La Revue de Presse

Vendredi 23 Jan

ACTUALITES ENTREPRISES

Nouveau développement pour Natur’Apéro implanté dans l’Oise

Créée par Thibaut Camus, jeune entrepreneur de 21 ans originaire de Crépy-en-Valois, la marque Natur’Apéro connaît une nouvelle étape clé de son développement, un an et demi après son lancement. Spécialisée dans les snacks apéritifs à base de pop-corn, l’entreprise se distingue par une approche résolument axée sur la santé et la qualité des ingrédients. Contrairement aux recettes classiques souvent frites, le pop-corn Natur’Apéro est préparé à l’air chaud, sans friture, avec seulement une légère brume d’huile pour fixer le sel et les épices. Ce procédé permet d’obtenir un produit contenant jusqu’à 65 % de matière grasse en moins que les apéritifs traditionnels. Depuis la mi-janvier 2026, la marque franchit un cap important avec le lancement simultané de plusieurs nouveautés. Natur’Apéro dévoile de nouveaux packagings plus attractifs, des recettes améliorées et un site internet entièrement repensé. Cette refonte globale marque une nouvelle phase de structuration et d’ambition pour l’entreprise. Elle concerne notamment Popéo’s, présenté comme le premier pop-corn apéro bio, français et poppé à l’air chaud sans friture. L’atelier de fabrication est installé à Russy-Bémont, dans l’Oise, soulignant l’ancrage local du projet et la volonté de valoriser une production française. Depuis le début de sa commercialisation, la gamme Natur’Apéro a su trouver son public. Les produits sont aujourd’hui distribués dans une cinquantaine de points de vente, dont 25 magasins Biocoop, principalement situés dans la région des Hauts-de-France. Cette implantation progressive dans les réseaux spécialisés témoigne de l’intérêt croissant des consommateurs pour des alternatives plus saines aux snacks apéritifs traditionnels, sans compromis sur le goût. Le parcours de Thibaut Camus est également marqué par une reconnaissance nationale. Lors de la création de Natur’Apéro en novembre 2024, le jeune dirigeant a été lauréat du concours Créadie, organisé par l’Adie. Cette association accompagne depuis plus de 35 ans des personnes dont les projets n’ont pas accès au crédit bancaire, afin de leur permettre de créer leur propre emploi. Ce soutien a joué un rôle déterminant dans le lancement et la structuration de l’entreprise. Avec ces évolutions récentes, Natur’Apéro confirme son ambition de s’imposer durablement sur le marché du snacking sain et de poursuivre son développement à l’échelle régionale, voire nationale. (Article du 19/01/2026 – Courrier Picard)


Ces entreprises qui bénéficieront du canal Seine-Nord en Picardie


Après de nombreuses années de retards, de débats et de remises en question, le projet du canal Seine-Nord Europe semble enfin entrer dans sa phase finale. La mise en eau de cette infrastructure majeure, qualifiée de « chantier du siècle », a récemment été annoncée pour 2032. Long de plusieurs centaines de kilomètres, le canal reliera la Seine au réseau fluvial du nord de l’Europe en partant de l’Oise et en traversant la Somme. Malgré cette échéance encore lointaine, de nombreuses entreprises ont déjà anticipé son arrivée et investi afin de tirer pleinement profit de cet équipement stratégique. Dans l’Oise, à Compiègne, point de départ du canal, le groupe Saint-Gobain prévoit d’utiliser cette nouvelle voie fluviale pour acheminer le sable nécessaire à la fabrication du verre vers son usine de Thourotte. L’objectif est notamment de réduire l’empreinte carbone du site en privilégiant le transport fluvial. À Noyon, où sera implanté le premier port intérieur, l’ensemble du tissu économique local devrait bénéficier de cette infrastructure, tant pour la réception des approvisionnements que pour l’expédition des productions compatibles avec le transport par voie d’eau. Plus au nord, dans la Somme, le site de Nesle accueillera le deuxième port intérieur du canal. À proximité, sur la commune de Languevoisin-Quiquery, le groupe coopératif agricole Noriap jouera un rôle central. Propriétaire de quarante hectares de terrains situés entre le canal du Nord et le futur canal Seine-Nord Europe, Noriap prévoit un investissement de 10 millions d’euros. Après la construction d’un quai de 300 mètres par la société du canal, le groupe aménagera et gérera une plateforme logistique, optimisant notamment son silo de 100 000 tonnes. En partenariat avec d’autres coopératives, un magasin d’engrais capable de traiter jusqu’à 90 000 tonnes par an est également envisagé, favorisant des échanges agricoles décarbonés. Ce site pourrait aussi accueillir l’usine FertigHy, un projet industriel majeur de production d’engrais bas carbone porté par un consortium européen, représentant un investissement de 1,3 milliard d’euros. Si les validations nécessaires interviennent en 2027, l’usine pourrait démarrer en 2030 et contribuer à renforcer la souveraineté alimentaire européenne. Enfin, le canal a déjà influencé des choix d’implantation industrielle, comme celui du groupe Nigay, spécialiste du caramel, qui a ouvert une usine à Nesle afin de faciliter ses exportations et réduire son impact carbone. D’ici à 2032, le canal Seine-Nord Europe devrait ainsi attirer de nouveaux investisseurs et générer de l’activité économique et des emplois durables en Picardie. (Article du 19/01/2026 – Courrier Picard)


