisagée en 2029. Les responsables du projet ont toutefois souligné la nécessité d’un meilleur soutien à la commande publique pour accélérer son développement. (Article du 09/06/2026 – Courrier Picard)

EMPLOI

Grève chez Decathlon : « Avant ici, nous étions 90, nous sommes 45 »

Une mobilisation sociale d’une ampleur inédite a touché les magasins Decathlon à travers la France. À Amiens, devant le magasin de la Vallée des Vignes, des salariés ont organisé un piquet de grève pour dénoncer la dégradation de leurs conditions de travail et réclamer une meilleure répartition des résultats financiers du groupe. Selon les syndicats, environ les trois quarts des magasins de l’enseigne ont été concernés par ce mouvement national, soutenu par l’ensemble des organisations syndicales. Au magasin amiénois, près de 25 % des salariés ont participé à la grève. Leur principale revendication porte sur les salaires et les primes. Les représentants du personnel estiment que les employés devraient davantage bénéficier des excellents résultats économiques enregistrés par Decathlon, propriété de la famille Mulliez. En 2025, l’entreprise a réalisé un chiffre d’affaires de 16,8 milliards d’euros, en progression de 4 %, tandis que ses bénéfices ont augmenté de 16 %, dépassant les objectifs fixés. Les syndicats reprochent à la direction de ne pas avoir répercuté sur l’ensemble de la grille salariale les hausses du SMIC, comme cela se faisait traditionnellement au sein de l’entreprise. Selon eux, cette décision contribue à un sentiment de perte de pouvoir d’achat parmi les salariés. Ils dénoncent également une forte diminution des primes. D’après les représentants syndicaux, les primes trimestrielles et mensuelles, autrefois particulièrement attractives, ne représentent plus aujourd’hui qu’une part très réduite de la rémunération. Les grévistes mettent aussi en avant une dégradation de leurs conditions de travail liée à la baisse des effectifs. Emmanuelle Beaupuy, déléguée syndicale CFDT, souligne qu’en une dizaine d’années, le nombre de salariés du magasin d’Amiens est passé de 90 à 45 personnes. Selon elle, cette réduction importante des effectifs s’est accompagnée d’une augmentation de la charge de travail pour les équipes restantes, sans compensation salariale suffisante. Le mouvement a reçu le soutien de François Ruffin, qui s’est rendu sur place pour rencontrer les salariés mobilisés. Sa visite a contribué à donner une visibilité supplémentaire à ce conflit social. À travers cette grève, les salariés souhaitent alerter sur l’écart qu’ils perçoivent entre les performances financières de l’entreprise et leur situation quotidienne. Ils réclament une meilleure reconnaissance de leur contribution à la réussite économique de l’enseigne, tant sur le plan salarial que sur celui des conditions de travail. (Article du 07/06/2026 – Courrier Picard)


Manpower recrute des centaines de personnes en Picardie


L’entreprise de travail temporaire Manpower France lance une importante campagne de recrutement dans les Hauts-de-France avec un double objectif : pourvoir 200 CDI intérimaires avant la fin du mois de juin 2026 et recruter 2 000 intérimaires pour la période estivale. Cette initiative vise à répondre aux besoins croissants des entreprises de la région dans plusieurs secteurs d’activité. Selon Aurélien Debeauvais, directeur régional Nord-Ouest de Manpower, les 200 postes en CDI intérimaire doivent être pourvus rapidement. Le CDI intérimaire (CDII) constitue une forme particulière de contrat à durée indéterminée signé avec l’agence d’intérim. Il garantit au salarié une stabilité professionnelle tout en lui permettant d’effectuer différentes missions auprès d’entreprises clientes. Le contrat précise notamment le temps de travail, le type de missions et la zone géographique d’intervention. Entre deux missions, le salarié bénéficie d’une rémunération minimale garantie, au moins équivalente au Smic pour les ouvriers et employés, et pouvant atteindre jusqu’à 125 % du Smic pour les cadres. La majorité de ces recrutements concerne le secteur industriel, domaine historique de Manpower. Les besoins sont particulièrement importants dans l’agroalimentaire, l’automobile, l’aéronautique, le ferroviaire et la défense. D’autres postes sont également proposés dans le bâtiment, les services et la logistique, même si cette dernière activité reste encore prudente concernant le recours au CDI intérimaire. Parallèlement, Manpower prépare la saison estivale avec 2 000 missions temporaires à pourvoir entre la mi-juin et la fin août. Sur ce total, 1 300 offres concernent le Nord et le Pas-de-Calais, tandis que 700 sont réparties entre la Somme, l’Aisne et l’Oise. L’industrie représente à elle seule 1 200 postes, principalement pour des agents de fabrication. Le bâtiment propose environ 300 emplois, tout comme la logistique, qui recherche notamment des préparateurs de commandes, manutentionnaires et magasiniers. Enfin, 200 postes sont disponibles dans le commerce, la grande distribution et les services. Ces recrutements s’adressent à tous les profils, mais ciblent particulièrement les jeunes. Étudiants à la recherche d’un emploi saisonnier ou jeunes diplômés souhaitant acquérir une première expérience professionnelle peuvent ainsi accéder plus facilement au marché du travail. En complément, Manpower développe l’alternance et a signé 350 contrats d’apprentissage et de professionnalisation intérimaires en 2025, renforçant ainsi son engagement en faveur de l’insertion professionnelle. (Article du 08/06/2026 – Courrier Picard)


