La Revue de Presse
Vendredi 22 MaiEMPLOI
La grève chez ID Logistics est terminée, avec des avancées
Après neuf jours de mobilisation, les salariés grévistes de la plateforme ID Logistics de Saint-Sauveur, près d’Amiens, ont décidé de lever leur mouvement samedi 16 mai 2026. Depuis le 7 mai, un barrage filtrant organisé à l’appel de la CGT ralentissait fortement l’activité du site, qui travaille pour Amazon et emploie environ 330 salariés en CDI ainsi que 200 intérimaires. À l’issue d’une réunion entre les représentants syndicaux et la direction, un accord de sortie de conflit a finalement été signé. La CGT estime avoir obtenu plusieurs avancées importantes grâce à cette grève. Selon Christophe Marquillies, trésorier du syndicat CGT au sein de l’entreprise, les salariés bénéficieront notamment d’un supplément d’intéressement de 250 euros bruts. L’entreprise s’est également engagée à commander 23 nouveaux chariots afin d’améliorer les conditions de travail et à prévoir l’embauche de 40 intérimaires supplémentaires d’ici le 1er septembre 2026. Un test concernant le travail des jours fériés sur la base du volontariat sera mené le 14 juillet. Par ailleurs, les jours de grève pourront être étalés sur quatre mois et n’auront pas d’impact sur le versement des primes d’intéressement. Les représentants syndicaux ont aussi obtenu un engagement de non-poursuite envers les salariés ayant participé au mouvement, avec la garantie qu’aucune pression ou sanction ne sera exercée contre eux. Pour la CGT, cette mobilisation a permis de mettre en lumière les difficultés quotidiennes rencontrées par les employés. Cependant, les grévistes n’ont pas obtenu l’augmentation salariale réclamée. La CGT demandait une hausse de 200 euros bruts du SMIC, mais la direction est restée ferme sur ce point. Les prochaines négociations annuelles obligatoires (NAO) sont prévues pour janvier 2027. Du côté de la CFDT, certains représentants jugent que la plupart des mesures obtenues avaient déjà été proposées auparavant par la direction. Le syndicat affirme également qu’une majorité de salariés était opposée à la grève, craignant notamment qu’Amazon réduise son activité sur le site. Malgré ces divergences, tous espèrent désormais un retour rapide à la normale. (Article du 18/05/2026 – Courrier Picard)
Une manifestation aujourd’hui devant Eurolysine
À Amiens-Nord, la tension monte autour de l’usine Eurolysine, spécialisée dans la production d’acides aminés. Les organisations syndicales, notamment la CFDT, appellent à une mobilisation ce mercredi 20 mai devant le site afin d’alerter les pouvoirs publics sur la situation critique de l’entreprise et les menaces qui pèsent sur ses 340 salariés. L’usine produit actuellement 210 tonnes par jour, mais son avenir apparaît de plus en plus incertain. Selon les syndicats, cette mobilisation vise d’abord à dénoncer le retrait du fonds SPI, une filiale de Bpifrance, qui devait participer à une recapitalisation de l’entreprise. L’annulation de cette opération, prévue mi-avril, aurait fragilisé encore davantage la situation financière d’Eurolysine. Pour Samir Benyahya, délégué CFDT, cette décision a plongé les salariés dans une grande inquiétude concernant la pérennité du site et la sauvegarde des emplois. Les représentants du personnel reprochent également aux autorités leur manque de réactivité face à une urgence industrielle devenue critique. L’usine, anciennement Ajinomoto puis Metex, appartient aujourd’hui au groupe Avril. Elle fait face à une concurrence chinoise jugée particulièrement agressive. Les dirigeants accusent certains producteurs chinois de pratiquer des prix de vente artificiellement bas, provoquant des pertes estimées entre deux et trois millions d’euros par mois pour le site amiénois. Cette situation a conduit la Commission européenne à ouvrir une enquête après une plainte déposée par Eurolysine. Au-delà de la question économique, les élus locaux soulignent l’importance stratégique de cette usine, présentée comme la dernière de ce type en Europe. Ils considèrent donc son maintien comme un enjeu majeur de souveraineté alimentaire et industrielle. Plusieurs responsables politiques ont interpellé Stéphane Séjourné, commissaire européen chargé de la stratégie industrielle, afin d’obtenir des mesures rapides pour soutenir l’activité et protéger les emplois. Les syndicats insistent sur le décalage entre les délais administratifs et l’urgence de la situation sur le terrain. Les salariés attendent désormais des décisions concrètes et des engagements forts pour éviter une fermeture du site. À l’approche de l’élection présidentielle, le dossier Eurolysine pourrait prendre une dimension politique nationale. Certains y voient déjà un symbole comparable à celui de l’usine Whirlpool d’Amiens, devenue en 2017 un enjeu médiatique majeur pendant la campagne présidentielle. (Article du 20/05/2026 – Courrier Picard)