Bonduelle certifié B Corp pour sa bonne gestion


Le groupe agroalimentaire Bonduelle, implanté en Picardie à Rosières-en-Santerre, Flaucourt et Estrées-Mons, a récemment obtenu la certification B Corp, validant son engagement en faveur d’un modèle économique durable intégrant des objectifs sociaux, sociétaux et environnementaux. Cette démarche, initiée en 2018 par Christophe Bonduelle, constitue une reconnaissance sélective et exigeante, particulièrement rare pour une entreprise industrielle de dimension mondiale. En France, Bonduelle rejoint ainsi Danone parmi les entreprises agroalimentaires labellisées. La certification B Corp évalue la performance de l’entreprise sur cinq domaines : gouvernance, collaborateurs, communautés, environnement et clients, et nécessite de répondre à plus de 200 questions pour obtenir un score supérieur à 80 points. Selon Xavier Unkovic, directeur général depuis juin 2023, ce label est fédérateur en interne, renforce l’authenticité vis-à-vis des consommateurs et constitue un levier pour attirer de nouveaux talents. Il valide notamment des engagements concrets, comme le fait que 98 à 99 % des produits Bonduelle affichent un Nutriscore A ou B. Sur le plan agricole, Bonduelle collabore avec 59 % de ses partenaires pratiquant l’agriculture régénératrice, avec un objectif de 80 % d’ici 2030. La certification s’inscrit dans un plan de transformation sur trois ans, initié il y a plus d’un an, visant à renforcer la performance économique tout en répondant aux tendances de consommation, notamment l’alimentation végétale et la praticité. Ce plan inclut des décisions stratégiques telles que l’abandon des activités déficitaires, comme les salades en sachet, pour concentrer les ressources sur les marques principales et l’innovation. Bonduelle exploite ainsi le potentiel de ses marques : la marque Bonduelle génère à elle seule 1 milliard d’euros de chiffre d’affaires mondial, tandis que Cassegrain affiche une croissance de 6 % malgré un marché de la conserve stable. La stratégie du groupe repose également sur une dimension géographique : l’Amérique du Nord représente un marché stratégique, l’Europe constitue le marché historique à préserver, et les opérations doivent gagner en efficacité et en digitalisation pour rester agiles et réactives face aux consommateurs. Pour 2026, Bonduelle prévoit le lancement de plus de 30 nouvelles références en France, la modernisation des packagings mettant en avant l’origine, la santé et l’absence de résidus de pesticides, et l’extension de ces innovations à l’Allemagne, l’Italie et les États-Unis. L’objectif est de mieux informer les consommateurs tout en consolidant la position internationale du groupe. En résumé, la certification B Corp et le plan de transformation illustrent la volonté de Bonduelle d’allier performance économique, durabilité environnementale et engagement social, tout en répondant aux attentes des consommateurs modernes et en renforçant son rayonnement mondial. (Article du 19/01/2026 – Courrier Picard)


Un restaurant chinois avec 450 couverts en cours de construction


Un nouveau projet commercial d’envergure est en passe de voir le jour à Amiens, dans le quartier de Montières. L’enseigne Pacific Restaurant a investi l’ancien site du magasin Tollens, situé à l’angle de la rue Alfred-Catel et de la route d’Abbeville. Après plusieurs mois de travaux, le bâtiment est désormais achevé et le restaurant chinois devrait ouvrir ses portes d’ici la fin de l’année. Il s’agira du plus grand restaurant chinois de la ville, avec une capacité annoncée de plus de 450 places. Le magasin Tollens, spécialisé dans la peinture et la décoration, avait quitté ce site il y a plus de quatre ans pour s’installer avenue Georges-Pompidou. Dès novembre 2024, l’arrivée d’un restaurant avait été annoncée. Le projet s’est concrétisé avec la délivrance du permis de construire en octobre 2022, validé par les services de la Ville d’Amiens. Le futur établissement occupe une surface de plancher de 1 750 m² et accueillera un concept de buffet à volonté mêlant cuisine asiatique, grillades et spécialités internationales. Implanté dans un quartier en pleine transformation, où sont également attendus un centre de formation Proméo et de nouveaux logements, Pacific Restaurant a vu les choses en grand. L’intérieur du bâtiment, encore en cours d’aménagement, impressionne par ses volumes. Trois vastes salles, chacune capable d’accueillir 153 clients, seront créées, portant la capacité totale à 459 couverts. Un étage supplémentaire existe, mais il devrait être réservé aux bureaux administratifs et aux espaces dédiés au personnel. Cette configuration fera de l’établissement le plus grand restaurant chinois d’Amiens. Le groupe Pacific, fondé en 2017 et basé à Franconville dans le Val-d’Oise, est une société française déjà implantée en région parisienne ainsi qu’au centre commercial Aushopping de Noyelles-Godault. Spécialisée dans les restaurants-buffets d’inspiration asiatique, l’enseigne se distingue par des établissements de grande capacité, souvent supérieurs à 300 places. Celui d’Amiens franchira un nouveau cap avec plus de 450 couverts. Toutefois, ce projet ambitieux soulève une problématique majeure : le stationnement. Dans le secteur de la ZAC Montières, déjà confronté à un manque de places, le permis de construire prévoit seulement 41 places de stationnement, dont quatre réservées au personnel. Une capacité jugée limitée au regard de l’affluence potentielle, qui pourrait accentuer le stationnement sauvage dans ce quartier en mutation. (Article du 22/01/2026 – Courrier Picard)