Adecco Medical recherche 690 professionnels de santé


Le chiffre de la semaine. Ces postes sont à pourvoir dans les établissements publics et privés des Hauts-de-France. Que cela soit dans les hôpitaux, cliniques, EHPAD et structures du social, des besoins en recrutements sont annoncés dans la région. Adecco Medical lance une campagne de recrutements de 690 postes dans les Hauts-de-France. Ces postes concernent le médical, le paramédical et le social. Sur ces emplois à pourvoir dans la région Hauts-de-France, 325 sont en intérim, 345 en CDI/CDD et 20 en CDI Intérimaire. Des métiers pour tous les profils « Les établissements ne cherchent pas seulement à pourvoir des postes. En complément d’un engagement dans la durée, les professionnels de santé recherchent une adéquation ajustée entre les compétences et l’environnement de travail. C’est précisément ce que nous construisons avec nos candidats tout au long de leur parcours », indique Gaëtan Talpaert, directeur général d’Adecco Medical. La campagne concerne «l’ensemble de la chaîne du soin et de l’accompagnement ». Les recrutements concernent «des médecins de toutes spécialités, des infirmiers, des infirmiers de bloc opératoire, des aides-soignants, des auxiliaires de vie et de puériculture, des préparateurs en pharmacie ou encore des techniciens de laboratoire ». Le secteur social recrute des accompagnants éducatif et social, des moniteurs-éducateurs et éducateurs spécialisés. Ces postes sont à pourvoir dans des établissements publics et privés de santé avec des postes en CDI, en vacation, en intérim, en CDD et CDI intérimaire. (Article du 08/06/2026 – Courrier Picard)


Les cheminots du «laboratoire picard» en grève


Le 10 juin, dans le cadre d’un appel national à la grève lancé par les principaux syndicats de la SNCF, plus d’une centaine de manifestants se sont rassemblés à Amiens pour dénoncer les conséquences de l’ouverture à la concurrence du transport ferroviaire régional. Les agents ont choisi de se mobiliser devant le siège de la SVEA, filiale de la SNCF qui exploite depuis décembre 2024 le réseau « L’Étoile d’Amiens », premier lot ferroviaire mis en concurrence en France. Les organisations syndicales alertent sur une dégradation déjà perceptible des conditions de travail. Selon elles, les arrêts maladie liés à la santé mentale ont augmenté de 40 % en cinq ans, tandis que les accidents du travail, filiales comprises, ont progressé de 50 % en trois ans. Pour les représentants du personnel, ces chiffres illustrent les effets d’une politique de filialisation qui privilégierait les gains de productivité au détriment des salariés. La région Hauts-de-France apparaît comme un territoire pilote de cette réforme. Après le lot de l’Étoile d’Amiens, un second ensemble de lignes, les « dessertes parisiennes », a également été attribué à une filiale de la SNCF pour une exploitation prévue à partir de 2028. Les syndicats craignent que l’expérience picarde serve de modèle pour l’ensemble du pays à mesure que les lignes TER seront ouvertes à la concurrence d’ici 2033. À la SVEA, où travaillent environ 470 salariés, la période garantissant le maintien des anciens acquis sociaux touche à sa fin. De nouvelles négociations doivent s’ouvrir pour définir l’organisation du travail. Les syndicats redoutent notamment une diminution des effectifs, une réduction des repos compensateurs ainsi qu’un recul des moyens consacrés à la formation, à la maintenance et à la sécurité. Ils estiment que les futurs accords risquent de s’aligner sur les dispositions minimales de la convention collective du ferroviaire. Les représentants syndicaux citent également l’exemple du Royaume-Uni, où une partie du réseau ferroviaire est en cours de renationalisation, pour critiquer la logique de mise en concurrence. Selon eux, cette politique a montré ses limites ailleurs et pourrait fragiliser le service public ferroviaire français. La mobilisation a été fortement suivie selon les syndicats : 70 % des agents de la SVEA et la moitié des salariés concernés par les dessertes parisiennes auraient participé au mouvement. La SNCF n’a pas commenté ces chiffres mais a indiqué qu’un TER sur cinq seulement circulait dans la région. Elle rappelle également que 27 000 salariés pourraient être transférés vers ses filiales locales dans les années à venir. Les syndicats présentent cette grève de 24 heures comme un premier avertissement avant de futures négociations avec la direction de la SNCF. (Article du 11/06/2026 – Courrier Picard)