Union sacrée pour sauver l’usine Eurolysine à Amiens
Mercredi 20 mai, une centaine de personnes se sont rassemblées devant l’usine Eurolysine, située dans la zone industrielle d’Amiens-Nord, à l’appel des syndicats CFDT et CFE-CGC. Cette mobilisation, soutenue exceptionnellement par la direction de l’entreprise, visait à alerter l’État et l’Union européenne sur la situation critique de cette usine, la seule en Europe à produire des acides aminés comme la lysine. L’entreprise, détenue par le groupe français Avril, emploie environ 350 salariés dont l’avenir apparaît aujourd’hui menacé. Depuis plusieurs mois, Eurolysine subit une forte concurrence chinoise, jugée déloyale par les syndicats et la direction. Les producteurs chinois sont accusés de vendre leurs produits à des prix très bas, parfois à perte, ce qui fragilise gravement la rentabilité du site amiénois. Selon les représentants syndicaux, l’usine perdrait entre deux et trois millions d’euros chaque mois, malgré des chaînes de production fonctionnant à plein régime. Le délégué CFDT Samir Benyahya a dénoncé la lenteur des procédures européennes. Il estime que « le temps administratif n’est pas le temps industriel » et demande à la Commission européenne d’agir plus rapidement. Une nouvelle enquête a été ouverte à Bruxelles après une plainte déposée par les dirigeants de l’entreprise, mais les syndicats craignent qu’une décision tardive arrive trop tard pour sauver le site. En 2024, l’Union européenne avait instauré des mesures antidumping contre les importations chinoises, avec des droits de douane proches de 85 %. Ces mesures avaient permis à Eurolysine de retrouver un certain équilibre. Cependant, en juillet 2026, sous la pression de l’Espagne, ces droits ont été abaissés à 50 %, relançant les exportations chinoises et aggravant les difficultés financières de l’usine. Les syndicats affirment qu’Eurolysine aurait déjà perdu 23 millions d’euros en 2025. La direction réclame désormais un relèvement des droits de douane à 80 % afin de limiter les importations massives. Nicolas Martin, responsable du développement durable et des affaires publiques, assure que l’usine est rentable dans des conditions de concurrence normales. Il rappelle les investissements importants réalisés récemment, les recrutements effectués et la capacité de production élevée du site. Plusieurs élus locaux étaient présents lors de la mobilisation, notamment le député de la Somme François Ruffin. Celui-ci voit dans Eurolysine un symbole de la réindustrialisation française et plaide pour davantage de protection économique face au libre-échange. (Article du 21/06/2026 – Courrier Picard)
GASTRONOMIE
Au moulin des Écrevisses, la journée gastronomique a attiré les gourmets
Ailly-sur-Noye. Jeudi 14 mai 2026, le Moulin des Écrevisses a organisé une journée gastronomique. L’occasion de découvrir des produits locaux et autres spécialités. Il y a eu beaucoup de monde à la Journée gastronomique du Moulin des Écrevisses, jeudi 14 mai 2026 à Ailly-sur-Noye. Le marché, les activités, le concours de ficelle picarde ont ponctué la journée. Le marché de producteurs a mis en lumière les produits locaux : légumes sur le stand du musée des hortillonnages, les chocolats du Santerre, les vins du Vignoble des Vœux, les bières de la Brasserie à la Noye, les lentilles d’Arlette (Quiry-le-Sec), les pommes de la Pommeraie (Chaussoy), les fromages de Label chèvrerie (Ailly-sur-Noye), les confitures du Téléthon... Une vingtaine d’exposants étaient à l’abri dans la grande salle de réception ou sous des chapiteaux. À côté, des grands braseros étaient installés dans la cour, où les chefs surveillaient les grillades. Des dégustations pour les visiteurs avaient lieu. Mention spéciale pour les bouchées de thon rouge. Christophe Voisin, du restaurant organisateur, Jean-Michel Descloux, de l’atelier des Saveurs de Longueau et Éric Gachignard de La Flamiche à Roye ont donné des conseils aux amateurs de bonne cuisine. Des jeux picards et des structures gonflables attendaient les enfants, tandis qu’un atelier pâtisserie a rassemblé douze petits toqués ! Marie, pâtissière du restaurant, les a emmenés préparer un cookie sans cuisson, qui a vite été dégusté. L’office de tourisme Avre Luce Noye, partenaire de la journée, était représenté par Aurélie Lemercier-Dequin, qui proposait une variété de documents sur la région et des produits locaux. La journée a été une réussite pour la promotion de produits locaux de qualité. Il ne reste plus qu’à prolonger les délices de la table à domicile. (Article du 18/05/2026 – Courrier Picard)
TRANSPORTS
Bus gratuit pour les moins de 26 ans : c’est pour aujourd’hui ou pour demain ?