EMPLOI

La polyclinique de Picardie en grève aujourd’hui

À compter du lundi 19 janvier 2026, la polyclinique de Picardie à Amiens et la clinique du Val d’Ancre à Albert entrent en grève à l’appel de la CGT. Selon Cédric Beauvais, délégué syndical CGT, ce mouvement n’était pas souhaité au départ, mais il est devenu inévitable face à une direction jugée fuyante et peu à l’écoute depuis près de six mois. Une part importante du personnel a répondu à l’appel : environ 50 % des salariés sont grévistes à Albert, tandis qu’à Amiens, bien que les effectifs soient plus importants, l’ensemble des services sera représenté. Le piquet de grève se tient à Amiens, siège de l’entreprise, dès 7 heures du matin et tout au long de la journée. Les grévistes ne prévoient ni manifestation immédiate ni blocage des établissements, mais souhaitent avant tout exprimer leur exaspération face à la situation. Un « barbecue revendicatif » est également organisé à midi afin de rassembler les salariés mobilisés et rendre visibles leurs revendications. Ce mouvement social a déjà des conséquences concrètes sur l’activité médicale, avec plusieurs interventions chirurgicales déprogrammées. Le syndicat explique avoir choisi ce moment stratégique, car les établissements accusent déjà un retard dans les opérations à la suite de la récente grève des médecins libéraux la semaine précédente. Au cœur du conflit se trouve la question de la prime d’assiduité. Un accord collectif en vigueur depuis plusieurs années prévoyait le versement de cette prime à condition que le taux d’absentéisme trimestriel ne dépasse pas 9 %. Or, depuis un changement de direction intervenu il y a environ un an, les conditions de travail et le management se seraient dégradés, entraînant une hausse de l’absentéisme jusqu’à 14 %. La direction refuse désormais de verser la prime, y compris aux salariés n’ayant jamais été absents, ce que la CGT considère comme profondément injuste. Depuis juin 2025, le syndicat réclame la signature d’un avenant afin de transformer cette prime collective en prime individuelle. Les grévistes attendent désormais une ouverture des négociations avec la direction. À défaut, la CGT envisage de durcir le mouvement dès le mardi suivant, notamment par l’organisation d’une manifestation. (Article du 19/01/2026 - Courrier Picard)


La polyclinique de Picardie poursuit la grève aujourd’hui


Le 19 janvier 2026, une partie du personnel de la polyclinique de Picardie à Amiens et de la clinique du Val d’Ancre à Albert a cessé le travail, entraînant la déprogrammation quasi totale des interventions chirurgicales. Ce mouvement social, initié par la CGT, survient après plusieurs mois de négociations infructueuses et constitue le premier conflit majeur dans ces établissements depuis dix ans. Selon le syndicat, plus de 120 salariés ont participé à la grève sur le site amiénois, représentant l’ensemble des services. Dès 7 heures, les grévistes ont installé des pancartes et banderoles sur le parvis, dénonçant le burn-out et appelant à la protection des soignants. La direction, déjà en poste lors du précédent mouvement, n’a pas souhaité répondre aux sollicitations des médias. Les revendications portent principalement sur la prime d’assiduité, qui s’élève à 200 euros par trimestre. Selon Cédric Beauvais, délégué syndical, la dégradation des conditions de travail et un management jugé toxique ont entraîné 40 démissions, augmentant le taux d’absentéisme. Le syndicat propose de rendre cette prime individuelle, contrairement à la décision de la nouvelle direction qui souhaite la supprimer. Par ailleurs, la CGT réclame des embauches stables, soulignant que les recrutements en CDD ou intérim ne compensent pas les départs, et dénonce une volonté de réduire la masse salariale. Les grévistes demandent également une augmentation de 400 euros par mois, constituant la base de leurs négociations. Faute de rencontres avec la direction le jour même, les salariés ont décidé, en assemblée générale, de reconduire la grève le mardi 20 janvier dès 7h30, accompagnée d’une manifestation symbolique à 14h30 reliant l’établissement à un rond-point proche via la rue Alexandre-Dumas. L’impact sur l’activité est significatif : quasi 100 % des interventions chirurgicales ont été annulées, et le transfert de quatre patients vers la clinique voisine de Victor-Pauchet, également touchée par un mouvement social, n’a pas été totalement possible. En revanche, les consultations médicales ont été maintenues. Ce conflit met en lumière les tensions persistantes liées aux conditions de travail dans le secteur de la santé, le besoin d’embauches pérennes, la reconnaissance salariale et la volonté du personnel de préserver un dialogue social respectueux et constructif. Il illustre également la difficulté pour les établissements à concilier continuité des soins et défense des droits des soignants.


Le « bloc » de Victor-Pauchet à Amiens en grève lui aussi


Le 19 janvier 2026, une partie du personnel de la clinique Victor-Pauchet à Amiens a également cessé le travail, simultanément à la grève de la polyclinique de Picardie, bien que ce double mouvement ait été fortuit, selon les autorités sur place. Ce sont principalement les infirmières de bloc opératoire qui ont arrêté le travail, exprimant des revendications récurrentes concernant les salaires, l’évolution de carrière bloquée et le manque d’embauches. Elles dénoncent un système de rémunération non uniforme et peu transparent, malgré le badgeage quotidien. La dernière mobilisation sociale remontait à 2021. Pour limiter l’impact sur les patients, les grévistes ont déposé un préavis volontairement, afin de permettre la déprogrammation des interventions, tout en garantissant la continuité des soins de nuit pour les collègues d’astreinte et en maintenant les congés posés lors de la récente grève des médecins, précise Angélique Ternel, élue CGT. L’activité au bloc a été fortement réduite : seule la moitié des 16 salles était opérationnelle lundi, permettant de recevoir 50 patients au lieu des 100 à 130 habituels. La grève est reconduite ce mardi, avec un impact similaire prévu. En revanche, la maternité fonctionne normalement, assurant une continuité pour ce service essentiel. La direction de la clinique souligne un contexte économique tendu. Huges Hayek, directeur de l’établissement amiénois du groupe Pauchet, rappelle que le secteur privé a vu la proportion d’établissements déficitaires passer de 30 à 50 % depuis 2019. Le gel des tarifs de remboursement de la Sécurité sociale depuis deux ans, combiné à l’inflation, limite la capacité de l’établissement à augmenter les salaires malgré la volonté de fidéliser le personnel et de maintenir la qualité des soins. Pour répondre aux revendications, la direction rencontrera une délégation des salariées du bloc ce mardi à 9 heures. Ce dialogue s’inscrit dans un contexte où les établissements privés cherchent à concilier contraintes économiques, fidélisation du personnel et continuité des soins, tout en gérant l’impact d’une grève qui perturbe fortement l’activité chirurgicale mais reste encadrée pour limiter les conséquences sur les patients.