Près de la moitié des cheminots mobilisés contre la filialisation de la SNCF


Près d’un cheminot sur deux a participé à la grève nationale de 24 heures organisée mercredi à l’appel des quatre principaux syndicats de la SNCF : CGT-Cheminots, Unsa Ferroviaire, SUD-Rail et CFDT-Cheminots. Cette mobilisation vise principalement à dénoncer la poursuite de l’ouverture à la concurrence du transport ferroviaire régional et à réclamer une revalorisation des salaires face à l’inflation. Selon Thierry Nier, secrétaire général de la CGT-Cheminots, la participation a été particulièrement importante, avec « près d’un cheminot sur deux » en grève. Il a souligné une forte implication des salariés travaillant dans les nouvelles filiales créées par le groupe SNCF, évoquant notamment un taux de participation de 90 % au sein de Sud Azur, la filiale exploitant certaines lignes en région Provence-Alpes-Côte d’Azur. Cette forte mobilisation traduit, selon les syndicats, les inquiétudes croissantes des agents face aux transformations en cours dans l’entreprise publique. La SNCF n’a pas communiqué de chiffres officiels concernant le nombre de grévistes. Elle a toutefois indiqué que le trafic ferroviaire correspondait aux prévisions annoncées. Les perturbations ont surtout concerné les trains régionaux, essentiels aux déplacements quotidiens des usagers. Sur les grandes lignes, environ un TGV sur trois a été supprimé et un train Intercités sur deux n’a pas circulé. Au cœur du conflit se trouve la question de la filialisation du groupe SNCF. Afin de répondre aux appels d’offres lancés par les régions dans le cadre de l’ouverture à la concurrence, l’entreprise crée progressivement des filiales chargées d’exploiter certaines lignes ferroviaires. Les syndicats demandent un moratoire sur ce processus, estimant qu’il risque de dégrader les conditions de travail, de fragiliser les garanties sociales des salariés et de privilégier des gains de productivité au détriment du personnel. À l’inverse, les collectivités régionales considèrent que cette mise en concurrence pourrait permettre d’améliorer la qualité du service et d’augmenter l’offre ferroviaire. Selon Jean-Aimé Mougenot, directeur TER délégué de SNCF Voyageurs, près de 27 000 salariés pourraient être concernés à terme par cette réorganisation et être transférés dans des filiales locales. Les syndicats dénoncent ainsi une transformation profonde de l’entreprise ferroviaire et souhaitent obtenir des garanties avant la poursuite du processus. (Article du 11/12/2026 – Courrier Picard)

ENSEIGNEMENT SUPERIEUR

L’école de commerce d’Amiens bientôt dans la cour des grandes ?