La gratuité du bus pour les moins de 26 ans, promesse phare de campagne de Frédéric Fauvet, nouveau maire socialiste d’Amiens et président de la Métropole, ne devrait pas voir le jour immédiatement. Durant les élections municipales, il s’était engagé à mettre en place cette mesure avant la fin de l’année 2026. Pourtant, deux mois après son élection, le projet semble encore loin d’être concrétisé. Le cabinet du président refuse pour l’instant de donner des précisions, estimant le sujet « trop prématuré ». Cette prudence s’explique notamment par les réticences d’une partie des élus métropolitains. La Métropole d’Amiens, compétente en matière de transports publics, rassemble 96 conseillers dont beaucoup s’interrogent sur la pertinence et surtout le coût d’une telle mesure. Anne Pinon, maire LR de Dury et première vice-présidente de la Métropole, critique le manque de concertation autour de cette proposition. Selon elle, les autres maires n’ont jamais été consultés alors que le transport relève d’une compétence collective. Elle souligne également qu’aucun autre candidat à la mairie n’avait évoqué cette gratuité dans son programme. Pour certains élus, l’idée peut toutefois présenter un intérêt. Stéphane Telliez, maire divers gauche de Camon, défendait par exemple une aide à la mobilité pour les jeunes durant sa campagne. Même s’il reconnaît ne pas connaître encore les détails du projet, il estime qu’une réflexion globale sur les déplacements à l’échelle du territoire serait nécessaire. La principale inquiétude reste financière. Le coût de la gratuité est évalué à 4,2 millions d’euros par l’équipe de Frédéric Fauvet. Anne Pinon rappelle ainsi que « rien n’est gratuit » et refuse toute hausse d’impôts pour financer la mesure. De son côté, Frédéric Fauvet envisage déjà une alternative : si la Métropole refuse le projet, la ville d’Amiens pourrait l’appliquer seule, éventuellement avec quelques communes volontaires, comme cela se fait à Montpellier. Le débat autour de cette promesse pourrait devenir l’un des premiers sujets sensibles du mandat. En attendant une décision, Frédéric Fauvet poursuit sa tournée des 38 communes métropolitaines afin de convaincre les élus et construire un consensus autour du projet. (Article du 22/05/2026 – Courrier Picard)
La gratuité totale, ses avantages et ses inconvénients
Frédéric Fauvet, nouveau maire d’Amiens et président de la Métropole, souhaite à terme instaurer la gratuité totale des bus. Toutefois, il estime que cette mesure ne peut pas être appliquée immédiatement, car le réseau actuel doit d’abord être modernisé et amélioré. Avant toute chose, la Métropole devra investir dans les infrastructures et renforcer l’offre de transport, notamment les lignes en site propre, afin de corriger les dysfonctionnements actuels du réseau. Une fois ces améliorations réalisées, les élus métropolitains devront évaluer les avantages et les inconvénients d’une gratuité totale. La première difficulté concerne les finances. Aujourd’hui, le réseau de bus amiénois fonctionne grâce à plusieurs recettes : environ 5 millions d’euros provenant de la billetterie et surtout 50 millions d’euros issus du versement mobilité, une contribution payée par les entreprises de plus de onze salariés. Or, ce versement a déjà atteint son plafond légal et ne pourra pas beaucoup augmenter à l’avenir. La disparition des recettes de billetterie obligerait donc la collectivité à trouver d’autres solutions de financement. La question de la TVA constitue également un enjeu technique important. Actuellement, la vente des tickets est taxée à 10 %, ce qui permet au réseau de bénéficier d’avantages fiscaux sur ses investissements. En cas de gratuité, Amiens pourrait maintenir ce système grâce à un « complément de prix » versé au délégataire Keolis, permettant de conserver certains mécanismes d’exonération. Sur le plan social, les défenseurs de la gratuité mettent en avant la réduction des inégalités. Les habitants n’auraient plus à payer leurs déplacements ni à demander des aides tarifaires. Des études menées à Dunkerque montrent que la gratuité favorise l’accès à l’emploi, simplifie les déplacements et encourage davantage de jeunes à utiliser les transports publics. Dans cette ville, la fréquentation des bus a augmenté de 85 % après la mise en place de la mesure. Cependant, plusieurs interrogations demeurent. La Cour des comptes craint que la gratuité limite les capacités d’investissement des collectivités, surtout dans des villes comme Amiens où les marges financières sont réduites. Enfin, l’impact environnemental reste incertain. Selon un rapport du Sénat, la gratuité seule ne suffit pas forcément à convaincre les automobilistes d’abandonner leur voiture, notamment dans une ville où le stationnement reste largement gratuit. (Article du 22/05/2026 – Courrier Picard)