En résumé, le mouvement met en lumière la tension persistante dans le secteur hospitalier privé, avec des salariés revendiquant transparence et reconnaissance salariale, et des directions contraintes par l’évolution économique et réglementaire du système de santé. (Article du 20/01/2026 – Courrier Picard)


Médecins libéraux : « On ne se battait pas pour sauver des honoraires »


Ce lundi, le personnel des cliniques amiénoises a pris le relais après la grève nationale des médecins libéraux, qui s’est récemment suspendue après dix jours d’action. Les praticiens—chirurgiens, obstétriciens, généralistes et autres—avaient obtenu du gouvernement le retrait de mesures jugées irritantes, notamment la possibilité d’une baisse unilatérale des tarifs par l’Assurance-maladie, ainsi qu’un contrôle renforcé sur leurs prescriptions d’arrêts-maladie. Ces concessions ont permis de mettre fin à la mobilisation nationale, mais plusieurs points restent en négociation, notamment le plafonnement des honoraires, encore jugé trop bas par les syndicats. Le docteur Eric Nam, anesthésiste-réanimateur à la clinique Pauchet, souligne l’ampleur de l’arrêt d’activité dans le privé amiénois : 95 % des interventions ont été annulées, hormis les urgences vitales, ce qui représente 500 à 600 patients non pris en charge et un report de charge sur les hôpitaux publics. Malgré cet impact, le médecin insiste sur la finalité de la grève, qui n’était pas de pénaliser les collègues hospitaliers mais de renouer un dialogue avec les pouvoirs publics et de protéger la Sécurité sociale. Selon lui, si aucune mesure n’est prise, la Sécurité sociale pourrait être en cessation de paiement d’ici quatre ans. La mobilisation visait donc à préserver la qualité des soins, et non à défendre des honoraires individuels. Eric Nam pointe également l’objectif de dépenses de l’ONDAM (Objectif national des dépenses d’assurance maladie), qu’il qualifie de catastrophique pour les cliniques. Selon lui, ces contraintes budgétaires limitent la capacité des établissements à offrir une meilleure attractivité salariale pour le personnel. Il souligne la position délicate des cliniques, qui doivent comprendre à la fois les revendications des salariés et les contraintes de leur direction, tout en alertant les parlementaires sur la nécessité d’ouvrir des discussions constructives. En résumé, ce mouvement met en lumière les tensions persistantes dans le secteur privé de santé, où les praticiens et le personnel hospitalier revendiquent à la fois la protection de la Sécurité sociale, une meilleure reconnaissance salariale et la pérennité des soins. Si la grève a fortement perturbé les activités, elle a aussi servi de levier pour relancer le dialogue politique et attirer l’attention sur les contraintes financières structurelles pesant sur les établissements privés. (Article du 20/01/2026 – Courrier Picard)


Les grèves se durcissent dans les cliniques d’Amiens


Les mouvements de grève déclenchés le lundi 19 janvier à la polyclinique de Picardie et à la clinique Victor-Pauchet se sont intensifiés le lendemain avec une manifestation commune et de nouvelles perturbations dans l’organisation des soins. Ce mardi 20 janvier, les salariés des deux établissements se sont rassemblés au pôle de santé du sud d’Amiens afin d’exprimer leur ras-le-bol face à des conditions de travail jugées dégradées. Le slogan « Blouse blanche, ras-le-bol noir », affiché entre les deux cliniques, résume le climat social tendu qui s’installe durablement. Les grévistes dénoncent principalement le manque de reconnaissance salariale, la pénurie de personnel et des méthodes de management qu’ils estiment toxiques. À la polyclinique de Picardie, une source syndicale évoque un taux de mobilisation atteignant 70 % des effectifs, répartis entre le site d’Amiens et celui d’Albert. Près d’une centaine de manifestants ont défilé rue Alexandre-Dumas, vêtus de couvertures de survie fournies par des pharmacies, symbole de la précarité ressentie par les soignants. Cette forte mobilisation a entraîné la déprogrammation de plusieurs interventions chirurgicales, une situation qui devait se reproduire le mercredi 21 janvier, les personnels ayant reconduit la grève. Malgré leur engagement auprès des patients, notamment dans des services sensibles comme la cancérologie, les soignants affirment ne plus pouvoir supporter la situation. Certains témoignent d’un profond malaise et d’une volonté croissante de quitter l’établissement. Le dialogue social semble au point mort : les syndicats regrettent que la direction ait proposé de recevoir une délégation réduite, ce qui est perçu comme un manque d’écoute et de considération. À la clinique Victor-Pauchet, la colère est tout aussi vive. Le message « Rentabilité maximale, reconnaissance minimale » affiché par les salariés illustre leur sentiment d’être soumis à une logique financière au détriment des conditions humaines de travail. Malgré deux rencontres avec la direction au cours de la journée, le mouvement de grève n’a pas faibli. Initialement concentrée sur le personnel du bloc opératoire, la mobilisation s’est étendue au service de stérilisation, signe d’un malaise généralisé. Au final, ces mouvements sociaux révèlent une crise profonde au sein des établissements de santé privés du sud d’Amiens, où les soignants réclament des moyens, du respect et une réelle prise en compte de leurs revendications. (Article du 21/01/2026 – Courrier Picard)