L’École supérieure de commerce (ESC) d’Amiens est sur le point de franchir une étape majeure dans son développement. La Commission d’évaluation des formations et diplômes de gestion (CEFDG), chargée par le ministère de l’Enseignement supérieur d’évaluer les écoles de management, a rendu un avis favorable à l’attribution du grade de master à l’établissement. La décision doit désormais être validée par Philippe Baptiste avant sa publication officielle. Si elle est confirmée, cette reconnaissance sera accordée pour une durée de trois ans. L’obtention du grade de master permettrait à l’ESC d’Amiens de rejoindre le cercle restreint des grandes écoles françaises de management habilitées à délivrer ce diplôme reconnu au niveau national et international. Pour l’établissement amiénois, il s’agirait d’un retour important, puisqu’il avait déjà bénéficié de cette accréditation entre 2003 et 2014. La perte de ce statut était intervenue dans un contexte difficile marqué par la liquidation de France Business School en 2015, alors gestionnaire de l’école, ce qui avait fortement fragilisé son avenir. Depuis l’arrivée de son directeur, Yann Tournesac, en 2016, l’école a engagé une profonde transformation. Sa stratégie a consisté à moderniser ses formations afin de répondre aux nouvelles attentes du marché du travail. Parmi les évolutions mises en avant figurent le développement des enseignements liés à l’intelligence artificielle, à l’analyse de données et à la gestion des risques, cette dernière constituant l’un des domaines historiques de spécialisation de l’établissement. Ces orientations ont été particulièrement appréciées par la commission d’évaluation. Selon la direction, l’obtention du grade de master représenterait un véritable levier de développement. Elle offrirait à l’école une visibilité bien plus large, dépassant le cadre régional pour atteindre une dimension nationale, voire internationale. Cette reconnaissance faciliterait le recrutement d’étudiants à la recherche d’une grandes écoles de commerce françaises. Installée au cœur d’Amiens, à proximité de la cathédrale, l’ESC accueille actuellement entre 150 et 200 étudiants en quatrième et cinquième années. Le retour du grade de master pourrait entraîner une hausse significative des effectifs et renforcer l’attractivité du territoire. Pour sa direction, cette reconnaissance constituerait non seulement une réussite pour l’école, mais également une opportunité pour l’ensemble de l’écosystème économique et universitaire amiénois. (Article du 07/06/2026 – Courrier Picard)

NOUVELLES TECHNOLOGIES

« Nous sommes sacrifiés au nom de la souveraineté numérique »

L’annonce de deux projets de data centers géants à Rantigny (Oise) et au Bosquel (Somme) suscite une vive inquiétude parmi les habitants de ces communes rurales. Présentés comme des infrastructures stratégiques pour le développement de l’intelligence artificielle et la souveraineté numérique française, ces centres de données sont au cœur des ambitions technologiques nationales. Le président Emmanuel Macron a notamment mis en avant ce secteur lors du sommet Choose France, tandis que la région Hauts-de-France ambitionne de devenir une référence européenne en matière d’IA. Cependant, sur le terrain, ces projets sont loin de faire l’unanimité. Les riverains dénoncent des installations très consommatrices d’eau, d’électricité et d’espace foncier, dont les impacts environnementaux restent, selon eux, insuffisamment étudiés. À Rantigny, un projet de data center de 300 mégawatts doit être implanté sur l’ancienne friche industrielle Avon. Prévu sur une surface d’au moins 30 hectares, il comprendrait deux bâtiments de serveurs et plusieurs cheminées de 26 mètres de hauteur. Des habitants de Neuilly-sous-Clermont, commune voisine, estiment que leur cadre de vie sera fortement affecté. Face à ce projet, une association de défense des riverains a été créée. Ses membres reprochent aux porteurs du projet un manque de transparence et l’absence d’études environnementales approfondies, alors que le site se situe dans une zone humide protégée. Ils soulignent également des incohérences concernant la superficie réelle du projet, qui pourrait être bien plus importante que celle annoncée. Dans la Somme, le projet porté par les groupes Softbank et Sesterce prévoit la création d’un immense campus de centres de données d’une puissance d’un gigawatt sur la zone d’activité du Bosquel. Cette installation occuperait environ 46 hectares, soit une superficie comparable à celle du village lui-même. Les habitants, qui ont découvert le projet par voie de presse, expriment leur sentiment d’impuissance face à une décision prise à une échelle qui les dépasse. Dans les deux territoires, les opposants ne rejettent pas le progrès technologique, mais réclament davantage d’informations et de garanties. Ils craignent notamment les conséquences environnementales, paysagères et sanitaires de ces infrastructures dont les effets à long terme restent encore mal connus en France. (Article du 12/06/2026 – Courrier Picard)