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Jeu. 03 Sep. 2026

AGS : une mobilisation record en 2025

L’Association pour la garantie des salaires (AGS) a connu en 2025 un niveau d’intervention inédit depuis sa création en 1974. Dans un contexte de défaillances d’entreprises durablement élevées, elle a avancé 2,233 milliards d’euros pour garantir le paiement des créances salariales de près de 250 000 salariés.

Au total, l’AGS a accompagné 26 640 entreprises en difficulté, dont 60% en liquidation judiciaire. Malgré l’augmentation des demandes, 99,6% des avances ont été traitées dans un délai moyen de cinq jours. Ce dispositif, financé par une cotisation obligatoire des employeurs, joue ainsi un rôle essentiel de sécurisation des parcours des salariés lorsque leur entreprise ne peut plus assurer le paiement des rémunérations dues.

Cette hausse s’inscrit dans une conjoncture préoccupante : la Banque de France a recensé 68 564 défaillances d’entreprises à fin 2025, un niveau nettement supérieur à la moyenne d’avant-crise.

L’AGS engage désormais son plan stratégique 2026-2030, articulé autour de la modernisation numérique, de la qualité de service et de la prévention. La lutte contre la fraude constitue également une priorité : en 2025, 1 309 signalements ont permis d’éviter un préjudice estimé à 34,5 millions d’euros.

Face aux difficultés économiques persistantes, l’AGS confirme ainsi son rôle de filet de sécurité collectif, au service des salariés, des entreprises et de la résilience économique des territoires.

Contrôle de la recherche d’emploi : forte hausse en 2025

France Travail a engagé 960 000 contrôles de la recherche d’emploi en 2025, soit une hausse de 63,9% par rapport à 2024. Publié le 4 août 2026, le bilan annuel relie cette accélération au déploiement, à partir de juin 2025, du dispositif de contrôle rénové prévu dans le cadre de la loi pour le plein emploi.

Avec une moyenne de 80 000 contrôles par mois — et un pic de plus de 120 000 en octobre — cette évolution traduit notamment le transfert vers des plateformes spécialisées de certains contrôles auparavant gérés en agence, en particulier ceux liés au manque d’assiduité aux rendez-vous ou aux actions d’accompagnement.

Contrôler, accompagner, sanctionner

Le contrôle vise à vérifier que le demandeur d’emploi accomplit les démarches prévues par son contrat d’engagement. En 2025, 85% des contrôles clôturés ont confirmé une recherche active ou conduit à une remobilisation. Les 15% restants ont conclu à une recherche insuffisante et donné lieu à une sanction.
Depuis juin 2025, le dispositif privilégie la « suspension-remobilisation » : une baisse graduée et réversible de l’indemnisation lorsque la personne reprend ses démarches. La radiation demeure possible en cas de manquements répétés.

Des résultats variables selon l’origine du contrôle

Les contrôles peuvent être déclenchés par un défaut d’assiduité, des requêtes ciblées, un tirage aléatoire ou un signalement du conseiller référent. Ces derniers conduisent le plus fréquemment à une sanction, tandis que les contrôles aléatoires confirment plus souvent une démarche de recherche active.

Apprentissage : les Régions dénoncent le retrait de l’État

Régions de France alerte sur la suppression annoncée, en 2027, de la dotation de l’État permettant aux Régions de soutenir le fonctionnement et l’investissement des centres de formation d’apprentis (CFA). L’association y voit une nouvelle étape de recentralisation de la politique d’apprentissage.

Après être passée de 268 M€ en 2025 à 134 M€ initialement prévus en 2026, l’enveloppe a finalement été ramenée à 33 M€ : 11 M€ pour le fonctionnement des CFA et 22 M€ pour leurs investissements. Cette baisse de 88% en un an fragilise particulièrement les capacités régionales à moderniser les équipements, maintenir une offre de proximité et soutenir les formations dans les territoires moins denses.

Le ministère du Travail indique que les contractualisations en cours iront à leur terme, mais qu’elles ne seront pas renouvelées en 2027. Il annonce parallèlement la création d’un fonds de soutien pour les CFA rencontrant des difficultés financières, auquel les Régions seraient associées ; ses modalités et ses moyens restent toutefois à préciser.

De son côté, la ministre déléguée chargée de la Formation professionnelle, Sabrina Roubache, assure que les crédits consacrés à l’apprentissage sont « sanctuarisés » et que les aides à l’embauche sont maintenues, notamment pour les petites entreprises.

Au-delà du débat budgétaire, l’enjeu est territorial : préserver une offre d’apprentissage diversifiée, accessible et adaptée aux besoins en compétences des entreprises, y compris là où les effectifs d’apprentis sont plus réduits.