Glass parachèvement, sous-traitant verrier, envisage de fermer


À Beaucamps-le-Vieux, petite commune de la Somme située entre Oisemont et Aumale, l’entreprise Glass parachèvement traverse une crise profonde qui pourrait conduire à sa disparition. Spécialisée dans la décoration haut de gamme de carafes de luxe par sérigraphie, cette société fondée en 2003 par Alain Delettre emploie moins de dix salariés et détient un savoir-faire rare, essentiel à l’industrie du luxe verrier. Pourtant, la demande ne suit plus et l’activité s’effondre. En ce mardi 20 janvier, l’atelier est presque silencieux. Les machines sont à l’arrêt et seul Franck Patte, régleur de 30 ans formé dans l’entreprise, est présent pour préparer des commandes destinées à être retirées par un client. Peut-être les dernières. Depuis deux ans, Glass parachèvement enchaîne les difficultés, conséquence directe de la perte de clients majeurs. Certains donneurs d’ordre, comme Verescence, ont internalisé la décoration, tandis que la verrerie Brosse s’est tournée vers d’autres prestataires. La situation s’inscrit dans un contexte plus large de fragilisation de la « Glass vallée », pilier régional du luxe, marquée notamment par la fermeture en octobre 2025 de l’entreprise Jenniver à Longroy, laissant 85 salariés sans emploi. Le dirigeant évoque une combinaison de facteurs défavorables : conjoncture internationale dégradée, poids des charges et conséquences durables du Covid. Après une légère reprise en 2023, l’année 2024 s’est révélée décevante, avant un véritable effondrement en 2025. Le chiffre d’affaires est devenu quasi inexistant, avec un mois de novembre sans aucune entrée financière. La baisse de production est spectaculaire : de 185 000 carafes Hennessy décorées en 2015, l’entreprise est passée à 40 000 en 2025, avec seulement 20 000 prévues pour l’année en cours. Face à cette situation, Alain Delettre a dû recourir au chômage partiel. Quatre salariées sont actuellement en arrêt, et l’inquiétude grandit parmi le personnel, qui redoute une fermeture brutale sans communication préalable. Malgré la gravité de la situation, le maire de Beaucamps-le-Vieux, également propriétaire du bâtiment occupé par l’entreprise, n’a pas été informé d’un éventuel projet de cessation d’activité. Ce reportage met en lumière la fragilité d’un savoir-faire d’exception, menacé par les mutations économiques du secteur du luxe et la perte progressive de débouchés industriels. (Article du 21/01/2026 – Courrier Picard)


Vers une quatrième journée de grève à la Polyclinique de Picardie à Amiens


Au troisième jour de grève, ce mercredi 21 janvier, le mouvement social engagé par les personnels de la Polyclinique de Picardie à Amiens et de son antenne du Val d’Ancre à Albert est resté fortement suivi. Après deux jours de blocage sans échanges formels, le dialogue social a finalement pu s’ouvrir dans l’après-midi entre une délégation de salariés et la direction de l’établissement. Cette première réunion marque une étape importante dans le conflit, même si elle n’a pas permis de répondre à l’ensemble des revendications portées par les grévistes. Selon le syndicat CGT, des avancées ont été obtenues sur deux des trois principaux points de revendication. Tout d’abord, la direction a accepté le principe d’une individualisation de la prime d’assiduité, une mesure présentée comme une reconnaissance plus équitable de l’implication des salariés. Ensuite, un engagement a été pris concernant le recrutement sur des postes dits « en tension », répondant ainsi à une demande récurrente des personnels confrontés à un manque d’effectifs et à une charge de travail jugée excessive. Ces concessions sont perçues comme des signaux positifs, mais restent insuffisantes aux yeux des grévistes. En revanche, la question centrale de l’augmentation générale des salaires n’a pas trouvé d’issue favorable. La direction aurait opposé un refus catégorique à cette revendication, suscitant une forte déception parmi les salariés. Réunis en assemblée générale à l’issue des discussions, ces derniers ont voté à une large majorité la reconduction de la grève pour le jeudi suivant. Cette décision prolonge un mouvement qui a déjà des conséquences concrètes sur l’activité de l’établissement, notamment avec de nouvelles déprogrammations d’interventions chirurgicales pour la quatrième journée consécutive. Parallèlement, de l’autre côté de la rue, la clinique Victor-Pauchet connaît également une mobilisation sociale. Les personnels du bloc opératoire, rejoints par ceux de la stérilisation, sont en grève depuis lundi. Ce mercredi, le dialogue social s’y est intensifié, avec l’organisation de trois réunions de négociation au cours de la journée. Toutefois, à l’heure de la rédaction, aucune issue n’avait encore été communiquée, laissant planer l’incertitude sur l’évolution du conflit dans cet autre établissement de santé amiénois. (Article du 22/01/2026 – Courrier Picard)


Après le fiasco d’Ynsect, les salariés licenciés saisissent les Prud’hommes


Un mois et demi après la liquidation judiciaire de l’usine Ynsect de Poulainville, spécialisée dans la production de protéines d’insectes, les anciens salariés entament une nouvelle étape de leur combat : comprendre les raisons profondes de ce qu’ils qualifient de fiasco industriel. Au cœur de leurs interrogations figure une question centrale : que sont devenus les importants financements publics versés à l’entreprise au fil des années ? Défendus par Me Fiodor Rilov, avocat déjà connu pour avoir représenté les salariés de Whirlpool et de Goodyear, les ex-employés ont saisi le conseil des Prud’hommes afin d’obtenir l’accès aux documents comptables d’Ynsect. Selon eux, ces éléments sont indispensables pour retracer précisément l’utilisation des fonds publics accordés depuis la création de l’entreprise en 2011 et pour comprendre le cheminement ayant conduit à sa faillite. Me Rilov souligne que des centaines de millions d’euros d’argent public auraient été investis, notamment par la Banque publique d’investissement (BPI), alors même que le chiffre d’affaires d’Ynsect restait très limité, avoisinant les 4 millions d’euros. L’avocat dénonce l’absence prolongée de publication de comptes et estime que cette situation nourrit légitimement le doute. Pour lui, l’ampleur des financements au regard des performances économiques de l’entreprise pose question et laisse supposer de graves dysfonctionnements. Les salariés, privés de leur emploi, estiment avoir un droit fondamental à la vérité sur les causes de leur licenciement. Or, selon Me Rilov, le liquidateur judiciaire refuse catégoriquement de transmettre les documents demandés. Une position que l’avocat juge incompréhensible et choquante, rappelant que le liquidateur, en tant qu’auxiliaire de justice, devrait au contraire contribuer à la transparence et à l’établissement des faits. Lors de cette première audience prud’homale, les représentants du liquidateur étaient absents. Le dossier a donc été renvoyé et le conseil des Prud’hommes devra se prononcer sur la question de l’accès des salariés aux documents comptables. La prochaine audience est fixée au jeudi 19 février. Pour les anciens salariés d’Ynsect, cette procédure marque le début d’une bataille juridique qu’ils savent longue, mais nécessaire pour faire la lumière sur l’utilisation de l’argent public et sur les responsabilités dans l’effondrement de leur entreprise. (Article du 23/01/2026 – Courrier Picard)


« Qui a bénéficié de l’argent versé à Ynsect ? Pas nous en tout cas ! »


À l’issue d’une première audience prud’homale, courte mais symbolique, les anciens salariés d’Ynsect ont affiché leur détermination à faire toute la lumière sur la fermeture de l’usine de production de protéines animales de Poulainville. Placée en liquidation judiciaire en décembre dernier, l’entreprise laisse derrière elle près de 400 salariés licenciés, aujourd’hui unis dans une même volonté : comprendre ce qui s’est réellement passé et obtenir réparation. Ce jeudi matin, une douzaine d’ex-salariés étaient présents aux Prud’hommes aux côtés de leur avocat, Me Fiodor Rilov. Ils réclament la communication des documents comptables d’Ynsect afin de vérifier l’utilisation des fonds publics versés à l’entreprise depuis 2011. Cette démarche constitue une première étape juridique essentielle. L’objectif, explique Me Rilov, est de démontrer que les licenciements sont la conséquence directe d’une faute de gestion. Si tel est le cas, les anciens salariés pourraient prétendre à des indemnités pour licenciement sans cause réelle et sérieuse, donc abusif. L’enjeu est majeur pour ces ex-employés qui estiment avoir été trompés par une start-up présentée comme innovante et porteuse d’avenir. Beaucoup ont fait des choix professionnels lourds de conséquences. C’est le cas de Clément Carré, 35 ans, ancien conducteur de ligne et représentant du personnel, qui a quitté un emploi stable et bien rémunéré pour rejoindre Ynsect. Séduit par la promesse d’une nouvelle filière industrielle, il croyait participer à l’avenir de l’agroalimentaire. Aujourd’hui, l’amertume domine. « Ynsect a joué avec la vie de 400 salariés », dénonce-t-il, s’interrogeant sur le sort des quelque 600 millions d’euros d’investissements évoqués au fil des années. Selon lui, les salariés n’en ont jamais vu la couleur et exigent de savoir à qui a réellement profité cet argent. Il pointe également le contraste entre la présence de plusieurs ministres lors de l’inauguration du site et leur absence lors de sa fermeture. D’autres anciens représentants du personnel partagent ce sentiment d’incompréhension. Hadrien Godard, ex-élu au CSE, se souvient de dysfonctionnements inquiétants : des aides publiques largement supérieures à la masse salariale, une activité qui ne décollait pas, et paradoxalement davantage de licenciements à mesure que les financements affluaient. Pour lui, ces erreurs répétées posent une question centrale : comment un projet soutenu par des levées de fonds massives a-t-il pu sombrer dans ce qu’il qualifie d’amateurisme ? Et surtout, où étaient les garde-fous censés encadrer l’utilisation de l’argent public ? (Article du 23/01/2026 – Courrier Picard)



ORGANISATION PATRONALE

« Les PME ne sont pas un problème, elles sont une partie de la solution »

La cérémonie des vœux de la CPME de la Somme (CPME 80), présidée par Pascal Fradcourt, s’est tenue dans un climat marqué par l’inquiétude économique mais aussi par un appel fort à l’engagement et au courage entrepreneurial. Dans un contexte national jugé politiquement bloqué et économiquement morose, les dirigeants de PME sont invités à faire preuve de détermination pour poursuivre leurs investissements et préserver l’emploi. Après une année 2025 qualifiée de particulièrement difficile par les adhérents de la CPME 80, l’année 2026 s’annonce tout aussi complexe. Pascal Fradcourt a souligné que les entrepreneurs doivent aujourd’hui mobiliser une grande dose de courage pour continuer à faire vivre l’activité économique locale. Il a rappelé que la fin de l’année 2025 a été marquée par un niveau record de faillites d’entreprises, avec 68 500 défaillances recensées, contre 45 000 l’année précédente. Un phénomène préoccupant d’autant plus que les entreprises de taille plus importante, jusque-là relativement épargnées, sont désormais elles aussi touchées. Le président de la CPME 80 a dressé un tableau des principaux freins pesant sur l’activité et le développement des entreprises françaises. Parmi eux figurent la hausse continue du coût de l’énergie, l’instabilité politique et fiscale, ainsi qu’un contexte international tendu, générateur d’incertitudes. Ces éléments fragilisent les perspectives de croissance et compliquent les décisions d’investissement, en particulier pour les petites et moyennes entreprises. Malgré ces difficultés, Pascal Fradcourt a tenu à saluer la résilience des PME de la Somme. Selon lui, elles ont su tenir bon, s’adapter et investir lorsque cela était possible, démontrant leur capacité à faire face à un environnement économique dégradé. Il a insisté sur le fait que l’année 2026, bien que difficile, doit être « utile », appelant les pouvoirs publics à considérer les PME non pas comme un problème, mais comme une partie essentielle de la solution aux défis économiques actuels. Cette analyse a été largement partagée par les autres représentants présents lors de la cérémonie, notamment Stéphane Leterrier, président de la CPME de l’Oise, et Laurent Depoorter, président de la CPME des Hauts-de-France. Tous ont exprimé une vision commune : malgré les obstacles, les PME restent un pilier fondamental de l’économie, de l’innovation et de l’emploi sur les territoires. (Article du 19/01/2026 – Courrier Picard)



ORGANISATION CONSULAIRE

Un « manque de visibilité » déploré par les entrepreneurs

Les vœux 2026 de la Chambre de commerce et d’industrie Amiens-Picardie, organisés le 15 janvier, ont mis en lumière les fortes attentes du monde économique en matière de stabilité et de visibilité politique. Depuis la dissolution de l’Assemblée nationale en juin 2024, ces rendez-vous annuels se déroulent dans un climat d’incertitude persistante, marqué par une instabilité gouvernementale, l’absence de budget de l’État et un contexte géopolitique international dégradé. Autant de facteurs qui plongent les entrepreneurs dans un flou préjudiciable, notamment en ce qui concerne la fiscalité et les décisions d’investissement. Dans son discours, Fany Ruin, présidente de la CCI Amiens-Picardie et première vice-présidente de la CCI France, a insisté sur le manque de visibilité auquel sont confrontées les entreprises. Selon elle, cette situation freine l’emploi et les investissements, rendant les projections économiques extrêmement difficiles pour les dirigeants. Face à ces tensions, elle a souhaité adresser un message de soutien aux entrepreneurs en difficulté, rappelant que de nombreuses entreprises auraient pu être sauvées si leurs problèmes avaient été partagés plus tôt. Pour répondre à ces situations critiques, la CCI Amiens-Picardie a mis en place une cellule dédiée à l’accompagnement des entreprises en difficulté. Ce dispositif fonctionne en lien étroit avec les collectivités locales et des associations spécialisées comme 60 000 Rebonds, qui mobilise des chefs d’entreprise expérimentés pour accompagner ceux confrontés à l’échec ou à des situations économiques complexes. Cette initiative vise à rompre l’isolement des dirigeants et à favoriser des solutions en amont des défaillances. Malgré un contexte marqué par une succession de crises, Fany Ruin a conclu son intervention sur une note volontairement optimiste, appelant à la résilience collective et à « oser la reprise en 2026 » sur le territoire. Un message partagé par Rollon Mouchel-Blaisot, préfet de la Somme, qui a souligné que, malgré les difficultés, l’activité économique locale avait globalement résisté, avec une progression de l’emploi salarié. Il a toutefois rappelé que le taux de chômage demeurait élevé, à 8,5 %. Le représentant de l’État a également insisté sur la nécessité d’accélérer la simplification administrative pour faciliter le quotidien des entreprises et soutenir leur développement. Enfin, s’il a évoqué l’échec récent d’Ynsect, liquidée en décembre 2025, il a mis en avant plusieurs projets porteurs pour l’avenir du territoire, tels que Tiamat dans le domaine des batteries sodium-ion, les innovations en santé, les projets de supercalculateurs et le canal Seine-Nord Europe, autant de leviers de croissance et d’attractivité pour les années à venir. (Article du 19/01/2026 – Courrier Picard)



ECONOMIE

Dans la région, l’épargne moyenne par habitant atteint 4 400 euros

Le montant de l’épargne des ménages français a connu une hausse ces derniers mois, reflet d’un comportement prudent face à un contexte politique national incertain et une situation géopolitique instable, marquée par les taxes douanières entre les États-Unis et la Chine ainsi que la guerre en Ukraine. Au niveau national, l’épargne des ménages atteint désormais 6 477 milliards d’euros, un montant « presque deux fois supérieur à la dette publique », selon Green-Got, fintech française spécialisée dans l’orientation des flux financiers vers la transition écologique et énergétique. Cependant, cette tendance générale se traduit différemment au niveau régional. Dans les Hauts-de-France, l’épargne moyenne est significativement inférieure à la moyenne nationale : les habitants mettent de côté en moyenne 4 400 euros par an, soit 160 euros par mois. La région compte une épargne cumulée de 5,3 millions d’euros, et 58 % des habitants y contribuent régulièrement, tandis que 55 % ont automatisé leur épargne pour sécuriser ce comportement sur le long terme. Ces chiffres montrent que, malgré une pratique d’épargne établie, le montant moyen reste modeste comparé à d’autres régions françaises. L’étude de Green-Got révèle également des disparités au sein de la région selon le type de zone. L’épargne est plus importante dans les zones métropolitaines, où elle atteint en moyenne 7 173 euros par foyer, contre 4 155 euros en zone rurale. Sur le plan mensuel, les habitants des métropoles mettent en moyenne 267 euros de côté, tandis que ceux des zones rurales n’épargnent que 151 euros. Cette différence souligne l’impact de la densité économique et du pouvoir d’achat sur les comportements financiers. En termes de comportements individuels, 55 % des utilisateurs des services de Green-Got dans les Hauts-de-France épargnent plus de 100 euros par mois, et 10 % dépassent même les 500 euros. L’ancienneté moyenne des comptes d’épargne dans la région est de 19 mois, ce qui illustre que ces pratiques se consolident progressivement dans le temps. En résumé, bien que l’épargne dans les Hauts-de-France progresse et que la majorité des habitants adoptent des pratiques régulières et automatisées, le montant moyen reste inférieur à la moyenne nationale et présente des écarts importants entre zones métropolitaines et rurales. Cette situation met en lumière la prudence des ménages régionaux, mais aussi les inégalités économiques au sein du territoire. (Article du 19/01/2026 – Courrier Picard)



REGION

Une rentrée sous le signe de l’efficacité au tribunal d’Amiens

Le tribunal de la Somme, à Amiens, affiche des résultats remarquables malgré des moyens constants, voire réduits, grâce à une gestion souple et inventive de la justice. Lors de l’audience solennelle de rentrée, le procureur Jean-Philippe Vicentini a souligné que le tribunal parvient à juger davantage et plus rapidement que la moyenne nationale, tout en évitant l’épuisement des équipes et les audiences tardives. Le délai moyen d’audiencement y est de cinq mois, contre douze mois ailleurs en France, et le stock d’affaires à juger est en baisse, avec 1 200 dossiers en attente. Le tribunal traite chaque année environ 40 000 affaires, dont 11 000 sont poursuivables. Les infractions liées aux stupéfiants restent un enjeu majeur pour la société. Pour répondre à cette problématique tout en maîtrisant les coûts, le procureur rappelle que la prise en charge des usagers via des soins coûte seulement 7 euros par jour, un bracelet électronique 20 euros, tandis qu’une journée de prison revient à 120 euros. Cette approche montre que prévenir et traiter plutôt que punir systématiquement est non seulement plus humain mais aussi plus efficace financièrement. Le président Eric Bramat a détaillé la méthode amiénoise, centrée sur des alternatives aux poursuites classiques. Lorsque des poursuites sont nécessaires, le tribunal privilégie le plaider-coupable (comparutions sur reconnaissance préalable de culpabilité), permettant des audiences discrètes, rapides et efficaces. Cette stratégie vise à réserver les audiences publiques aux affaires les plus graves, tout en maintenant la rigueur judiciaire. La question de la surpopulation carcérale est également au cœur des préoccupations. Amiens connaît un taux de surpopulation pouvant atteindre 200 % dans sa maison d’arrêt. Pour éviter d’aggraver cette situation, le tribunal fait preuve de souplesse dans l’application des peines. Ainsi, si 36 % des peines prononcées comportent tout ou partie de prison ferme, cela ne signifie pas que les prévenus sont systématiquement incarcérés. L’accent est mis sur l’accompagnement, la réinsertion et la gestion raisonnée de la détention, réduisant la pression sur les structures pénitentiaires. En résumé, le tribunal de la Somme illustre comment juger efficacement avec des moyens limités est possible grâce à la combinaison de délais courts, d’une baisse du stock d’affaires, de méthodes alternatives aux poursuites, du plaider-coupable et d’une gestion intelligente de la surpopulation carcérale. Cette approche pragmatique place l’efficacité, la justice et la prévention au cœur de la juridiction amiénoise.


La toute nouvelle caserne des pompiers opérationnelle et inaugurée


Samedi matin, la commune de Vignacourt a officiellement inauguré sa toute nouvelle caserne de sapeurs-pompiers, marquant une étape importante pour la sécurité locale et les conditions de travail des soldats du feu. Implantée rue Léon-Thuillier, cette caserne moderne remplace un bâtiment vieux d’une cinquantaine d’années, devenu inadapté aux exigences actuelles. Pendant des décennies, l’ancienne structure avait été maintenue en état grâce à des réparations successives, mais celles-ci ne suffisaient plus à garantir des conditions de travail optimales. Le projet de reconstruction d’une nouvelle caserne était à l’étude depuis 2018. Face à la vétusté du bâtiment existant et à l’évolution des besoins opérationnels, une décision de démolition complète et de reconstruction avec agrandissement a été prise. En 2024, les anciens murs ont ainsi été entièrement détruits, laissant place à un chantier mené sans interruption ni retard. La nouvelle caserne a pu être livrée dans les délais prévus, illustrant la bonne coordination entre les différents acteurs du projet. Le coût total de l’opération s’élève à 687 000 euros. Le financement a été assuré conjointement par l’État, le département et le Service départemental d’incendie et de secours de la Somme (SDIS 80). La commune de Vignacourt a avancé les frais, mais récupérera l’intégralité des montants engagés sur une période d’un an et demi, avec un reste à charge quasiment nul pour le budget communal. Conçue pour accueillir les 25 sapeurs-pompiers volontaires du centre de secours, la nouvelle caserne offre des équipements modernes et fonctionnels. Elle dispose notamment d’une aire de lavage alimentée par 5 000 mètres cubes d’eau de pluie, récupérée et filtrée après usage, témoignant d’une démarche respectueuse de l’environnement. Le bâtiment comprend également des vestiaires et des douches séparés pour le personnel masculin et féminin, ainsi qu’une salle de repos équipée d’un coin cuisine, destinée à améliorer la qualité de vie des pompiers. Lors de l’inauguration, le lieutenant Loïc Jumel, commandant du centre de secours, a exprimé sa satisfaction face à cet équipement moderne, qui permettra des départs en intervention plus rapides et plus efficaces pour les différents véhicules de secours. La cérémonie s’est déroulée en présence de nombreux élus, représentants institutionnels et habitants, rassemblant plus d’une centaine de personnes autour de cette réalisation structurante pour la commune. (Article du 21/01/2026 – Courrier Picard)